Apsara vogue la galère

Petit panégéryque humoristico-persifleur de la vie à bord , localité Mer d'Alor avec le parcours 2010/2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

Petit panégyrique humoristico-persifleur de la vie à bord

 

 

  …..Ou comment négocier un espace restreint ,… qui vous appartient , avec une espèce envahissante mais incontournable : l’équipière , l’équipier ,

 

 

 Toute ressemblance avec des situations ou des personnes existantes n’est que pure coïncidence….

 

 

   1- Espace et rythme de vie

 

 

 Considérant que l’espace mis à disposition ne dépasse pas 12m2 y compris les WC , seul lieu de refuge et d’isolation, considérant que l’espèce humaine , à elle seule , par individu sur pied occupe au min 1m2, il apparait que si vous multipliez par 4 le nombre d’occupants , vous allez forcément être confrontés à une lutte impitoyable et sans merci pour préserver le volume d’air à respirer …

 

 

Rajoutez dans le groupe , 1 ou 2 fumeurs invétérés et ça devient vite asphyxiant

 

  D’ailleurs, ça se termine souvent par : « tu me pompes l’air!! »

 

   Certes, l’établissement de quart permet de partager les quelques molécules d’O2 subsistantes et pendant que certain( e) s se prélassent dans les bras de Morphée sous masque à oxygène , d’autres baillent aux corneilles sous les étoiles ;

 

 

Le skipper, lui, ne dort que d’un poumon , ou d’un œil , ou d’une oreille car il s’en trouve toujours un ou une pour venir lui demander si le cargo dont on n’aperçoit tout juste les feux et au jugé à plus de 5 Milles ne se trouve pas en situation de collision immédiate avec Apsara , ou bien de se retrouver renverser sur la bannette par un changement de gite soudain et de s’apercevoir que le cap a varié d’un coup de 50° juste pour naviguer à la voile alors que le vent est défaillant …!!!!

 

 

Le moral du soldat étant toujours au fond de la gamelle , il est évident que le besoin de sustentation est permanent chez l’équipier ( e ) en particulier à 1/4h de l’arrivée au port ou au mouillage,

 

 Là, il convient de tout déballer dans la cuisine ou le cockpit pour faire face à un besoin impératif et immédiat d’apéro, de bouffe , ou de préparation interminable d’une pizza , d’un veau marengo, ou d’ortolans sur canapé ;

 

 

Les cacahuètes se répandent au fond du cockpit, les bouteilles valsent , la pate à pizza se colle au vaigrage et vous, vous attendez que tout le monde soit opérationnel pour sortir les amarres, les défenses et la gaffe ..;….attention !!!le quai approche , marche arrière, tout dégringole à nouveau , les pieds englués dans le pastis , vous réussissez à lancer en catastrophe une amarre au quidam local, mort de rire sur le quai ,devant la panique !!!

 

 
 2- Les us et coutumes

 

   Le bain

 

  Question : est-ce que lorsque vous sortez de la douche chez vous , vous allez inonder le parquet au risque de déclencher des cataractes chez le voisin du dessous ?…non bien sur !!!

 

  Eh bien ! Le néophyte lui sort du bain , envahit le cockpit dégoulinant d’eau de mer , s’ébroue au-dessus du hublot de votre cabine provoquant une marre sur votre oreiller , et finit de s’égoutter dans le carré en disant:  « Oh! Attention !! Ça glisse quand c’est mouillé ! » La serpillière entre les dents , vous le suivez pour éponger le déluge essayant de limiter la poisse d’eau salée sur le parquet !

 

 
 Les chiottes

 

   Sujet délicat, intime , le gros caca et le petit pipi sont un problème très personnel , mais il faut bien se rendre à l’évidence tout le monde y passe et pour évacuer, une seule recette :la pompe RM 369 modèle rectifié et amélioré par mes soins détartré, lubrifié, bref en état de fonctionnement si tout un chacun veut bien se livrer à chaque acte à 10 coups de pompe réglementaires .

 

  Compte tenu de la nourriture ingérée c’est l’autolubrification assurée , à moins qu’un olibrius en mal de doudou ne vienne obturer par un trop plein de papier l’évacuation jusqu’à la vanne ;

 

  Et là c’est l’angoisse suprême car il vous faut tout démonter jusqu’à ladite vanne : la cuvette, la pompe , l’embase et les tuyaux d’arrivée et de départ d’eau de mer et d’évacuation

 

  La vanne bloquée en position ouverte , vous allez gratouiller délicatement le bouchon de papier , prêt à subir un geyser de merde et d’eau salée et voir le bateau sombrer sans rémission avant d’ avoir pu fermer à temps la vanne imperturbable à vos sollicitations ;

 

 
 La douche

 

 

 C’est à croire que la gente équipière ne vit que dans un terril , ou bien pense se transformer en ramoneur quotidiennement sur Apsara

 

 Pas moins de 3 douches par jour à raison d’une demi-heure, au risque de noyer la mer sous une avalanche de gel douche et de shampoing , il se rêve à croire sous une cascade alors que les 3 petits réservoirs d’eau suffisent à peine à rincer la vaisselle et le post-bain .

 

 Je crois que je vais instaurer le principe du minuteur …payant de surcroit!!! Gnaaaak!!

 

 
 La vie à terre

 

   Il est impératif que l’équipier puisse dans un délai périodique se ressourcer dans la vie citadine et terrestre, les embouteillages , le klaxon, la musique à fond et surtout, surtout internet , la WIFIIIIIIII ( ah parc’ qu’ya pas internet à bord ?????)

 

  Dès qu’on arrête la perfusion du web , l’acolyte ,prêt à faire des km à pied dans la pollution devient grincheux , inquiet,, en manque, et ne peut survivre sans son net quotidien ….

 

 

   Enfin , du bon usage des ustensiles et autres moyens de fonctionnement du bateau ,

 

   L’équipier (e ), ne l’oublions pas, est en vacances , il n’a que faire des recommandations sans cesse répétées et est totalement amnésique au fait qu’un bateau ça bouge, ça penche et ça remue : merci de fermer les portes, les placards, les tiroirs , de fermer le frigo , d’éteindre les lumières , de fermer les robinets, de fermer le frigo , d’éteindre les lumières , de fermer les robinets ,merci de vider les cendriers ,merci de remonter l’échelle de bain, merci de ne rien laisser dans la descente , c’est dangereux , merci de ne pas laisser trainer vos effets personnels dans le cockpit lors des manœuvres , c’est dangereux , merci de mettre des chaussures ou assimilés quand vous allez à la baille à mouillage ou que vous manœuvrez sur le pont ….merci …merci pour tout !!!!

 

 

 voici le bilan de la saison :

 

   2 couteaux, 1 économe, 2 paires de ciseaux,1 démanilleur , 1 charnière, 1 cendrier inox, 1 bout de 20m, 1 sangle, 2 fermetures éclair de capote , 1 poulie, 1 embase WC , 1 hublot (le plus grand ) 10h à déboucher les chiottes, 3h à recoudre la capote ,4h à changer le moteur du pilote ,12h à faire les vidanges, 48 h de nettoyage, 36h de rangement , 30kg de pates, 20kg de riz ,25kg de patates, 2 bouteilles de rhum, 1 de whisky , 2 de pastis, 2 d’ouzo , 4 kg de cacahuètes ,92 cannettes de bière ……etc etc ( lorsque vous aurez multiplié tout ça, vous aurez l’âge du capitaine à la fin de la saison!!!)

 

 

Et des milliers de tonnes de bons moments …

 

 

elle est pas belle la vie sur Apsara !!!

 

                                                                                                   Claire et Apsara


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 21:32, le 23/09/2011,
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Heraklion La Ciotat Aout/ Septembre 2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

                            Héraklion ( Crète ) la Ciotat ( France ) Aout Sept 2011
 
 
Lundi 8 Aout
 
 
Me voilà seule à bord d’Apsara , après le départ des jeunes , Sophie et Julien et
3 jours déjà que je tente vainement d’obtenir auprès des Coast Guards la livraison du gazole et du gaz ;
 Chaque matin c’est le même cérémonial , je me rends à l’office, interpelle l’agent de service qui passe 10 coups de téléphone tout en s’engueulant avec ses collègues .
Il règne une atmosphère délétère dans cette officine, et comme je ne comprends pas un traitre mot de leur dialogue, je prends un air impassible et niais et ne décolle pas tant que je n’ai pas une réponse …qui finira par tomber : repassez demain matin !!!
Eh bien non ! demain matin je serai partie !!!, car je pars cette après-midi …, un vieux grincheux à la moustache en balais de chiotte ,et aimable comme une glacière m’indique le bureau qui délivre la clearance out et restitue le permit cruising … repassez cet après-midi avant de partir …., je sens le compte-tour qui monte et part louer une voiture pour transporter mes bidons de gazole et faire les pleins de bouffe au Carrefour local .
J’y repasserai l’après-midi, pour finaliser la sortie , le bureau est fermé et finalement une à peine souriante agente me tamponnera les documents en me gratifiant d’un regard dubitatif et consterné quand je lui annonce qu’il n’y aura qu’une personne à bord .
 
Si vous mettez des rats en surnombre dans un espace réduit , ils vont manifester des comportements agressifs , leur tension va augmenter ,ils vont développer des ulcères et des cancers , j’ai l’impression ici de revoir ici le film d’Alain Resnais « Mon oncle d’Amérique » qui dépeint si bien les théories d’Henri Laborit
 
C’est la 1ere fois depuis très longtemps que je rencontre des comportements aussi tendus , est-ce le fait de gens trop nourris qui redoutent la perte de leurs privilèges et de leur statuts ?
La Grèce sous perfusion des finances européennes va devoir opérer des coupes sombres dans ses effectifs de fonctionnaires …est-ce leur inquiétude ? Ou tout simplement la quiétude des gens installés qui n’en ont rien à faire de l’efficacité et de la qualité relationnelle ?
 
C’est un peu un choc pour moi car même dans les pays les plus islamisés où la femme n’est qu’un être secondaire , je n’ai trouvé de telles attitudes, bien au contraire …
 
 
Mardi 9 Aout
 
 
J ‘ai fini par décoller et rejoint quelques beaux mouillages avant la grande traversée vers Malte
Ile Dia , baie Mesaios, Ormos Bali ( 35° 24 858 N; 24° 47 135 E ) et une crique à l’Est de la pointe Spathi la plus au NO de la Crète ( 35° 39 852 N; 23° 46 178 E )
 
 
Jeudi 11 Aout
 
 
C’est la Sainte Claire , le météorologue m’annonce pour aujourd’hui un NNE de 18/23 nds une mer agitée mais pour une fois ce sera du travers car je fais route au 274°
 
Le NNE rentre déjà au mouillage dès le lever du jour et je lève l’ancre vite, vite pour doubler le cap avant que la mer ne creuse .

2/3 de GV , 2/3 de génois et roule ma poule c’est parti , 6/7 nds au compteur , c’est le bonheur , merci Eole d’avoir penser à moi.
La mer se creuse effectivement et de 12/18 nds le vent passe à 20/25 , puis 25/30 , je suis donc obligée de réduire , quand un bateau de ligne qui croise sur l’arrière m’interpelle à la VHF
Voici le dialogue
 «Voilier sur mon bâbord ,   c’est vous qui avez lancé un MAYDAY? »
« Non ! ici le voilier Apsara , je n’ai pas lancé de Mayday , tt est ok , je fais route vers Malte »
« Combien de personne à bord , donnez votre position ? »
«  1 personne à bord ,et voici ma position …. »
«  C’est bien vous alors qui avez lancé un Mayday » (sic !!!)
« Non , je n’ai pas lancé de Mayday , tt va bien à bord » !!!
Puis un dialogue en grec que je ne comprend pas , bien sur  
Quelques minutes plus tard : 
«  Voilier Apsara , Voilier Apsara , pouvez-vous appeler ce n° de téléphone : 2 104 11 2500 »
« Pas de problème, est-ce vous qui avez lancé un Mayday »
« Oui »
«  Donnez-moi votre position et le nom du bateau »
Crachouillis, je ne copie pas le message , je finis par capter la position avec difficulté
J’appelle le n° en question , redonne ma position et le nom de mon bateau en expliquant la raison de mon appel ,je ne comprends pas à qui j’ai affaire et la personne me demande de rester en ligne, elle rappellera …
 
Dans le même temps , les conditions deviennent de plus en plus difficiles , il faut que je réduise la GV et le génois , c’est à ce moment-là que le pilote auto décide de décrocher , une mer hachée avec des creux de 3 m ne lui laisse aucun répit
Je prends le temps de faire le point sur le bateau en urgence : 10M de moi au NNE
Je rappelle …pas de réponse , et de nouveau un dialogue en grec , je rappelle à nouveau , silence radio …
Je m’occupe du pilote et réduit à nouveau , en restant à l’écoute …
C’est vraiment ma fête, je n’ai pas eu le temps de souffler ( Eole le fait pour moi !!!)depuis ce matin 6 h , ….il est 14h …
la VHF est totalement silencieuse , j’en conclue que le sauvetage a eu lieu ou que le bateau en détresse a trouvé une solution …
Le calme revient peu à peu , ça s’appelle un départ sur les chapeaux de roue !!!!
Il ne reste plus qu’à espérer que ce ne soit pas comme ça pendant les 450 M à venir ;
 
 
Vendredi 12 Aout
 
Le vent a chuté et tourné SSE 4/5 nds , j’attends avec impatience ma 1ere nuit « de quart » sur Apsara qui sera tranquille ….
J’ai du mettre en route le moteur , j’ai aussi programmé l’alarme radar à 1M et vais me réfugier sous la couette ….toutes les heures et demi , je jette un œil , pas le moindre lumignon à l’horizon , seule la lune, bientôt pleine, trace un chemin doré sur la mer .
 
Samedi 13 Aout
 
Après un p’tit dej pantagruélique , je flâne, range , lave, la matinée s’écoule vite mais l’après-midi bercée par le ronronnement du moteur et la houle de NO qui persiste , les heures s’étirent lentement , toujours personne à l’horizon .
 
 
 
Dimanche 14 Aout
 
Ce matin j’ai de l’occupation , il me faut refaire les pleins de gazole , la houle s’est apaisée et après avoir arrêté le moteur ,je trimballe mes bidons, profitant également d’une embellie , le vent a repris NNO 8/12 nds
 
Enfin un cargo à quelques Milles, j’aurais eu tôt fait de me croire sur une autre planète depuis 2 jours , me voilà donc rassurée , je ne suis pas la seule survivante d’un monde qui a disparu !!!
 
La route, droite comme un I, plein Ouest ,n’a pas beaucoup de fantaisie , seul cadeau immense , le soleil qui s’effondre devant moi le soir, abandonnant ses couleurs flamboyantes , la mer se pare de pourpre , et lorsque je me retourne quelques instants plus tard , c’est un disque oranger , discret qui émerge puis qui s’élève en illuminant la surface de l’eau …
 
J’aurai aussi l ‘émerveillement de voir un phénomène optique très rare car il demande une grande pureté dans l’atmosphère et pas l’ombre d’un nuage qui ne viennent troubler l’horizon : le rayon vert
Lorsque la fin du disque solaire disparait derrière la ligne et vient tangenter l‘horizon , au 10eme de seconde près , apparait comme un flash vert turquoise, c’est si fugitif qu’on a peine à y croire
 
Puis peu à peu la nuit s’installe et la lune me regarde d’un air offensé d’avoir troublé cette paix terrestre et peut-être aussi de jouir en solitaire de ce spectacle éblouissant .
 
Lundi 15 Aout
 
Je me sens me rapprocher de plus en plus de la civilisation, les cargos croisent sur bâbord et tribord et la nuit risque bien d’être courte , si le trafic s’intensifie comme ça .
 
Il me reste une quarantaine de Milles , je m’accorde une heure ou 2 de sommeil hachées par la veille, vers 2 h un flot ininterrompu de feux s’alignent devant moi , je sais qu’il existe des fermes maritimes mais je n’arrive pas à distinguer s’il s’agit de cargos ou d’élevage
 
J’avance, histoire de voir de quoi il retourne en visant une fenêtre un peu plus au sud; il s’agit en fait de cargos , des dizaines alignés en rang d’oignons au mouillage.
Je profite d’une chicane quand le jour péniblement se lève puis je dépasse cette barrière , pour en retrouver une autre , les fermes maritimes
Tout doucement apparait les 1eres couleurs des remparts de La Valette marquées par le soleil naissant , les dômes et cathédrales peu à peu se dessinent , toute la ville fortifiée est devant moi , je pénètre dans la baie de Marsamxett et rejoint Msida Marina sous les murailles …
15 Aout 10h , c’est l’heure de la messe et toutes les cloches de La Valette carillonnent
Un grand moment ….!!!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Samedi 20 Aout
La semaine a défilé a toute allure , rangement, nettoyage, bricolage, les pleins de gaz, de gazole, de bouffe, et surtout quelques belles soirées à se régaler de rosé et de camembert Président avec Marianne , ma voisine de Ladybird, partie voilà un an avec Manu pour un tour de Méditerranée. On se refile les bons plans, échange des bouquins, se boyaute à nous narrer nos péripéties diverses, heureuses ou malheureuses 
Tout est fin prêt pour l’arrivée de l’équipage suivant : Elise, son père Richard et Arnaud le compagnon d’Elise.
Rappelez-vous, l’an dernier, Borneo Singapour , le moteur en rade, le remorquage par le Stadt Gotha, peu de jours mais une aventure qui alimentera encore longtemps les soirées dans les chaumières.
J’ai grand plaisir à les retrouver, ils murissent un projet de départ sur un Sunkiss, l’an prochain , leur enthousiasme me réjouit et fait revivre en moi quelques souvenances …
 
Mardi 23 Aout
 
Une visite un peu express le dimanche à La Valette et nous mettons le cap sur Comino, petit ilot coincé entre Malte et Gozo , la cote est déchiquetée, trouée de grottes et de vestiges calcaires effondrés
Pos: 36° 00 322 N ; 14° 19 571 E
Cela ne manque pas d’attirer le touriste qui noie les fonds émeraude de visites incessantes .
 
 
 
 
 
 
A l’Ouest de Gozo, se trouve comme une immense caldera qui forme une baie très fermée par un piton Fungus Rock , c’est là que nous nous réfugions , un calme serein juste troublé le soir par de curieux hurlements provenant probablement d’oiseaux nocturnes .
 
Baie de Dewjra : 36° 02 885 N ; 14° 11 493 E
 
Mercredi 24 Aout
 
Levée d’ancre matinale , quelques 120 M nous attendent avant d’atteindre Pantelleria, ile italienne à mi-chemin entre la Sicile et la Tunisie .
Vous ne me croirez pas si je vous dis que nous avons à nouveau le vent dans le pif NNO 5/10 nds et après une 1ere nuit de quart pour l’équipe nous découvrons un tout autre relief , volcanique celui-là , minéral, sombre et aride ..
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jeudi 25 Aout
 
Porto Dietro Isola : 36° 44 376 N ; 12° 02 029 E
 
Le mouillage est superbe et sauvage mais les fonds pas vraiment propices à un posée de pioche : ce sont des rochers ronds où la chaine se glisse subrepticement entre les failles
Le lendemain , nous rejoignons un autre mouillage plus au NE , Cala di Levante , une anse dominée par un petit village et bordée par une arche impressionnante
 
Pos: 36° 47 695 N ; 12° 03 078 E .
 
Samedi 27 Aout
 
Pétole quasiment toute la nuit , quand nous arrivons sur la cote Sud de Favignana , bien sur le SO se lève nous obligeant à aller trouver un mouillage au N vers la Punta Marsala
37° 55 462 N ; 12°21 935 E
Puis le vent tourne NO et c’est la débandade , de surchargé le mouillage devient désertique , nous filons nous réfugier au sud de l’ile Levanza à l’E de Cala Fredda
37° 59 N ; 12° 21 101 E
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 28 Aout
 
Un petit port charmant, très italien mais aussi très célèbre car il fut le lieu de « la Matanza » , une pêche au thon rouge très particulière :
Favignana    : 37° 55 931 N ; 12° 19 532 E
Le port n’est pas très facile d’accès , orienté N , la houle rentre et surtout les profondeurs sont minimales , un quillard en fera l’amère expérience empêtré à l’approche du quai sud ;
Nous accostons à couple de 4 autres bateaux dont le 1er à quai est un bateau de pêche qui mettra les bouts à 3h du matin !!!
Gelateria, nous ne manquons pas de déguster les fameuses glaces italiennes sur la place avant de visiter les anciennes baraques de stockage et de préparation des thons rouges de plus de 250kg piégés par des barques et un immense filet à chicane où ils étaient arrachés à leur milieu dans une marre de sang .
La curée n’a duré qu’un temps, le thon est devenu une espèce en voie de disparition et l’usine a fermé ….pour devenir un musée de cette « riche » époque
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 29 Aout
 
Un petit mouillage dans l’ile au Nord de Favignana, Levanzo à Cala Freddo , histoire de nous régaler d’une enième pizza
Pos:37° 59 285 N ; 12° 20 706 E
 
 
 
 
Mercredi 31 Aout
 
On espérerait du Sud, voire du SSE , rien à faire , mais c’est moins pire , c’est pétole !!!
..et après une nouvelle nuit au moteur , nous posons la pioche dans l’anse très protégée de Villasimius à quelques encablures de la marina .
 
Jeudi 1er Septembre
 
Les toilettes sont à nouveau bouchées, vanne en position ouverte bloquée …pas le choix , il faut se rendre à la marina pour voir de quoi il retourne ;
Une fois l’opération commando débouchage de chiotte finalisé, il ne reste plus qu’un jour avant le départ d’Elise et d’Arnaud …et de Richard également qui a finalement jeté l’éponge , et préfère regagner son nid parisien ;
 
Samedi 3 Septembre
 
Les tourtereaux sont repartis retrouver les rythmes infernaux de la capitale , et de nouveau Apsara m’appartient mais je n’ai guère le temps de profiter du calme , les invitations pleuvent et toute une bande de tifosi vient rendre visite « alla donna da solo sulla barca », , c’est charmant et ça flatte mon ego défaillant !!!
Un couple de Suisses Pierre et Madeleine parti de Hambourg il ya 2 ans sur Manati me régaleront à leur tour de gentillesse et d’un repas plantureux ;
 
Vendredi 9 Septembre
 
Le vent de NNO n’a pas molli depuis 2 jours 10/15 nds , mais il m’a laissé le répit nécessaire pour longer la cote Est de la Sardaigne et profitez de quelques beaux mouillages le long de cette cote somptueuse jusqu’à la Maddalena archipelago
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Baie nord Capo S. Lorenzo :39° 29 837 N; 09° 38 085 E
Marina di Baunei Santa Maria Navarrese : 39° 59 490 N; 09° 41 559 E
Porto Brandi chi : 40° 50 135 N ; 09° 41 758 E
Golfo Pevero : 41° 07 477N ; 09° 32 537 E
Ile Budelli Cala Nord(dead’s man reef passage)41° 16 943 N; 09° 21 536 E
 
 
 
 
Finalement c’est encore une valeur sure qui viendra me rejoindre en Corse pour finaliser ce périple jusqu’à La Ciotat :Muriel tout juste rentrée d’un trip avec les louloutes en Anjou sautera dans l’avion pour me soutenir jusqu’à l’arrivée …merci Mumu !!!
 
 
Samedi 10 Septembre
 
Mumu arrive à Ajaccio finalement cet après-midi , il me faut forcer l’allure car il n’y a plus de liaison pour Propriano à l’heure d’arrivée , je dois la retrouver dans la baie d’Ajaccio , et le plus près possible de l’aéroport c’est Porticcio .
Le soleil descend sur l’horizon , je rentre dans la baie, on se joint au téléphone et grâce à la gentillesse d’un jeune qui travaille avec une annexe , Muriel me rejoindra directement sur Apsara sans que j’ai besoin de poser l’ancre et d’aller la chercher sur la plage …merci Franck !!!
On rejoint aussitôt pour un apero la baie d’Agosta où la commune a eu la bonne idée d’installer des bouées .
Pos: 41° 50 916 N; 08° 46 366 E
C’est une pratique qui se généralise, de nombreux coffres sont installés dans les baies, pour éviter le massacre des ancres qui arrachent les fonds ….
 
 
 
Dimanche 11 Septembre 
 
Anse de Sagone 42° 06 585 N ; 08° 41 559 E
Quelques courses, un bon resto , tranquillement on fait route au nord
 
Lundi 12 Septembre
 
Le vent est reparti au NNO , finalement on se réfugie dans la baie de Girolata pour être placé dans la baie minuscule sur 2 coffres , un arrière, un avant, par les soins de la capitainerie
Ce petit village dominé par une forteresse génoise, lieu de randonnée n’est relié qu’à pied ou en navette maritime ;
Il me souvient qu’il y a quelques 35 ans nous avions fait la liaison à pied depuis Porto.
 
 
 
 
 
 
Mardi 13 Septembre
 
Des couleurs chaudes, rouges sombres , des falaises déchiquetées, trouées de tafoni gigantesques, cette cote de Corse est certainement une des plus belles au monde.
Depuis les Calanques de Piana pour poursuivre jusqu’à Calvi où la Citadelle vous surplombe à l’arrivée , que d’émerveillement …
Et le plaisir se prolonge car lorsque nous débarquons en ville c’est le début des Rencontres des Chants Polyphoniques , et nous ne manquons d’assister le soir à un concert où se marrie les laudes italiennes du XVI eme aux chants soufis des confréries musulmanes ….
Un pur enchantement dans la Cathédrale St Jean Baptiste au sommet de la Citadelle .
 
 
 
 
 
 
 
Mercredi 14 Septembre
 
Journée détente avant d’attaquer l’ultime étape jusqu’à La Ciotat
Le vent ne sera pas très favorable une fois de plus :NNO à ONO mais faible…
Un dernier panini arrosé d’une bière corse parfumée à la châtaigne , à la terrasse devant la marina , le soir un record au Scrabble ( 522 points) ….elle est pas belle la vie sur Apsara !!!
 
 
Vendredi 16 Aout
 
Vers 6h le matin , la nuit encore nous enveloppe, le phare de Porquerolles nous illumine, et bientôt les chantiers de La Ciotat apparaissent dans le lointain ,
Curieusement cette arrivée tant rêvée, tant espérée parait anodine alors que me voilà au terme d’une année bien remplie :près de 8.000 M , 14 pays visités , des rencontres chaleureuses, humaines, des découvertes , des paysages et des souvenirs à n’en plus finir …
Ces quelques mots sont bien impuissants à traduire l’émotion de cette route entre Phuket et La Ciotat
 
 
 
 
 
T’en souviens-tu Maryse Juin 2007 Papeete
« J’irai au bout de ce voyage , je sais que je dois trouver quelque chose »
JMG Le Clezio Le chercheur d’or
 
 
                                                                La Ciotat 16 Septembre 2011


                                                   Claire Brondex
 
 
«  Le départ est le seul horizon offert à ceux qui cherchent les mille écrins où le destin cache les solutions de ses mille erreurs »
                                                        Fatou Diome « Le ventre de l’Atlantique »
 
Publié à 20:03, le 23/09/2011, La Ciotat
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Limassol ( Chypre) Heraklion (Crete) Juin / Aout 2011 suite .....

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Dimanche 31 Juillet
 
La Crète
 
Kouremenos
Pos: 35° 13 257 N ; 26° 16 513 E
 
Il va falloir nous y faire , le vent souffle régulièrement du NO de 10/15 nds à 15/20 nds et nous ne sommes pas vraiment dans la bonne direction .
 Sophie et Julien goutent sans mélange la joie de naviguer au près avec les performances d’Apsara à cette allure , la mer est hachée mais une fois l’ancre posée, les criques qui nous accueillent avec les tavernes blotties au fond sont des grands moments de réjouissance, et on se console avec des parties de Scrabble endiablées.
 
 
Il faut bien se dépenser un peu et aller voir d’un peu plus près ce que nous avons aperçu ce matin , un phoque ;
 
 
 
En kayak et avec l’annexe nous nous promenons dans l’anse de la presque’ile d’Akrotiri où nous sommes posés lorsqu’une voiture militaire lance des appels de phare dans notre direction à grands renforts de klaxon …que nous veulent-ils donc ??
Je m’approche de la falaise qui nous sépare et ces gentes militaires nous informent que nous sommes dans une zone militaire et qu’il nous faut déguerpir …
L’aire militaire est sur la cote Ouest cad de l’autre coté et je fais celle qui ne comprend pas , nous resterons sous leur surveillance …armée toute la soirée et toute la nuit , ils sont bien en peine de venir nous déloger !!!!
 
Mardi 2 Aout
 
Lagon de Spinalonga
Pos: 35° 16 758 N ; 25° 44 405 E
 
Un immense lagon fermé par l’ile de Spinalonga nous offre un refuge parfaitement calme au meltem qui souffle sans relâche et encore une fois la petite ile qui protège l’entrée du lagon est érigée d’une forteresse ottomane qui a par la suite abrité une colonie de lépreux jusqu’en 1950 .
 
Mercredi 3 Aout
 
Les étapes se font courtes 20/25 Milles au plus pour profiter des tavernes dans le port de Khersonisos
Pos: 35° 19 253 N ; 25° 23 575 E
…mais aussi des nuisances nocturnes et sonores ,
Cette petite ville est un des hauts lieux du tourisme « sea, sun and sex » , les tavernes ne manquent pas, le disco non plus et nous sommes aux premières loges !!!!
 
Jeudi 4 Juillet
 
Ile Dia
 
En face d’Hiraklion qu’il va bien falloir rejoindre , une ile avec 3 belles anses orientées au sud et j’imagine assez facilement qu’elles pourraient nous offrir une dernière étape sympathique
Celle du milieu a un appendice où nous nous réfugions , juste la taille du bateau , pas âme qui vivent , seule une mouette nous observe en piaillant .
 
Pos: 35° 26 363 N; 25° 13 321 E
 
Vendredi 5 Aout
 
 
Enfin un peu de nav à la voile et nous rentrons dans le port d’Heraklion , long de 2km avant de nous accoster tant bien que mal au ponton sous les fenêtres des Caost Guards
 
 
Nous ne manquerons pas bien sur d’aller trainer nos guêtres dans le gigantesque palais de Cnossos , célèbre pour avoir abriter la civilisation minoenne pendant près de 1500 ans et pour avoir disparu vers 1500 av JC probablement à cause du l’effondrement d’un volcan .
 
Sophie et Julien regagnent la France , finies les vacances !!!
Je poursuis quand à moi la route à l’Ouest jusqu’à Malte où Arnaud, Elise ( rappelez-vous Borneo-Singapour , plus de moteur et un remorquage par un énorme cargo ….) et son père Richard me retrouveront fin Aout
Malte , la Sicile, la Sardaigne et peut-être la Corse avant de retrouver ma petite famille à la Ciotat , tel devrait être la fin du parcours pour cette saison bien remplie .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie »
                                                                                   Heraklion le 6 Aout 2011
 
                                                                                 Claire Brondex
 
 
 
 
 
 
 


Publié à 16:35, le 7/08/2011, Héraklion
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Limassol ( Chypre) Heraklion (Crete) Juin / Aout 2011

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                          Limassol ( Chypre ) Héraklion ( Crète )Juin / Aout 2011
 
 
 
Mardi 7 Juin
 
 
Le choc du retour à la civilisation européenne est bien là avec les tarifs de la marina de Limassol …90€ / 2 jours …..vite on fuit sur l’Ouest et on se réfugie dans le petit port de Paphos
 
Pos: 34° 45 266 N ; 32° 44 484 E
 
La fête pentecotienne du «  Kataclismo » bat son plein et nous sommes au 1eres loges devant le fort et la place où les représentations ont lieu : danse , musique , l’atmosphère est grecque à n’en pas douter car les gens du cru se laissent aller à des démonstrations de sirtaki avec le plus grand naturel , même les enfants s’ y adonnent !!!….
 
 
 
 
 
Paphos recèle des trésors d’antiquité avec une ville datant de l’époque romaine , et surtout des mosaïques à faire pâlir Ravenne !!!
Le site de Kourio près de Limassol est tout aussi étonnant , qui pourrait croire que Chypre a de tels vestiges ?
 
Dimanche 12 juin
 
Nous n’en avons pas fini avec les découvertes , nous louons une voiture et allons nous perdre cette fois-ci dans les Monts de Troodos, une petite Suisse parsemée de petites chapelles orthodoxes du XI eme siècle dont les murs peints sont de pures merveilles ;
 
 
Lundi 13 Juin
 
Fin des vacances pour Nathalie , l’avion du Lundi soir la ramène à Londres puis à Marseille , finis la tapette à mouche , la chasse aux cafards et la cuvette qui attend les petits vomis ,
J’ai employé les grands moyens pour que la cure de désintoxication aux pressions diverses et variées de la routine travaillistique soit efficace …..les symptômes sont en voie de disparition ,…..en cas de rechute : rejoindre Apsara de toute urgence !!!
 
 
Mercredi 15 juin
 
Aphrodite est née sur cette ile , y a rencontré Apollon…..et aujourd’hui nous allons rejoindre au nord, la baie des bains d’Aphrodite où se trouve également la « Fontana Amorosa »
 
Pos: 35° 05 403 N; 32° 18 E
 
L’eau est limpide et juste rafraichissante , un bain, un apero, elle est pas belle la vie sur Apsara !!
 
 
 
Jeudi 16 Juin
 
Chypre est toujours coupé en 2 depuis 1974 que la Turquie a envahi une bonne partie de la part NE .
Nous devons donc régularisé notre situation en procédant à la clearance out dans le petit port de Latsi après avoir doublé le cap Akamas
Pos: 35° 02 503 N ; 32° 23 761 E
Charmant petit port où la maison de la police ressemble à une maison grecque avec des volets bleus , une famille d’hirondelles s’est installée au sommet de l’escalier sous l’auvent , les formulaires administratifs sont remplis par l’agent lui-même et nous voilà quitte d’aller voir discrètement comment cela se passe du côté turc .
 
Samedi 18 Juin
 
L’appel …à Eole a été entendu , nous voilà au portant 15/20 nds de vent , génois tangonné ,voiles en ciseau , « a little bliss , un petit bonheur » que nous n’avons pas connu depuis longtemps ….
 
Assurément ici au port de Girne (Lyrenia), c’est la Turquie .
Après négociation à la marina, nous obtenons avec Joel des tarifs acceptables et nous profitons d’un jour de repos dans la ville très touristique avec la forteresse ,le port et les petits restos qui bordent l’ancienne marina …
 
Pos: 35° 20 454 N 33° 19 973 E
 
Lundi 20 Juin
 
Une belle traversée entre Chypre Nord et la cote turque et nous mouillons dans la baie très protégée    d’Ovacik
 
Pos: 36° 09 509 N ; 33° 41 437 E
 
Une tortue se promène devant Apsara , l’eau est claire et invite à la baignade mais les fonds sont sinistrés et la petite plage devant l‘ile pourrie de détritus plastiques , il parait qu’il passe pas moins de 10 goulettes par jour en pleine saison avec près de 50 personnes à bord avec ancrage , musique à fond et rejet de déchets en masse ……
 
Combien de décennies faudra-t-il pour qu’un semblant de protection et de récupération soit possible ?
 
Mercredi 22 Juin
 
Un saut de puce de 25 M et on atteint la petite anse de Soguksu Limani
Pos: 36° 07 943N; 31° 17 50 E
 
Une promenade dans les rochers et on découvre la piscine de rêve , eau turquoise, rocher planté au milieu comme un champignon , Zaza la chienne d’Oukiok s’en donne à cœur joie ,
Mais le soir le vent descend en rafale du vallon qui nous domine , jusqu’à 30nds , pourvu que ça tienne , par prudence j’ai mis l’alarme GPS…
 
 
Jeudi 23 Juin
 
Bozyazi Limani
 
Pos: 36° 05 753 N; 32° 56 313 E
 
Une jetée , un petit port où 3 ou 4 bateaux sont amarrés , le « harbourmaster » vient nous accueillir pour nous prendre les amarres
Il se déclare immédiatement « captain Taxi » et nous propose une virée au Château d’Anamur , Mamure Kalesi , une forteresse sise à la pointe d’Anamur Burnu , forteresse érigée d’abord par les Romains puis totalement reconstruite et agrandie par les Ottomans, curiosité une mosquée se dresse au milieu de l’enceinte !!!
 
A peine imaginable est la cité d’Anemurium vieille de plus de 1500 ans , qui héberge théâtre ,  « musichall » et palestre , piscine , bains et gymnase et dont la plupart des sols sont couverts de mosaïques ;
La journée se termine bien sur au restaurant où on se fait arnaquer comme au coin du bois avec des tarifs digne du Royal !!!
 
Vendredi 24 Juin
 
De petits ports en petits ports on rejoint celui de Gazipasa
 
Pos: 36° 15 843 N ; 32° 16 738 E
 
Où l’on mouille au milieu ….lentement la paix du soir nous envahit , l’horizon s’enflamme et découpe les crêtes noires des sommets , la forteresse illuminée veille sur nous et soudainement les dauphins se prennent à jouer près de l’étrave ..
Ce sont les moments dont on rêve lorsqu’on se fait tabasser, au près, avec un déluge du ciel et de la mer , et   un vent âpre qui, tel un lutteur vient immobiliser le bateau contre les vagues.
 
Dimanche 26 Juin
 
Rien ne nous empêche toutefois de regagner le luxe et le confort à la marina d’Alanya
 
Pos: 36° 33 494 N ; 31° 56 932 E
 
Douches chaudes, machines à laver , wifi , piscine….!!
 
La ville est récente, dominée par une forteresse impressionnante, encore une œuvre des Ottomans , le marché regorge de fraises, oranges, cerises, melons et légumes variés , un vrai régal des yeux avant celui des papilles .
Pas mal de voiliers de français sont accostés à la marina , les liens se créent vite par la langue et bien vite je découvre les talents de Françoise en informatique sur Miegjorn    ;
 
Depuis la Méditerranée, les cartes de Max si , le logiciel de navigation sont d’une pauvreté inquiétante , aucuns détails, pas de profondeurs, je suis désarmée devant ce problème et Françoise en une matinée me résout l’ énigme …merci à toi Françoise , je peux poursuivre en toute sérénité , je te voue une reconnaissance sans faille ….!!!
 
Pour parfaire le plaisir , une belle soirée bien arrosée sur Zig-Zag à refaire le monde avec Jean-Yves ….c’est les vacances !!!!
 
Jeudi 30 Juin
 
Side
 
Pos: 36° 46 095 N; 31° 23 078 E
 
Une ville antique envahie par les marchands du temple , le disco va durer jusqu’à 3h½ du matin associée à une houle féroce qui nous balance d’un bord à l’autre , une visite rapide aux ruines et le lendemain dès l’aube nous fuyons vers Kemer .
 
 
Vendredi 1er Juillet
 
Les bâtiments du Club Med se repèrent de loin …« conspicuous » comme disent les guides mais là encore , nous sommes abreuvés de musique à fond et de bruits de moteurs tirants péniblement les wakeboarders qui font semblant de sauter les vagues .
La seule chose qui nous réjouisse ce sont les boites qu’ils ramassent en se prenant la planche dans la vague .
 
Samedi 2 Juillet
 
Cineviz Limani
 
36° 986 N ; 30° 29 914 E
Une vraie calanque où quelques voiliers et goulettes ont mouillé, les falaises sont tachetées de pins qui s’accrochent puis se rassemblent au pied , l’eau est verte et turquoise , fraiche comme une caresse, et le chant des cigales vient combler cette sérénité ,
 
 
Dimanche 3 Juillet
 
Quel plus bel anniversaire que ce lieux béni des dieux , voilà 4 ans je signai le rachat d’Apsara , 4 ans de petites galères (!!!) et de gros bonheurs , 4 ans remplis…. « comme une onde qui bout dans une urne trop pleine »…
Que d’interrogations balayées par ces instants magiques , que de doutes effacés par cette paix …
 
Et rien de plus délicieux que ces rougets dévorés avec Joel et Anne-Marie dans une petite gargote au bord de la plage , accompagnés de ces enfants qui s’ébattent dans l’eau comme des lutins …
Si le bonheur a un nom , c’est bien celui-là !!!
 
 
Et le soir sur Apsara, nous fêtons les 4.600M parcourus ensemble depuis Goa, car il faut bien se rendre à l’évidence, nos routes vont provisoirement se séparer : eux vont musarder en Turquie et je reprends la route vers l’Ouest .
 
 
Lundi 4 Juillet
 
Une route sans histoire pour doubler le cap Taslik et prendre plein Ouest pour rejoindre une des baies de la fameuse Kekova
 
Gokkaya Limani
 
Pos: 36° 12 378 N ; 29° 53 615 E
 
Un dédale de passes et de petites iles qui ferment des fjords minuscules où chaque navire peut trouver sa place , le maquis se miroite dans l’eau, les cigales s’époumonent, et l’odeur des pins m’envahit .
 Après la ruée des goulettes , je reste seule à jouir de ce petit paradis et une lune discrète vient juste parfaire la voute étoilée ;
 
Kekova :
 
Les tombes lyciennes bordent le rivage , un château qui surmonte une baie très abritée , juste un petit tour dans cette anse et je rejoins une autre baie sur l’ile de Kekova;
 
Mardi 5 Juillet
 
Cette cote turque n’a pas finie de m’émerveiller …Tersane
 
Pos: 36° 10 371 N; 29° 50 778 E
 
Encore un petit bijou avec des ruines et le soir, une fois la foule partie je jouis seule de cet environnement avec quelques biquettes qui viennent bêler sur la plage …
Entre chèvres, on n’a pas de peine à se comprendre !!!
 
 
 
 
Mercredi 6 Juillet
 
Je retrouve le luxe et la civilisation à la marina de Kas
 
Pos: 36° 12 259 N ; 29° 37 858 E
…et je retrouve aussi Mathias sur Lizza Forte ( un du convoi !) qui connait avec son moteur les mêmes affres que moi l’an dernier ….
 
Vendredi 8 Juillet
 
Curieuse situation que cette ile minuscule de Castellorizo …grecque , à quelques milles de la cote turque …une vraie carte postale que je rejoins avec une navette ..trop compliqué d’y aller avec le bateau , il faudrait refaire toutes les procédures de clearance in et out .
 
 
Samedi 9 Juillet
 
Un départ le jour à peine levé , le vent a fermé les écoutilles et tranquillement j’atteins Fetihye où je sais pouvoir retrouver Alondra et Skylark du convoi
 
L’accueil est à la hauteur de la joie des retrouvailles , corne de brume, cloches , une fois la pioche posée, ils me rejoignent tous sur Apsara …à la nage !!!…mouillés pour mouillés autant s’abreuver et la bière coule à flot !!!
 
 
Pos: 36° 37 360 N; 29° 05 894 E.
 
Mardi 12 Juillet
 
Kayakoy
 
Un village abandonné à quelques km de Fetihye, 3500 maisons désertées par les grecs lors de la partition au début du XX eme siècle , et des églises dont ils ne restent que des voutes peintes .
De cette ville fantôme émane une grande tristesse , on imagine aisément la vie paisible puis la douleur du départ et l’abandon , encore une manifestation de la bêtise humaine et 2 peuples qui s’affrontent.

 

 
 
Jeudi 14 Juillet
 
« la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas » !!!!
 
Les flonflons et les bals ne sont pas au programme à Gocek , la virilité s’ exprime d’une autre manière puisque partout le Viagra est vente libre ….en Turquie il faut assurer !!!
 
Et je retrouve Skylark dans la somptueuse petite baie de Boynuz Boku
 
Pos: 36° 42 620 N    28° 53 688 E
 
Dimanche 17 Juillet
 
Cette fois-ci pour de bon , il me faut me séparer de l’Asie et rejoindre l’Europe car Sophie la fille de Muriel ( rappelez-vous Aden Hurgada la remontée de la Mer Rouge ) et son copain Julien doivent atterrir à Rhodes
 
Je quitte donc la baie de Gocek aux aurores pour retrouver une fois n’est pas coutume, le vent dans le pif !!!
Et , faute de pouvoir accéder à la marina de Rhodes , j’atterris plus au sud dans une petite crique au nom évocateur de Zorba le grec: la baie Anthony Quinn .
 
Pos: 36° 19 405 N ; 28° 12 673 E
 
La paix du soir me gagne sous les feux de la lune étincelante, seule au monde dans cette crique bien protégée du meltemi .
 
Lundi 18 Juillet
 
Un petit peu obstinée , je tente à nouveau de gagner la marina mais cette fois-ci c’est l’accueil à la VHF qui me fait comprendre que les places sont chères , pensez donc une femme seule à bord alors que la plupart des yachts affichent un excédent d’équipage , pas assez chicos Apsara , j’irai mouiller sous les remparts ….à l’entrée de la marina !!!!
Pos: 36° 29 910 N; 28° 13 758 E
 
 
Mardi 19 Juillet
 
Aéroport de Rhodes
Un flot ininterrompu de touristes livides et désorientés se vomit de la porte « Arrivals into Schengen »
Tout sourire, mes 2 jeunes débarquent et vite on file à bord d’Apsara plus au calme .
 
 
Rhodes : tout le monde connait le colosse , une des 7 merveilles du monde qui enjambait le port et s’élevait à 30m au-dessus de la mer .
 
Il avait été réalisé par un artiste de Lindos toute proche avec le bronze laissé par Démétrios à la suite du siège et de sa défaite contre la cité en 305 av JC ..
A l’époque déjà les remparts étaient solides
L’artiste mit 12 ans pour le réaliser et il disparut probablement lors du tremblement de terre de 227 av JC ;
 
A l’entrée il ne reste plus que 2 colonnettes surmontées par un daim et une biche …je n’ai pas réussi à savoir quels symboles ils pouvaient bien représentés…!!!
 
Mais beaucoup plus impressionnants sont les remparts qui ceignent la ville, et témoignent d’une époque glorieuse au temps des Chevaliers de Saint Jean
Auparavant la ville avait vu le passage des Perses puis de Byzance , puis des Romains , puis des Perses à nouveau , des Arabes et des Vénitiens
Quand enfin elle tombe aux mains des Croisés et des Chevaliers de Saint Jean ,, elle devient une cité fortifiée à la réputation imprenable .
 
 
 
 
Le palais des Grands Maitres construit initialement au XIV eme siècle a été restauré intégralement pendant l’occupation italienne car il servait de résidence à Victor Emmanuel et Mussolini
 
A la fin de la guerre l’ile fut restitué à la Grèce au moment du rattachement du Dodécanèse en 1948
 
L’ile vit essentiellement du tourisme maintenant , les promènes-couillons et les glass bottom ( traduisez bateaux à fond de verre ) fleurissent et on se demande ce qu’ils peuvent bien voir dans les fonds puisqu’ ils sont morts …encore un bel exemple de tourisme surmotorisé et où la vie nocturne et sonore occupe l’essentiel des loisirs ;
 
Courage , fuyons , on s’évade dans la petite baie d’Anthony Quinn à nouveau
 
 
Jeudi 21 Juillet
 
 
Pos: 36° 05 788 N; 28° 05 257 E
 
Lindos sur la cote SE était à l’origine la capitale de Rhodes et a vécu aussi le passage de toutes les populations méditerranéennes et orientales
Une acropole haute de 116 m domine l’anse bien protégée où l’on va mouiller ;
Cette acropole a été par la suite fortifiée par les Chevaliers de Saint Jean où le Grand Maitre de Villaret se retrancha pour échapper à la vindicte papale en raison de sa vie privée quelque peu tumultueuse !!!!
 
Je n’avais à ce jour pas rencontré d’OVNI 41 et voilà que pas moins de 4 sont au mouillage !!!
Bien sur, les liens se créent vite et on passe une soirée fabuleuse avec Claude , Michel et Marie-France en dégustant un cassoulet arrosé de Corbières ( Claude est de Limoux et Michel et Marie- France d’Aiguesmortes ) à se raconter nos exploits d’OVNI…istes ;
 
 
Dimanche 24 Juillet
 
Une étape intermédiaire à Ak Istros ( 35° 55 865 N; 27° 51 896 E ) avant de rejoindre l’ile de Karpathos dans le petit port de Pigadhia
 
Pos: 35° 30 522 N 27° 12 884 E
 
Comme sur les cartes postales , des maisons blanches aux volets bleus , des tavernes à profusion et seulement 2 voiliers à quai , nous allons rester un jour de plus à jouir de ce havre à se régaler de souvlaki et de glace …
 
 
Mardi 26 Juillet
 
 
Makris Malyos
 
Pos: 35° 25 611 N ; 27° 10 169 E
 
Encore une anse bien protégée où une vieille épave croupit depuis des décennies et le lendemain on se dirige vers Kassos , une ile plus à l’Ouest sur la route de la Crète
 
Limin Fri
 
Une belle jetée protège un petit port doublé d’un autre minuscule, pas un voilier à quai ,l’église blanche et bleue trône au milieu de ce village grec comme on les imagine , où les bateaux de pêcheurs se dandinent et quelques vieux sirotent leurs cafés devant la taverne.
Seuls les ricanements des mouettes et le tintement des cloches à chaque heure viennent troubler cette paix du bout du monde .
 
Pos :35° 25 085 N ; 26° 55 407 E

Publié à 15:35, le 7/08/2011, Héraklion
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Port Ghalib ( Egypte) Limassol ( Chypre) Mai/Juin 2011... suite...

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Lundi 6 Juin

Un parfum étrange me remplit d’émotion , à quelque 20M de Limassol, j’ai peine à y croire , mais c’est bien cela , l’odeur de mon enfance lorsque nous « descendions » dans le Midi.
 La fragrance des pins maritimes me revient en mémoire avec le crissement des cigales dans les criques où nous mouillions le tout petit voilier en bois loué par mes parents .
J’avais 10 ans et déjà la bougeotte !!!

                                                                     Chypre 
Limassol  7 Juin 2011










« La souvenance est une autre façon 
De vivre sa vie.
Pleinement.
Le mieux possible.
Le moins durement.
Et la solitude est le moyen
De garder en mémoire
Ce que le bruit des choses
Emporte dans l’oubli.
Il faut bien lâcher d’un coté
Pour tenir de l’autre.
De ce qui renait au jour le jour
On se fait une nouvelle vie.
Et va le temps et va le rêve;
On ne voyage jamais qu’en soi. »

                                                                              « Harraga » Boualem Sansal 





 

 



Publié à 15:52, le 7/06/2011, Chypre
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Port Ghalib ( Egypte) Limassol ( Chypre) Mai/Juin 2011

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Port Ghalib ( Egypte ) Limassol ( Chypre)  Avril / Mai/ Juin 2011

 

Je vous avais abandonnés à votre triste sort de civilisés, empoignés par la routine et les médias …;…dérisoire …, je ne vais rien faire d’autre que de vous narrer de petites aventures qu’égayent  parfois la culture et l’histoire …
Notre histoire.. de l’humanité vieille de plusieurs millions d ‘année mais qui prend une toute autre dimension quand s’offre à vous le spectacle éblouissant de la civilisation égyptienne 
3.000 ans avant JC, plus de 2.000 ans de constructions toutes plus originales les unes que les autres, plus harmonieuses et grandioses que celles de la plupart des civilisations ayant existées , 2.000 ans où l’art, la peinture, la sculpture prendront une reflet  exceptionnel .
 
Les ingrédients pour les réalisations « pharaoniques » sont toujours un peu les mêmes: des chefs de royaumes , des empereurs a l’ego surdimensionné , qui veulent laisser trace de leur passage par la narration figurative de leur vie et de leurs exploits , qui se prennent pour des dieux vivants à travers une mythologie qu’ils ont copieusement inventée puis copiée, une paranoïa qui secrète des œuvres d’art admirables .
Les Incas, les Khmers , toutes les riches civilisations qui ont finies par disparaitre , ont produit des œuvres d’art gigantesques  qui font la joie des touristes que nous sommes .
 
 
 

Je ne vous raconterai pas  l’histoire de cette civilisation , j’en suis bien incapable et les livres le font de façon excellente,  mais je vous dirai simplement mon émotion devant Abou Simbel , Karnak , les fresques de Philae et les reflets de ce temple dans les eaux du Nil. 
 
 
 
 
 
 
La richesse d’une terre abreuvée par ce fleuve étrange, le seul au monde à couler Sud- Nord et à avoir 2 sources distinctes , issu d’une lointaine Afrique , a donné naissance à cette histoire prodigieuse qui m’a éblouie par sa dimension

 
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 9 Mai 

Nous avons retrouvé la marina de Port Ghalib, ses arnaques ( le prix du gazole est 10 fois supérieur à celui de la pompe locale et il nous faut payer une taxe supplémentaire pour remplir nos réservoirs puis  satisfaire à un droit de douane complémentaire….!!!)
Nous partons furieux de ces combines, avis aux amateurs qui seraient tentés de s ‘arrêter là pour faire leurs entrées en Egypte , de belles marsas s’offrent à vous avant d’arriver à Hurgada , El Gouna plus exactement où la marina Abu Tig vous offrira des services autrement plus attractifs .

Vincent est parti retrouvé sa passion du kite à Hurgada où les spots ne manquent pas , merci de nous avoir régalé de tes pêches , poissons , crabes et de nous avoir amusé de tes facéties !!!
 
 
 
 

Du coup c’est un équipage exclusivement féminin qui repart en direction d’El Quseyr .

La nuit nous enveloppe discrètement lorsque nous approchons de la baie à peine perceptible d’El Quseyr .

 
 





Les lumières de la ville sont trompeuses , les muezzins se répondent en écho , je ne distingue rien d’autre qu’une masse brune légèrement brillante que je prend pour un navire à quai , quand je distingue enfin les formes blanches des bateaux de plongée qui, sur ma droite m’indiquent l’emplacement de la jetée , puis la grosse bouée donnée sur la carte et qui me signale  le mouillage .





Les muezzins poursuivent leurs incantations , les minarets émergent dans le noir de la nuit , serait-on au pays des Mille et Une Nuits , la magie opère ,nous sommes bien en Orient 
Oukiok nous a rejoint et a posé la pioche à quelques encablures ….visite timide de la police locale pour savoir qui pouvait bien arriver à une heure aussi tardive….leur étonnement est complet quand ils découvrent qu’il s’agit de 2 femmes seules sur une telle embarcation …ils vont en avoir à raconter dans leurs chaumières !!!!






Pos:26° 06 041 N; 34° 17 173 E 

Nous resterons une journée à gouter les délices de cette petite ville au charme désuet dominée par une vieille forteresse .
Encore une cité qui a eu son heure de gloire et qui n’est pas encore polluée par le tourisme de masse .

Mercredi 11 Mai 


Une journée de répit dans la grand soufflerie , c’est au moteur que nous rejoignons la marina Abu Tig à El Gouna au nord de Hurgada , et il suffit d’entrer dans la marina pour que le soufflet recommence à s‘époumoner , travers ,30nds .
 L’accès au ponton est transformé en patinoire, ça tourne, ça vire , impossible de cibler l’emplacement entre 2 yachts reluisant comme des lustres , j’essaie bien de me glisser comme un suppositoire en marche arrière , rien n’y fait et c’est finalement par l’avant , pas très glorieusement qu’Apsara vient s ’attacher au ponton .
Les sbires de la marina ont commencé à s’agiter sérieusement quand ils ont vu mon ancre se rapprocher dangereusement des flans éblouissants des yachts de quelque éminent émir ;
On retrouve le luxe et l’artifice avec les douches chaudes , les restau les pieds dans l’eau, la musique de fond et les lumières tamisées
Pos: 27° 24 680 N; 33° 40 526 E 

Samedi 14 Mai 

Changement d’équipage pour Apsara , Mumu repart pour son Chablais préféré, elle va en avoir à raconter aux louloutes , et Nathalie une ancienne de la Malaisie , retrouve le navire  pour finaliser cette « remontée » de la Mer Rouge .





 


Mardi 17 Mai 

Je n’y tiens plus, il faut s’extraire de cette marina même si le NNO a repris de plus belle …quelque 18M à faire pour embouquer la passe d’Endeavour Harbour , …le moteur est pour une fois au repos pour traverser de nouveau le rail des cargos , ce sera bref , au travers , mais somptueux …
Pos: 27° 33 741 N ; 33° 46 944 E 
Et tout aussi somptueux sera le mouillage dans cette anse turquoise où nous resterons un jour encore pour attendre l’accalmie .

Jeudi 19 Mai 

« Et le désir s’accroit quand l’effet se recule »

NNO , 15/20/25 nds , je vois le SOG ( traduisez ; speed over ground …vitesse fond si vous préférez ) s’effondrer , le courant s’y met aussi , pas le choix , il faut se réfugier dans Sheikh Riyah Harbour en attendant amélioration
Pos: 28° 09 782 N ; 33° 39 152 

Pour se faire pardonner de nous faire subir des vents contraires, la cote du Sinai  et ses sommets nous offrent le pourpre et l’oranger de la lune qui se gonfle à l’horizon des crêtes noires 

Vendredi 20 Mai 

Pâleur de l’aurore sur une mer calmée, 
Rassérénés avec Oukiok, nous repartons sur cette route au NO où nous allons nous retrouver coincés entre le rail et les plateformes pétrolières qui parsèment la cote ;

La nuit nous apporte à nouveau un gros paquet de vent contraire , à minuit il faut se rendre à l’évidence, on avance pas d’un caramel ,le pilote automatique n’apprécie pas du tout ce genre de facétie et  se met en berne !!!
On va se mettre alors à un genre nouveau : le slalom entre les plateformes  pour rejoindre un coin plus abrité  Ras Abu Zenima , une baie cernée de sapins de Noel tous plus beaux les uns que les autres mais qui ne nous indiquent guère où l’on peut mouiller !!!
Nathalie , non plus, n’ apprécie guère , là voilà out après un petit vomi !!

Pos: 29° 02 588 N ; 33° 06 800 E 
Finalement c’est sous la fumée de l’usine locale de ce qui pourrait ressembler à du graphite tellement c’est dégueulasse, que nous nous retrouvons .
En moins d’un jour le bateau est crépi de suie noirâtre… 




Samedi 21 Mai Dimanche 22 

Et nous allons nous retrouver scotchés pendant 2 jours  dans cette anse assez bien abritée de la houle mais pas du vent, 25/30 nds au mouillage 
Les pêcheurs aussi se sont mis à l’abri et nous fournissent en crevettes et autres calamars …une aubaine !

Lundi 23 Mai 
Après 2 tentatives pour fuir  ce lieu « idyllique » nous finissons par atteindre Marsa  Hammam  , pos: 29°12 280 N; 32° 55 988 E  avec des rafales à 30 nds 

Mardi 24 Mai

Le vent semble se calmer la nuit , nous décollons donc vers  3h le matin pour gagner  Ras Matarma  pos: 29° 26 268 N ; 32° 45 654 E 
 C’est la stratégie du saut de puce , 15M par jour , dès notre arrivée le vent se lève à nouveau !!!!

Mercredi 24 mai 

Une nouvelle tentative « au radar » à 1h du mat , à peine 5m de chaine remontée et la soufflerie a repris , avec un délice sans mélange nous replongeons sous  la couette en attendant des heures meilleures qui semblent se dessiner vers une heure plus convenable cad 9h 
Qad el Tawila pos: 29° 47 400 N ; 32° 37 872 E …nous ne sommes plus qu’à 5M de l’entrée du canal et nous avons enfin pu terminer ce parcours du combattant A LA VOILE !!!!

Jeudi 25 Mai

Alors que nous embouquons la passe du canal bien balisée , le trafic, déjà pas très fourni, a cessé car le rail montant est passé vers 6h …au milieu du canal tranquillement un pêcheur a mouillé et tire sur son fil .
Curieuse impression de voir ce canal mythique à peu près déserté ; la cause essentielle: la piraterie dans le golfe d’Aden 
Un agent français d’une société privée accostée à coté d’Apsara à la marina de Suez , nous éclairera sur les raisons de la maigreur du transit : 300.000 $ /jour sont demandés par les compagnies d’assurance pour couvrir un cargo avec un service armé à bord , le montant s’élève à 1 million $/jour  s’il n’y a pas de service armé …. Édifiant !!!!


Samedi 27 Dimanche 28 Mai 

Le Sinai qui nous a offert les plus beaux dégradés d’ocre et de brun depuis la mer va à nouveau nous éblouir par ses vallons et pentes abruptes 
Le monastère de Sainte Catherine , qui a bien pu imaginé une telle forteresse au milieu de ce désert minéral ?
 
 
 
A l’emplacement du buisson ardent où fut révélés  les X Commandements à Moise , l’empereur Justinien au VI eme siècle fit édifié la forteresse, la basilique et le monastère qui furent  de tout temps protégés et acceptés par les envahisseurs successifs depuis les Ottomans jusqu’à Napoleon Bonaparte lors de la campagne d’Egypte ..
Le monastère en lui-même présente peu d’intérêts car on ne peut pas le visiter mais le musée et la basilique révèlent des trésors d’écritures , d’icones et d’ouvrages enluminés .
 
 
 
 
Les murs, renforcés par 8 tours se mêlent au paysage comme un signe humain perdu dans ce monde de granit .

L’ascension du Mont Sinai , nous accordera le retour à la verticalité  sur un chemin confortable et un temps de repos délicieux en sirotant un verre de thé à la menthe auprès du bédouin de la tribu des Jebalaya, tribu  qui se charge de restaurer le pèlerin lors de son ascension ou éventuellement de le mener à dos de chameau .
 

Une spiritualité profonde se dégage de ce lieu, chargée d’histoire et de légendes , Même pour la mécréante que je suis , on ne peut qu’être saisi par la magie des lieux et la force de l’environnement;

 
 
 
 

Lundi 30 Mai 

Alondra, Skylark et Lizza Forte ont enfin pu rejoindre à leur tour la marina après avoir été bloqué à El Tur pendant 4 jours et le soir c’est la fête sur Alondra , la bière, le vin , le Pastis( une découverte pour les anglo-saxons!!) coulent à flot , de vrais moments chaleureux pour marquer l’achèvement de cette route à épisode multiple 
Said, le roi de la petite combine et de la magouille se fait un plaisir de fournir en denrées de toutes sortes les quelques bateaux qui sont à quai avec un grand art de séducteur 




Nathalie, quant à elle, passe des vacances heureuses avec pour animation un safari -mouche , une poursuite aux cafards et un nettoyage en règle d’Apsara , quand elle n’est pas saisie par le mal de mer dès que nous voguons..!!!

Mardi 31 Mai 

Xavier que vous aviez connu pendant la saison 2009 entre les Vanuatu et Singapour, m’attend depuis 2 semaines au Caire où il gite et travaille ;
Ce sont enfin les retrouvailles , chaleureuses, émouvantes, nous avions partagé des moments si forts sur Apsara ;



Après une visite au musée national le matin , il se fait une joie de nous faire découvrir le Vieux Caire la nuit tombée , Khan el Khalili, les vieilles maisons ottomanes  pour terminer la soirée au restaurant Naguib Mahfouz ….un grand moment ……




 









Mercredi 1er Juin 

Les pyramides, la Citadelle et la rage de dent 

Gizeh , les images sont trop connues , 
« Soldats, du haut de ces pyramides 40 siècles vous contemplent »….aux portes du désert alors que la ville s‘étale à nos pieds dans la brume de la pollution , le Sphinx , on ne vibre pas de la même manière mais tout de même ….















La Citadelle et les mosquées presque aussi gigantesques que Sainte Sophie à Istanbul .



Une rage de dent tenace me vrille les sinus depuis 2 jours , heureusement Xavier a pu m’obtenir un rdv pour dévitaliser la dent , et à moitié comateuse mais sans douleur , je rentre à Suez avec Nathalie, Joel et Anne-Marie .

Jeudi 2 Juin 

Les préparatifs pour le transit , lessive, rinçage du pont , je veux qu’Apsara soit dans ses plus beaux atours pour retrouver ses fonds baptismaux …

Vendredi 3 Juin 

Légère tension avant le départ , comme chaque fois l’impatience me gagne, j’ai hâte de retrouver le mouvement bien que la route quasi rectiligne jusqu’à Ismailia ne nous laisse guère le choix de l’itinéraire.
Les cargos gigantesques à coté de notre drôle d’embarcation sont un peu plus nombreux ce jour, nous croisons le rail descendant et mouillons devant le yacht club d’Ismailia à la nuit tombée 
Le pilote, très courtois et avenant, nous quitte en nous souhaitant bonne route et nous informe que vers 7h demain le « Canal Suez Autorité » nous appellera sur la VHF …

Samedi 4 Juin 

C’est à 5h du matin à peine sonnée que les appels du second pilote me réveille , Ejectée d’un sommeil profond, je manque de sortir dans le plus simple appareil tant les appels sont impératifs ….
En route pour Port Said sur cette ligne droite interminable  plein Nord , bordée à l’Est  par le désert et les palmeraies à l’Ouest , curieux contraste entre l’Orient et l’Occident  marqué par les vieux restes d’une guerre éclair vieille de plus de 30 ans.


Il faut bien le dire, ce n’est pas sans émotion que je franchis le canal, c’est l’achèvement d’un périple et la réalisation d’un rêve tenace qui me laissait entrevoir la Grande Bleue 
C’est à  la fois  un sentiment profond de joie et d’étonnement qui se mêlent pour ce que d’aucun pourrait appeler un exploit …il n’en est rien , c’est somme toute assez banal avec les moyens actuels GPS, Meteo , carte électronique, pilote automatique .de parcourir les océans , mais plutôt  la satisfaction d’avoir réaliser ce projet avec une intense motivation.

« achievement » comme disent les anglo-saxons 
 
 La boucle n’est pas bouclée …est-ce bien nécessaire ?

Il y a maintenant 7 ans que j’ai commencé  cette route …à Mindelo au Cap Vert sur un autre voilier  , je n’ai rejoint Apsara qu’à Fort de France .
Lui offrirai-je de retrouver ce point de départ de  notre aventure commune? 
Ce bateau, plein de défauts et d’absurdes agencements m’a apporté tant de bonheur comme  d’inconfortables situations , ressemble à un vieil ami à qui l’on pardonne tout parce qu’il connait tout vos secrets .

18H30 , sans tambours ni trompettes , nous sortons des eaux égyptiennes , encore un petit pas de 200M pour retrouver l’Europe et Chypre .

Dimanche 5 Juin 

Calé sur son bouchain par une petit vent de travers, Apsara file ses 4/5 nds tranquille sous le soleil , voilà bien longtemps que nous n’avions connu une navigation aussi calme  et la nuit se déroule ainsi sous une lune discrète 


2eme chapitre 
 
 

Aden ( Yemen) Port Ghalib ( Egypte )       Avril 2011

Jeudi 31 Mars 

Bab el Mandeb , la porte des larmes nous attend  pour nous accueillir au paradis de la Mer Rouge 
C’est la porte étroite , pas plus de 10M séparent un bord à l’autre , le petit chenal avec un vent de 15/20 nds  de SSE, puis le franchissement du rail  montant et descendant , pas le temps de trainer , le vent nous pousse 25/30 nds , juste un énorme cargo chinois de plus de 7 étages à contourner et nous voilà sur l’autre rive , l’Erythrée va elle aussi nous accueillir avec le sourire 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Qui pourra affirmer  que la haine et l’agressivité sont le produit  d’humains dans la survie ?
Les pêcheurs qui nous reçoivent à terre assurément le sont dans la survie et pourtant quelle dignité , quelle discrétion dans leurs présents quand après avoir soigné l’un d’eux, blessé , crabes, poissons nous sont offerts en toute générosité .


Dimanche 3 Avril

Le retour à la terre d’Afrique , le soulagement d’avoir atteint cette Mer Rouge tant espérée, la beauté de ces ilots ceints de vert , abrités par 30 nds de vent dans cette baie de Lalabeh Deset font que la saveur des choses, des paysages, de la vie simple que nous retrouvons est décuplée , 
Pos:12° 58 195  N ; 42° 50 451 E 

 
 
 
 
 
 
Lundi 4 Avril 

Toute la journée le vent de SSE  a soufflé très fort 35nds voire 45 , nous mouillons pour la nuit dans une baie pas très bien abritée 
Ras Terma : 13° 11 292 N ; 42°29 835 E 


 
 
 
 
 
 
 
Mardi 5 Avril 

Anfile Bay : 14° 45 482 N; 40° 47 833 E

L’Afrique dans toute sa magie , les flamands roses qui volent dans le couchant, la terre ocre, sauvage, caillouteuse, et des tombes qui parsèment le plateau devant nous, 
Cette terre décidément n’a pas fini de nous attirer comme un retour aux sources de nos origines, il n’y a qu’elle pour évoquer de la sorte la puissance de notre histoire. 
Je ne sais quels sentiments pouvait avoir Lucie devant ces immensités……..     a-t-elle vu la mer ?

Vendredi 8 Avril 

Nous faisons route vers Mussawa le seul grand port de l’Erythrée que nous rejoindrons avant le lever du jour 
Pos: 15° 36 689 N ; 39° 28 260 E 

 
 
 
 
 
Nous avons mouillé dans le port ; une fois obtenu le pass qui nous permet d’en sortir nous allons faire un tour en ville et les images de la guerre nous sautent aux yeux , bâtiments détruits, ce sont les restes de la guerre avec l’Ethiopie . 
Ce pays de l’Erythrée est un modèle de ce que peuvent et veulent  ne pas faire les Nations Unies pour le sauver . 
Après un siècle d’occupation italienne où la plupart des infrastructures sont mises en place dont un train reliant Mussawa à la capitale Asmara ( 35 tunnels , 65 ponts ), les Britanniques gèrent le pays en laissant la porte ouverte à l’Ethiopie qui ne rêve que d’un accès sur la Mer Rouge. 
Les Britanniques avant de partir retireront tout ce qui aurait permis à l’Erythrée de devenir une nation équipée et laissent  les Ethiopiens bien sur envahir et massacrer toute manifestation d’indépendance , tant sous le régime de l’empereur Ailé Selassié que du communiste Mengistu Hailé .
Les Nations Unies ne bronchent pas non  plus et laisse se perpétrer le génocide.

De 1974 à  1994 cette guerre durera 20 ans pour obtenir  l’indépendance et  voir enfin la création de cette nation.
Les femmes auront largement participé à cette libération et vivent maintenant complètement occidentalisées dans ce monde chrétien et musulman
Les vestiges de ces combats sont rassemblés dans un espace de commémoration où sont entassés pêle-mêle chars russes , avions américains, mitrailleuses , tanks, Jeeps , et où veille, ironie du sort, un gardien qui s’est attribué un container de l’époque et a barricadé son terrain avec quelques pièces de guerre . 


La route pour rejoindre Asmara est pleine de contraste, quelques collines où ne poussent que des  cailloux et de rares et maigres arbustes, des caravanes qui suivent des pistes inconnues , puis la verdure apparait avec quelques cultures , on sent l’eau plus abondante , les troupeaux paissent tranquillement .
Suivent d’étranges formations striées que l’on prend d’abord pour un phénomène géologique mais qui s’avèrent être des murets de pierre sur toutes les pentes des collines avant d’accéder au plateau de Asmara ;
Ces milliers de terrasse sont occupées par des cactus qui produisent des figues de Barbarie et couvrent de vert ces pentes abruptes ;

Asmara , aux rues calmes est un petit morceau d’Italie , pizzeria, pasteria, le café est fort et abondant, les anciens parlent encore italien , c’est un vrai bonheur de déambuler dans cette cité au marché riche  et coloré ;
 
 
 
 

Je garderai de cette contrée un des souvenirs les plus émouvant de la Mer Rouge : l’accueil simple de ces habitants qui vous offrent avec le plus grand cérémonial la préparation du café traditionnel : grains grillés à même le brasero , broyage des grains avec une infinie patience pour obtenir la poudre la plus fine possible puis infusion dans la cafetière spéciale et dégustation , un éblouissement de saveurs qui vous emballent le palais.

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vendredi 15 Avril
Bye Bye Massawa …!!!
Comme d’habitude le départ est retardé en attente des documents et coups de tampon, route au 345° pour rejoindre le Soudan et Port Suakin 

C’est une spécialité de la Mer Rouge , le vent de NNO droit dans le pif , et nous n’y échappons pas , la nuit de préférence ou le  loch affiche en vitesse fond 2 à 2,5 nds , une misère interminable avec des vagues qui chaque fois  freinent le bateau .

Pour une fois j’ai sorti la trinquette , quelques dixièmes de nds précieux quand enfin le vent tourne un peu à l’Est et là c’est le bonheur , Apsara a tout revêtu , grand-voile , génois, trinquette et file à plus de 6 nds sur l’eau qui s’est calmée .

C’est ainsi fait sur les voiliers , les grands moments de navigation font vite oublier les temps douloureux et les vents contraires 

Mouillage de Khor Nawarat 
Pos:18° 15 600 N ; 38° 18 793 E 
Une immense baie  fermée par une ile couleur de sable , des coraux à profusion de toutes les couleurs , un arc en ciel marin illuminé par les rayons du soleil , des poissons tout aussi colorés qui s’étonnent de voir passer des ombres énormes , voyeurs perturbateurs de leur sérénité .

2 jours, nous resterons dans ce paradis originel ,  Mathias de Lizza Forte est malade , l’inverseur d’Alondra fait de nouveau des siennes , et ce ne sera pas de trop pour remettre le team en état .

Dimanche 17 Avril 

Encore une étape vers le Nord , intermédiaire avant de rejoindre Port Suakin
Baie de Trinkitat : 18° 40 928 N; 37° 44 947 E 
Le Soudan, accueillant, nous retrouvons l’Afrique noire et son sourire, les djellabas blanches , l’appel du muezzin, et les lumières brumeuses sur les sommets lointains .

Port Suakin 19° 06 457 N ; 37° 20  272 E 

 
 
 
 
 
Ce site est incroyable , nous arrivons par un chenal qui nous conduit au bord même de la vieille ville en ruine et nous mouillons devant cette cité disparue il y a bientôt maintenant un siècle .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Suakin a eu son heure de gloire, seul port de la Mer Rouge pour le départ des pèlerins pour la Mecque et le commerce des esclaves au XIXeme siècle 
La construction par les Anglais de Port Soudan en 1909 mettra un terme à ce succès et verra se transformer Suakin en ville fantôme , il ne reste maintenant que quelques échoppes  où l’on peut acheter un pain délicieux et des vieux sages enturbannés qui devisent devant leur porte .
Je serai bien restée dans cette ville perdue à cheminer entre les pierres mais la route nous appelle , seulement la moitié de la Mer Rouge est parcourue .


Vendredi 22 Avril 

Nous étions 6 bateaux survivants du convoi à demeurer ensemble et faire la même route .
Hélas , Lizza Forte n’a plus de capitaine , Matthias est toujours malade ; avec Skylark et Alondra , ils attendront un jour de plus à Suakin pour lui permettre de se rétablir , Oukiok et Apsara ont des rdv en Egypte qui ne leur laissent guère le temps de trainer 

Nous poursuivons donc vers le Nord en visitant les nombreuses marsa qui bordent la cote du Soudan ; les marsa  sont des baies fermées par un chenal souvent dans le reef , leur accès n’est pas toujours évident mais elles sont bien abritées du vent dominant de Nord

 
 
Marsa Daror : 19° 50 822 N ; 37° 15 959 E 

Samedi 23 Avril 

Marsa Ara kiyai : 20° 13 852 N ; 37° 12 060 E 
Les militaires de la base navale viennent à notre rencontre pour nous guider dans la passe étroite qui mène au mouillage , fiers de leurs uniformes comme de leur nationalité ils nous rétorquent quand nous les remercions  «  C’est normal , nous sommes soudanais » 
Décidément , tout au long de cette mythique Mer Rouge , je ne serai pas déçue par l’accueil et les paysages 


Lundi 25 Avril 

Marsa Khor Shinab
21° 21 072 N; 37° 00 85 E 

Toute la nuit nous avons lutté contre le vent de NNO  qui souffle à plus de 15 nds , il nous faut nous aider du moteur pour remonter face au vent en tirant des bords qui ne nous font guère avancer …
Mais à l’arrivée de Khor Shinab c’est l’émerveillement , l’entrée se devine à peine , on s’engage dans ce chenal profond de près de 30m , bordé de coraux  roses et beiges , parsemé d’ilots de sable qui teintent l’eau de turquoise et nous allons poser la pioche dans une vaste baie dominée par des collines sombres et désertiques .
Y a-t-il lieux plus sauvages et plus harmonieux que ce site ? Je ne sais, il restera un des plus beaux visités pendant mon périple.

Mardi 26 Avril 

Il nous reste encore 350M pour rejoindre Port Ghalib et le royaume des pharaons, 
La Mer Rouge ne renonce pas à sa réputation comme ça , il faut lutter une fois de plus contre les éléments , tirer des bords sans relâche pour gagner quelques milles , 70M en 24h , record battu , c’est dérisoire , on joue petit-bras et on s’arme de patience …


Mercredi 27 Avril 

Les prévis météo regonflent un moral défaillant , du SSE est annoncé avec une période préalable de pétole ….au moins on pourra faire route directe .

Et la Mer Rouge joue enfin les vielles dames fatiguées , surface à peine ridée, quelques risées pour nous rafraichir , le moteur ronronne et nous propulse à 5nds , quelle aubaine !!!! On avance enfin sur cette route interminable vers le Nord ;

La presque’ile de Port Berenice est dépassée, la terre se dessine au loin elle aussi bleutée par les brumes , c’est le temps mort après la bataille, en d’autres circonstances on se serait agacé de ce calme plat , pour l’heure on se repose à faire du pain, jouer au Scrabble et lire en toute quiétude sur un Apsara   qui a retrouvé l’horizontale .


Vendredi 29 Avril


Port Ghalib 

On a rejoint le pays des Pharaons, dans une marina digne des plus grands temples de la Haute Epoque , …..le luxe mais aussi l’artifice du tourisme et de ses tarifs …;

Repos bien mérité pour Apsara et son équipage qui va jouer les touristes , ( eh! Oui , on y échappe pas !!) avant de regagner Suez et la Méditerranée où je vous donne rdv pour les prochaines aventures d’Apsara 



                                                          Claire Brondex Port Ghalib     03/05 /2011



"Happiness is being one of the gang "



 



Publié à 11:46, le 3/05/2011, Egypte
Mots clefs :


Muscat (Oman) Aden (Yemen) Fev / Mars 2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

   1er chapitre 

Muscat (Oman) Aden ( Yemen)         Mars 2011 



  Mardi 1er  Mars 


Avant de partir de la marina, nous rejoignons le ponton du gazole pour faire les pleins, puis il nous faudra retourner au port Sultan Qaboos pour finaliser la sortie avec Fida notre agent , 
Le Harbour Master ne trouve rien de mieux que de nous mettre à quai contre des défenses prévues pour des tankers , un vent de SE se lève et le temps de d’exécuter les coups de tampon nécessaires , il nous plaque contre le quai à plus de 20 nds et si on ne veut pas laisser sur les défenses nos chandeliers comme une rangée de dents , il va falloir jouer serré ….
Quelques égratignures pour Oukiok , un chandelier et de la peinture  pour Apsara , le port Sultan Qaboos sera renommé Sultan Cabosse , la plaisance et les voiliers ici sont denrée rare mais tout de même, il faut être vraiment couillon pour nous avoir scotché sur ce quai ..
Bien sûr, le vent de SE qui nous a tant fait défaut pour remonter cette cote , nous souffle dans les bronches maintenant et nous voilà obligé de rejoindre la baie d’El Jezair  à toute petite vitesse .
Pos: 23° 32 851 N ; 58° 39 173 E 

 
 
Un petit bateau à moteur se précipite à notre rencontre lorsque je rentre dans la baie , c’est un français qui travaille ici pour une compagnie de charter et qui nous invite à mouiller près du catamaran de la société
Enfin un peu de calme et de sérénité dans une baie sauvage , dommage , nous aurions du rester plus longtemps !!!

Mercredi 2 Mars 

Je repère sur la carte une immense anse intérieure à laquelle on accède par un bras de mer de plus d’1M  entre Sur et la pointe El Had 
Pos :22° 30 437 N 59° 43 226 E 

Le chenal d’entrée est étroit mais les profondeurs sont corrects et nous allons poser la pioche à l’Ouest de la baie d’où l’on aperçoit quelques masures .
4m d’eau et nous voilà loin des paperasses et des coups de tampon .
Seuls quelques pêcheurs sur leurs barques à moteur nous côtoient et nous saluent .
Vincent meurt d’envie d’aller taquiner du kite et le vent, soufflant dans la bonne direction a tôt fait de le poser vers les rares habitations .
En voilà une idée qu ‘elle est pas bonne! Le chef du village tout sourire nous fait comprendre que la police viendra nous voir pour régulariser notre situation , passeports , clearance et autres documents ;
Et le soir , voilà la troupe qui débarque à bord , le chef, un jeune policier et un soit disant douanier plus enclin à nous réclamer 35 Rial ( 70€) qu’à vérifier les imprimés 
Refus catégorique du skipper , pas question d’embarquer nos documents ,et  la nuit tombée , ils sont bien en peine de nous conduire au poste le plus proche cad à Sur à 50km de là .
Finalement devant notre obstination et la régularité de nos documents , tout ce petit monde s’en va la queue basse et le lendemain matin , dès la marée haute nous fuyons ce site idyllique ; décidément les stations prolongées dans les beaux mouillages ne nous sont pas très favorables ;

Vendredi 4 Mars 

 
 
Il nous faut doubler à nouveau la pointe El Had et tourner Ouest pour longer la cote d’Oman en direction de Salalah 

Nous ne nous quittons pas d’une semelle avec Oukiok , pas toujours facile de se suivre ou de se précéder mais c’est à ce prix qu’on assure la sécurité .

On s’octroiera tout de même une nuit confortable après avoir mouillé près de l’ile de Masirah entre la cote et l’ile 
Pos:20° 37 056 N ; 58° 49 707 E 

Petit temps , petit vent d’Est qui nous permet de sortir le spi , et après quelques 300M  et  la pointe El Had nous rejoignons le port de Salalah le soir tombé ..

Mercredi 9  Mars 

Pos: 16° 56 472 N ; 54° 08 674 E 

Pas évident, l’accès au port , nous devons contourner une immense jetée qui nous masque le port lui-même et qui n’est pas portée sur la carte .
Heureusement Oukiok a dans ses trésors une trace d’un navigateur précédent et nous sommes attendus par  Jacques de Jacabelle qui nous aide dans la procédure de mouillage car il faut mouiller dans un 1er temps à l’avant puis approcher  en marche arrière le quai en pierre où l’on ira tendre des amarres ;

Tout le rallye Blue Water est là en attente de chargement , la plupart des propriétaires ont fait le choix de ramener les bateaux par cargo après le drame du Quest et de l’ING membres de ce rallye .
Le traumatisme est évident, le Quest voilier américain avec 4 personnes à bord a été massacré par les pirates à quelques 300M au SE de Salalah, l’ING , voilier danois a vu son équipage capturé  à 400 M au SE de Salalah .

Dimanche 13 Mars 

Avant l’arrivée du reste du convoi cad 5 voiliers ,  nous allons jouer les touristes, et découvrir un site vieux de près de 3.000 ans: Sumhuran et la lagune de Khor Rori .
Ces vestiges ont été le lieu d’une activité commerciale intense avec le transport de l’encens embarquée là pour être échangée avec des objets précieux provenant d’Asie
 
 
 
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Le site est éblouissant, une lagune turquoise qui devait être le port autrefois , les ruines de la ville dominant cette petite baie ou viennent paitre des chameaux .
Nous poussons jusqu’à Marbat , petite ville de pêcheurs pleine de charme aux authentiques maisons omanaises.
Mercredi 15 Mars 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le reste du convoi est arrivé , au total ce seront 9 voiliers qui vont transiter entre le golfe d’Aden et la Mer Rouge 
- « Vagabond »: Cristiano son skipper est brésilien, Mario son équipier l’est aussi 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
- « Lizza Forte »: Matthias et Hubert sont autrichiens
-  « Skylark II » Chris et Daisy sont néo-zélandais
- « Baringo »  John  et Julia  anglais basés à Hong Kong 
-
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 « Lyra » : Gero est allemand et Justin son équipier est anglais
- « Puerto Seguro » Maria et Esteban sont argentins 
-  «  Oukiok » Joel et Anne-Marie sont français basés à Sallanches
- «  Apsara » vous connaissez
- et « Alondra » René son skipper est hollandais et organisateur du convoi TTT  ( Thailand  To Turkey ) à bord la famille Edith et Devi sa femme et sa fille , Kate jeune américaine  au pair et membre d’équipage , et 2 journalistes cinéastes en production d’un document sur la piraterie .
 
 
 
 
9 bateaux , 21 personnes qui vont devoir s’accommoder d’une organisation rigoureuse en particulier sur les formations pendant la navigation 

2 groupes : en tête 1-Puerto Seguro , Lyra , Baringo et Skylark 
            à l’arrière  2- Alondra, Vagabond, Lizza Forte , et en queue de peloton Oukiok et Apsara qui ne se quittent toujours pas !!!


Lundi 21 Mars 


C’est le grand jour , nous levons l’ancre dans un relatif désordre car il faut démêler les ancres et les amarres arrières et après avoir attendu les documents de sortie et les immanquables coups de tampon sur les passeports , c’est à la nuit tombée que le convoi se forment pour sortir de l’immense port de Salalah et prendre la route au 245° .

La nuit sera longue et brève en sommeil , très difficile de se positionner les uns par rapport aux autres , d’autant qu’il faut doubler un cap et bien sur le vent nous vient devant pour changer.
C’est un peu la débandade et curieusement au petit matin tout ce beau monde se retrouve à proximité dans le désordre mais sur la même route …!!!

Mercredi 23 Mars 

Quelques barques de pêcheurs nous approchent à grande vitesse , aussitôt c’est la procédure de rapprochement: «  Closer , closer , closer »
Ils nous accostent avec le sourire, toujours à l’affut de quelques cigarettes et autres boissons, mais la règle est stricte :leur faire comprendre qu’il ne faut pas nous approcher  et que nous n’avons rien à donner ;
C’est pour moi une grande frustration car ces contacts avec les habitants et les pêcheurs en particulier sont un enchantement , ils sont le plus souvent ravis de rentrer en contact avec nous , et je n’ai jamais rencontré jusqu’alors de gestes agressifs ou d’animosité .

Jeudi 24 Mars 
 
 
 
 
 
Il est 17h lorsque nous approchons de Mukallah ; 
Des pitons rocheux plantés de tours ocres , des falaises croulantes surplombant les habitations blanches aux formes cubiques , des minarets élancés qui dominent  ces masures , pas de doute nous sommes en pays arabe d’autant que les muezzins, une fois posé l’ancre, lancent les appels des quatre coins de la ville.
La ville est belle, sur ordre de la police nous devons nous réfugier dans le port, et attendre le lendemain pour espérer y aller faire un tour .
C’est jour de prière , au loin résonnent des cris de manifestation, le Yemen est à l’instar des autres pays arabes sous le coup de mouvements populaires;

Vendredi 25 Mars 

C’est jour de repos et en fin de journée nous obtenons l’autorisation de nous rendre en ville sous escorte et profitez d’un temps de partage au restaurant , c’est le moment où les langues se délient , tout le monde y va de son chapitre et de sa petite aventure , d’autres comme Vincent se tournent vers les locaux pour glaner quelques informations sur la vie locale .
Ce temps de découverte très fugitif me montre un monde sans femme, de rares ombres noires  se profilent dans le soir , pas un seul visage , la moitié de l’humanité est exclue de la vie sociale ….

Lundi 28 Mars 

Encore quelques 300M de franchis , et Aden la bien nommée est rejointe en fin de matinée ….
 
 
 
Emouvant, l’accueil des yéménites , d’un coté une pilotine fait fonctionner sa corne et ses occupants nous saluent avec le V de la victoire, d’un autre des barques de pêcheurs nous suivent avec le pouce levé « tamam, tamam » et leurs sourires est à l’image de l’accueil .

Cette population, on le verra plus tard en ville, est en pleine désespérance : prise entre l’étau des pirates qui a fait sombrer le tourisme et l’activité du port ,et d’un pouvoir faible, incapable de faire face à l’attente des habitants qui , comme toujours dans ces cas-là se réfugient  dans l’extrémisme voire le fanatisme religieux , à tout le  moins dans la mastication du khat qui fait des ravages .
On sent le pays à l’abandon , les hôtels de luxe ont pratiquement tous fermés..;
Seul le « Mercure » a survécu , ce qui me permet d’y aller récupérer  Muriel en attente de notre arrivée depuis 2 jours !!!
Et le soir c’est la fête dans le camp des latinos , Puerto Seguro, Oukiok, Apsara se retrouvent tous réunis sur Vagabond  pour arroser  à la brésilienne la fin du parcours à risque et le soulagement de l’arrivée 


Mercredi 30 Mars 

Les pleins sont fait à nouveau , et un tour en ville ne sera pas de trop pour appréhender la vie locale et son fonctionnement : la moitié de la population est absente ou cachée sous d’amples vêtements noires et un voile qui ne laisse apparaitre que les yeux , rares sont celles qui ne sont pas voilées à partir de 12/13 ans , 

Curieusement dans les officines officielles , il n’ y a aucune gêne par rapport à nous autres occidentales et les agents de l’Immigration comme du Port Control , manifeste plutôt de l’admiration et de la fierté en tout cas beaucoup de délicatesse à l’égard d’une femme skipper .
En ville nous allons visiter des citernes d’eau, vieilles de plus de 300 ans avant JC mais qui sont malheureusement vides quoique  bien entretenues et révèlent l’incroyable imagination des constructeurs pour capter, conserver  l’eau et utiliser les trop pleins ….
 
 
 
 
 
 
 


 

 



Publié à 17:33, le 1/05/2011, Aden
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De l'Océan Indien à la Mer d'Oman Galle ( Sri Lanka)Muscat (Oman) Janv/Fév2011..suite

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 Tous les services de sécurité semblent être sur les dents , je viens d’appeler Anne-Marie au téléphone , la police est au bateau et semble plus que nerveuse , pensez donc des voiliers  devant les officines gouvernementales , on craint une attaque des Pakistanais , la situation se tend de plus en plus …

Lorsque nous rejoignons la jetée avec l’officier de l’Immigration , pas moins de 20 personnes en tenue ou en civil nous attendent ….et nous, nous attendons encore …quoi on ne sait trop rien , il est 22h 30 …
Finalement , nous embarquons l’officier sur l’annexe , il s’est proposé de régulariser notre situation très gentiment au bateau , état civil , photocopies et coups de tampon et l’épisode se termine à 11h du soir  passé , nous sommes autorisés à rester pour la nuit et un officier viendra demain , finaliser les procédures 

Vendredi 18 Février 

2 vedettes de la police sont restées toute la nuit au mouillage près de nous pour nous surveiller , le gazole a été confisqué et l’attente recommence …
Quand enfin une vedette approche , ce n’est pas l’officier de police qui nous rejoint c’est un agent d’une société privée qui vient faire l’intermédiaire et nous ponctionner 100$ après une heure de négociation . 
Mais on est sur que les procédures vont aller vite et après lui avoir donné une deadline de 3h , on récupère nos jerrycans .
 Sur les coups de 17 h , les clearances out et autres coups de tampon ( vous connaissez ,vous , des pays où des privés sont en possession des tampons officiels du Ministère de l’Immigration ???) sont effectives et nous levons l’ancre , direction Oman .


Samedi 19 Février 

Un bon vent de NNO nous propulse ….à l’Ouest , ce n’est pas vraiment la route directe sur Muscat mais ça nous permet d’avancer et surtout on espère du NNE pour la suite qui devrait bien nous arranger .
C’est effectivement le cas , le vent oscille entre N et NNE , les 2 voiliers courent sur la vague pendant 3 jours avec une moyenne de 6/7 nds et  un cap entre 300° et 310° , un vrai bonheur à se régaler de la pleine lune et de la mer qui défile .
450M , seuls à parcourir la mer d’Oman avec Eole aux trousses


Mardi 22 Février
 
On s’en doutait bien un peu , c’est parce que les bonnes choses sont éphémères qu’on les savoure avec délectation ;
Dans la nuit , Jérôme me réveille , le vent est tombé , mais le génois aussi , il git sur le pont et sous la coque d’Apsara complètement affalé …
Henri vient à la rescousse et nous déposons la voile sur le bateau  en attendant le jour , une bonne nuit de sommeil me mettra plus à l’aise pour aller en tête de mât et comprendre ce qu’il s’est passé ;
Si le vent est tombé, la houle persiste et me voilà telle la cloche à me balancer au sommet pour  tenter de rattraper la drisse et la manille à son extrémité afin de la redescendre …c’est l’anneau de l’enrouleur qui a cédé .
…pas grave , mais il faut réinstaller le génois et le remonter ….heureusement que mes hommes sont là !!!!
Il est des moments où la dure réalité des ans vous remet les pendules à l’heure …la séance de grimpe a quelque peu entamé mon potentiel physique (le potentiel intellectuel semble intact , rassurez-vous, merci , tout va bien !!!)

Et la route se poursuit, interminable sous la chaleur , on ne bénéficie même pas d’un petit courant favorable , rien à l’horizon que la mer et ses poissons et le ciel bleu à peine voilé de brumes qui estompent le contraste de la ligne de séparation ;


Mercredi 23 Février 

La nuit , la concentration de planctons est telle que le moindre mouvement allume de longues phosphorescences à la surface de l’eau .
 De somptueuses illuminations parcourent l’étrave et la coque d’Apsara dans le monde noir de la nuit sans lune , c’est un spectacle éblouissant qu’on pourrait comparer aux aurores boréales tant la clarté  est  importante .
Et voilà que, soudain, je vois de belles trainées en mouvement, le souffle bien connu des dauphins me parvient aux oreilles , c’est l’émerveillement , ils sont auréolés de lumières , et viennent jouer devant l’étrave , puis soudain jaillissent en bondissant et se laissent retomber dans l’eau avec des gerbes d’étoiles 
Je n’ose bouger tant la vision de ces animaux qui dansent à la proue du navire me fascine, je voudrais crier de joie et réveiller Jérôme et Henri , mais déjà ils ont fui et probablement rejoint leurs troupes après m’avoir offert un des plus beaux spectacles de la nature …merci à vous, beaux mammifères ,de ce privilège ;

Eole, en revanche , nous a encore déserté , route linéaire jusqu’à la cote d’Oman et la pointe El Had la plus proche de nous , les heures sont longues à observer les rares poissons volants qui viennent troubler la surface lisse de la mer , il reste 150M pour revoir la terre ;


Vendredi 25 Février

Les premières lueurs de la cote ont été aperçues hier soir , l’odeur de la terre nous parvient par instant comme un retour aux sources , la mer est silencieuse et les 2 bateaux tels des vaisseaux fantômes glissent  sur cette onde lisse .
Nous passons d’un monde à l’autre , des mystères de l’Inde au chatoyant monde arabe. 
Curieux sentiment face à ce contraste des civilisations , l’humain reste l’humain mais l’humanité dans ses modes relationnels et de vie, ses codes sociaux présente tellement de diversités qu’on pourrait presque croire qu’on a changé de planète 
L’Orient et les contreforts des Jebel qui dominent le port Sultan Qaboos nous accueillent dans la magnificence mais aussi à des tarifs plus que dissuasifs .
Tout a un prix , le moindre service nous met les finances au plus bas et très vite on réalise que notre séjour va devoir s’abréger si on ne veut pas atteindre le dépôt de bilan .
Marina Bander Al Rowdha : 23° 34 946 N; 58° 36 460 E 

Vincent vient rejoindre Apsara et Jerome regagne son Chablais . Henri , lui , reste fidèle au poste n’ayant pas encore atteint l’overdose du capitaine ( ça ne saurait tarder !!!)
Encore un changement d’équipage , quelques pleins malgré tout ( le gazole en revanche est à un prix dérisoire !!!) et route vers Salalah pour rejoindre le convoi qui devrait nous mener à Aden .
 
 
 

                                                        
                                                               Claire Brondex  26 Février 2011


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« L’amitié  est une belle chose, c’est une bête familière vivante et tendre. Elle semble n’avoir que deux yeux toujours posés sur vous et qui vous réchauffent.
On ne voit pas ses dents. Mais c’est une bête qui a une particularité curieuse, c’est quand elle est morte qu’elle mord »  


                                                         « Cher Amour » Bernard Giraudoux 


 



Publié à 15:56, le 28/02/2011, Mer d'Oman
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De l'Océan Indien à la Mer d'Oman Galle ( Sri Lanka)Muscat (Oman) Janv/Fév 2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

De l’Océan indien à la mer d’Oman

Galle ( Sri Lanka ) Muscat  (Oman) Janvier /Février 2011 



 
 
Mercredi 12 Janvier 2011


Je retrouve Galle , Ekta le roi du tuk-tuk, l’agent qui nous ponctionne 200$ pour faire la clearance in et out et le port dont nous ne pouvons sortir qu’avec un passe, avec un certain gout de nostalgie .
Nous nous y étions arrêté en 2009 avec Jacques et Soleja puis nous avions visité le Sri Lanka avec la merveille de Sigiriya .
Depuis ce lieu nos routes se sont séparés puisque Soleja est parti vers le Sud pour  contourner  le Cap de Bonne Espérance et Apsara va filer vers le Nord et la Mer Rouge .
Peut-être la Méditerranée verra-telle se rejoindre les 2 navires qui ne se sont pas côtoyés depuis les Vanuatu ? Chi lo sa ???
 
 
 
 
 
 

Jeudi 13   Janvier 

Mehdi et Marine , très vite , sont partis s’égayer au cœur du pays et le soir , je reçois la visite d’Henri et Bertrand qui sont en rade sur AdHoc .
Le capitaine de ce navire et son équipage ont bien fait une tentative pour rejoindre le Cap Comorin . 
Assurément le bateau n’était pas apte à poursuivre sa route vu son état et ils sont donc revenus à Galle .
Henri qui a pris un congé de 4 mois pour suivre ce navire se retrouve sans embarquement et tout de suite me sollicite pour pouvoir continuer .
4 à bord c’est trop pour l’ancienne qui manque totalement de pédagogie et qui préfère « bourriner » sur les winchs en toute tranquillité ;
Mais elle ne manque pas de psychologie car elle avait pressenti depuis quelques temps déjà que les jeunes étaient plus avides de visites et de snorkeling que de temps morts sur le bateau et quand ils rentrent de leur virée , je ne suis même pas étonnée de les entendre m’annoncer qu’ils n’iraient pas plus loin que Cochin ….
Bonne pioche , je profite de l’occasion pour leur suggérer de les voir débarquer maintenant ce qui me permet d’accueillir  Henri pour la suite du parcours .
Changement d’équipage , et après  quelques préparatifs , nous voilà prêts à reprendre la mer .en direction de l’Inde et de sa cote Ouest .

Mercredi 19 Janvier 

La Navy nous donne le feu vert , et nous rejoignons le chenal de sortie quand soudain , le pilote automatique a un accès de Calgon , il ne répond plus et telle une vieille carne semble vouloir retourner à l’écurie 
Je vais aussitôt mouiller près de la bouée  et commence l’investigation ….
Le fil du capteur d’angle de barre est complètement rongé sur 5cm et je réalise en même temps qu’il ne peut y avoir qu’un rat pour bouffer les fils de la sorte , 
J’enrage , cette bestiole est un cadeau des quais pourris de Galle , il va falloir ruser très fort pour s’en débarrasser .
En attendant c’est boite à outil et soudure et nous pouvons repartir  tranquillement 

Décidément les quais de Galle ne me laisseront pas cette fois un bon souvenir .
J’avais placé sur le portique une défense pour le protéger au moment du départ et je me dis qu’il serait temps de la retirer…. j’observe l’éolienne qui ne tourne pas et m’avance pour dénouer la cordelette…. SBBOINNNG….c’est le choc!  une pale m’a entaillée profondément le front et je réalise l’étendue des dégâts en voyant le sang pisser sur la jupe arrière :        « C’est la Mer Rouge quand il saigne « !!!…
Henri se précipite , pharmacie , Steri Strip désinfection , c’est bon ça tiendra bien jusqu’à Cochin .
Et nous voilà reparti pour de nouvelles aventures ….

Samedi 22 Janvier 

350M nous sépare de Cochin avec la traversée du Golfe de Mannar puis il nous faut doubler le Cap Comorin et longer la cote SO de l’Inde .
Enfin de la vraie nav , le vent est travers entre 15 et 25 nds et malgré la houle nous aurons fait 6 nds de moyenne sur ce parcours ..un vrai régal .
Le cap Comorin qui est la pointe Sud de l’Inde se laisse apercevoir au matin et nous retrouvons la tranquillité de la cote sous le vent , une mer à peine ridée et le thermique qui va bien pour nous pousser pendant le jour .

Cochin
L’arrivée de nuit est quelque peu délicate , les feux verts du chenal sont en pause-café de même que la plupart des feux rouges , le Port Control nous met en attente et du coup je pose la pioche à l’entrée du chenal , on verra plus clair demain matin ….
Et nous gagnons  le mouillage du Taj Malabar au petit jour ,
Pos: 09° 58 357 N ; 76° 10 855 E
 
 
 
 
Nous sommes  accueillis dans l’instant par les officiels ravis de ce 1er bateau d’une longue série , en effet le gros de la troupe du rallye Blue Water arrivera  dans les jours suivants .
Mais nous rejoindra aussi  quelques jours plus tard   le team Oukiok , Joel et Anne-Marie de Sallanches  , c’est la fête à bord d’Apsara qui n’avait pas retrouvé Oukiok depuis Bali .
 
 
 
 
 
 
 
L’après-midi , nous flânons dans Fort Cochin , où les vestiges du passage des Portugais  puis des Hollandais côtoient le célèbre quartier juif et sa synagogue ;
Autre attraction spectaculaire , les filets chinois qui bordent le chenal , il faut pas moins de 5 hommes pour relever le balancier  et le replonger; 
 
 
 
 

Dimanche 23 Janvier 

De Cochin à Allepey au sud s’étend une vaste zone de lacs appelés les « backwaters » : la lagune s’est progressivement refermée sur cette région humide et a formé un entrelacs de rivières, de lacs dont la salinité a peu à peu disparu car la culture du riz a obligé  à assécher et clore ces espaces ; de ce fait l’échange avec la mer s’est tari et la Venise de l’Orient devient une cité lacustre largement envahie par le tourisme .
 
 
 
 
 
 
 
Le charme de ces étendues est unique ,oiseaux, nénuphars habitent la surface de l’eau  mais pour combien de temps encore …
La région du Kerala est aussi un des fiefs du Parti Communiste en Inde et les femmes y sont majoritairement représentés ….comment s’étonner que plus de 86% de cette population soit scolarisé alors que ce pourcentage n’atteint que 20% dans le Rajasthan essentiellement musulman ;

 
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 24 Janvier 


Une visite à la ville moderne d’Ernakulam  nous laisse pantois d’épuisement devant ce grouillement bruyant et il nous faudra encore une journée de plus pour exécuter la sortie « clearance out » et revoir les inoubliables piles de document qui soutiennent les murs dans les bureaux !!
Mais la bonne nouvelle du jour , c’est que Monsieur le rat s’est fait piéger par sa gourmandise, un petit morceau de saucisse bien placé sur le piège a eu raison de ses dégâts !
 
 
 
 
 
 

Mercredi 26 Janvier 

Finalement Jerome  nous rejoindra à Goa ce qui m’évite de faire la route jusqu’à Bombay et nous permet d’attendre tranquillement que Oukiok  nous retrouve avant la grande traversée jusqu’à Salalah .

Nous filons vers le Nord et plusieurs stops s’offrent à nous le long de cette cote du Kerala 

 
 
 
 
 
Beypore : pos   : 11° 10 127 N; 75° 48 569 E 
Un port de pêcheurs où les Coast Guards nous accueillent avec le sourire ; 
La plupart des bateaux sont rentrés .
Toute la nuit nous avions fait le slalom entre des myriades de petits chalutiers, tels des lucioles qui illuminent la surface  l’eau et qui raclent les fonds 
 
 
 
 
 
 
La pêche ici est intensive et je n’arrive pas à croire que cette mer puisse fournir encore quelque chose  tant la collecte est importante …et il en sera ainsi tout le long de cette cote SW de l’Inde .
Un voilier dans le port , une femme à bord , c’est l’événement et nous aurons les honneurs de la Une de la presse locale , certes en hindi pour le texte mais pas pour la photo !!!

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vendredi 28 Janvier 

Kotte Konu  ,pos: 12° 01 001N; 75° 13 518 E  large baie protégée de l’Ouest , 

Partout où nous passons c’est le même accueil des locaux , sourires , gentillesses, étonnés qu’ils sont de voir des voiliers visités ces lieux , c’est chaque fois un événement et leur curiosité est insatiable ;

 
 
 
 
 
 
Lundi 31 Janvier 

Malpe 

Après avoir mouillé près de l’entrée du chenal , la police vient nous rendre visite à nouveau avec la plus grande décontraction , torsepoil, sourire en banane, ravie de rencontrer une femme qui navigue , j’ai les honneurs de la visite de leur beau hors-bord ,750cv , et un équipement électronique digne des Coast Guards américains .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Leurs informations nous permet de rentrer tranquillement dans le port en face des centaines de bateaux de pêcheurs qui sont à quai ….ça sent fort , très fort , plus que la marée mais les pêcheurs sont avenants et nous offrent un bon paquet de maquereaux qui ferons notre régal du soir 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Udupi , une ville moderne à quelques kilomètres , célèbre pour son temple de Vishnu , va nous offrir un des plus impressionnants spectacles de procession que nous ayons jamais vu .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Les prêtres au sommet de tours décorées de fleurs offrent aux pèlerins des piécettes ,et la procession commence sous les tambours et instruments à vent , tout le monde se prosterne dans la plus grande ferveur , …soudain c’est la bousculade, des femmes sont renversées , les chariots arrivent roulant sur leur énormes roues en bois , des cris fusent , heureusement , tous se relèvent dans le plus grand désordre mais il s’en est fallu de peu que la procession ne tourne au drame …
 
 
 
 
 
 
 
 

Une grosse provision de crevettes grâce à la diligence d’Henri et nous sortons du chenal à la mi -journée 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pos: 13° 20 687N ; 74° 41 989 E


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mercredi 2 Février 


 
 
 
 
 
 
 
Décidément , le pilote automatique a choisi  à nouveau de se mettre en berne et de me mettre le compte-tour à 20.000……;tant pis , on va barrer pour rejoindre la baie de Belekeri à quelques 85M de là,

Belekeri bay : 14° 43 898 N; 74° 12 471 E 

 
 
 
 
 
 
 
Une vaste baie bordée de petites plages , nous sommes seuls dans ce monde sauvage et je peux tranquillement investiguer le pilote ….cette fois -ci c’est le moteur , je fais l’échange avec l’ancien en réserve …..et ça marche ,
Le soir les pêcheurs viennent nous rencontrer ,trop heureux du divertissement  et des bières offertes contre quelques poissons .
Le lendemain l’accès à la plage nous est vite limité par 4 bidasses en tenue quelque peu débraillée ,qui nous font comprendre que c’est un terrain militaire et que nous ne sommes pas autorisés à nous balader dans cette zone , ….dommage , il y avait une belle colline en promontoire au-dessus de  la baie , nous nous serions bien dégourdi les pates par une belle grimpette ..;

Samedi 5 Février 

Une belle journée de nav s’offre à nous , 
le vent est souvent  SW  en fin de matinée sous forme de thermique mais cette fois-ci c’est du NE et Apsara file allègrement au travers à plus de 6 nds , 
Il finira par tourner S et on se lâche , on sort le spi , puis il continue de tourner , alors on rentre le spi tour tangonner le génois , enfin bref on aura passer l’après-midi à manœuvrer , sans beaucoup de résultats d’ailleurs car « Jacabelle » un autre OVNI 43 nous sèmera allègrement avant d’atteindre la baie de Mormugao ;

Vasco de Gama est l’énorme port qui borde cette baie , il se rejoint par un chenal balisé qui me permet l’accès au mouillage que j’ai envie de rejoindre au nord de Mormugao , dans la petite baie de Dona Pulau .

Nous suivons discrètement le chenal par tribord quand soudain une énorme corne résonne à l’arrière à plusieurs reprises , je vois arriver dans mon sillage la vedette du Port Security , les hommes à bord nous font des grands signes et je comprends qu’il faut m’arrêter ….
Explications oiseuses pour leur faire comprendre que nous voulons mouiller en face et que nous allons vite nous séparer de ce trafic infernal , quelques signes de la main et un hochement de tête , nous invitent à prendre le large et nous sortir de cette voie commerciale au plus vite ;

Baie de Dona Pulau , pos: 15° 27 111 N ; 73° 48 373 E

Rien de bien enthousiasment dans cette baie si ce n’est un excellent restaurant qui va regonfler le moral des troupes après une nuit confortable ;


Lundi 7 Février 

Nous rejoignons très vite le matin le mouillage de Verem Bay 
Pos: 15° 30 384 N ; 73° 49 185 E 

Ce mouillage nous permet de rejoindre Panaji qui est la nouvelle ville de Goa par le biais d’un bac  traversant la  Mandovi River .
Et comme toujours , c’est séquence paperasse à la capitainerie puis aux Customs , entretemps on a préparé le bateau car Jerome arrive demain .


Mardi 8 Février 

 
 
 
 
 
 
Je récupère Jérôme à l’aéroport pour l’installer sur Apsara , encore un bon petit resto et le lendemain nous irons visiter l’ancienne ville de Goa avec les 4 églises de style très hispanique .
 
 
 
Goa , célèbre surtout pour avoir été envahie par les hippies dans les années  70 , est une ancienne colonie portugaise qui ne s’est achevée qu’en 1961
 
 
 
 
Un peu d’histoire : en 1510 le portugais Albuquerque prend la domination de ce port fort bien situé pour le commerce des épices, soieries et autres bienfaits de l’Orient .
Le goupillon suit quelques années plus tard avec Saint François Xavier qui évangélise et incite les portugais à construire des églises pour accueillir les migrants de plus en plus nombreux et les convertis …
Les vestiges de cette époque s’admirent à Old Goa avec la fameuse Se Cathedral réputée pour être la plus grande d’Orient 
Mais l’âge d’or du business portugais ne dure qu’un temps et peu à peu les Hollandais bien installés vers Malacca supplantent le trafic commercial au XVIIeme et Goa s’endort pour plusieurs siècles .
 
 
 
 
 

La ville ne manque pas de charme , vieilles demeures coloniales aux balcons de bois , et ,chose rare en Inde, les rues sont presque propres ; le marché aux légumes est une petite merveille d’étalage .

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
On s’installe dans une douce vie entre visites , préparations et achats quand nous recevons un mail de l ‘organisateur du convoi qui nous informe que la zone de piraterie s’étend maintenant vers le NE du golfe d’Oman et qu’il va nous falloir rejoindre Bombay dans un 1er temps puis peut-être Karachi , au mieux Muscat à Oman pour contourner la zone …..c’est un peu la douche car la route direct Goa Salalah nous semblait confortable avec un vent de NE bien établi 
Voilà qui modifie quelque peu nos dates d’arrivée , il va falloir jouer serré pour déposer Jérôme à Muscat avant le 28 février ….


Lundi 14 Février   


En attendant il va falloir aussi se coltiner à nouveau les autorités portuaires, douanières et policières de l’Immigration.
 On attaque tôt le matin pour être surs d’avoir fini avant la nuit ,
 1ere bobine du film  : le Captain Port , Sir Meza  nous reçoit le nez dans son journal en nous intimant l’ordre de déposer les photocopies de différents documents ( pas moins d’une douzaine !!) et de les mettre à la signature pour les récupérer le soir vers 16h ….ah!ah! Ça se complique 
2eme bobine :on se la joue malin et on passe aux Customs en faisant mine de n’avoir rien compris ce qui nous permet d’avoir la clearance out de ce service ….
3eme bobine :l’Immigration maintenant , là ça devient diabolique , le chef de service nous explique que nous ne pouvons recevoir à bord quelqu’un qui est arrivé par avion …
Jerome verdit, moi aussi , je connais l’obstination d’un chef de service en France , alors vous pensez bien en Inde !!!!
Après moult palabres et coups de téléphone consentis à ses supérieurs et au Captain Port , il nous est requis un document de ce service attestant que nous serons bien 3 à bord …et l’heure tourne et …..si vous ne dormez pas encore …. vous saurez que la clearance out du Captain Port nous est délivrée avec 3 personnes à bord  , il est 17h les services de l’Immigration ferment à 18h ….nouvel aller-retour…. 
Madame la chef consent à nous délivrer les coups de tampon nécessaires pour sortir du territoire …il est 18h30 quand nous achevons les procédures …ça a duré plus de 7h 
OUFFF!!!! vite une bière pour arroser ça et nous réhydrater comme des éponges à sec ..un resto devant la baie , un petit alcool local le « fene » issu de la noix de cajou et  point n’est besoin de nous bercer après cette rude journée .

Mardi 15 Février 

Les hommes sont dans les startings , rien ne dépasse , tout est en ordre , et nous levons l’ancre à 9h avec Oukiok …  direction Bombay .
La cote encore , qui n’en finit pas  avec ses vents thermiques qui ne sont plus dans le bon sens …je retrouve le vent dans le pif …calamité!!! 
Heureusement Monsieur Soleil est là et Madame Lune va bientôt nous offrir ses plus beaux quartiers …;
Malheureusement les réserves de gazole ont été passablement entamées et , il nous faut refaire les pleins 

 
Jeudi 17 Février 

Nous avisons à l’Ouest de Bombay une grande baie «  Back  Bay » ainsi nommée qui devrait nous permettre de mouiller et d’aller discrètement refaire quelques 160L de gazole pour les 2 bateaux .
La baie est somptueuse et en arrivant nous admirons une demeure tout aussi somptueuse à la pointe N ….nous apprendrons plus tard que c’est une demeure officielle et gouvernementale qui dépend du 1er ministre à Delhi…..
C’est assurément un bon choix d’avoir mouillé devant !!!!
Lorsque nous rejoignons avec Joel et Henri la petite jetée qui borde Chowpatty Beach , on comprend vite que c’est une base de la police et que l’accès nous en sera bien difficile ….
Qu’importe , on avise une vedette de cette même  police qui est mouillée devant la jetée ,  naïvement nous requérons la possibilité de refaire nos pleins à la station la plus proche et nous voilà partis en taxi accompagnés de 2 sbires  trop contents de cet intermède dans leur longue journée de veille , jusqu’à la pompe .

….Et nous , trop contents aussi de faire des réserves sans avoir à refaire les interminables paperasses d’entrée et de sortie ……retour au bateau avec l’annexe et les bidons , l’hilarité nous gagne ….elle sera de courte durée quand nous apercevons nos acolytes en train de nous intimer l’ordre de revenir à grands renforts de gestes et gesticulations !!!!

Là va commencer un des épisodes les plus cocasses et burlesques de notre déjà longue route :

Ces 2 braves policiers nous expliquent qu’ils doivent nous conduire au commissariat central pour éclaircir la situation ….Henri reste à la jetée , et il y a fort à parier que d’autres pandores sont arrivés aux bateaux où sont restés Jerome et Anne-Marie 
Ca sent le traquenard , on commence avec Joel à se demander si on ne va pas passer la nuit au trou !!!!

A l’office de la police , pas moins de 3 officiers vont nous entendre prouver notre bonne foi jusqu’au boss suprême qui nous salue en espagnol et nous vante les mérites de l’équipe de football ….tout se passe bien sur dans la plus grande décontraction ….mais l’heure tourne , il n’est pas loin de 17h …

Finalement , ce sera au commissaire du port à décider de notre sort et nous nous y rendons en jeep de la police , à fond , visite de Bombay by night en voiture prioritaire cette fois-ci, accompagnés toujours de nos  2 acolytes et d’un officier !!!!
Reçus solennellement par le commissaire qui dispose d’un bureau au dimensions plus que respectables et aux couleurs attractives , nous relatons à nouveau notre histoire et la raison de notre présence ici …..le commissaire refile la patate chaude à l’officier de l’Immigration et re petit tour en ville en voiture officielle ….
Un homme charmant qui nous offre biscuits et thés , il est 21h et je récite à nouveau  le bréviaire du parfait plaisancier.
 
 
 
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Publié à 15:18, le 28/02/2011, Mer d'Oman
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De la mer des Andamans au golfe du Bengale Phuket Galle Dec 2010/Janv 2011

 

 



De la mer des Andamans au golfe du Bengale 

Phuket  (Thailande) 
23 Nov 

Le matos de ski est bien rangé à la cave à Publier  et j’ai le secret  espoir de pouvoir rechausser  et d’aller promener mes spatules dans la neige avant de rejoindre Apsara à Phuket .
Bingo !!! 30cm sont tombés sur le Chablais et je farte vite avant de faire fumer (????!!!!) les peaux de phoque 

30 Nov

Voilà 3 jours que Sylvain fait , lui, fumer la pelle à neige pour s’extraire de la maison et heureusement le mardi est un jour béni car je peux m’envoler de Genève sans encombre …convoyée par Monique et Jean-Claude …accompagnée d’une petite séquence « Emotion »….
Et le lendemain tous les aéroports d’Europe seront fermés pour cause de surenneigement !!!
Genève ~Le Caire~ Kuala Lumpur ~ Phuket 
Je le sens mal , j’ai juste 1H½  de battement entre les 2 vols KL ~ Phuket et au départ du Caire nous avions ( sic…!) déjà 1h de retard ….
Aéroport de KL , j’ai beau courir ( mes talents de sprinteuse ne sont plus que de très vieux souvenirs!!!) et …et ….l’avion est parti sans moi !!!
Mon bagage lui a disparu dans la bataille ..est-il à Phuket à KL , au Caire , à Genève ????
J’ai quand même pu avoir un vol le lendemain matin et retrouver mon sac à Phuket ,  qui, lui, n’avait pas raté l’avion la veille.
35° , le contraste est saisissant mais je retrouve Apsara et le petit gecko qui va avec en pleine forme : le voilà relooké avec une belle peinture de coque et un bimini somptueux 
Bernard le chef mécanicien du chantier  s’est penché pendant mon absence sur le système de relevage du safran qui ne fonctionnait plus depuis 2 ans ….
Je n’ai pas toujours de la chance avec les moteurs mais j’ai toujours de la chance avec les chefs mécaniciens qui font toujours des miracles pour moi ,… je suis émerveillée ,…. après quelques soucis pour remmancher les connections ,tout marche  et Bernard , dans la foulée remettra en état le petit générateur de secours , le capteur d’angle du pilote automatique avec la même gentillesse  bourrue d’ancien de la Royale .

Lundi 13 Décembre
 
 
 
 
 
 

Voilà plus d’une semaine que Mehdi et Marine sont arrivés à bord , ils vont m’accompagner jusqu’à Bombay …oui… enfin! s’ils arrivent à supporter le skipper  et ses maniaqueries jusque là !!!!
Ils réalisent depuis un an un tour du monde en bateau-stop, voilà le 3eme voilier qu’ils rejoignent et leurs sourires m’a conquise dès le 1er instant …je crois qu’on va bien s’entendre 
 
 
 
 
 
Et aujourd’hui, c’est le grand jour de la remise à l’eau, tout le monde piaffe d’impatience car nous avons tous hâte de retrouver la mer et ses poissons( Mehdi a préparé avec soin toutes les lignes de pêche et le vin blanc est au frais !!).
Le bateau n’a pas sombré, tout marche, ne reste plus que le dessalinisateur  à remettre en place et, si tout va bien, mercredi  devrait être le jour du grand départ .
Gros programme pour cette saison 2010/2011 :
Depuis Phuket , nous devrions rejoindre les iles Similan au NW de Phuket, puis les Andamans entre la Birmanie et l’Inde. 
Ces iles sont indiennes , il va donc falloir se munir de quelques tonnes de patience et de photocopie pour faire face à la bureaucratie …!!!
Nous ferons route ensuite vers le Sri Lanka, puis la cote W de l’Inde, en espérant pouvoir atteindre Bombay.
De là, direction Oman avec sa capitale Muscat ou Jerome devraient me retrouver  pour ensuite aller à Salalah vers la frontière du Yemen.
 C’est ici qu’aura lieu le rassemblement du convoi qui partira début  Mars  en direction d’Aden et devrait permettre aux 23 voiliers inscrits de transiter dans cette zone du Golf d’Aden,  un peu réputée pour être le lieu de piraterie assez sauvage de le part de Somaliens en perdition, dans une relative tranquillité (?!!)
Une fois en Mer Rouge, les délais de route seront moins contraignants et je pense avec Muriel « remonter » les 1200M qui nous séparent de l ’Egypte sans me presser…
Le canal de Suez, mythique après celui de Panama devrait nous permettre de rejoindre la Méditerranée et après …nous verrons bien au gré des vents et des humeurs  que pourra bien nous offrir la Grande Bleue ;


Samedi 18 Décembre 


1, 2, 3, Soleil, ….bof!!! La belle saison ne nous a pas encore gratifiés de ses lumineux rayons et c’est plutôt la pluie qui nous poursuit …et un peu de malchance tout de même car le radeau de survie qui aurait du arriver incessamment sous peu joue les limaces et nous obligent à trainer le long de la cote W de Phuket en attendant sa livraison 
 
 
 
Nai Harn bay : 07° 46 041 N; 98° 18 229 E        
Freedom bay : 07° 52 504 N; 98° 16 442 E 
Ao Bang Thao bay :07° 59 348 N; 98° 16 717 E
Nai Yang bay : 08° 05 479 N; 98° 17 195 E
Certes, il y a pire  endroit pour perdre son temps surtout quand Mehdi nous gratifie d’une pêche généreuse de tazard , mais les délais de route pour être à Salalah fin février pour le rassemblement du convoi ne me laissent plus beaucoup de marge et nous n’allons pas pouvoir  trainasser aux Andamans comme je le projetais depuis quelques années 
J’avais entendu parler de ces iles indiennes comme une réserve non pas d’indiens  mais de faune et de flore préservées et Julie et Marc de Zorba m’avaient laissée en gage le guide de ces iles en me recommandant d’y aller …dont acte! nonobstant la bureaucratie indienne qui a une passion dévorante pour les photocopies de toutes sortes et un usage forcené du coup de tampon ,nous nous y rendrons!!!

Lundi 20 Décembre 

Nai Yang bay , toute proche de l’aéroport et de la concentration touristique, 
J’attends le coup de téléphone d’Hervé le boss de Catathai qui doit nous délivrer le BIB ( radeau de survie  … obligatoire sur les embarcations hauturières et autres ) ;il devrait arriver par avion de Bangkok dans l’après-midi 
16H  je capte le téléphone et j’entends Hervé me demander « tu es assise ??? »….ça y est , je redoute le pire …combien de jours encore à perdre pour  recevoir ce satané radeau ????
« il n’a pas pris l’avion de 15h mais prendra celui de 19h , il devrait arriver sur les coups des 21h30 /22h …dès que je l’ai fait sortir de l’aéroport je te rappelle… »
Et l’attente se poursuit ,…… retour au bateau ,…… on tourne un peu en rond ,…. les heures s’écoulent doucement et enfin….. vers 23h le téléphone sonne  : 
    « je sors de l’aéroport avec le colis , je rejoins Nai Yang bay dans 15min »
On aurait pu imaginer un subreptice trafic à nous voir transporter ce colis de 30kg discrètement sur la plage et rejoindre l’annexe pour la charger mais je me fous du tiers comme du quart de ce que peuvent imaginer les touristes qui trainent encore dans les restaurants sur la plage à minuit , j’ai le BIB et je vais pouvoir partir derechef sur les iles Similan à quelques 50M de là 
Des bises chaleureuses pour remercier Hervé de la livraison et des travaux réalisés sur Apsara , Lek son employé a fait lui aussi des prouesses  pour remettre à neuf le dessalinisateur , réparer les hublots défaillants et nous voilà partis vers de nouvelles aventures ;


Mardi 21 Décembre 

L’air est ténu , l’orage de la nuit a fondu dans l’horizon, et peu à peu je devine les contours de ces quelques iles encore thaïlandaises au NW de Phuket .
D’énormes boulders en équilibre instable dominent la baie où nous allons prendre une bouée mise à disposition ( bien vu de la part des autorités du Parc de préserver les fonds mais le désastre de la destruction des coraux va mettre du temps à s‘effacer )
L’eau , turquoise, est parsemée de tâches sombres, d’une limpidité que nous avons oubliée depuis quelques temps déjà.
 
 
 La noria des bateaux touristiques a déjà commencé, malgré tout on se glisse vite à barboter , émerveillés de tant de poissons multicolores, perroquets, napoléons, carangues ,bans de tazards indifférents , d’autres semblent ne pas avoir quitté leur pyjamas, striés de bandes jaunes et bleues, l’œil à peine ouvert sur ces intrus du monde humanoide.
 
 
 
 
 
 
Un petit resto rustique au bord de la plage et le soir nous nous retrouvons avec Eva et Ralf nos voisins suisses pour cabosser une bonne bouteille de rouge avec les mets délicieux proposés sur la carte.
Ils ont emprunté la même route que je souhaite prendre mais dans le sens inverse et je recueille du coup une mine d’infos en particulier à Goa où Eva a un excellent contact .
 Elle ne tarit pas d’enthousiasme non plus sur la Mer Rouge et ses coraux , sur la gentillesse des gens du Kerala …une superbe soirée bien arrosée !!!


Mercredi 22 Décembre

Cette fois-ci, ça y est nous allons quitter les eaux thaïlandaises pour pénétrer la mer des Andamans , 350 M nous séparent de Port Blair  ,et  le vent encore une fois est aux abonnés absents .

Quelques rares souffles entrecoupés de pétole nous permettrons de rejoindre Port Blair le jour de Noel 
Quel beau cadeau !  d’autant que la veille pour le repas de Noel un petit thon jaune suicidaire est venu sauter dans notre assiette. 
Nous n’avons pas le saumon évidemment mais le foie gras est là et les assortiments de charcuterie et fromage arrosés de Cote du Rhône nous ont bien régalés ,cerise sur le …gâteau,  Marine a fait des prouesses avec un délicieux gâteau au chocolat !!!!

 
 
 
 
 
C’est le premier Noel , je pense, de mon existence où je ne suis pas avec les miens sous la neige ….sentiments mêlés de joie et de frustration de ne pouvoir partager ce moment avec eux …..
J’ai pu les avoir au téléphone  et mon cœur est parti les rejoindre 

Samedi 25 Décembre 

L’accueil aux Andamans est des plus rudes : la pluie et les nuages ont masqué complètement la rive et ce n’est que lorsque nous sommes à l’entrée du chenal accédant à Port Blair que le jour se lève et que les limbes se déchirent 
Le contact avec le Port Control a bien été établi avec la BLU à une dizaine de M puis à la VHF dès que nous sommes en face de l’ile de Chatam où nous devons mouiller .

La patience est un plat qui se mange froid , 
il ne nous faudra pas moins de 2 jours ½ pleins pour aboutir à la fin des procédures et des différentes visites des autorités ,le tout avec une infinie componction et  une méticulosité  kafkaienne 

Je vous livre le tiercé dans l’ordre :
 1-Immigration  , photocopies, tampons, recommandations , …..je suis très fière , j’ai gagné le gros lot , Apsara est le 100eme voilier de l’année 2010 à pénétrer dans les eaux des Andamans
2- Attente pratiquement toute la journée 
3- Customs en fin de journée rephotocopies, recoup de tampon,rerecommandations et discrètement les 2 acolytes nous taxent d’une bouteille de rhum et une de vin pour avoir en stock un trop plein de bouteilles autorisées…., nous cédons à la requête, trop contents de se débarrasser des 2 loustics.
4- une journée de plus à attendre , c’est dimanche et les coast guards qui doivent nous rendre visite promènent les officiels dans la baie !!!
5- Les coast guards , bel uniforme, bien propres sur eux , courtoisement ils retirent leurs chaussures avant d’intégrer le cockpit et la procédure commence, elle va durer 2H , rerephotocopies, rerecoup de tampon, rererecommandations , « Oui, mais bien sur nous remplirons le journal de bord toutes les heures , oui!oui! Même la nuit !!!

 Que peuvent donc bien t-ils faire avec ces tonnes de paperasses ?
 J’en aurais un aperçu le lendemain pour la dernière procédure à savoir le HarbourMaster .
 
J’attends dans le couloir que cet officiel pénètre dans son bureau , et je découvre par la porte entrebâillée d’un local, des piles croulantes de dossiers mités, jaunis par le temps et qui n’attendent que de s’effondrer et d’être dévorés par les rats…;

L’Inde, dans toute sa complexité, impénétrable pour notre rationalité d’occidental , accrochée à ses vestiges, ses petits pouvoirs locaux, ses corruptions ,ses misères et ses cités grouillantes, bruyantes, parsemées de détritus, de pourritures, envahies de chiens et de vaches faméliques , ses couleurs et ses parfums et le sourire de sa population par-dessus tout,  avec une infinie patience.

Lundi 27 Décembre  

Le dernier coup de tampon donné, nous filons vite vers Havelock Bay n° 7 où nous posons la pioche quand  la nuit tombe 
Pos: 11° 58 885 N; 92° 57 110 E 
Puis le lendemain nous rejoignons Elephant Bay puis Village n°2 
12° 02 570 N; 92° 58 836 E 
 
 
Village n° 2 est la seule jetée qui permet la liaison avec la capitale , un tout petit village où les chien se chamaillent sur la plage bordée d’embarcations qui attendent les chargements .
Les patates de corail parsèment le bord des cotes et ça ne manque pas , je traverse 2 fois de suite ces hauts-fonds , la dérive n’a pas bien aimé et  la voilà scotchée dans le puits de dérive 
Il va falloir trouver des solutions car la nouvelle peinture a épaissi les bords et la commande hydraulique ne fonctionne plus ;

 
 
 
 
 
 

Mardi 29 Décembre 

Une tentative à North Button mais la houle rentre et nous nous réfugions à Outram Island 
Pos: 12° 13 571 N ; 93° 04 028 E 

 
 
 
Tous les essais pour faire redescendre la dérive avec Mehdi et Marine resteront infructueux , le retour à Port Blair s’impose et sitôt arrivée , je me rends chez le Harbour Master pour trouver une solution qu’il me trouvera sous la forme d’une équipe de plongeurs .
Ce n’est pas par en dessous que nous allons trouver la solution mais par en dessus en accédant par une trappe de visite  depuis le carré dont j’ignorais même l’existence .
Une masse, une barre à mine, quelques coups de pompe histoire de mettre la pression et la voilà sortie de son logement …Apsara retrouve ses formes et nous la notre pour rejoindre les iles tant rêvées ..

Vendredi 31 Décembre 

Marine et Mehdi sont parties s’égayer en ville pour entamer la nouvelle année , je reste seule à bord d’Apsara,  un verre de rouge , quelques cahuètes et je plonge dans les bras de Morphée quelque peu épuisée de l’après-midi surchargé.
A minuit toutes les cornes des cargos avoisinants se mettent à sonner , concert émouvant sous le ciel étoilé des Tropiques.
Une nouvelle année commence, une de plus , la date de péremption approche , mais , bon! ….on résiste et on espère surtout qu’elle n’est que légale !!!

Samedi 1er Janvier 2011 

 
 
North Cinque Island 
Pos: 11°27 331 N ; 92° 44 078 E 
Une petite ile paradisiaque habitée par des biches mais hélas dévastée par le tsunami , fonds et reliefs compris , juste une tortue sauvage nous offrira sa visite .

Lundi 3 Janvier 

Retour à Port Blair pour finaliser la clearance out et faire les pleins , la route vers le Sri Lanka s’annonce mais pas sous de bons auspices  puisque le météorologue me demande de faire route au nord pour échapper à de grosses perturbations qui sillonnent la route directe …. 100M de plus à rajouter au compteur , ça va pas arranger le retard déjà accumulé!!!

Mardi 4 Janvier  

La clearance out a battu des records de rapidité , la médisance est un vilain défaut et nous levons l’ancre à 14h pour rejoindre à nouveau Manner Strait .(11° 21 500 N;  92° 43 100 E )
Une fois contourné le sud de l’ile nous faisons route au 275° pour environ 500M en espérant échapper aux grains féroces..

Jeudi 6  Janvier 

….Et des grains féroces , il y en aura , de nuit de préférence, avec un déluge nous obligeant à nous réfugier à l’intérieur   ….

 
 
 
 
Mais Dieu! que la mer est belle sous ses habits de gris chamarrés de blanc , de petites volutes de dentelle qui coiffent  les crêtes éphémères , elle nous poursuit , nous roule et nous chavire, Apsara accroché à ses cotés , se balançant d’un bord sur l’autre .

Nous avons fait du nord déjà mais ça ne suffit pas, il faut traverser la perturbation et pendant 48 h ce sera la douche écossaise sous les Tropiques !!!!
Des accélérations de vent à 35nds ,des creux sérieux , une houle tenace , et tout le monde croit que la vie sur un bateau c’est la vie rêvée des anges , les doigts de pied en éventail, à se faire bronzer la couenne devant des plages de sable blanc et des eaux turquoises , que nenni !!!
Imaginez vous dans une lessiveuse programme essorage , tout en restant trempé, …et une envie pressente qui vous impose de retirer dans un espace grand comme une cage de Louis XI , un pantalon rétif, de rester assis sur une lunette fuyante dont les mouvements assurément ne sont pas les vôtres, et de procéder à l’opération inverse tout en évitant de laisser trainer les bretelles dans une cuvette qui pourrait bien déborder .
C’est autre chose que la vie de châteaux qui eux sont pourvu de chiottes statiques et de chasse d’eau !!!!

Nous avons parcouru la moitié de la route , le temps se calme enfin et nous retrouvons la navigation à la voile et au près bon plein ….un régal qui nous laisse croire au paradis …

Dimanche 9 Janvier

……de courte durée, le baromètre baisse de nouveau et la douche reprend mais avec du vent de secteur SSW , exactement ce qu’il nous faut pour l’avoir dans le pif!!! Associé à un courant défavorable allant jusqu’à 1 ½  nds , et la houle qui vient frapper la coque d’Apsara qui lui fait le yoyo,  …c’est une belle journée que ce dimanche !!!!!…3nds de moyenne …..c’est encore loin le Sri Lanka ?

Mardi 11 Janvier 

Nous sommes à 40M de la pointe  SE du Sri Lanka , pas un instant la dépression n’a fait relâche , juste quelques heures hier matin pour refaire les pleins de gazole , et le vent de SSW est reparti de plus belle avec des rafales à 40nds.
 Les troupes commencent à être fatiguées, car nous sommes ballotés dans tous les sens et nous n’avançons guère .
 Il ya vraiment des moments où on se demande ce que l’on fout dans cette galère , et qu’elle idée nous a pris de de nous lancer dans cette aventure de folie alors que la vie tranquille au coin du feu à se tricoter des mitaines serait bien plus favorable à notre teint et à nos vieilles douleurs arthrosiques ..

Mercredi 12 Janvier 

Enfin , la cote se dessine et avec elle arrive progressivement le calme et le vent de NW qui tranquillement va nous pousser vers Galle .
 
 
 
Dès le début de la matinée , les pêcheurs que nous avons croisés toute la nuit tels des lucioles , nous approchent et l’un d’eux nous propose des petits thons que nous ne manquons pas d’échanger contre quelques T-shirts , bières et cigarettes , un petit régal mitonné par Mehdi , avant d’embouquer le chenal d’accès au port de Galle.
Pos:06° 02 070 N ; 80° 13 882 E 
 
 
 
La procédure de «clearance in » » ne prendra pas plus de 2 h et à 16 h nous sommes à quai, trop contents de pouvoir faire enfin relâche.

Je suis fière de mon Apsara et de son équipage , ils n’ont pas failli dans la tempête , rarement j’ai vu le bateau tapant  dans la vague à se faire exploser ,noyé sous le flot et le cockpit dégoulinant de la sorte .
 Nous avons eu de la chance , d’autres voiliers du Rally Blue Water sur une route plus au sud ont eu quelques dommages ….

Espérons que la suite vers l’Inde et sa cote W soit plus clémente …..à bientôt pour de nouvelles aventures 

                                            Claire Brondex    Galle Sri Lanka    13 Janvier 2011


« C’est une émotion impartageable que d’approcher une cote par la mer , un enchantement inoubliable . Il en est ainsi en bordant les rives des fleuves mystérieux. La frange d’eau entre soi et la terre contient tous les possibles »  


                                                      B.Giraudoux  « Cher amour »













 

 



Publié à 10:28, le 15/01/2011, Golfe du Bengale
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Singapour Phuket 15 Aout 15 Sept 2010....suite...

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

Samedi 11 Septembre 

Direction plein sud pour espérer retrouver des eaux plus claires ,
 Mauvaise pioche, les fonds sont  morts,  les méduses en revanche fleurissent  partout , d ‘énormes bestioles roses ou mauves qui lentement progressent en banc.

Dimanche 12 Septembre 

Nous devons nous rapprocher de la baie d’Ao Chalong  pour faire notre entrée officielle en Thailande et contournons l’ile de Koh Mai Thon à la recherche d’un mouillage .
L’ile est cernée par des rangées de bouée qui nous interdisent l’accès au mouillage : est-ce pour protéger les coraux ou délimiter un espace privé ? 
Nous n’avons pas la réponse, en revanche nous pouvons enfin admirer un groupe de dauphins, jeunes, et qui nous offrent un spectacle de sauts,  plongeons et retournements bienvenu dans cet environnement un peu en perdition .

Mardi 14 Septembre

Julien s’est envolé vivre sa vie à Phuket et pour la 1ere fois Apsara est sous la houlette d’un équipage uniquement féminin, ça mérite bien d’être arrosé avec dégustation de vin rouge australien  

Mercredi 15 Septembre 

Pour parachever cette saison quelque peu mouvementée, un long chenal d’environ 4/5 M et de faible profondeur nous mène à la marina de Boat Lagoon où Apsara va se poser pour quelques temps.
Ce chenal est balisé par des pieux en ciment qu’il faut laisser sur babord …
Nous rejoignons la mangrove et soudain le passage d’entrée est indéchiffrable pour moi , un vague pieu en bois sur tribord , bordé sur sa droite par de vieux branchages et plus loin un petit panneau illisible …..
Les fonds remontent et nous voilà plantés dans à peine un mètre d’eau, ½ tour en catastrophe et je vais poser la pioche  plus loin pour aller voir avec l’annexe .
C’est bien Annie qui avait raison il faut passer entre le pieu et les branchages et nous rejoignons les pontons quelque peu dépitées par cet accès incompréhensibles pour une marina de cette taille .
Julien nous a rejoint et le lendemain en un tour de main , le bateau est désarmé, rangé, nettoyé, jamais une mise en hivernage ne s’est faite de façon aussi efficace, 
Quel bonheur !!!me voilà soulagée d’une rude tâche !!!


Samedi  18 Septembre

« Certes, trois fois pendue par les pieds histoire d’oxygéner mes neurones, mais je suis passée du statut de moussaillon à celui de mousse ( du moins je crois ), mais j’ai quand même eu accès à la table du Capitaine, d’où j’ai pu admirer les paysages variés de Thaïlande.
Mention trés bien pour Apsara et son Skipper. »
Mumu

« Accueil tout sourire de Claire à Langkawi et bien vite on rejoint le bel « APSARA »
Tout est est en place. Claire, skipper, est à l’écoute, à chaque instant,  de son voilier et des ses équipiers.
Nous faisons une bonne équipe, à la découverte des belles petites îles thaï, des « long boats » des pêcheurs, de la cuisine thaïlandaise et des eaux aux 100 couleurs de la mer.
Par moments, tellement néophyte je suis en voile, j’essaye de me faire plus petite que Yan le gecko qui vit à bord : tant pis pour cette fois je resterai le plus petit des petits moussaillons.
Claire et Apsara, MERCI »
Annie


 
 
 
 
 
Dimanche 20 Septembre 

Curieux ce désert qui règne sur Apsara et dans la marina , comme chaque fois c’est un peu de mélancolie qui me gagne avec le retour à la solitude ….
Me reste encore le gout des pastis et des rigolades, et de tout ce que vous m’avez apportée, ne soyez pas modestes , vous avez été des chefs dans tous les domaines, à chacun sa spécialité ( Annie et son sens de la route !!!)  , vous ne serez donc pas pendus par les pieds et vous avez gagné le droit et le privilège de revenir en Xeme semaine …je vous attend !!!


Encore quelques jours pour soigner Apsara , un petit ravalement de façade , des réservoirs d’eau mué de passoire à louche , un taud et un bimini nous évitant d’être douchés dans le cockpit , peut-être une trinquette digne de ce nom, et une multitude de détails qui  rendent la vie encore plus heureuse sur Apsara , 

Les équipier(e )s sont les bienvenu(e )s pour la prochaine saison qui devrait nous ramener en Méditerranée …prenez votre ticket !!!rdv mi-déc pour les nouvelles aventures d’Apsara 



                                                                Claire Phuket le 20 Septembre 2010 



Un petit commentaire décalé cette fois-ci pour éviter d’être assimilée aux exploraseurs de Matthias Bureaux ( Le manuel du parfait exploraseur ) et témoigner de la connerie humaine :

« La vente des vibromasseurs est interdite par la loi dans les Etats suivants: Texas, Georgie, Ohio, Arkansas.
Si vous vous faites prendre vous risquez une amende de 10.000 $ et un an de travaux forcés. En revanche dans les mêmes Etats, la vente des armes est parfaitement légale.
Et pourtant, on a jamais vu un massacre collectif causé par un vibromasseur »  



 

 



Publié à 16:49, le 20/09/2010, Phuket
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Singapour Phuket 15 Aout 15 Sept 2010

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

                       Singapour  Phuket ( Thailande)   15 Aout / 15 Septembre



Samedi 14 Aout 

Les instants magiques avant le départ….tout remettre en ordre, préparer l’arrivée de Julien, faire les documents de sortie ( clearance out ) si ce n’était la fatigue qui m’anéantit j’aurais des ailes et telle Shiva ,20.000 bras pour tout faire ….
La fébrilité me gagne un peu , j’ai tant attendu ce moment, le regard fixé vers la sortie de l’estuaire, et la petite ile qui marque la zone de mouillage des tankers.
Bob et Linda me conduisent à l’aéroport pour récupérer Julien, ravi de l’accueil et un peu décalqué par le décalage horaire …qu’importe ! Nous allons poursuivre dans le registre « décalage » en l’emmenant dans un resto népalais réputé pour ses excellents momos « Namaste »!!!
Le dimanche c’est le jour du Seigneur ! mais aussi le dernier pour faire provision de beurre,….et autres ingrédients frais, les pleins sont faits ….et le lendemain 

Lundi 16 Aout 

C’est le grand jour , il ne nous reste plus qu’à saluer le voisinage et serrer très fort dans mes bras Bob et Linda qui m’ont offert un petit « kiwi » en peluche, aussitôt surnommé Bob, il sera la mascotte d’Apsara …puisse-t-il me mener jusqu’en Nouvelle Zélande et les retrouver!!
Le long chenal de sortie jusqu’à la route au 300° est parsemé de cargos au mouillage et il nous faut faire un grand détour pour rejoindre le 1er point de chute , la petite ile de Pisang à 30 M de la marina 
Pos: 01° 27 830 N; 103° 15 742 E 

Mardi 17 Aout 

Un peu de vent de NNO tout de même qui nous permet de naviguer pendant quelques heures au près très serré jusqu’au mouillage suivant peu abrité 
Pos: 01° 50 809 N ; 102° 44 917 E 

Mercredi 18 Aout 

Un départ en fanfare à la voile, un peu de NO mais de courte durée et le moteur reprend le dessus jusqu’à l’arrivée à Water Island,  Pulau Besar en malais , « grande ile » en français , 
Pos: 02° 06 792 N; 102° 20 256 E 
Cette ile est reliée à la terre par une navette, ce qui nous permet de rejoindre ensuite Malacca ( Melaka) la célèbre, car c’est cette cité chargée d’histoire  qui a donné son nom au détroit que nous empruntons.

Jeudi 19 Aout 
 

Avant l’arrivée des Portugais vers 1500 la population indienne et chinoise se mélangeait pour un commerce très actif entre la mer de Chine et l’Océan indien.
La forteresse d’A’Famosa qui domine la ville est un des vestiges de cette époque , puis viendront les Hollandais déjà bien implantés à Batavia ( Jakarta) et qui domineront les échanges dans cette région pendant 150 ans puis enfin au XIX eme siècle les Anglais au temps de la fondation de Singapour, et  qui s’en serviront comme base de repli;
La cité a été, depuis son classement au patrimoine mondial de l’Unesco parfaitement entretenue, peut-être un peu trop car les monuments ont passablement perdu de leur charme par une rénovation parfois un peu criarde;
 
 
 
Le plus étonnant sont les trishaws , cyclopousses qui sillonnent la ville décorés de fleurs plastiques en cascade, de guirlandes de toute sorte , et qui trimballent en peloton des hordes de touristes avec la sono à fond .
 
 
 
Plus charmant est le quartier chinois
où Julien tentera un apprentissage du lancer de toupie sous la férule d’un « champion du monde » enthousiaste …

Nous retrouvons le mouillage et la famille d’ANAO  voilier français , Françoise et Jérome,
 Maelle et Simon leurs enfants, Claude , bretons comme Julien de la Trinité …ça s’arrose ..;entre français c’est Pastis obligatoire !!! …même chez les bretons !!!!

Vendredi 20 Aout 

Le vent est en pause-café et après 7h de ronronnement discret du moteur nous rejoignons la marina de Port Dickson 
Pos: 02° 28 561 N; 101° 50 695 E
…..où nous sommes bientôt rejoins par Anao et ….ce sera resto !!!

Samedi  21 Aout 

Faux départ pour Anao qui retourne à la marina dès le 1er M 
Je ne réussis pas à capter le message à la VHF et ne connaitrait donc pas la raison du ½ tour 
Pour nous direction Port Klang, gros port de commerce à l’intérieur d’un chenal bien protégé par une ile ; le chenal est long, très long avec un courant négatif de presque 2 nds , D’interminables quais de débarquement de containers longent cette voie, l’envie de m’arrêter dans ce coin a tôt fait de disparaitre devant le trafic qui la sillonnent .
Il y a même un vieux rafiot désarmé ,promis à une fin tragique, qui passe devant nous tracté par une pilotine 
 
 
 
Je décide donc de poursuivre et d’offrir une 1ere nuit de quart sur Apsara à Julien pour une route directe jusqu’à l’ile de Pangkor 

Dimanche 22 Aout 

Un joli mouillage nous attend dans une baie à l’Ouest de l’ile:
Pos: 04° 14 265 N; 100° 32 509 E 
Mais la houle de NO rentre et rend le mouillage insupportable, nous obligeant à déménager pour un lieu plus calme 
 
Après avoir subi quelques grains sévères, le beau temps est revenu mais le vent est toujours aux abonnés absents 

Lundi 23 Aout  

Penang ressemble à s’y méprendre à Port Klang du moins sur la carte et les installations portuaires laissent supposer que le trafic est lui aussi identique…. Même cause , même punition , nous ferons route directe sur Langkawi sous la pleine lune et sur une mer d’huile ;

 
 
Nous croisons quelques pêcheurs qui ont allumé leurs feux et à peine le jour levé , je distingue les iles minuscules qui bordent l’archipel de Langkawi au sud.
Les couleurs sont dignes d’une estampe japonaise et le gris bleu du petit matin se confond avec les contours des iles gris sombre en dégradé ..; la lune n’est plus très loin sur l’horizon rendant encore plus mystérieux le paysage de ces collines trouées de passes marines.

Mardi 24 Aout

Lentement nous pénétrons dans ce dédale d’ilots , autour de nous des cascades de végétation, et des falaises abruptes marquées de cavernes aux formes étranges, le calme est alentour , pas une ride sur l’eau et nous découvrons entre 2 iles ,Pulau Kukos et Batu Merah un petit chenal , parfait pour un 1er mouillage, où paisiblement un pêcheur, seul habitant du lieu,  tire sur son fil .
Pos:06° 12 669 N; 99° 45 933 E 
 

Malheureusement, le vent qui n’a pas daigné nous offrir ses services depuis une semaine se met à souffler si fort que la houle rentre et nous oblige à changer de mouillage …dommage !!! 

Pos: 06° 13 594 N; 99° 44 696 E 

Mercredi 25 Aout 

Les Aigles pêcheurs 

Dès le 1er mouillage nous avions aperçu ces rapaces majestueux qui soudainement après avoir plané élégamment au dessus de la mer , plongent à la verticale pour saisir au vol dans leurs serres ,une proie à la surface de l’eau .
C’est le symbole de l’ile de  Langkawi dont le nom est issu :« Helang » signifiant aigle et « Kawi » fort .
 
Une impressionnante colonie séjourne entre les iles de Singa Besar et Beras Basah  que nous irons visité tour à tour . 
Les installations d’un parc naturel sont croulantes, totalement abandonnées et ce tour nous laissera un sentiment de frustration au regard de ce qui avait été réalisé : panneaux d’informations, centre d’accueil, promenade au-dessus de la mer etc, etc…
Seul les aigles ont survécu, nourris qu’ils sont par les meutes de touristes qui défilent tout au long du jour .

La Malaisie, qui visiblement fait des efforts ciblés sur le tourisme, semble reproduire tragiquement les mêmes erreurs  que les Occidentaux il y a 40 ans : construction massive tout au long des berges , jet-ski, parachute ascensionnel, échoppe à t-shirts et autres  centres commerciaux …et déchets plastiques à l‘envi !!!

Jeudi 26 Aout 

Nous changeons de mouillage encore une fois , histoire de visiter les différentes baies 

Pos: 06° 16 409 N; 99° 43 052 E 
Et l’après-midi nous rejoignons la marina de Telaga Harbour où nous attendrons l’arrivée de Muriel et Annie 
Pos: 06° 21 990 N; 99° 41 082 E 
J’essaie en vain de faire la  «  Clearance In » mais c’est Ramadan et…..vendredi ; dans les rares bureaux ouverts les fonctionnaires dorment carrément sur les tables quand ils ne sont pas affalés dans les fauteuils, les pieds sur les guichets !!!!
L’un d’eux dormait si profondément qu’il est tombé de son siège lorsque je l’ai interpelé !!!

Un petit tour à Kuah, la capitale le vendredi et le samedi matin nous récupérons les louloutes à l’aéroport 
« AH, AH, AH Ah, Ah, ah, ah ……AAAAAllobroges vaillants , 
Dans vos vertes campa..agneueu , 
Accordez- moi toujours asile et sureté ….. » » »
Certaines comprendront !!!
Et pour les autres , sachez que c’est le cri de ralliement du « louloute’s team » et que va être réuni pendant 3 semaines , 3 des meilleures spécimens ( hi!hi!hi!) de cette catégorie bien particulière que sont les « louloutes », séniors ++ un peu débordantes d’activité.

Julien s’est déjà retranché dans une réserve prudente face à ce flot de paroles et de rigolades …
Il va falloir tenir 3 semaines !!!

Dimanche 29 Aout 

Les bureaux des Douanes et du Harbour Master sont déjà ouvert le matin,  les officiers attendent le client , les papiers sont remplis en un instant et du coup je fait la clearance « in » et « out » dans le même temps.

Et nous partons pour une promenade  vers les flancs de la montagne qui domine la baie et où se trouvent des cascades ….en cascade.  
Telaga Tujuh ( sept puits) est une suite de vasques et de bassins reliés par des toboggans où on ne manque pas de s’égayer , les fesses un peu râpées par les glissades successives .

On a prévu un petit casse-croute, bien sur , mais le temps de sortir l’appareil photo pour les singes, ceux-ci nous ont déjà repéré et en l’espace d’une seconde, paquets de chips, biscuits, pommes nous sont subtilisés sans que l’on puisse réagir … on va vite s’apercevoir qu’ils ont d’autres aptitudes que nous pour ouvrir les sachets soi-disant à « ouverture facile »!!!!
Un excellent resto, le soir, devant les yachts luxueux, si ce n’était la température, on se croirait presque à St Tropez!!!

Lundi 30 Aout 

Il ne manque que la fanfare pour saluer notre sortie de Malaisie, sortie officieuse, en fait, car nous rejoignons un mouillage dans le NE de Langkawi : « The Hole in the Wall » ( Le trou dans le mur ) et c’est bien un trou dans la falaise qui nous donne accès à un bras de rivière où nous retrouvons des dizaines  de voiliers au mouillage discrètement planqués dans cette espèce de trou à cyclone.
Pos: 06° 25 142 N ; 99° 52 008 E 
Pour pouvoir écouler nos derniers sous Malaisiens, nous trouvons un petit resto bien sympa au bord de l’eau avec crevettes à tous les plats et le soir , nous pouvons enfin jouir du 1er mouillage vraiment calme avec début de pleine lune et nuit étoilée….

Mardi 31 Aout 

Bye, Bye Malaisie, nous rejoignons la Thaïlande avec un 1er mouillage bien abrité au NE de l’ile de Ko Taruato, 
Pos: 06° 42 587 N ; 99° 39 975 E 
Nous avons enfin pu sortir les voiles avec un bon vent de NO 15/18 nds mais l’embellie a été  de courte durée et le soir les grains nous rattrapent et la houle avec !!
Toutes les occasions sont bonnes pour arroser : Pastis, Rhum, Ti’Punch, Vin rouge d’Australie, chacun(es) y trouvent son compte et l’ambiance monte d’un cran !!!

Mercredi 1er Septembre 

Une immense falaise nous protège du vent de NO qui s’est décidé à se lever.
 Toute la journée ce fut moteur  avec pétole ou petit vent de NE médiocre.
 Au pied de cette falaise , nous découvrons une plage de sable clair avec quelques cahutes, hélas, une fois de plus la plage est jonchée de déchets plastiques, tous les échantillons de pollution sont là , souillant irrémédiablement ce site magnifique .
Ko Phetra pos; 07° 01 996 N; 99° 28 724 E 

 
 
Jeudi 2 Septembre 

26 M nous sépare du prochain point de chute Ko Rok Nok 
Pos: 07° 13 017 N; 99° 04 343 E 
2 iles séparées par une passe minuscule, embrassant une baie aux couleurs d’arc en ciel , 
 Julien, Annie, Mumu , ont enfin pu profiter d’une baignade snorkeling, les fonds sont clairs et les poissons accueillants 
Le soir, les pêcheurs et leurs falots nous cernent tels des lucioles mais le temps se gâte et un grain vient perturbé notre apéro vespéral …scandale !!!!

Vendredi 3 Septembre 

Le routeur a annoncé de l’O 20/ 25 nds puis de l’ONO à l’approche de Ko Phi Phi , prévision confirmée dès le départ où les louloutes découvrent enfin la vraie nav « vent de  travers »avec une mer qui commence à se former , un vrai régal …de courte durée …il faut se rendre à l’évidence, le vent est de plus en plus NO et il faut s’appuyer au moteur pour garder le cap, puis bientôt rentrer le génois et terminer vent dans le pif avec une bonne houle !!!
Ko Phi Phi Don pos: 07° 43 756 N ; 98° 46 221 E .
Finis les mouillages tranquilles, juste partagés avec quelques pêcheurs, la baie de Tonsay est envahie de Speed Boat, et autres transports de touristes, la musique est à fond et les compresseurs des bateaux de plongeurs se mêlent à la cacophonie générale.
Ca ne nous empêche de nous offrir un bon p’tit resto avec brochettes de poisson!!!!

Samedi  4 Septembre 

Nous redevenons terriens, après le bidonnage ( réserve d’eau à refaire ) , on profite à nouveau de la cuisine Thai puis courageusement les 3 louloutes font l’ascension du sommet qui domine les 2 baies  Tonsai et Maya Bay pour apprécier le spectacle de cet isthme étroit .
De retour dans les rues de PhiPhi Don, les échoppes de massage ne manquent pas et nous ne manquons pas aussi  de nous offrir une petite séance.
A peine installées, c’est enfin le calme absolue, plus de sons, et pendant une heure ce sera la décontraction totale, livrées que nous sommes au main des masseuses expertes qui ont  réussi à endiguer  le flot de paroles continu depuis une semaine!!!!
Complètement relâchées, nous retrouvons Julien et nous allons jusqu’à nous offrir des langoustes pour parachever cette journée bien remplie.

 
Dimanche 5 Septembre 

Le vent n’a pas faibli et malgré tout nous filons faire le tour de l’ile de Phi Phi Le à proximité .
La houle est forte du coté au vent et nous nous réfugions vers un petit lagon sur la cote sous le vent .
Pos:07° 41 260 N; 98° 46 133  E
Des dizaines de bateaux de toutes sortes déversent un lâcher ininterrompu de touristes en mal d’exotisme, la noria est incessante, une petite visite dans le lagon et nous laissons la place lassées du roulis provoqué par les Speed Boat…retour à Tonsay Bay.

Lundi 6 Septembre

On aspire à un peu de calme et nous filons vers la baie de Phangnga où nous sommes sûrs de trouver des mouillages un peu plus isolés
Koh Dam Kwhan pos: 07° 57 323 N ; 98° 48 661 E 
Deux petites iles en croissant séparées par une passe étroite et au sud de la 1ere, une baie dominée par un monolithe, enfin un peu de calme, les fonds , hélas,  sont troubles et nous abrégeons vite la séance de snorkeling .

Mardi 7 Septembre 

Quelques 15M nous séparent de la suivante , Koh Hong , pos: 08°04 601 N ; 98° 40 862 E 
Une jolie anse où nous trouvons une bouée pour nous attacher, la plage est propre, nous sommes dans le Parc National de Than Bok Khorani et nous nous devons de nous acquitter de la taxe visiteurs ….avec plaisir si les lieux sont protégés et entretenus!!
Une petite balade dans la forêt nous apprend grâce aux panneaux explicatifs, que 200 personnes ont pu être sauvés ici du tsunami de Déc 2004 en se réfugiant dans cette forêt.
 
 
Sur le versant nord de l’ile une petite lagune accessible uniquement à marée haute avec l’annexe nous offre un des plus beaux paysages à ce jour …

Mercredi 8 Septembre 

Enfin un peu de soleil, les myriades de monolithes qui parsèment la baie ont des allures de sentinelles à l‘uniforme strié de beige, ocre  et de noir  dans l’onde verte ; émerveillées, nous allons nous réfugier entre deux iles dans le chenal nord de Koh Chong Lat .
Des pêcheurs ce matin nous ont proposé des poissons et Julien nous régale de filets de « dorades » (?) le midi et le soir …un vrai petit bonheur !!!

Jeudi 9 Septembre 

Nous sommes presque au Nord de la baie, encore quelques M à gagner , en direction de la fameuse ile de de Koh Phing Khan , chère à James Bond puisque c’est là que fut tourné « L’homme au pistolet d’or » . Cette ile ne nous intéresse pas vraiment car encore une fois c’est l’envahissement touristique, et nous allons donc mouiller dans une anse de faible profondeur  dominée par un monolithe à l’abri des passages des Speed Boat 
Pos::08° 15 870 N ; 98° 29 466 E 
 
 
Mais les coefficients de marée sont importants et nous voilà bientôt à moins de 2m de profondeur , un petit déménagement et on peut dormir tranquille .
Le soir avant l’extinction des feux ,Dame Nature va nous offrir un spectacle dont elle seule a le secret, arc en ciel, contrejour sur les stalactites, flamboiement du soleil qui s’effondre à l’horizon….paix du soir dans cet univers de reliefs verticaux.

Et comme chaque soir, dans le cockpit, nous avons la visite de notre petit gecko, qui attend les insectes attirés par la lumière de la lampe. Nous l’avons surnommé « Yan » parce que Yanmar en l’honneur du nouveau moteur !!!

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vendredi 10 Septembre 

 
 
 
 
Un stop à l’ile de Koh Phanak pour visiter l’interminable grotte qui perce en profondeur cette ile : ce sont les « hongs » où se réfugient les chauve-souris qui tapissent les parois de ces caves et retour à la civilisation avec le mouillage de Koh Naka Yai à proximité de l’ile de Phuket
Pos:08° 02 600 N ; 98° 28 446 E
Les réserves commencent à s’amenuiser, le guide annonce un restaurant thai ,ce qui  forcément nous donne des idées mais nous ne sommes pas du bon coté de l’ile et il faut la contourner pour espérer trouver une jetée pour aborder …
Une jetée est bien là mais l’accès avec la marée basse est quelque  peu acrobatique, l’avantage c’est que nous traversons un village de pêcheurs tranquille où les enfants se promènent nus et où les chats dorment le long du chemin….et où nous pouvons refaire le plein d’eau avec le sourire de l’habitante ;
Bientôt c’est le contraste absolu, nous pénétrons dans le luxe d’un « resort »aux allures de refuge pour gens aisés amateurs de nourriture  Zen sous toutes ses formes ; tous les clients sont vêtus de tuniques blanches et nous dénotons carrément avec nos shorts de yachties et notre commande d’affamés !!!
Nous leurs avons quand même épargnés le chant des « Allobroges »!
Et le montant de la note sera  à la hauteur du luxe offert mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse !!!Suite ....au prochain article ...;
 


Publié à 17:23, le 19/09/2010, Phuket
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Singapour toujours, ou la belle histoire d'une opération à coeur ouvert Juillet/Aout 2010

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

2 juillet 

Singapour , toujours !!! Ou la belle histoire d’une opération à cœur ouvert 


Si Singapour rime avec amour, ce n’est pas vraiment le cas pour ce qui me concerne…..la ville j’en ai fais le tour, me revoilà à Raffles Marina après avoir mariné à  Keppel Marina pendant une semaine….
Arnaud et Elise sont repartis et Elizabeth arrive le 5 juillet.
 Je suis vraiment déçue de ne pouvoir lui faire gouter les délices des iles Anambas .
 Seul changement de décor le remorquage de Keppel Marina à Raffles Marina , 25M derrière une vedette, pas vraiment grisant, juste un petit bout du Singapour Strait sous un ciel bâché et nous reprenons nos petites habitudes de marina, douches luxueuses, piscine, jacuzzi et resto.
Le seul grand plaisir  est celui de retrouver Bob et Linda, mes ex-voisins de Raffles Marina qui nous attendent avec le sourire des retrouvailles.
 
 
 
Et Eli repart un peu gavée de visites urbaines et citadines;
Il me faut m’atteler à la demande de devis avec le chantier, et comme me le fait gracieusement remarqué le boss Mr Jeffrey Loh en bon asiatique, tout est possible à Singapour…;sous-entendu à condition d’avoir les moyens et quand je découvre le montant du devis, j’ai l’impression que les pieds de la chaise se liquéfient et qu’un nouveau moteur de 250kg me tombent sur les épaules !!!
 
 
Ai-je le choix? Monsieur Jeffrey Loh joue en position de monopole, pas d’autres chantiers à l’horizon susceptibles de commander le moteur, sortir le bateau et faire les travaux. 
Au moins un avantage, je sais qu’ils seront bien fait comme me l’a fait une nouvelle fois remarqué Mr Jeffrey Loh avec le sourire …ils sont chers parce que c’est bien fait !!!
J’entame alors la négociation pour obtenir une réduction, et au bout d’une matinée d’âpres discussions j’obtiens un misérable 5% sur la facture du moteur et l’assurance d’un « discount » si tout se passe bien pour les travaux !!!
2eme étape qui ressemble aux passages des cols du Tour de France: trouver les fonds et les créditer le plus vite possible sur le compte du chantier.
 Je suis alors confrontée à la dure réalité des banquiers qui « fructifient » votre argent mais ne sont pas très enclins à le laisser partir, vu qu’ils en gagnent beaucoup avec le votre;
 Sylvain et Francine me débloquent les fonds et Sylvain coure de Poste en Poste pour signer le virement international qui par miracle sera crédité en moins de 4 jours alors que 15 jours de délai était prévu. 
OUFF!!! Je ne suis plus otage du chantier, le moteur est commandé et sera livré en une semaine.
La bonne nouvelle tombe le jeudi 29 Juillet , Apsara sera transféré au chantier lundi suivant le 2 Aout;
Avec l’aide de l’annexe de la marina et le moteur de mon annexe sur l’arrière du bateau, me voilà en route pour une nouvelle sortie d’Apsara; 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Installé sur un ber, l’opération à cœur ouvert va pouvoir commencer:
démantèlement de l’ancien moteur car, grâce à la prodigieuse intelligence  des concepteurs, le moteur ne peut pas sortir de son logement sans avoir ôté au préalable le collecteur et le système de refroidissement. 
Ca s’apparenterait plutôt à un accouchement: « Poussez! Poussez! Poussez ….c’est un garçon!!! »
 
 
 
 
 
OUFFF! le voilà sorti ! Est-ce que l’autre va rentrer ???? Le chef mécanicien a pris toutes les mesures …il va bien falloir que ça rentre….

Je m’occupe comme je peux et démonte l’ancien pour voir l’étendue des dégâts : arbre à came explosé et culasse cassée ..pas de regrets , 
Je récupère avec l’aide de Bob les pièces susceptibles d’être revendues et le Perkins Prima 50 terminera ses jours ….à Singapour !!! après 7.000h environ de services ni vraiment bons ni vraiment loyaux ….
Pour les amateurs(trices ….si!si!   ça existe !!!)quelques infos mécaniques :ces moteurs sont en fait des adaptations de moteurs terriens en moteurs soi-disant marinisés…..ce qui veut dire que le système de refroidissement qui est simple sur un moteur terrien est double sur un moteur marinisé, l’eau de mer refroidissant le circuit de refroidissement du moteur ….et c’est l’adaptation du système de refroidissement à l’eau de mer qui pêche, juste une petite pièce mâle qui s’emmanche dans une partie femelle et qui finit par s’user discrètement sans rien dire à personne, un petit bout de métal ridicule au vue de l’effort demandé….
 
C’est la faiblesse de ce moteur et bien d’autres avant celui-là ont  défuncté de cette manière mais évidemment , c’est quand ça arrive que tout le monde se précipite pour vous dire:  « Ah! Mais bien sur! C’est connu !!! »
Et comme me le fait encore une fois remarquer astucieusement avec son imperturbable sourire et ses yeux plissés Monsieur Jeffrey Loh : «  22 ans pour un moteur c’est beaucoup trop ….!!!! »
« Mais bien sûr!!!C’est connu !! »
J’enrage devant tant de sagesse satisfaite, les vases communicants  financiers vont dans le bon sens pour lui et mon « ignorance » est son fond de commerce. 
Vu le montant de la transaction, il a beau jeu de me faire profiter de son savoir ….gratuitement !!!!
Les travaux ont commencé très vite, mais très vite aussi ça ralentit , le chef mécanicien souhaite préparer l’emplacement, l’arbre d’hélice et l’hélice parfaitement.

Samedi 7 Aout 


Le tourteau, l’arbre, l’hélice avec une nouvelle anode sont en place mais c’est samedi …et le dimanche passe…….et le lundi aussi car c’est fête nationale, ….pas de changement donc.
 Il reste 5 jours avant l’arrivée de Julien, je commence à être impatiente de pouvoir décoller, je suis un peu saturée des visites en ville où j’ai le sentiment de côtoyer des taupes autistes vivant dans d’immenses centres commerciaux, les écouteurs dans les oreilles en permanence, 
L’ambiance à la marina me convient mieux d’autant que je rencontre Olivier et Pascaline qui viennent d’arriver pour remettre leur beau « NEOS » à l’eau et qui me permettent de retrouver mon langage d’origine …ça fait du bien de pouvoir parler un peu français !!!
« Neos » est un superbe voilier biquille en alu en forme de 50 pieds, une merveille de conception qui a su grâce à son architecte se préserver de toutes les petites bêtises accumulées sur les voiliers de série.
Voilà 7 ans qu’ils sont partis et nous passons de fort belles soirées à nous raconter nos itinéraires.

Mardi 10 Aout 

Le nouveau moteur , un Yanmar 4JH5E, 54CV est à la présentation ; ce matin et il est rentré dans son logement comme un renard dans son terrier;
 
Il va falloir encore quelques heures de travail pour refaire les branchements, refroidissement, échappement, électricité…toute l’équipe de mécaniciens travaillent d’arrache-pied, tous ont compris que mon plus grand bonheur sera de reprendre la mer.

Mercredi 11 Aout 
C’est vraiment la Sainte-Claire: le notaire m’a versé les sous, tout avance, et j’ai plein de messages sympathiques 

 
 
 
Vendredi 13 Aout 
Jour de chance , tout devrait être opérationnel pour les essais, Apsara va enfin pouvoir retrouver son élément naturel,….remise à l’eau et …miracle !! il flotte , second miracle, le moteur fonctionne et je vais avec le team Yanmar faire les 1ers essais …..concluants !
 
 
 
 
 
Je peux enfin envisager sérieusement de partir lundi , d’autant que Julien arrive demain de Bretagne , j’aurais eu du mal à  annoncer, à lui aussi, que nous étions scotchés.


Diamanche 15 Aout 
Que me reste-t-il de ce mois et demi passé à la marina et sur le tarmac du chantier ? 
Des moments de découragement, de doute , d’envie forte de tout abandonner ….
Mais comment pourrais-je abandonner Apsara le ventre vide, que pouvais-donc faire d’autre que de le faire revivre une 2eme fois et surtout, dans la balance, l’idée de pouvoir rejoindre la Méditerranée avec l’esprit libre de tous soucis mécaniques ;
Je lui devais bien ça après tout les beaux moments qu’il m’avait offert .
Des temps d’ennui et des heures interminables à regarder tomber la pluie, sans espoir de pouvoir pointer le nez dehors, des journées de grisaille où il ne fait pas bon se mettre à penser.
Mais aussi et surtout des jours de soleil où tout s’arrange, tout avance et, où la formidable amitié de Bob et Linda  regonfle un moral défaillant. 
Je n’oublierai pas, je vous le promets , vos sourires, vos attentions, votre humour, votre disponibilité de chaque instant
Vous aussi vous m’avez laissée croire et convaincue que mon rêve était possible, que l’abandonner aurait été une trahison à votre enthousiasme et à votre confiance;
I would like to thank you , Bob and Linda, for your welcome, your attention, you have been more than friends, you have been with me  so kindly when my mood was at « low tide » 
 I’m waiting for you in France, the 1st country of the cheese, the baguette and the red wine !!!You will be always welcome because you have got a place in my heart .
You remembered me every moment that the Dalai-lama  said 

« Never give up 
No matter what is happening , no matter what is going on around you , never give up »


Eux poussaient à l’avant, mais les  trois quarts de France et d’ailleurs ont été si forts dans la mêlée que finalement Apsara est reparti sur l’eau comme les petits bateaux 
Un grand merci à eux !!!

Singapour le 15 Aout 2010


« La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit »       

                                                                    Oscar Wilde 
 

 



Publié à 16:11, le 13/08/2010, Singapour
Mots clefs :


Kuala Terengganu Borneo Singapour Juin 2010

 

 
 

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

 

 

9 juin

 

 

 
Carapates, Pirates, Patates, et autres histoires de pompe ,
Coup de pompe

 

 

 Si les pompes vous pompent comme moi et qu’elles on tendance à vous faire marcher à côté des vôtres , alors ne venez pas sur Apsara maintenant car une épidémie de pompite est en train de sévir dans la marina, sur Apsara en particulier et nous voilà tous en train d’ausculter nos différents types de pompes ( à pomper , pas à marcher !) c’est à celui qui aura la plus compliquée et le plus grand nombre en état de défaillance.

 Du coté des pieds, pas de souci on vit pieds nus ou en tongs et les magasins ici en regorgent, en revanche pour les vraies pompes qui aspirent et refoulent ,du moteur au WC , pompes à pied ou mécanisées , c’est la denrée rare à croire que les pompes à bras ici sont encore en vigueur !!

 La pompe à eau de mer du refroidissement du moteur a eu la généreuse idée de tomber en catalepsie juste quand j’étais à la marina …des histoires de pièces qui s’emmanchent sur le modèle mâle/femelle et qui a force de pivoter se mange l’une l’autre et ne s’entrainent plus …toute ressemblance avec un système connu et identique serait purement fortuit;

Le fournisseur des moteurs Perkins ( dont Apsara est équipé) est fermé ..sacré WE , vendredi c’est congé chez les musulmans, samedi c’est l’anniversaire du roi, dimanche congé chez les catholiques et lundi , on se repose des festivités …Impensable alors de trouver ou commander les pièces de rechange ….seuls les chinois travaillent tous les jours sans interruption et c’est un petit soudeur malin qui me rectifiera les pièces à la perfection.

 10 Juin

 J’attends Fernand qui lui va m’apporter une pompe WC de rechange, celle en place ayant une tendance marquée à la fuite …

Quelques courses, le quartier chinois où là seul nous allons trouver un beau morceau de porc dont on va se régaler, les formalités, et le 11 juin nous faisons route vers l’ile la plus proche au sud , l’ile de Kapas où nous prenons une bouée dans le chenal

 

 Pos:05° 13 708 N; 103° 15 733 E 

 12 Juin

 

Nous allons rejoindre l’ile de Tenggol dans la journée et je retrouve avec plaisir cette baie où nous avions mouillé avec Nathalie et Alain .

 Pos: 04° 48 492 N; 103° 40 566 E

 Pas moins de 3 voiliers français sont mouillés dans cette anse dont un magnifique 60 pieds et bien sur les dialogues s’installent vite .

 Je retrouve « Laura 2 » avec Laura , Marie et Claude avec lesquels j’avais passé le nouvel an 2004 à Mindelo au Cap Vert à mes tout débuts de navigatrice , il nous faudra quelques instants pour resituer le tout mais, quel bel hasard et forcément ça s’arrose .

 13 Juin

 Nous repartons le lendemain soir , direction les îles Anambas dont les mauvaises langues disent qu’il y a eu parfois des actes de piraterie mais les infos collectées auprès de personnes qui y viennent   depuis Singapour ont contredit totalement cette rumeur .

 D’ailleurs un p’tit pirate, une fois enlevé le couteau entre les dents et remis son œil de verre ne serait pas pour me déplaire !!!

 Après une route contre vent et courant et quelques grains sévères on aborde l’ile de Jemaja et on mouille près de la baie de Telek Turi pos: 02° 50 494 N; 105° 46 540 E La baie elle-même est inaccessible , truffée de patates de corail et nous avons du faire ½ tour en catastrophe pour avoir tenter d’y pénétrer .

Mais la baignade est une sacrée récompense , coraux somptueux et pas l’ombre d’un pirate à l’horizon !

 25 M nous séparent de l’ile de Bawah réputée pour être une des plus belles des Anambas , le temps est maussade , d’énormes grains se profilent à l’Est où nous nous dirigeons , la contrepartie c’est que nous pouvons naviguer à la voile au moins pour la moitié du parcours .

 

 

 
 
 
 
 
 

 

 

 

La passe d’entrée dans le lagon est très étroite à peine marquée par 2 bouées blanches en plastiques , il faut passer à marée haute car la profondeur ne dépasse pas 1,5m à marée basse
 

 Le temps gris ne nous permet pas encore d’en découvrir toute la palette mais le lendemain matin , le soleil revenu c’est l’éblouissement d’émeraude, turquoise, violet , bleu profond .

 

 

  
 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 

Ces iles , indonésiennes, sont une enclave dans le golfe de Thaïlande à l’intérieur des eaux de la Malaisie. Elles sont jalousement gardées mais hormis quelques vieux baraquements nous ne verrons aucune autorité, pas plus que des pirates d’ailleurs.
En revanche 3 bateaux de pêcheurs sont ancrés dans le lagon et dès que nous arrivons, les pêcheurs nous appellent en nous montrant des poissons. Une fois l’annexe à l’eau nous les rejoignons et ils nous invitent à bord .

 

C’est la bonne humeur générale, tout le monde rigole .

J’ai pris soin d’apporter quelques T-shirts et un short quand l’un d’entre eux sort de la cabine en caleçon, c’est l’hilarité  générale car, bien sur, le short lui revient de droit mais comme on pourrait en mettre 2 comme lui dedans, il le porte aussitôt sur la tête en guise de chapeau !!!!

Et nous repartons avec 4 beaux poissons dont nous nous régalerons les jours suivants.

 

Mais où sont donc les pirates?

 

 Et nous passerons une journée de plus à explorer ce petit paradis

 

 

 

18 juin

 

 Il faut malgré tout faire route vers Kuching à Borneo car j’ai un rdv depuis l’an dernier avec nos cousins les Orangs Outangs.
Nous allons donc rejoindre l’estuaire de la rivière Santubong à quelques km de Kuching

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 20 juin

 
Après une entrée un peu délicate vu la profondeur des eaux qui ne dépassent pas 3m dans l’estuaire, nous mouillons près d’une jetée à proximité d’un autre voilier français installé ici depuis une semaine;
Pos: 01° 42 934N; 110° 19 500 E
La jetée permet l’accès à une grande propriété qui appartient au fils du 1er ministre de la région Sarawak .
Très cordialement il autorise les yachties à faire les pleins d’eau au ponton et un de ses sbires nous fournit même la logistique pour les pleins de gazole…bonne aubaine !!!
Ajoutez à cela un resto immense à la chinoise avec une mamie des plus accueillante pour nous servir , vous imaginez facilement que le séjour fût agréable.
Il le fut d’autant plus que j’ai enfin pu observer ces fameux singes de Borneo nos cousins les orangs outangs, en tout cas suffisamment proche de nous pour faire la comparaison entre le mâle dominant Ritchie impressionnant de volume et un gorille assurant la protection d’un personnage haut placé !!!
Il ne manque que l’écouteur dans l’oreille !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Un petit tour en kayak, histoire de nous changer d’embarcation, sur une rivière tranquille,
 
 
 
 la seule sans serpent ni crocodile et nous finissons le séjour par une balade dans le parc national de Bako réputé pour héberger des colonies de singe Proboscis dont la particularité est d’avoir un très long nez assez plat et de grandes pattes grêles ainsi que des plantes carnivores.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce parc situé tout au bout d’une presqu’ile au NE de Kuching est
Ce parc est parfaitement aménagé pour la marche , les pistes sont bien balisées et donnent pratiquement toutes accès à une plage;
 
 
Je retrouve , ici, un couple de jeunes médecins que j’avais rencontré à Kuala Lumpur et nous décidons de nous offrir un petit tour en bateau navette pour aller jusqu’à une plage magnifique d’où nous rejoindrons à pied le centre d’accueil du parc
Les singes Proboscis sont au rdv , difficile de les filmer ou de les photographier ; ils restent à distance respectueuse mais quelle magie de les voir s’ébattre dans les arbres tranquillement et de se régaler de feuilles confortablement installés sur une branche;
 
 
 
Le séjour s’achève pour Fernand qui doit rejoindre la France mardi 29
Je dois quant à moi retourner sur Singapour car mon équipière préférée Elizabeth qui prend la suite sera là le 5 juillet ;
J’avais la tentation d’expérimenter pour la 1ere fois une navigation de plusieurs jours seule à bord d’Apsara .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les prévis météo étaient bonnes donc pas de soucis à l’horizon mais quand Arnaud et Elise me sollicitent avec des yeux brillants d’envie pour les ramener à Singapour avec Apsara, je ne peux refuser tant leur motivation est apparente .
 
 
27 Juin
 
 
 
Arnaud et Elise me rejoignent donc à Santubong River tandis que Fernand débarque et nous voilà partis pour de nouvelles aventures !!!!!
 
Et vous voulez des aventures ..;eh bien en voilà !!!!
 
 
 
 
28 Juin ,
 
Re coup de pompe
 
Route direct sur Singapour
 
Une fois de plus la météo et les courants nous jouent des tours , vent dans le pif et courant contraire mettront à mal les estomacs des 2 novices ;
Nous  avons parcouru une centaine de Milles et le vent n’est toujours pas au rdv ;
Le moteur ronronne, je surveille de temps à autre l’échappement; la nuit s’installe tout doucement en même temps qu’une légère brise se lève …vite , j’installe la GV quand soudain , le bruit du moteur me parait inhabituel……il n’y a plus d’eau qui sort de l’échappement …la pompe à eau de mer a lâché à nouveau ….grand dieux de la mer c’est la cata !!!
J’attends que le moteur refroidisse un peu et je démonte à nouveau pour constater qu’effectivement la soudure du petit chinois n’a pas duré aussi longtemps que les contributions!!!
 
Dans l’immédiat , je ne peux rien faire et laissant Arnaud et Elise de quart, je m’octroie quelques heures de sommeil et de réflexion…..comment réparer?
Au lever du jour j’ai une petite idée sur la solution mais combien de temps durera-t-elle ?
Je finis par remettre le tout en place après avoir limé, soudé, scier , avec l’espoir de pouvoir enfin faire tourner cette maudite pompe ….mise en route du moteur et dès le 1er essai , le moteur bloque avec un bruit métallique …je pressens la cata absolue …..le moteur a chauffé et l’eau de refroidissement est rentré dans les pistons … bielle coulée , diagnostic aussitôt donné par Guy mon mécanicien préféré …..
Heureusement pas l’ombre d’un pirate à l’horizon !!!
 
 
 
29 juin
 
 
Mais pas de vent non plus , on commence sérieusement à dériver vers le nord avec le courant , 3 puis 4 et jusqu’à 9 M d’écart de route , inquiétant car on va finir par faire route arrière ..;
 
Dans l’immédiat il faut prendre des mesures rapides et trouver une solution pour se faire tracter de préférence jusqu’à Singapour , en tout cas au moins jusqu’en dehors des eaux indonésiennes dans lesquelles nous nous trouvons .
Je connais un peu l’administration indonésienne et je doute fort qu’elle mette en œuvre quoi que ce soit d’efficace pour nous sortir de là .
Je préviens donc en premier les autorités de Singapour avec le MRCC , organisme de sauvetage qui veille 24H/24H puis les autorités indonésiennes qui sont aux abonnés absents et enfin les autorités malaises qui prennent bonne note mais qui confirment leur impossibilité d’intervenir dans les eaux indonésiennes ;
 
Je joins le consulat de France à Singapour qui me dirige sur l’ambassade de France à Jakarta toujours pour la même raison. Une cellule est mise en place grâce également à l’intervention de Damien qui connait celui qui a reçu ma demande à Jakarta.
Le Consul de France à Jakarta intervient personnellement auprès des autorités indonésiennes pour mettre en œuvre une solution de remorquage ;
 
Entre temps j’ai reçu un message du MRCC de Singapour qui a alerté tous les navires sur zone pour leur demander une aide possible .
 
J’ai aussi lancé un avis de Security . Security , Security pour demander de l’aide mais il n’y pas plus de vent que de cargos à l’horizon et encore moins de pirates .
 
Nous bénéficions le soir d’un bon petit vent de 15 nds qui nous rapproche de la route et nous fait gagner quelques milles , puis la nuit se passe à dormir car le vent est tombé et il faut récupérer ;
 
30 Juin
 
Nouveau message du MRCC de Singapour pour nous demander de repréciser notre position et nous dire d’insister pour l’appel cargo dès que nous en voyons un .Tous les navires sur zone sont prévenus
 
Une légère brise nous permet d’avancer à 2/3 nds dans la bonne direction.
Elise et Arnaud ont gardé le sourire malgré l’inquiétude , Elise est à la tambouille car comme chacun sait « le moral des troupes est toujours au fond de la gamelle »!! …et déploie des trésors d’énergie pour nous sustenter; Arnaud est à la manœuvre règle les voiles et tiens la barre car le pilote à cette allure-là a décidé de se mettre en grève …môssieur trouve que ça ne va pas assez vite !!!
Heureusement la mer est belle et en fin d’après-midi nous décidons de mettre l’annexe à couple pour quelques heures afin de ne pas perdre trop de vitesse et ne pas recommencer à dériver ; de la sorte notre vitesse se maintient à 2/3 nds ;
 
 
 
 
 
 
 
Un cargo à l’horizon ….Elise qui redoute une collision rentre en contact avec eux par VHF : » Cargo on my back ..Cargo on my back for yacht Apsara «  …Cargo on my back …Cargo on my back for yacht Apsara «  ….Apsara , Apsara for Stadt Gotha« ….,« Apsara Apsara for Stadt Gotha » ils ont répondu ….Je prends la VHF et demande un remorquage jusqu’à Singapour …« OK no problem ….avez-vous suffisamment d’eau et de nourriture ? »
Et peu à peu s’approche un mastodonte de plus de 100M de long et 5 hauteurs de containers …qui avec une extrême délicatesse se place à coté du voilier et s’arrête à moins de 20m .
Va alors commencer la procédure pour attraper l’amarre qui va nous permettre d’être remorqué .L’équipage va nous lancer une première une ligne de touline avec une bouée à son extrémité, je file avec l’annexe pour la récupérer mais la ligne est trop courte et il faut recommencer l’opération , le cargo manœuvre à nouveau pour placer sa poupe le plus près de nous et nous relancer la ligne , cette fois-ci c’est bon je peux apporter la ligne sur Apsara et avec Arnaud tirer cette ligne pour placer l’amarre sur les taquets avant ….le remorquage va commencer .
 
 
 
 
 
Très vite la vitesse atteint 11nds , mon pauvre Apsara n’en a jamais vu autant , nous allons leur demander de ralentir un peu car il nous faut remonter l’annexe qui est toujours à l’eau et dès l’opération terminée l’accélération reprend jusqu’à 12nds .
A cette allure, je ne maitrise pas la barre et craint que le voilier ne commence à osciller jusqu’à se coucher .
 
 
 
 
 
Toute la nuit le capitaine du Stadt Gotha maintiendra donc la vitesse à 10/10,5 nds en prenant soin de bien s’assurer que nous avons tout à bord pour survivre .
Il faut malgré tout contrôler la barre et nous nous relayons toute la nuit .
 
 
 
 
 
1er Juillet
 
 
Il est des instants magiques dans la vie où ce que l’on vit parait si incroyable que l’on a l’impression d’être entre rêve et réalité sans pouvoir distinguer de quel bord on se trouve .
 
Le jours se lève , le sillage d’Apsara lève une écume profonde , et peu à peu se dessine la terre tandis que le cargo qui nous tracte continue imperturbablement sa route comme si les 10 tonnes du voilier n’était qu’un fétu de paille . Cette image restera longtemps dans ma mémoire ;
Et j’ai enfin quelques instants pour réaliser ce que veut dire la solidarité des gens de la mer .
 
Les autorités maritimes de Singapour sont informées par le commandant du Stadt Gotha de notre arrivée. Il va nous déposer comme une fleur dans la zone de mouillage et nous serons pris en charge par l’inspection portuaire .
En vain nous essayons de contacter le commandant pour le remercier , ils sont en manœuvre de mouillage et seul un marin viendra à l’arrière pour récupérer l’amarre .
 
 
 
 
A nouveau nous sommes en remorque et devons attendre que l’immigration fasse notre régularisation.
Une autre vedette du Port Security Department prend le relais et vont alors s’installer les négociations pour rejoindre la marina qui va nous accueillir
La marina nous demande 200$ pour un remorquage de quelques milles alors qu’une autre société va jusqu’à 6.000 $ ;
Finalement le « controller »de la vedette accepte de nous conduire à la marina gratuitement grâce à l’habileté diplomatique d’Arnaud qui est monté à bord de la vedette ;
Et Apsara rejoint le quai après un périple de plus de 150M gracieusement assuré par le remorquage du Stadt Gotha
 
Voilà 3 jours et 3 nuits que nous n’avons guère dormi ni mangé.
Le 1er bonheur sera la douche et nous voilà en pleine forme pour rejoindre le restaurant , un colossal repas et nous plongeons dans les bras de Morphée avec une petite mélopée dans la tête:    « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… »!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Oui , Elise et Arnaud ,je suis bien d’accord avec vous , l’humanité se divise en 2 , d’un coté ceux qui vous enfonce la tête dans l’eau et vous font les poches pendant que vous vous noyez et de l’autre ceux et celles qui vous tendent la main discrètement et vous réapprennes à respirer une fois hors de l’eau .
Vous êtes de ceux et celles-là , Elise et Arnaud , de ceux qui savent donner sans compter ni recevoir , vous n’aviez connu que peu de choses de la mer et déjà vous aviez tout compris et su à chaque instant trouver le bon geste et la bonne attention;
C’est un bonheur de vous avoir rencontré , puisse Apsara vous accueillir encore longtemps
La mer est ronde, on se reverra !!!
 
Maintenant que vous êtes partis vers d’autres aventures, l’émotion m’étreint de ce que nous avons vécu ensemble, si peu dans le temps et pourtant si fort ;
 
Il me reste encore un impératif : retrouver le nom du commandant du Stadt Gotha pour le remercier …rude tâche car près de 900 cargos transitent chaque jours dans le détroit de Singapour .
Un grand merci aussi à tous ceux et celles qui m’ont envoyée des messages d’encouragement, de soutien et qui ont pensé à moi dans cette incroyable aventure.
 
2 Juillet
 
Le verdict est tombé :le moteur n’a pas survécu au coup de chauffe , il faut le changer ; heureusement j’ai retrouvé John qui m’avait fait la réparation à Raffles Marina au mois d’Avril et avec un peu de chance l’opération pourrait ne pas être trop longue …..« cross the fingers »
 
 
 
 
 
 
A Singapour le 3 Juillet 2010                               Claire Brondex
 
 
 
 
« Ce silence infranchissable, cette peine si lourde, me disaient la vie,
Ses miracles et ses pardons toujours renouvelés,
Ses euphories inextinguibles et ses promesses,
En dépit de tout , nos rancœurs et nos extravagances, nos désespoirs et nos souffrances,
Nos crimes et nos trahisons, nos laideurs et nos lâchetés
Et l’impossible élévation de l’homme.
Ainsi, apprenant que la mort n’est pas la sanction mais bien celle d’être privé de la vie
J’en venais à rêver de contenir l’univers entier dans mon regard . »
 
                                                       « Harraga » Boualem Sansal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 
 
 

 

 

 

 

 

 


Publié à 16:45, le 4/07/2010, Singapour
Mots clefs :


Singapour Kuala Terengganu Cambodge Avril/mai 2010

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Singapour Jakarta
 
 
 
15 Avril
Comme prévu avant l’arrivée du 1er équipage, je m’envole pour Jakarta, rejoindre Damien avec le plus grand plaisir. Comme c’est dimanche nous flânons dans les rues vers le port et ne manquons pas de faire un petit repas au Cafe Batavia ….« the place to be in Jakarta!!! » puis je m’envole à nouveau pour Yogyakarta près duquel se situe le site de Borobodur et Prebaman , le plus grand temple bouddhiste au monde du XI ème siècle.
L’efficacité de Damien est à la hauteur de son affection, en à peine une heure tout est organisé; transports, visites et guide….je rentre à la marina remplie d’émotion ….!
 
 
 
 
 
Singapour Kuala Terengganu, Cambodge     22 Avril / 4 juin 2010
 
 
 
 
 
22 Avril
 
 
 
 
 
 
« Les cendres d’Angela »
 
 
 
 
Pourquoi l’événement qui a paralysé l’Europe me rappelle-t-il ce livre de Mac Cain ? Je ne saurais le dire mais à coup sur c’est une histoire de cendres, de milliards de poussières minuscules qui ont rappelé soudainement que la nature était maitre du monde et qu’une simple éruption pouvait bloquer tous les aéroports des pays occidentaux .
Bonne piqure de rappel ….!!
J’attends Nathalie et Alain , évidemment c’est très irritant quand on attend de ne pas savoir si les vols vont avoir lieu ou non , beaucoup plus drôle quand c’est les autres , anonymes qui se morfondent dans les aéroports !
Après 2 bonnes heures de transport en métro, bus, taxi, passages de frontière, la Malaisie et Singapour n’ont pas encore inventé la CEE, j’installe mes 2 équipiers dans Apsara;
 
Une journée de visite à Singapour les laissent pantois d’étonnement, eux aussi sont sous le choc, impressionnés par l’architecture et les bâtiments;
 
 
25 Avril
 
Pour rejoindre la cote NE de la Malaisie, il me faut à nouveau reprendre le rail du détroit de Singapour jusqu’au 1er mouillage à proximité de l’embouchure de la rivière qui mène à la marina de Sebana Cove et de l’estuaire du Johor Strait : Tanjung Pengelin : pos: 01° 23 039N;
104° 05 795 E
Le trafic est un peu moins dense que la 1ere fois mais à la sortie NE du détroit des centaines de cargos sont là en attente, il parait qu’il en passe 900 par jour !!!
Un virage à 90° et nous voilà libérés du trafic mais pas du tout des filets de pêcheurs qui parsèment le parcours
A North Rock entre les iles qui marquent la sortie du détroit, c’est la porte étroite, la vigilance est de mise , les chicanes se succèdent , on a plus le sentiment de se trouver dans un slalom que sur le grand bleu et jusqu’à Jason’s Bay il nous faudra à plusieurs reprises opérer des contournements de filets dans l‘urgence ;
Tanjung Sedili Kechil Pos: 01° 51 276 N; 104° 08 753 E , le mouillage est rouleur, la baie n’est pas vraiment abritée du NE mais il nous permet de faire un stop avant de rejoindre les 1eres îles avant Tioman ;
 
28 Avril
 
Pulau Sibu , pos: 02° 11 478 N; 104° 04 741 E , enfin un petit bout de paradis , les eaux ne sont pas très claires, pourtant c’est la paix du soir avec la lune pleine comme une outre qui émerge derrière la colline qui nous est offert ce soir pour l’apero
 
29 Avril
 
Pulau Tinggi pos: 02° 17 258 N; 104° 06 458 E un petit resto accueillant, des plats succulents, les vraies vacances sont enfin là !!!
 
30 Avril
 
Pulau Aur / Dayang : pos:02° 28 391 N; 104° 30 512 E
Nous mouillons dans le chenal qui sépare les 2 iles et très vite un navigateur de Singapour vient nous voir pour nous demander de nous mettre sur les bouées disponibles pour éviter de détériorer les fonds, ce que nous faisons avec plaisir ( rassurez-vous nous posons l’ancre dans le sable ) car les fonds sont somptueux , parsemés de coraux de toutes les couleurs , d’immenses tables pourpres sont posées là comme par magie, et la rencontre avec un énorme Napoleon sera le clou du spectacle
Aussi nous décidons de nous octroyer une journée « off » et de profiter du site avec PalmesMasquesTubas, apero, resto, ça commence à ressembler encore plus à des vacances puisque c’est le 1er Mai !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2 Mai
 
25M pour rejoindre la cote NE de Tioman et le mouillage de Telek Juara ,pos 02° 47 726 N ; 104° 12 484 E
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Une petite baie bien sympa avec quelques bateaux de pêcheurs mais on sent de suite que le tourisme sévit un peu plus sur cette ile réputée être le lieu de villégiature des Singapouriens.
Dès que nous avons rejoint la cote SW et la marina de Tioman, les navettes déversent des régiments de touristes asiatiques et les échoppes à T-Shirt fleurissent tout le long de la rue principale
 
3 Mai
 
Tekek Bay est sans charme pos: 02° 49 076 N; 104° 09 341 E mais il nous faut refaire les pleins, et c’est nettement plus pratique depuis la marina;
D’autre part Nathalie et Alain ont très envie de faire la traversée de l’ile jusqu’à la baie de Telek Juara à pied ;
Un parcours d’au moins 20km aller-retour avec singes , cascades et parcours dans la forêt ,
Au retour les voilà calmés pour un temps !!!
Je me suis défaussée discrètement pressentant que la marche même sous le couvert de la forêt risquait de mettre le moteur en surchauffe avant même d’être parti ;
 
6 Mai
 
Nous quittons la marina après avoir passé une soirée bien animée et arrosée sur un immense cata, invités que nous étions par le propriétaire, un australien qui avait été membre de l’équipe de foot aux JO de Munich et qui vivait installé en Malaisie pour sa retraite.
Monkey bay : pos : 02° 51 766 N ; 104° 09 018 E
Nous nous réfugions au calme dans une baie déserte à quelques 3M à peine de la marina ; les eaux sont vertes et bleues, limpides et une plage de sable clair ceint la baie; c’est magique car nous sommes seuls à profiter de cet éden.
Avant de repartir le lendemain matin nous prenons le temps d’admirer les singes qui se chamaillent sur la rive.
 
Nous allons faire route pendant 24h pour rejoindre la marina de Kuala Terengganu, grande ville au NE de la Malaisie, capitale de la région       .
Cela veut dire une nuit de quart pour les néophytes : belle découverte pour Nathalie qui va être baptisée à la nuit étoilée, et savourer les instants de veille, seule au milieu de nulle part .
 
Avant de rejoindre la marina nous faisons un stop à Pulau Tenggol, pos : 04° 48 530 N ; 103° 40 651 E, histoire de s’offrir avant la ville quelques beaux fonds agrémentés de quelques beaux Napoleon
 
8 Mai
Pos : 05° 20 332 N ; 103° 07 881 E
 
La marina est comme d’habitude d’un luxe étonnant, avec des bâtiments aux dimensions pharaoniques , une piscine où malheureusement l’eau avoisine les 30° et surtout un resto qui va nous régaler d’un buffet bien garni dès le 1er soir .
L’accueil est à la hauteur des bâtiments , avec plateau de fruits et sourires
 
 
 
 
 
Dès le lendemain matin nous réservons des vols pour Siem Reap ville voisine du site d’Angkor et nous profiterons d’un jour à Kuala Lumpur avant de rejoindre le Cambodge.
 
10 Mai
 
Au NE de Kula Terengganu se situent un groupe d’iles toutes plus belles les unes que les autres 
Pulau Redang :pos : 05° 45 166 N ; 103° 01 573 E, nous avons mouillé près d‘un îlot de sable blanc, hélas !les coraux sont morts et la petite plage devant nous est jonchée de bouteilles plastiques, à quelques cent mètres des japonais qui s‘égaient dans l‘eau .
Heureusement la petite baie est surmontée par des boulders, gros rochers érodés par la mer , spectaculaire amas de blocs gris dominant la mer
Pulau Perhentian Besar et Kechil pos : 05° 50 267 N ; 102° 44 433 E , sont séparées par un étroit chenal, nous posons l’ancre dans la baie au NE dite baie des tortues que l’on voit respirer à la surface puis sonder dans le plus grand calme . Le soir nous nous offrons un resto sur la plage puis le lendemain pour éliminer une marche autour de l’ile.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
12 Mai
 
Pulau Lang Tanggu :05° 47 670 N ; 102° 53 392 E
Retour à Pulau Redang dans la baie NE ,
 Lorsque nous arrivons, un « resort » aux dimensions colossales et au style austère borde le rivage , rien de bien attractif , nous faisons demi- tour car au passage nous avions repéré une toute petite crique aux eaux turquoises et accueillantes.
Pos :05° 48 872 N ; 103° 00 481 E
Dès notre arrivée, un jeune français qui termine son stage de Master ici nous explique qu’il s’agit d’un lieu d’étude, de reproduction et d’élevage des tortues, que nous pourrons les observer mais que malheureusement nous ne pourrons pas rester au mouillage;
Et dès que nous sommes à l’eau c’est la magie du bal des tortues qui commence; ces animaux sont majestueux dans le milieu marin, nous les suivons calmement, tout est serein, rien ne les presse puisque le site est réglementé au niveau des visites.
De la même façon , faute de déprédations, les coraux ont repris toutes leurs couleurs, tous revivent et offrent un des plus beaux spectacles de la nature à nos « jeunes » plongeurs pour achever le séjour .
Et nous revenons à la marina pour les préparatifs du séjour au Cambodge
 
15 Mai Kuala Lumpur
 
Le retour à la ville et à sa concentration de bruit, de circulation, de trafic en tout genre est un peu rude mais la journée passée dans cette cité de Kuala Lumpur nous laisse quasiment la même impression que Singapour : démesure dans les constructions, progression sans limite des réalisations, tout est vertical, on finit même par se demander si la population retrouve un instant sa position horizontale tant l’activité est incessante et la verticalité omniprésente !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                                                                10 ans séparent ces 2 photos!!!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 19 mai Cambodge Siem Reap
 
Nous avions souffert de la chaleur en Malaisie, ici c’est la fournaise qui nous accueille, desséchés sur pieds dès notre arrivée alors que l’ingestion de litres d’eau ne suffit même pas à alimenter de maigres pipis.
Seule la sueur nous permet d’éliminer et nous sommes trempés du matin au soir ….
Unique avantage à cette température, l’absence massive de touristes qui préfèrent la saison sèche plus tempérée
Tout cela est bien trivial au regard des visites qui nous attendent ; les sites se situent dans un rayon d’environ 30km autour de Siem Reap et nous n’allons en manquer aucuns tant le génie, la grandeur de cette civilisation khmer vont se manifester dans chacun des temples ;
Une petite visite au marché local l’après-midi de notre arrivée mettra l’estomac d’Alain   retourné comme un gant tant le spectacle et l’odeur du rayon boucherie est des plus renversants.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18/22 Mai
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Visite au royaume des Apsaras : Angkor
 
S’il était un pèlerinage que je me devais de faire, c’est bien celui-là car lorsque j’avais choisi ce nom pour le bateau, j’avais surtout été charmée par le livre de F.Cheng ; « L’éternité n’est pas de trop » dans lequel j’avais découvert l’existence de ces divinités;
Mais je le fus encore plus lorsque je pus les voir sur les bas-reliefs de la plupart des sites et en particulier d’Angkor Vat la grandissime.
Ces danseuses célestes, sont les épouses des gandharvas; à l’origine divinités des eaux et des airs (raison de mon choix également !) mais elles sont aussi selon la légende la récompense des guerriers morts héroïquement au combat ( …les musulmans n’ont rien inventé avec leurs mille vierges !!!)
Elles se présentent sous deux formes, l’une plus stricte et plus figée, elles sont alors des devatas, pures divinités, ou sous la forme de danseuses aux genoux très écartées et au bras et mains recourbés
Elles sont réputées aussi pour leur grâce et leur beauté et, dans la célèbre fresque du barattage de la mer de lait avec Vishnu, ce sont elles, les petites coquines, qui encouragent les guerriers et perturbent les démons pour rendre vainqueur le dieu suprême de l’hindouisme.
Certaines courtisanes ont du s’apparenter à ces danseuses tant leurs formes rebondies ont du séduire plus d’un roi.
 
 
 
 
Il m’est difficile de citer et de décrire tous les sites tant la diversité, la richesse et l’architecture des temples sont exceptionnels: voici les principaux et je vous parlerai mieux de ceux qui m’ont émerveillée.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
J1:Banteay Srey , c’est le joyau taillé dans un grès rose qui s’illumine au soleil levant
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
J2:Angkor Vat : un raffinement dans les bas-reliefs , une harmonie dans l’architecture en font bien sur un des plus connus et des plus visités mais quel élégance , il ne serait pas loin de m’avoir émue autant que le Taj Mahal et Petra réunis;
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   Ta Prohm laissé en l’état de découverte avec les racines des fromagers qui recouvrent les ruines , on pourrait se croire parmi les 1ers découvreurs
 
J3: Bayon et ses 54 tours ornés sur chaque face de visages de Bouddha au sourire énigmatique et les bas-reliefs à la gloire du roi Jayavarman VII le plus célèbre des régnants khmers
     La terrasse des éléphants longue de 350m qui servait pour les cérémonies et les réceptions
Et ma préférée Beng Melea, très éloignée des grands sites , perdue au milieu de nulle part, totalement effondrée et recouverte par les lianes et les racines .
 
Un peu d’histoire maintenant : cette civilisation qui a duré plus de 500 ans , elle débute vers 800 et s’achève vers 1300, fut la plus grande et la plus riche civilisation du monde asiatique et a vu se succéder pas moins de 30 rois suprêmes depuis le fondateur Jayavarman II , Suyavarman II créateur d’Angkor Vat et à son apogée en 1180-1215 avec Jayavarman VII.
Elle perdure encore quelque temps mais dès la fin du XIV ème siècle elle est mise à mal par le royaume Thai et perd de son intérêt sur le plan commercial au profit de Pnom Penh .
 Heureusement pour nous, comme pour chacune des grandes civilisations , c’est grâce à l’ego démesuré des souverains désireux de marquer l’histoire de leurs sceaux en rivalisant de règne en règne , que nous devons ces somptueuses réalisations, au prix de sacrifices humains tout aussi démesuré.
Les 2 religions hindouiste et bouddhiste déjà présentes avant la civilisation se mélangeront et domineront tour à tour les différentes périodes en fonction du choix du souverain, ce qui explique la forte intrication dans les sculptures, des divinités des 2 mythologies.
 
22 Mai
 
Nathalie et Alain sont repartis sur Pnom Penh depuis hier, ils s’envolent pour la France aujourd’hui, je crois qu’ils ont fait le plein dans la musette !!!!….
Se pourrait-il qu’une belle histoire ait commencé sur Apsara, forcément saluée et encouragée par ces divinités, entre le french lover et la sirène du Pacifique ???? Chut !!! Je n’en dis pas plus, surtout ne le répétez à personne car maintenant ce sont les apsaras qui veillent sur eux et leur belle histoire et elles sont très jalouses de leur secret !!!!
 
Et pour clore ce fabuleux séjour, lorsque le dernier soir à Siem Reap , je m’installe au restaurant , un groupe de jeunes luxembourgeois dinent à coté de moi, l’un d’eux vient m’inviter et nous passons une soirée exceptionnelle à nous raconter nos aventures, d’autant plus facilement que nous fûmes voisins puisque 3 d’entre eux ont fait leurs études à l’EPFL à Lausanne.
 
Je vais poursuivre quant à moi mon périple au Cambodge , demain je rejoins Pnom Penh où 47° C est annoncé pour la fin de la semaine …chaud devant !!!!
 
24 mai Pnom Penh
 
C’est une grande ville sale, les détritus jonchent les rues et les trottoirs, chargée d ‘histoire , les images de l’entrée des Khmers rouges dans cette ville ne sont pas si anciennes, où l’on devine à chaque instant l’écart des revenus entre une population totalement dévolue à sa survie , des enfants du trottoir qui se shootent à la colle, des mères assises à même le sol un enfant endormi dans les bras au milieu des déchets, et une richesse insolente en particulier du palais royal et des hôtels alentours .
Une visite au palais royal où j’ai la chance d’assister à une répétition d’apsaras, bien réelles et d’admirer tout de même la fameuse pagode d’argent ainsi que le bouddha en or (90 Kg) serti de diamants ( 25 carats) ne me laisse pas un souvenir grandiose de même que celle du musée .
Je vais plutôt flânant le long des berges (vallonnées …oups !!!) du Mekong et avise une jetée où sont amarrés plusieurs bateaux prêts à embarquer du touriste mais du touriste il n’y en a guère.
Et je négocie un petit tour sur le fleuve en me faisant, bien sur, enfumer de quelques dollars mais la promenade est charmante et je suis seule à profiter du voyage.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26 Mai
 
Bus, direction Sihanoukville dont j’espérais bien rejoindre le port avec Apsara mais les vents ou plutôt l’absence de vent et surtout la difficulté d’entrée et de sortie (clearance in et out ) dans ce pays m’en ont empêchée
Alors je vais faire un tour vers le port mais même l’accès piétonnier est impossible , déçue je file vers Koh Kong où j’espère pouvoir faire un peu de tourisme vert dans la chaine des Cardamomes.
 
28 Mai Koh Kong
 
Décidément cette zone ne m’est pas favorable; voilà des semaines que la mousson de SW est attendue avec impatience et bien sur elle débarque le jour de mon arrivée à Koh Kong accompagnée de trombes d’eau, le ciel chargé comme une mule de toute la pluie espérée ..
J’erre dans la ville bien triste et sale comme à l’accoutumée (pas moi , la ville !!!), les moto-dups( taxi mobylette ) et les tuk-tuk me hèlent en rigolant, ils n’ont jamais vu de mamie aux cheveux blancs déguisée en touriste à Kway sous une pluie battante !!!!
 
 
29 Mai
 
Je m’octroie tout de même une petite balade en « speed boat » traduisez sorte de dinghy rigide dont la vitesse ne dépasse pas 5nds !!! vers les chutes de Koh Por bien alimentées par la pluie puis dans la mangrove, suite inextricable d’iles et de chenaux, où la faune ne semble pas trop se manifester.
Pas un oiseaux, pas un animal depuis la Malaisie et pourtant le Cambodge regorge d’animaux sauvages parait-il !!!!
Le soleil revenu, je m’accorde une journée de plus pour aller enfin voir cette fameuse île de Koh Kong, encore préservée, mais pour combien de temps, des appétits des promoteurs
 
 
 
 
 
L’île de Koh Kong se situe en fait à quelques 10M de la ville au sud, le trajet me semble bien trop long pour un speed boat et les chauffeurs de ces véhicules ne vous emmènent en réalité que sur les 1eres iles proches de la ville. Certes la mer est hachée ce jour là et je me vois mal me faire taper comme une porte battante pendant encore longtemps, je me contenterai donc d’une plage immense encore une fois noyée sous les déchets.
Si le Cambodge, comme il en a l’ambition veut rivaliser avec sa voisine la Thaïlande en matière de tourisme de masse, il lui faudra mettre en œuvre un sérieux plan de nettoyage et de ramassage des déchets …c’est dramatique tant les berges sont polluées;
Quant à la visite de la chaîne des Cardamomes, il me faudra l’oublier car les pluies ont rendu les accès impraticables.
 
30 Mai
 
Retour à Pnom Penh
 
6h de bus et comme un fait exprès je suis toujours à coté d’un bébé qui hurle dans ses couches ou d’un papy qui glaviote dans son dentier, avec en stéréo la télé qui braille des chansons débiles.
 
 
 
Je suis heureuse de me retrouver dans un calme jardin avec une bonne bière dans une pension qui se trouve juste en face du musée Tuol Sleng.
Le choix n’est pas innocent, il me semble impératif d’aller visiter ce musée car il retrace sur les lieux même les épisodes du génocide khmer.
Comme me le dira justement une jeune turque à l’hôtel « on ne peut même pas comprendre un génocide entre deux peuples ou deux ethnies mais contre son propre peuple comment l’imaginer ? »
La leçon dramatique est ce que dit Primo Levi : cela peut recommencer demain et n’importe où, alors il est un devoir absolu :celui de ne pas oublier et d’en être conscient .
 
A lire absolument sur les faits au Cambodge : « Le portail » François Bizot
 
« Les peuples valent toujours mieux que les certitudes qui les entrainent, car elles sont des monstres que les gens laissent pousser à l’intérieur d’eux pour se sentir plus solides et moins solitaires.
Pareilles à la maladie de la pierre, elles durcissent l’âme et le cœur et retirent à chacun l’élan naturel qui est de sentir par soi-même avec les limites de son intelligence, de sa sensibilité, de sa générosité, tous les malheurs et les bonheurs des gens qui vivent en même temps sur la planète. »      
 
                                             Yves Simon     « Océans"
 
 Claire Brondex  4 juin 2010      Kuala Terengganu    Malaisie
 
 
 
 
 
 
 

Publié à 03:42, le 3/06/2010, Détroit de Singapour
Mots clefs :


Singapour Avril 2010

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

                                                           
 
 
 
 

 

                                                             Singapour     Mars 2010
 
 
 
Coucou me revoilou !!!!
 
Mercredi 24 Mars ,
 
J’étais prévenue, on ne passe pas du 45eme parallèle à l’équateur sans dégâts …..
Un hiver sibérien qui n’en finit pas, un printemps qui fleurit soudainement puis qui joue les filles de l’air, ce régime sans transition avait eu tôt fait de me mettre le thermostat en position Off et voilà que d’un coup d’avion, d’un seul, je me retrouve dans l’atmosphère équatoriale à 35°C et 90% d’humidité .
Le thermostat n’a pas résisté : ébullition, explosion, liquéfaction, ….rassurez-vous, je n’en suis pas encore au stade de la putréfaction !!!!
 Les 1ers jours furent durs, très durs; Apsara, lui avait bien résisté, l’état général semblait bon, mais je me méfiais des vices cachés qui n’apparaissent que lorsqu’on s’en sert !!
La marina de Sebana Cove est déserte, les propriétaires des bateaux sont partis, seul un couple de Neozed apparait de temps à autre, et pas moins de 5 serveurs sont à ma disposition au restaurant.
Il me faudra malgré tout une semaine pour remettre en route et rééquiper le voilier, et m’apercevoir que mon absence n’a pas suffit à résoudre miraculeusement les pannes restées en l’état et qu’il en a fleuri d’autres telles qu’une fuite sur la pompe à eau de mer du moteur.
Après un faux départ du à l’état de l’hélice et de la coque couvertes de coquillages et autres bestioles de la mer rapidement nettoyées par le plongeur local , je reprends le long chenal qui me mène au détroit de Singapour pour me diriger vers Raffles Marina où je sais pouvoir trouver les compétences pour réparer.
50M me sépare de cette marina tout à l’ouest de la mégalopole alors que celle que je quitte est tout à l’est.
Il me faut donc emprunter le fameux rail de Singapour qui longe l’île par le sud .
 Des centaines de cargos, pétroliers, gaziers, porte-containers, céréaliers, de toutes formes et de toutes dimensions sillonnent cette voie et moi, je suis seule sur ma toute petite embarcation qui n’a rien à voir avec ce trafic démentiel.
Lorsque j’arrive à l’embouchure du bras de mer séparant Singapour de la Malaisie, ce sont là des centaines de cargos attendant de pouvoir accéder au port . Deux immenses plateformes de chargement sont plantées quasiment au milieu du chenal , on comprend alors ce que veut dire commerce international, business intercontinental, l’Orient et l’Occident qui se retrouvent ici pour échanger ….
Ce minuscule pays de moins de 60km de long sur 30 de large réunit là tout ce qui peut se faire en matière de finance, de commerce et d’échange.
Mais ça ne date pas d’aujourd’hui puisque très vite au début du XIXème siècle les Hollandais puis surtout les Anglais se sont rendu compte de l’importance de l’emplacement et de la facilité d’y créer un port.
Sir Raffles installe quelques comptoirs alors que seulement 500 Malais vivent sur ce bout d’île.
Aussitôt Indiens, Chinois viennent là commercer et la progression est fulgurante puisque actuellement 4,5 M ( cad la population de la Nouvelle-Zélande) s’activent sur ce territoire
Il n’aura pas fini de m’impressionner quand le dimanche j’irai faire un tour en centre ville: des tours gigantesques, des constructions gratte-ciels qui s’achèvent à peine, la richesse est omniprésente, tous les sigles des grandes compagnies sont à l’affiche sur les parois de verre qui se reflètent les unes aux autres.
Les dimensions sont telles qu’on a tôt fait d’attraper un torticolis et pourtant de larges espaces sont préservés tel ce petit bras de rivière où se promènent de nonchalants petits bateaux à touristes.
Je ne manquerai pas d’ailleurs de jouer les parfaites touristes et visiter ainsi les sites remarquables comme la fameuse fontaine du lion au corps de poisson, symbole de la réussite de cette cité.
Hélas, je comprendrai aussi tout les dégâts que peut occasionner une telle réussite; dans le métro au retour; la population parait exténuée, dort debout, et a le regard hagard de celui qui ne peut plus penser.
 
L’essentiel de leurs loisirs se fait dans la déambulation à l’intérieur d’immenses centres commerciaux où tout est prévu pour que vous consommiez;
Un détail qui ne manquera pas de m’interpeler: à l’entrée du centre se trouvent des distributeurs de sacs plastiques pour emballer votre parapluie lorsqu’il pleut afin qu’il ne dégouline pas sur le sol ou , injure suprême, sur les pieds du voisin.
Le tri sélectif n’étant pas encore à l’honneur dans ces grandes surfaces, rien n’est dit sur le recyclage de cette emballage, bien sûr !!!!
C’est un domaine qui ne doit pas rapporter grand chose car le recyclage des déchets parait totalement secondaire. En revanche, tout est d’une propreté remarquable, et la clim marche à fond!!!……
Ce qui est bienvenu car nous sommes ici à peine à 100km au nord de l’équateur, la moyenne des températures avoisine les 30° et plus ( sans affinité!) et le taux d’humidité est proche des 100%;
 
Installée confortablement à la marina où tout le personnel se met en quatre pour me faciliter la vie ….pensez donc, une femme seule à bord, je me met à la recherche des compétences et très vite la ressource est trouvée en la personne de John, anglais installée lui aussi à la marina, qui saura me réparer le GPS, la pompe à eau de mer et le stop-moteur dans l’après-midi.
En face de moi est amarré un couple de neozed qui vit également sur leur bateau; lui est consultant dans une grosse compagnie et elle est ravie de trouver une personne disponible pour faire des visites et du shopping.
Ils vont eux aussi se mettre en quatre, voire en huit, pour m’indiquer les bons coins, m’inviter à manger et faire en sorte que mon séjour ici soit des plus sympathiques.
 
Je ne vois pas le temps passer, et déjà la mi-avril approche, j’ai aussi une petite visite à faire à Damien ( rappelez-vous c’est le fils de Pierre mon copain de Publier, qui est attaché d’ambassade à Jakarta)
Bientôt la 1ere équipe va arriver …le planning est chargé cette année …pas moins de 5 équipages vont se succéder sur Apsara cette saison ….!
Moi qui avait pensé en avoir fini avec la pédagogie!!!
Dans l’ordre de passage: -de fin avril à fin mai : Nathalie et Alain avec un parcours qui devrait pouvoir nous mener de Singapour au golfe de Thaïlande et réaliser une visite touristique au Cambodge.
                                        - de début juin à fin juin Fernand est de retour pour une route qui devrait se situer entre la cote NE de Malaisie et Borneo.
                                        - de début juillet à fin juillet Elizabeth , de Singapour aux iles Anambas et Riau
                                        - de fin juillet à fin aout Julien de Singapour à Langkawi en passant par le détroit de Malacca
                                        - et enfin de fin aout à mi-septembre , Mumu et Annie pour un tour dans le golfe de Phuket surnommé la petite baie d’Along ;
 
Voilà pour le programme, mais comme d’hab, seuls la mer et le vent décideront !!!
 
Pour l’heure je vais changer de marina et me rendre en Malaisie, juste en face où les tarifs et les facilités administratives sont plus accessibles.
Quelques bricolages, en particulier changer les pales de l’éolienne, et vendredi prochain, je change de crèmerie à quelques miles d’ici avant de m’envoler pour Jakarta.

 

 



Publié à 12:25, le 13/04/2010, Singapour
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Kupang Singapour

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                             Kupang  Singapour   Septembre  /  Octobre   2009

 

 

 

Reprenons , nous sommes le samedi 12/09 à Kupang ( pos : 10° 09 544 S ; 123° 34 476 E ) sur l’ile de Timor  où nous devons faire notre entrée en Indonésie .

Arrivés depuis la veille nous devons trouver Mr Napa Rahman détenteur des originaux du CAIT ( permit cruising indonésien ) et de la lettre de sponsor qui va avec .

Dès que nous avions posé l’ancre un jeune prénommé Onju est venu nous voir, nous a proposé de servir d’intermédiaire et surtout de nous vendre du gazole dont nous avons le plus grand besoin .

D’une part, il parle anglais, d’autre part, bien sûr,  il connaît  Mr Napa Rahman et nous affirme qu’il peut nous le faire rencontrer ;

Mais ce monsieur reste introuvable, « busy » soit disant et surtout, d’après ce que nous comprenons, peu amène de dealer avec nous par l’intermédiaire de Onju. On sent déjà les rivalités qui se font jour. !!

Onju a les dents longues et Mr Napa Rahman fait partie de l’establishment local, petit potentat lié avec les autorités...

Pour moi, clairement, le marché est simple : je n’achèterais du gazole que si je suis en possession des documents officiels et donc que si je retrouve Mr Napa Rahman.

Voilà qui motive Onju pour le trouver ...une 1ere fois nous passons à son domicile...il est à la prière....je rentre au bateau, lasse de ces marchandages et laisse Xavier et Onju s’égayer en ville.

18H ...alors que la nuit s’approche, Xavier m’appelle sur mon portable et me dis : « J’ai Dieu devant moi ... » « Oui...mais encore ! » « Oui, oui, Dieu ,ou son sosie Mr Napa Rahman nimbé de blanc, le regard sévère et qui refuse de me parler en présence d’Onju »

Mon sang ne fait qu’un tour « T’as-t-il donné les documents ? » « Oui, oui !  mais il ne semble pas très enclin, vu la tournure des événements à nous faciliter la tache pour faire les démarches auprès des autorités » « Ecoute, salut Dieu de ma part, reviens avec les originaux .. et dis discrètement à Onju de nous livrer le gazole demain matin »

Une petite idée a déjà mûri dans ma tête....samedi, dimanche, les Customs sont fermés.

Aucune autorité n’est venue nous voir excepté la Quarantaine dont vous aurez compris qu’elle est largement aussi pourrie que les autres.

Dimanche matin, les pleins sont faits, personne ne s’est manifesté et nous levons l’ancre discrètement pour aller nous réfugier dans une magnifique baie à 10M de là , ni vu , ni connu, bye bye Kupang, nous irons faire notre entrée officielle à Bali puisque nous avons les documents originaux .

Pos : 10° 12 950 S ; 123° 25 079 E

Une journée de farniente ne sera pas de trop pour nous remettre de nos émotions.

Comme nous n’avons pas eu la visite des Customs, nous aurons celle des méduses dans cette eau verte enchanteresse ...dommage pour le bain !

 

15 septembre

 

140M nous sépare de la côte nord de Flores, ile volcanique comme tout l’archipel indonésien, la 2eme plus importante à l’est après celle de Timor.

Plusieurs passes nous permettent de transiter entre ces iles pour rejoindre la côte nord.

Je choisis de passer entre Flores et Adunara car elle s’offre à nous par une entrée d’abord très vaste puis où se succèdent 2 grandes baies, le passage de Lewotobi et enfin s’achève par une passe étroite, le Larentuka Narrows.

L’arrivée dans cette passe au petit matin alors que les collines et les ilots qui parsèment l’entrée se découpent à contre jour, restera un des moments les plus forts de la traversée.

Dans l’étroiture, les pêcheurs sur leurs vieux rafiots, nous saluent, tout a un air de gaieté contrastant subtilement avec la tension de Kupang.

J’ai repéré sur le guide des mouillages un petit paradis à 15M à l’est près de la baie de Kroko.

Et effectivement c’est le paradis, un banc de sable blanc, une eau turquoise, un volcan qui domine et qui fume encore, quelques iles éparses et des pêcheurs qui viennent nous proposer leurs poissons et quelques fruits.

Pos : 08° 14 651 S ; 123° 19 564 E

On redevient enfant dans ces lieux du bout du monde, se baigner, ramasser des coquillages, plus rien n’a d’importance que le bien-être qui nous envahit.

 

18 septembre

 

Damien est le fils de mon pote Pierre, le fidèle compagnon des moments difficiles au conseil municipal de Publier.

Celui-ci est attaché à l’ambassade de France à Jakarta et, bien sur, nous ne pouvons pas manquer de nous retrouver à l’autre bout de la planète ; RDV est pris pour dimanche à Maumere.

Pos : 08° 36 679 S ; 122° 13 118 E

 

 

 

Damien découvre Apsara et la navigation, ça s’arrose et dès le lendemain matin nous allons mouiller dans une baie à 10M de là, à proximité d’un petit village

Pos : 08° 32 419 S ; 122° 05 004 E

L’après-midi, nous allons faire un tour à terre, c’est l’événement pour les locaux, la visite de « blancs » est exceptionnelle et les enfants très vite viennent voir ces personnages exotiques, photos, sourires, quelques uns jouent au ballon sur un pré qui pourraient s’apparenter à un terrain de foot.

Damien et Xavier n’y résiste pas, on échange le ballon, on montre son adresse, et ça se termine par un match en nocturne sans lumière vous vous en doutez ...c’est la liesse au village, Zinedine Zidane est dans toutes les bouches ... !!!!

 

Hélas, Damien reprend le travail, mardi nous reprenons la route de Maumere, puis pour lui Jakarta et nous, nous nous organisons une petite visite aux lacs volcaniques de Kelimutu, dont parait-il les couleurs changent d’année en année ; certaines, l’un est rouge, l’autre marron, le dernier noir et selon la légende, on y place les défunts en fonction de l’age et de la couleur.

 

 

 

23 septembre

 

Quelques 100km en taxi, une petite grimpette et c’est le choc : au fond de 2 cratères mitoyens, une nappe émeraude bordée de marbrures jaunes vifs.

 

Un autre, que l’on aperçoit après être monté au point culminant est vert sombre, enchâssé dans des parois abruptes grises.

Bien sûr, on serait bien tenté de prendre un petit bain dans ces couleurs somptueuses mais le Ph est dissuasif : 0,3 à 3 ....de quoi vous transformer en gaz vaporeux et d’aller rejoindre les défunts de la légende !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24 septembre

 

Ca n’est pas vraiment original, mais il nous faut refaire les pleins de gazole !

Nous voilà à trimballer de nouveau nos bidons, heureusement il y a une station près de l’embarcadère ....malheureusement elle est vide !!

Et là ça devient l’aventure : on avise 2 motobylettes avec leurs propriétaires qui attendent le client, négociations et nous enfourchons les engins jusqu’à la station la plus proche c'est-à-dire à l’autre bout de la ville.

Moi qui suis morte de trouille sur les 2 roues, je suis cramponnée aux jerrycans faute de mains libres et Xavier porte à bout de bras les 5 bidons attachés par un bout de ficelle et qui brinqueballent sur le coté.

Le retour en Bemo ( petit minibus qui circulent partout) sera tout aussi rock’n’roll, les jerrycans sur les mollets des mamies indonésiennes qui se pressent dans l’habitacle et nous cassés en deux pour y rester, le véhicule n’a plus de suspension et le revêtement de la route n’est plus qu’un vieux souvenir !!!

On finit par décoller, direction Komodo et ses célèbres varans ou dragons ainsi que les appellent les gens d’ici ;

 

25 septembre

 

La route sera tranquille entre Maumere et Rincah, petite ile voisine de Komodo où un des plus beaux mouillages à ce jour s’offre à nous.

Dans un dédale d’îles et de passes sur la cote NW de Rincah se découvre à peine une baie profonde bordée de mangrove.

 

 

 

 

 

                                                                        

Tout au fond de la baie une jetée et un poste de Rangers

Pos : 8° 39 138 S ; 119° 42 803 E

La visite pour observer les varans est réglementée et nous devons être accompagnés par un Ranger sur le petit parcours comme sur le grand : de 1/2h à 3h de marche pour parcourir le chemin qui serpente dans le bush .

De beaux spécimens de dragons sont vautrés dès les 1er mètres sous le logement en bois des Rangers, les odeurs de cuisine les attirent parait-il.

 

 

Nous remontons un thalweg où un point d’eau à peine visible, c’est la saison sèche, rassemblent toute la faune : buffalos, chevaux sauvages,etc et les fameux varans qui se nourrissent exclusivement de viande et se regroupent alors à 5 ou 6 pour attaquer les ruminants.

 

 

 

 

 

 

                                                                                  

 

Les femelles pondent leurs œufs dans des aires où plusieurs trous sont creusés pour déjouer les prédateurs. Une fois éclos le petit varan se réfugie dans les arbres pendant 5 ans et se nourrit d’insectes et d’oiseaux pour échapper à la voracité des siens y compris de sa génitrice.

Ces reptiles sont présents sur les 2 iles Rincah et Komodo pour une population d’environ 1000 à 1500 et quelques spécimens sur Flores.

Personne n’a pu découvrir encore comment ils ont pu venir et se reproduire ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la baie, un superbe voilier de 76 pieds « Maricea » est mouillé à l’entrée. Le couple , Yves et Caroline, qui vit dessus est français et ont un pied à terre en France à coté d’Annecy ....encore des Savoyards !!!

Nous aurons l’honneur d’être invité et de déguster un excellent couscous arrosé de Nuits Saint Georges 2004 ...un grand moment !!!

 

28 septembre

 

La route est longue en revanche jusqu’au prochain mouillage : 160 M

Teluk Potoppudu au NW de Sumbawa mais quelle récompense .... !!!

C’est «  la porte étroite » pour y accéder, la passe ne fait pas plus de 30m de large et ne se laisse deviner qu’au dernier moment. On distingue à peine la baie profonde qui la prolonge

Pos : 08° 22 902 S ; 117° 10 344 E

Tout une suite de pêcheurs arrivent avec leur pirogue, «  Bagous.....bagous !!! » «  C’est bien, c’est bien !! » et le sourire aux lèvres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je me défait des derniers cahiers, crayons, T.Shirts , cigarettes, que tous attendent avec une patience sans limite.

Et lorsque nous irons faire un tour au village l’après-midi, ce sera quasiment l’émeute, une flopée d’enfants nous entoure et nous accompagne, des « blancs » sur leur planète, c’est le miracle !!!

D’ailleurs, je propose à Xavier de se présenter aux prochaines élections...à n’en pas douter, il recueillera tous les suffrages des jeunes filles et aussi des mamies qui rêveraient d’avoir un gendre comme lui ....non ! tant pis ! Xavier n’est pas très motivé !!!

 

30 septembre

 

Et nous voilà reparti vers l’Ouest, direction Bali ou le NW de Lombok selon les conditions de vent et de marée.

Dès la sortie de la passe nous sommes saisis par un vent de SW en plein dans le pif, voilà qui va nous obliger à faire du près ; ce n’est pas vraiment l’allure la plus confortable et nous devons prendre 30° plus au nord pour pouvoir tenir.....20/25 puis 25/30 nds c’est rude mais nous sommes au débouché du chenal entre Sumbawa et Lombok et j’escompte bien qu’au fur et à mesure que nous avancerons, le vent s’orientera plus travers pour devenir pétole une fois le chenal dépassé ;

En fin de nuit effectivement  ça se calme mais même cause même punition, ce sera pareil entre Lombok et Bali où il nous faut à nouveau réduire la toile et se faire taper.

Ras le plot ! je décide d’aller m’abriter dans un mouillage au NW de Lombok en attendant des heures meilleures.

De plus le mouillage s’appelle Syrrah de quoi nous mettre le vin à la bouche !!!

Pos : 08° 21 424 S ; 116° 06 386 E

Et une bonne nuit ne sera pas de trop pour affronter le vent et le courant entre les 2 prochaines iles et rejoindre la marina de Bali au SE de l’ile

Ce fut d’ailleurs une très bonne idée car après avoir rejoint la plage nous découvrons un super hôtel de luxe avec bassins, colonnades et statues balisiennes, une petite merveille isolée dans les palmiers où Xavier m’invite pour un repas d’anthologie d’autant plus apprécié que nous avons fonctionné aux minutes-soupes depuis 3jours .....encore un très grand moment !!!

 

Samedi 3 Octobre

 

La marina de Bali et son chenal d’entrée jusqu’à Benoa : pour l’avoir pratiqué de nuit l’an dernier, je n’en garde pas un souvenir rempli d’émotion.

Il est mal signalé, de vagues piquets marquent le platier et ça ne manque pas, je m’éloigne de quelques mètres et me voilà malgré la marée haute sur 1m d’eau, je rectifie la course au plus vite et je suis enfin dans le droit chemin (toujours difficile pour moi qui n’aiment pas les sentiers battus !!!)

La marina est complète, impossible d’y mettre nos amarres, alors je mouille devant en bordure du platier ....risqué !!!

Pos : 08° 44 459 S ; 115° 12 866 E

Bien vite nous effectuons la presque totalité des procédures douanières et administratives, dans l’ordre : Harbour Master, Immigration, Quarantaine, Customs, Navy, coups de tampons ( la société qui vend les tampons en Indonésie a de beaux jours devant elle !!) papier carbone,photocopies, formulaires en 4 exemplaires et pour nous achever nous allons faire le shopping à Carrefour l’après-midi !!! Quelle belle journée !!!

 

Dimanche 4 octobre

 

On range, on lessive, on internet, on recoud, on fait les vidanges et les changements de filtre ;

Le matin même vers 4h, à marée basse, je jette un œil dehors, histoire d’admirer encore la pleine lune, et que ne découvris- je pas : Apsara est à 1m du platier, le sondeur indique 1m, et je suis à 1m du cata voisin ...Grands dieux de la mer, nous voilà posés !! C’est pas tout à 1Fr, c’est tout à 1m !!

Il va falloir dégager le bateau doucement en posant une ancre à l’arrière et le ramener à l’aide l’annexe dans le bon sens.... 2h de manœuvres et quelques cm d’eau en plus, je peux enfin me prendre un petit dej du dimanche (sans croissants !!) mais pour la grasse mat’ il faudra revenir en 2eme semaine !!

 

Mardi 6 octobre 09

 

Tout est prêt, on peut enfin envisager, une fois l’étal de marée haute, rejoindre la mer, la vraie et se diriger vers Kalimantan ( Borneo) dont nous sommes séparés par quelques 450M ;

En suivant le chenal, la barre me parait dure et une fois au large, le pilote auto ne fonctionne plus.

Retour à la case départ, à l’ile de Seragan toute proche exactement où je sais que Yves et Caroline avec « Maricea » sont installés.

Yves et Caroline sont tout de suite venus nous donner un corps mort disponible et très vite Yves vient me donner la main pour essayer de comprendre la panne.

Petit à petit, en remontant un par un les éléments, nous découvrons que la rotule du vérin du pilote est sorti de son logement et que le capteur d’angle de barre est dévissé.

Bien sûr, tout ce beau monde est logé sous la barre au fond du cockpit, il faut se contorsionner pour remettre le tout en place, pendu par les pieds, la tête en bas dans l’espace minuscule ;

On réinitialise le pilote, ça a l’air de fonctionner, merci Yves , merci Xavier, je suis épuisée, et il nous faudra une bonne bouffe au petit lolo( petit restau au bord de la route) du coin pour regonfler le moral des troupes.

 

Mercredi 7 Octobre

 

Vous n’allez pas me croire, mais lorsque nous partons de Seragan, en faisant route vers le nord , le compas magnétique indique la bonne direction, les repères visuels aussi et tous les GPS à bord ( il y en a 3 !)nous donnent une route à 80° à l’est ....

Panique à bord, se peut-il que la guerre soit déclenchée et que les satellites ne fonctionnent plus ?

 Le phénomène reste incompréhensible, j’interroge tous les personnes disponibles par mail faute de téléphone, quand au bout de quelques heures de ce trajet incohérent, la course donnée par les GPS semble plus « normale » et la lumière se fait sur le changement de cap : tout simplement un énorme courant d’au moins 6 à 8 nds vers le sud qui nous déroutait (au propre et au figuré !) tranquillement sans rien nous dire !!!

Ca a du rire dans les chaumières de ceux que j’avais interrogés !!!

Cette fois, c’est le vrai départ, de nouveau les rafales nous saisissent sous le vent de l’ile de Bali et nous atteindrons Kalimantan, dans la baie de Putting, le samedi soir suivant après 4 jours de nav tranquille vent arrière.

Pos : 03° 18 946 S ;111° 44 852 E

 

Dimanche 10 octobre

 

Si nous voulons nous rapprocher, de nos proches parents, les orangs outans, nous devons remonter la rivière Kumai sur 5/6 M et nous mettre en rapport avec une agence locale pour aller leur rendre visite.

« Un bien petit pas pour Apsara et un grand pas dans l’histoire de l’humanité » !

Nous mouillons en face d’un petit village sur la rive gauche de la rivière où nous serons plus abrités.

Pos : 02° 51 098 S ; 111° 43 944 E

 

Lundi 11 Octobre

 

Une fois l’annexe à l’eau, il faut traverser la rivière pour essayer d’avoir des infos...et du gazole...    «  la vie n’est pas un long fleuve tranquille »

A peine 100m de parcourus, que le moteur de l’annexe tourne à vide, plus de propulsion....re retour à la case départ et re les mains dans le cambouis !!

Le moyeu caoutchouc qui solidarise l’hélice avec l’axe a l’aspect d’un machouillis de réglisse, il va falloir jouer les Mike Gyver pour le remplacer.

En attendant, je hèle un bateau  de pêcheurs qui va bien nous faire l’honneur de nous emmener jusqu’à l’autre berge pour au moins faire le plein de gazole et nous voilà sur un bout de rafiot d’à peine 1m de large, les fesses posées sur les poissons séchés qui embaument sur 3 lieues à la ronde !!!

Le temps de réparer une pale de l’éolienne qui a été massacrée par un bateau venu nous proposer ses services et l’hélice de l’annexe et voilà encore 2 jours de perdus, d’autant que, comme je ne peux pas faire ma sortie d’Indonésie ici, je dois aller dans une marina toute proche de Singapour pour faire les formalités et...2 jours de plus !!

Le rêve de nous rapprocher de notre ascendance s’estompe peu à peu...hélas !le temps de prendre contact avec l’agence et d’organiser le déplacement sur 2/3 jours, c’est trop juste si je veux être avant la fin Octobre pour Xavier à la marina de Sebana Cove à 10M à l’Est de Singapour et y laisser le bateau en hivernage.

« Eh ! les cousins ! attendez-nous! on reviendra vous voir, c’est trop dur de rater un RDV comme ça !!! »

 

Mercredi 14 octobre

 

Entre les réparations, le bidonnage et le déluge orageux, la foudre est tombée sur un arbre à 200m du mouillage, nous avons encore bien occupé la journée du mardi, et le mercredi matin nous embouquons le chenal étroit d’à peine plus de 4m de profondeur à certains endroits qui va nous permettre de reprendre le large.

Il faut partir plein Ouest pour contourner la pointe SW de Kalimantan et remonter ensuite NW pour atteindre la sortie NE de Singapour Strait .....570M au total .

Excepté la sortie à la pointe SW de Kalimantan où nous avons touché du vent de NW à 15/20 nds pendant quelques heures, les autres jours se passent dans l’uniformité de la pétole, d’une mer douce comme un lac et d’une route droite comme un I !

D’énormes cargos nous croisent, venant ou allant à Singapour ...les aléas du commerce et du transport reprennent leurs droits, il vaut mieux être vigilant car bien peu se détournent pour nous laisser la route mais Xavier se fait un plaisir de les contacter sur la VHF pour leur demander ce qu’ils transportent ; 

Publié à 14:45, le 25/10/2009, Indonésie
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Kupang Singapour (suite)

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 suite de l'article Kupang Singapour

Et moi, telle une vieille jument qui sent l’écurie, j’ai hâte d’achever cette route interminable où Eole nous a déserté.

 

Samedi 17 Octobre

 

« Le cassoulet sous les Tropiques »

 

Entre les Tropiques il y a l’Equateur, ligne mythique, qui réunit 2 mondes plutôt qu’elle ne les sépare, Hémisphère Nord, Hémisphère Sud ;

 Ligne géographique inventée par les hommes, depuis Erathostène ( 276 avant notre ère) qui le 1er utilisa les repères orthonormés pour établir une carte , jusqu’à Ptolémée qui au 1er siècle de notre ère, va déterminer la latitude et donc les 1er  parallèles , définira ainsi les Tropiques et l’Equateur.

Le tour est joué et la Terre ceinte d’une ligne imaginaire n’a pas fini de tourner : « Eppure si muove ! »

Pour qui la franchit sur la mer, c’est un instant particulier de fête, spécialement pour les novices qui pour la 1ere fois la traverse.

Xavier est de ceux-là et ça valait bien un baptême à l’eau de mer et une bonne bouffe arrosée de vin français.

En découvrant le désert qui règne dans les coffres de nourriture, il apparaît que seule une boite de cassoulet pourra faire l’affaire ainsi qu’un Bordeaux de 2005 qui saura bien nous régaler.

9h du soir, 30° règnent  encore sous le taud, et vaillamment nous mâchouillons notre cassoulet, arrosé du Bordeaux  qui s’avère infâme. Il n’a pas supporté la frontière et nous voilà dans l’Hémisphère Nord qu’Apsara a quitté depuis maintenant 2ans ½ .

La fête n’est pas grandiose mais nous nous rattraperons à la marina de Nongsa qui va nous accueillir pour quelques jours afin de faire notre sortie définitive d’Indonésie ;

Pos :01° 11 810 N ; 104° 05 838 E

Elle est juste en face de Singapour à 10M de la marina de Sebana Cove qui elle est en Malaisie à l’est de la mégalopole.

C’est dans cette marina de Sebana Cove   qu’Apsara va gagner un repos bien mérité pour quelques mois.

Pos :01° 24 766 N ; 104° 09 777 E

Une fois rejoint la marina, nous allons le transformer en Belle au Bois Dormant, c'est-à-dire le mettre en hivernage et il m’attendra jusqu’au printemps prochain pour reprendre la route de Singapour à Phuket en Thaïlande.

Tel sera le parcours de l’an 2010, avec le franchissement du détroit de Malacca.

A bientôt pour de nouvelles aventures ...

Des remerciements tout particuliers à Xavier qui a eu l’audace de me rejoindre, de me supporter, stoïque dans la tempête, imperturbable dans le roulis, sous les ordres un peu rudes des manœuvres à exécuter dans la minute, des mouillages en catastrophe, et des réparations  qui font monter la pression.

Encore un qui m’a laissée croire que mon rêve était possible !

Et la poésie dans tout ça ..... des ondes pourpres au soleil couchant, une sphère flamboyante au petit matin à peine éclairée sur l’horizon, Apsara qui court  sur la vague toutes voiles dehors en ciseau ou dans le monde oublié du noir de la nuit, sans repères, tel un vaisseau fantôme, et juste l’eau qui bruisse sur la coque, une petite hirondelle qui se réfugie dans le carré, épuisée, puis que l’on tient dans le creux de la main, et le sentiment intense d’avoir fait quelque chose de ces 5270 M entre Noumea et Singapour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                     

 

 

 

                     

 

 

 

 

 

 « Mourir n’est pas une affaire           

                         Quand vivre est possible

                      Un ailleurs vaut mieux que mille ici ;

                      Misère pour misère

                      Ajoutons la peine du voyage

                     La douleur de la déchirure

                      Et la peur de se perdre ;

                      Le bonheur de croire au lendemain

                      Vaut bien le sacrifice de sa vie.

                      Comme l’oiseau

                      Comme le prophète

                      Ouvrons nos ailes, secouons nos sandales

                      Et marchons dans le vent

                      Brûlons la route

                      La Terre promise est quelque part dans le monde

 

 

                                          «  Harraga »  Boualem Sansal

 

 

                         

                                                           

 

                                                        Claire        Singapour   Oct/Nov 2009

 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 14:38, le 25/10/2009, Indonésie
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Cairns Australie - Kupang Indonésie

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                            Cairns    Australie     /Kupang     Indonésie

 

 

 

 

 

Jeudi 13 juillet  2009

 

 

Je savais les Australiens champion du monde de rugby , mais depuis une heure que nous appelons le Harbour Port Control dans le chenal d’accès à Cairns , je découvre qu’ils sont aussi champion dans l’art de se refiler la patate chaude !!! Belle reconversion !

1/2h plus tard nous obtenons un agent qui nous conseille d’attendre la venue dans le bureau de Mr Smith ( Dupont local ...) qui saura nous diriger . Appel réitéré ...Mr Smith nous renvoie sur Mister Laught ou Caught ( faut-il rire ou tousser ?) qui nous invite à prendre patience : « un agent va vous répondre....ne quittez pas ... » Faut-il appuyer sur la touche * ?

L’envie me prend de leur asséner un bon coup de combiné pour leur faire découvrir la couleur de la touche * ....quand, enfin une voie susurre de nous adresser directement à la marina Marlin .Dont acte ...il était temps car je suis devant l’entrée de la marina après 6M de chenal balisé !!!!

 

Une fois à quai, nous appelons la « Quarantine », service de santé, en ayant bien pris soin auparavant de planquer tout ce qui restait de délicieux de la traversée : fromage, charcuterie,œufs, beurre etc....

Visite donc de la « Quarantine »pour vérifier que nous n’introduisons pas dans leur continent des produits qui pourraient leur apporter la peste ou le cholera ....on a déjà de la peine à s’introduire ...alors, vous pensez bien ... !

Au passage, l’agent me taxe de quelques cotons-tiges en prétextant en avoir besoin... !!!!Décidément ces Aussies n’ont pas fini de m’étonner.

Puis viendront les « Customs » les douanes , si vous préférez, et nous voilà régularisés dans le pays des kangourous, auxquels je finis par trouver une certaine ressemblance avec les autochtones ...en particulier l’administration ...bonjour nos amis les bêtes !!

Ne désespérons pas, nous allons encore subir quelques séances de ce type ....contrôle, contrôle, contrôle ....la filtration des arrivées et des séjours est une technique bien au point chez les Australiens.

Avant toute chose, profiter des bienfaits de la civilisation : douche ... quel délice ! et restau ...le bonheur !!! Au moins une chose de bien ici, la bière et les steaks frites de dimension respectable !

J’avais concocté un petit séjour à Cairns, non pas parce que je suis une fervente des Australiens, vous l’aurez compris, mais parce qu’il nous faut nous rendre à Sydney pour établir nos visas pour l’Indonésie ; ça, c’est le 1er argument, mais nous avons aussi une furieuse envie de visiter cette ville dont l’Opera House, mondialement connu, est un des joyaux

 

 

17-21 juillet 

5 jours de folie à Sydney 

 

Lundi, dès la 1ere heure, nous devons nous rendre au consulat d’Indonésie.
Vu l’étendue de la ville et la complexité des transports, il nous faudra toute la sagacité de Xavier pour se retrouver devant la porte du consulat fermée pour cause d’Independance Day , ( cela nous poursuit !!) Et comme le petit prince a dit ... ; nous reviendrons mardi !!!

 

En attendant, direction les quais et le fameux opéra, merveille architecturale qui a mis pas moins de 10ans à s’achever mais dont le site et l’harmonie nous subjuguent littéralement.

Sa renommée n’est pas usurpée, et tout en déambulant sur l’esplanade et les jardins alentours, nous ne pouvons pas manquer de nous étonner sur le génie créateur de son architecte,        , danois de 38 ans qui a élaboré une forme dont les matheux mettront 6 ans à calculer sa réalisation .

Bien sûr, on se booke une soirée, plus de place pour « Aida » de Verdi , tant pis ce sera « Fidelio » de Beethoven , le seul opéra qu’il aura créé d’ailleurs .....grandiose !!!

 

La ville est un entrelacs de baies, rivières profondes, interrompues juste par quelques plages de sable clair, chaque anse est occupée par des voiliers au mouillage, cela étendu sur des centaines de km2, la mer dans la cité ; tout y est dévolu, des ferries sillonnent les bras de mer et rejoignent les presqu’îles une à une.

Dans le cœur de la ville, se mélangent de vieilles maisons américaines du début du XX eme siècle et des tours immenses glacées comme des miroirs se reflétant les unes aux autres.

Une tour, toutefois, a attiré notre attention, Sydney Tower, 330m d’élévation qui domine les quartiers chics et la baie principale : 360° de vue imprenable, et pour cause !!

L’opéra parait minuscule mais quel site !!!

Nous nous baladerons dans la presqu’île de Manly , les quais , le métro aérien (2 tours gratis , on a raté l’arrêt !!!) et dégusterons des glaces à n’en plus pouvoir ....

Seule ombre au tableau :le musée maritime  qui ne recèle pas grand-chose d’autre qu’une exposition sur l’évolution du maillot de bain, dont le but inavoué mais évident était de prouver qu’en 100 ans , la réduction de la superficie dudit maillot de bain s’est réduite de façon exponentielle ...intérêt médiocre !

Nos visas en poche et quelques kilomètres supplémentaires dans les chaussettes, nous rejoignons Cairns et les nécessités du départ : Woolworth ou le Carrefour local le dimanche pour faire l’avitaillement ...encore un grand moment !!!

Entre-temps un spi tout neuf est arrivé à l’office de la marina ; Apsara va enfin pouvoir revêtir ses couleurs de coque : bleu, vert, turquoise, casaque beige, toque fluo...le voilà reparti dans la course à l’ouest.

 

24 Aout

 

Nous reprenons la route, mais vers le nord cette fois en longeant la grande barrière de corail et en suivant les dizaines de feux qui bordent celle-ci le long de la côte.

Un travail de fourmi m’attend à rentrer dans le GPS  tous les Way Points qui balisent cette route tortueuse et il ne faut pas se rater car les chicanes sont étroites et les cargos gigantesques.

Leur route est directe, pourquoi s’embarrasser de circonvolutions, certains nous rasent pendant la nuit, pas le temps de s’embêter pendant les quarts !!!

Et pendant le jour, ce sont les « Customs », tiens ! encore eux ! ...qui nous contrôlent .

 Une frégate s’approche d’Apsara , nous sommes interpellés « ...papiers du véhicule s’il vous plait !! » ...   « Customs Identification Number ... »    identification du skipper , ah ! voilà qui les interpelle , une dame  propriétaire et skipper , revérification , identité du passager , d’où venez-vous , où allez-vous ??? .. est-ce que je le sais moi , c’est le grand mystère de la vie ...

Euh !non,  pas de philosophie, il vaut mieux obtempérer vu la carrure du douanier !!

Mais ça commence sérieusement à me gonfler ces contrôles, d’autant que la veille, nous avons été survolé par un avion de la « Rescue » traduisez « Sécurité civile » qui, nous l’apprendrons plus tard, fait également des missions de contrôle.

 

Pourtant la côte est si belle, et on se prendrait bien à flâner dans cet immense chenal qui remonte jusqu’au Cape York, dernière terre avant le détroit de Torres, sillon infime d’à peine 10m de profondeur qui relie le Pacifique à l’Indien

Nous allons rejoindre au terme de ce parcours une toute petite ville du nom de Thursday Island qui borde un des canaux de cette passe mythique.

La navigation a été somptueuse, 20/25 nds au grand largue, sur une mer douce comme une onde, Apsara qui file 8nds sous génois tangonné, l’impression d’avancer tel un OVNI au ras de l’eau.

Nous nous engageons dans Flinders Passage, entrée du chenal qui mène à Thursday Island ;

Le mouillage devant la ville est très inconfortable mais il faut refaire les pleins de gazole, en bidonnant, bien sur, il n’y a qu’un poste essence et en ville.

Voilà déjà de quoi nous charmer, sous la pluie, nous trimballons nos jerrycans puis filons nous mettre à l’abri en face sur l’autre berge plus abritée.

Une nuit complète vient rétablir l’état général de l’équipage et nous partons visiter cette cité à la recherche d’un restau, d’un cybercafé et peut-être même de quelques particularités à découvrir ...

Si ce n’était la présence massive d’aborigènes reclus dans ces territoires éloignés, nous nous croirions au Far West : une seule rue principale, quelques croisements dont la signalétique n’a pas fini de nous étonner vu le nombre de véhicule qui passent ici càd un toutes les morts d’évêque, un restau sans charme et dont le steak frite laissera un douloureux souvenir à nos estomacs, et surtout, surtout une très belle bâtisse coloniale dominant le chenal, vert pale et jaune, vous l’aurez deviné , ce sont les « Customs »

N’ayant pas trop d’infos sur la prochaine étape, Gove , je me dis que, peut-être, ces fonctionnaires sauront me renseigner.

Nous pénétrons le petit jardin qui entoure le bâtiment et là,  le spectacle qui nous est offert nous laisse pantois : une jeune fille, son bagde des Customs décorant un décolleté à la profondeur abyssale, est agenouillé devant un immense carton qu’elle peint consciencieusement à la bombe argentée.

Xavier, plus attiré par le décolleté que par le motif de notre visite lui demande la raison de cette peinture ... « For a bed race » répond-elle avec un sourire angélique.

Je savais les Australiens champions du rugby, du contrôle, de la patate chaude mais de là à les voir courir dans des lits en carton peint dans les rues de Thursday Island, j’ai un moment d’inquiétude sur mon état mental, j’hallucine, je vous jure que je n’ai pas abusé de la moquette !!!

Xavier, le regard toujours fixé sur le décolleté, continue ses investigations et nous finissons par savoir que c’est dans le but d’établir des relations conviviales avec la population locale qu’ils promeuvent des animations de ce type.

Ce sont les aborigènes qui doivent être contents de ce type d’amusements !!!

Elle appelle finalement un des ses collègues pour répondre à nos questions trop pertinentes sur l’établissement douanier de Gove. Sa spécialité à  elle, c’est les « bed race » pas les Customs !!!

Et là , 2eme hallucination , nous voyons arrivé un individu badgé , bien sur, au look de missionnaire du XIXeme siècle , barbu , le regard perdu , l’air perplexe, en short et tong,  ...... « voyons voir ....y a-t-il un établissement douanier à Gove ??? Mon Dieu ...oui ... euh ...mais vous devez au préalable satisfaire au remplissage du formulaire de la documentation de la « Quarantine » dont les règles sont particulières ici ...euh »

Je commence à me mordre les doigts de ma démarche, Xavier est aux anges et continue de discuter avec la jeune femme.

Le « missionnaire » appelle donc son collègue de la « Quarantine » qui, au bout d’ ½ heure arrive avec le document .... 3eme hallucination, ce monsieur responsable du service sanitaire porte un short d’où déborde une bedaine à l’effet « muffin » , un T.shirt à la forme avoisinant la serpillière et maculé de tâches de toute sorte ;

Remplissage du formulaire, signature, je file, alpaguant Xavier au passage, j’ai perdu mon temps avec des allumés et je n’ai rien appris !

Et nous chercherons en vain un lieu où trouver internet , le réseau téléphonique aussi est inexistant

Ici c’est vraiment le Far West !!

 

30 Aout

 

La route pour Gove se passe tranquillement en alternant alizés et pétole .

 

1er septembre

 

Il est 23h30 quand nous pénétrons dans la baie de Melville, les feux verts d’approche sont absents et la cité minière illuminée crée un décor d’apocalypse

Pos : 12° 12 904 S ; 136° 41 623 E

Je sens que ça va de nouveau pas me plaire !

Pour refaire les pleins, il faut bidonner, impossible d’accéder au quai de la jetée qui fait 10m de haut, qui est protégé par des pneus de la même taille et qui est orienté de telle façon que les voiliers n’en peuvent plus partir quand le vent souffle de l’Est ce qui est le cas 24h/24h en ce moment !!

La ville est à une dizaine de km, il faut prendre un taxi et à nouveau trimballer nos jerrycans et le chariot pour les courses ....nous partons à la recherche d’un cybercafé histoire de prendre des nouvelles : pas de wifi même pas au yacht-club où on accoste ...

Seule la bibliothèque possède 4 postes pour toute la ville et priorité est donnée aux scolaires dont c’est aussi le centre de documentation (normal !)

Progressivement je sens monter en moi comme un malaise, un sentiment de révolte qui augmente d’heure en heure devant le spectacle qui s’offre à nous dans les rues et les lieux publics de Gove ;

Tout comme à Thursday Island c’est ici le territoire des aborigènes, population d’origine aux rites et aux croyances séculaires.

Je vais témoigner maintenant de ce que j’ai vu et de ce que je pense au sujet de l’extinction d’une ethnie ; c’est un génocide qui ne dit pas son nom, discret, efficace, dont bien peu ont entendu parler.

Vous prenez quelques émigrants anglo-saxons, prisonniers ou  bagnards de préférence, vous y mettez à la tête un capitaine de l’armée anglaise et vous envahissez un continent grand comme l’Europe.

Vous avez tôt fait d’en exterminer la population locale d’environ 1 million, population complètement adaptée à son environnement et dont les rites et les croyances sont totalement liées à la terre qui les fait vivre depuis des millénaires et qui comme les Incas n’ont ni armes ni moyens de défense.

Deux siècle plus tard, quand il n’en reste qu’environ 40.000, vous vous excusez de ce massacre, et vous leur accordez un territoire qui deviendra leur propriété (sic !)

Ce territoire, vous le choisissez le plus éloigné possible et le plus stérile, suffisamment éloigné en tout cas des sites touristiques, le nord par exemple, ça ira bien pour « ces gens-là ».

Progressivement vous leur donnez des droits : celui de boire de la bière à volonté en ayant pris soin d’interdire l’alcool à la maison, vous leur offrez un pécule, c’est plus pratique pour payer la bière et vous les maintenez ainsi en état de dépendance dans un cadre de vie où ils n’ont plus aucuns repères.

L’éducation, pensez donc ...pour  ces gens-là...je n’ai pas vu un seul aborigène dans l’établissement scolaire, des soins...payants, bien sûr ! pour une ethnie qui avait la plus grande connaissance des plantes et de leurs vertus ....

On peut appeler ça comme on veut, extermination, génocide, disparition progressive, apartheid, mais je vous avoue que le malaise n’a fait que s’amplifier quand nous rentrions dans un bar ou au yacht-club à la vue de la déchéance de cette population stérilisée par un système où seuls ne comptent que rentabilité et bénéfices. La cité minière avoisinante est là pour en témoigner.

Quand nous interrogerons un « blanc local » après qu’il y ait eu une altercation entre aborigènes blindés à la bière « le gouvernement fait beaucoup pour eux » nous répondra-t-il et il aura tôt fait de se débiner devant nos questions trop pertinentes sur les aides apportées par le gouvernement.

Je n’ai rien vu de bien différent à Lhassa où les chinois ont mis à disposition des moines tibétains qui se sont engouffrés dans la spirale du désespoir : les  jeux,l’alcool et la  prostitution

 

4septembre

Les formalités douanières de sortie du territoire, la « clearance » faite, je me prépare à quitter  ce pays qui à l’exception de Sydney n’a rien eu pour me séduire.

3 contrôles aériens supplémentaires et je m’éloigne de ce continent sans regret où l’on peut par le biais de la feuille de chou locale qui vous fournit n° de tel et site internet , dénoncer les crimes de son voisin dans le plus strict anonymat

En route pour l’Indonésie au 13.674 îles et aux multiples visages.

800M jusqu’à Kupang sur l’île de Timor , mais il nous faut dans un premier temps contourner le cap Wessel

Pos : 10° 59 050 S ; 136° 45 720 E  ; et faire cap à l’ouest jusqu’au bout de la mer d’Arafura ( mais prenez donc une carte !!!)

 

5septembre

 

Une semaine environ, où le regard se perd sur cette ligne qui n’en finit jamais : l’horizon ;

Sans le repère du soleil et de la lune qui à peu d’intervalle vont se coucher puis se lever dans la plus parfaite ressemblance, 2 sphères orangées dans l’obscurité à peine perceptible, il se pourrait que l’on soit dans le cercle où tout recommence, 360° d’infiniment bleu qui s’offre à nous dans tous les dégradés.

Le monde à l’envers est identique à celui regardé par l’œil debout. Qui pourrait croire que parfois le ciel ressemble à s’y méprendre à l’océan qui le porte ?.

Dans ce tout petit espace qu’est le navire et l’infiniment grand de l’océan, il y a 2 êtres qui survivent, refond le monde, se côtoient, s’ignorent, se reconnaissent, et communiquent.

Ils vivent tout à la fois leur histoire personnelle et la partagent ...dans l’humour ...toujours, les grincements .. rarement !

Ils s’offrent des bonnes pintes de rire à ironiser sur le monde civilisé qu’ils n’ont quitté que pour un temps ... on n’échappe pas à son environnement.

C’est ainsi que  Xavier m’offre un morceau choisi du monde professionnel où il  a vécu :

 

 « Jean se détendit en regardant l’arc de Triomphe. Tout allait bien, il progressait vite. En case review on l’avait débriefé : « Tu as un bon upwards management, un bon business sense et je n’ai pas de development needs à notifier. Continue, tu seras bientôt manager. D’ailleurs sur la mission TCC, conformément au workplan, il faut qu’on staffe 5 juniors sur la task force pour affiner le brainstorming, tu t’occupes de les demander à Alain et de les encadrer ? »

Serein, il se mit au pack de FIL. Laurent lui avait bien spécifié : « termine l’issue diagram et fait la storyline (c’est-à-dire le markup). Demande à un junior de faire l’interview plan pour les key players et à un autre de calculer le total shareholder return, surtout en monthly, en daily ça foire ». Allez c’est parti.

Mais avant, checker la bande passante return on equity - croissance de Thibaut. ”Ca ne marche pas, il a dû oublier de discounter l’equity des liquidités en cas de dette nette très négative”.

Il écoute en parallèle sur bfm : « Suite au règlement de l’option de sur-allocation exercée le 1er avril par les banques chargées du placement etc.”. »

 

Le tout agrémenté de Scrabble , Uno, et autres furiosetés , voilà la vie à bord  

 

9 septembre

 

Pour l’heure, j’ai bien besoin d’un matheux pour me faire et refaire les calculs de gazole , ira-t-on jusqu’au bout ????

La pétole s’est installée depuis 3jours et même si parfois il nous arrive d’y croire à cause d’une embellie de quelques heures, on risque bien de devoir rejoindre la côte au plus vite pour refaire les pleins mais où ?? bonne question ....Maxsea est d’une imprécision dramatique sur la côte SO , le Lonely et la carte routière nous fournissent des indications assez vagues sur les villages de cette partie-là de l’ile ....C’est l’aventure !!!

 

Samedi 12 septembre

 

De calcul en calcul, d’économie en économie, de jeux subtil avec le vent, le cap et le courant ô combien favorable, nous finirons par arriver à Kupang sans approvisionnement intermédiaire et nous poserons l’ancre devant un bar .....bienvenu !!!

Là une rude tache nous attend : nous devons rencontrer Mr Napa Rahman détenteur de notre « original permit cruising » sésame sans lequel nous ne pouvons faire notre entrée dans le territoire.

Par ailleurs il a été fait état de taxes indues par les customs locaux sur les yachts, traduisez corruption .... !

Très vite nous sommes accostés par un jeune qui va se charger de jouer les intermédiaires, encore un, mais nous n’avons pas le choix car il parle anglais et peut prendre contact avec les différentes instances.

Aussitôt, la quarantaine est là, 50 US $ et une bouteille de vin et j’ai le document et d’un !!!

Mr Napa Rahman est introuvable, nous sommes samedi, vendredi est congé dans les pays musulmans et dimanche dans les pays chrétiens, une chance l’Indonésie est les 2 à la fois.

A l’heure où je vous parle, il y a peu de chance pour qu’une solution soit trouvée avant lundi ;

 

Allez, je vous tiens en haleine jusqu’au prochain chapitre qui sera celui de la dernière étape : Kupang  -Singapour ou plus exactement la marina de SebanaCove juste en face en Malaisie à quelques milles à l’est.

 

 

                                                           Kupang Indonésie

 

 

                                                                                                       Claire.

 

 

 

« Les aborigènes ne pouvaient pas croire que le pays existait avant qu’ils ne l’aient vu et chanté – exactement comme au Temps du Rêve, le pays n’avait pas existé tant que les ancêtres ne l’avaient pas chanté......

Avant que les Blancs ne viennent, personne en Australie n’était sans terre, puisque chacun recevait en héritage un tronçon du chant de l’ancêtre et un tronçon du pays où passait ce chant.

Les strophes que possédait un homme constituaient ses titres de propriété. Il pouvait les prêter à d’autres. Il pouvait en emprunter à d’autres en retour. Mais par contre, il lui était impossible de les vendre ou de s’en débarrasser ;

Lorsque, par exemple, les anciens du clan du Python décidaient qu’il était temps de chanter leur cycle de chants du début à la fin, des messages étaient envoyés, tout au long de la piste, pour convoquer les propriétaires des chants du grand conseil. L’un après l’autre, chaque propriétaire chantait son tronçon d’empreintes de pas de l’ancêtre..... »

 

 

                                                                                Bruce Chatwin « Le chants des pistes » 1967

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 14:31, le 20/09/2009, Mer d'Arafura
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