Apsara vogue la galère

Bretagne Aout 2014

                                                              Bretagne Arzal   Aout 2014

 

 

« Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ….. »

 

 

 

 

 

 

 

Tel pourrait être les paroles d’Apsara qui vient de boucler la boucle et de rejoindre l’un des plus beau paysage de mer de la planète, je veux parler de la Bretagne.

Quel plus bel endroit pour se poser pour un repos bien mérité !!!

 

 

 

Si l’amour est une chute, c’est bien aussi un point final à une épopée qui l’a mené tout autour de la terre, et  nous sommes tombés l’un et l’autre amoureux de ces rives où le ciel, la terre et la mer se rejoignent infiniment.

 

 

 

 

 

 Ainsi s’achève une belle histoire, mais c’est une histoire sans fin parce qu’il n’a pas fini de naviguer et d’autres découvertes l’attendent.

 

 

 

L’accueil des amis navigateurs bretons à St Quay,  Doelan comme à Arzal a été à la hauteur de la beauté des paysages …..une bonne raison pour y revenir !!!

C’est certainement le plus fort de cette épopée : les rencontres et l’amitié naissant sur ces océans.

Que tous ceux et celles qui m’ont accompagnée sur cette route en soient remercié.

 

“Happiness is being one of the gang “

 

 

                                                                         Claire et Apsara

 

                                                                    14/ 08/ 2014

 

                                                                                 

 

 

 



Publié à 07:39, le 15/08/2014, Bretagne
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Dernière étape St Martin Bretagne Mai Juillet 2014

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://w                                    St Martin  France Avril/Juillet 2014

 

 

   Vendredi 25 Avril  Les Antilles St Martin

 

 

 

Les activités déployées ces derniers jours nous ont mis la pression sur le départ.

Comme souvent, les problèmes se succèdent.

 Les panneaux solaires et/ou l’éolienne ont décidé de nous faire comprendre qu’ils en avaient assez de travailler, et ont choisi de se prendre des vacances

Il va me falloir trouver un électricien car je n’arrive pas à détecter la panne.

Entre temps les Verdier ont fait leurs valises et sont partis dans l’heure et sans explication.

Dont acte !! Les voies du seigneur, de l’électricité et des humains sont impénétrables !!!.....les miennes aussi d'ailleurs ,mais certainement pas pour les mêmes raisons ...je déteste me faire .........!!!!!!!

 

 Je retrouve le calme et la paix du soir et, généreusement, Jean-Pierre et Isabelle sur Sodric m’accueillent et après force apéros le moral retrouve son niveau d’origine pour attaquer les travaux.

 

C’est le régulateur des panneaux solaires qui a défailli …une chance encore que cela se produise dans des lieux où on peut trouver des compétences.

Puis mise en place de l’AIS, système très performant de détection et d’identification des navires qui croisent à proximité.

Et surtout je me transforme en sergent recruteur pour trouver un nouvel équipage à Apsara,

Sur le ponton des dinghies je croise Claire et Tim qui sont à la recherche d’un embarquement pour le Canada……ce n’est pas vraiment ma direction mais clairement je leur propose les Açores ….on sait jamais !!!!

Entre temps j’ai eu contact avec un jeune couple franco-espagnole qui semble très motivé pour le retour France.

Ils tardent à me répondre et comme Claire semble intéressée par les Açores, je préfère le un tient plutôt que 2 tu l’auras

Et finalement c’est à 4 que nous préparâmes les pleins et le départ.

Claire, Elena et Thomas, la moyenne d’âge s’est nettement abaissée, les rires fusent, et très vite le ton est donné : on n’est pas là pour se faire embêter, autant rigoler !!!

 

Mercredi 14 Mai

 Cette fois-ci c’est le départ pour de bon, cap plein Nord sur les Bermudes

La 1ere partie du parcours s’avère aisée, les alizés sont toujours installés et l’ESE nous pousse allègrement.

Hélas ! la 2eme partie est plus laborieuse, le vent est chaotique et pas vraiment installé…alors c’est moteur …nous comprendrons notre douleur lorsqu’il faudra refaire les pleins aux Bermudes.

 

Mercredi 21 Mai

 

St Georges

 

Les procédures d’entrée …et de sortie sont très rigoureuses : accostage au ponton des douanes et visite à l’officier de permanence….puis nous nous  rendons au mouillage dans la baie

On sent l’ambiance anglo-saxonne, et la petite ville bien  proprette manque curieusement de charme et d’authenticité.

St Georges : 32° 22 777 N ; 64° 40 333 W

Tout est cher, très cher : une entrepris d’accastillage à laquelle je fais appel pour débloquer ma fixation d’étai de trinquette me facture 360 $ les travaux qui n’ont pas du prendre plus d’une heure ….du vol organisé !!!

Hormis une belle balade sur la cote nord en suivant le railway trail, je n’aurai pas céder aux charmes de cette ile très complexe.

Mais ..pas le choix !! comme d’hab ; les réparations ne manquent pas: fuite de gazole sur la jauge, fuite d’eau sur un réservoir, plus de sondeur ni de feux de mat

…et il nous faut refaire les pleins de gazole qui vont nous vider la caisse de bord : 1,8 $ le litre de Go !!!!

 Une fenêtre pour le grand départ semble se manifester mercredi prochain 28 Mai

Tout le monde s’agite sur les quais, pas moins de 8 voiliers sont en instance de décollage.

 Et une fois les formalités de sortie faite c’est le rush sur les Açores.

 

 

Mercredi 28 mai

 

1670 M  pour rejoindre l’Europe et ces iles si bien placées au milieu de l’Atlantique  pour le repos des navigateurs.

Une 1ere semaine de rêve avec du vent, du beau temps, une mer un peu formée, et déjà 1000M de parcouru

La vie à bord s’organise, Elena et Thomas, les tourtereaux font l’apprentissage du quotidien du marin et de la vie nocturne avec les quarts.

Claire, une fois amarinée me met de rudes pâtées au scrabble, et finalement c’est toujours la bouffe qui occupe l’essentiel de l’activité…. !!!

 

Le célèbre anticyclone des Açores, comme une vieille chatte devant l’âtre, tourne en rond et hésite à se positionner, malgré tout il nous faut le traverser pour retrouver des vents favorables c’est à  dire portant : un OSO qui nous mènerait directement sur Flores la plus septentrionale et occidentale des iles.

 

Mercredi 4 Juin

 

Le vent est toujours en pause-café et on route au moteur : il n’y a rien hormis la tempête qui soit plus désespérant que ces journées interminables où le bruit de fond n’est rien d’autre que celui de la mécanique.

Comme il fait beau et que la mer est calme c’est bronzing et tentative de pêche, les thons ou autres dorades suicidaires ne sont pas légion, il va falloir se contenter de l’ordinaire.

Heureusement les 3 jeunes se démènent en cuisine et le moral est toujours au beau fixe.

 

 

Jeudi 5 Juin

 

L’apparition d’une baleine, rorqual commun, pendant le quart d’Elena met le navire en émoi,

Les dauphins viennent jouer devant l’étrave, et paraissent nous observer en se mettant sur le flanc, puis à nouveau dans la journée un banc de cachalots, 3 ou 4 énormes dos qui apparaissent à la surface, puis semblent se confondre avec la mer et se couler entre deux vagues.

 

Lundi 9 Juin

 

Apsara sent l’écurie, il file 7 nœuds en se dandinant car   les conditions deviennent musclées mais c’est toujours du portant cad vent arrière.

Une habitude, maintenant, on ne va pas échapper à l’arrivée de nuit ;

Le phare de Porto das Lajes  à Flores est déjà visible depuis 23h : 3 éclats toutes les 28 sec.

Et peu à peu le phare rouge ( 2 éclats toute les 10 sec) d’entrée du port se perçoit malgré la houle très marquée sur le sud de l’ile.

Contraste apaisant une fois franchi la jetée, c’est la calme et vers 1h 30 nous posons la pioche près de Libertalia qui est parti des Bermudes quelques heures après nous.

39° 22 802 N ; 31° 10 043 W

12 jours et demi, une ambiance à l’image de la route, superbe….la 2eme étape du retour France a été parfaite…..

«  Des terres plus basses se montrent à mesure que le soleil boit la brume matinale et les iles apparaissent les unes après les autres.

Ceux qui ont vu les Açores du pont d’un bateau sont seuls à pouvoir comprendre la beauté de cette image surgie en plein océan »

Joshua Slocum « Navigateur en solitaire »

Il fut en 1894 le 1er navigateur à réaliser un tour du monde à la voile  et en solitaire ;

 

 

Mardi 11 Juin

 

Flores  Porto das Lajes :39° 22 802 N ; 31° 10 043 W

 

 

Une marina minuscule, quelques vieilles maisons de pierre,  des fleurs à chaque virage et une église très ancienne à l’image de cette ile,  authentique, sauvage et chaleureuse, tel est le décor que l’on découvre en arrivant à terre.

Météorologiquement, ce ne sont pas les grosses chaleurs, et le vendredi 13 va nous noyer sous déluge ininterrompu : le french team resserré va en profiter pour une dégustation des  produits  du terroir français : foie gras, chardonnet, saucisson, quelques vieilles ressources de la gastronomie française  ont survécu à l’assaut des longues traversées.

La veille déjà, l’ensemble des navigateurs (trices) français présent dans la marina avait fêté l’arrivée et pas moins de 22 convives s’étaient réunis au restaurant local qui  avait rarement vu une telle invasion.

 

 

Dimanche 15 Juin

 

Elena et Thomas doivent songer à leur retour pour cause de labeur estival, ils ne peuvent poursuivre avec nous et s’assurent  un vol pour le 16.

Il nous faut donc  rejoindre Faial et sa capitale Horta au plus vite

 

Lundi 16 Juin

 

Horta, 38° 31 772 N ; 28° 37 399 W

 

 la Mecque des navigateurs, tous ceux qui finissent soit un tour du monde soit de l’Atlantique s’arrêtent là et forcément la marina est surchargée : pas moins de 4 voiliers à couple sur les pontons.

 

 

La tradition depuis fort longtemps est que chaque navire réalise une peinture sur les murs ou les quais pour témoigner de son passage.

Certaines sont de vraies chef d’œuvres,  cela vaut largement les tags de nos banlieues.

Mais à l’ambiance très « yachties » du célèbre Café des Sports, je préfère le calme du mouillage, où je retrouve Tiki, Antinea, Aventura, et Tahaa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 19 Juin

 

L’appel du large a résonné le 18 Juin et nous rejoignons Claire et moi la petite marina de Velas sur Sao Jorge .

 

 

38° 40 827 N ; 28° 12 175 W

Un petit bijou niché au pied d’une falaise où le soir les oiseaux se déchainent avec leur cri si caractéristique, un accueil plus que chaleureux, si ce n’était le temps qui s’est remis à la pluie la magie serait parfaite.

 

 

 

 D’autant que pendant la traversée le spectacle de cachalots nous a été offert.

Nous profitons malgré tout de visiter l’ile…dans le brouillard, renonçant aux balades à pied.

Au vu des pâturages, on comprend que la spécialité de l’ile soit le fromage,

On retrouve les murets de pierre qui divisent les parcelles harmonieusement, et les maisons basses qui se noient dans le paysage.

Et nous ne manquons pas le soir d’aller célébrer au bistrot local les 2 victoires de l’équipe de France de foot au Mundial  avec Claire et Thibaud de Mister Fizz que j’avais rencontré au Cap Vert l’automne dernier.

 

Dimanche 22 Juin

 

Nouvelle ile, nouvelle marina, en vue de préparer le grand retour sur la France.

Praia de Vittoria sur Terceira : 38°43 721 N ; 27° 03 312 W

…où Mister Fizz nous a rejoint et la tradition est maintenant bien établie, nous louons une voiture pour faire le tour de l’ile qui à l’évidence est plus touristique, notamment sa capitale Angra de Heroismo, cité bien sage malgré les préparatifs de fête.

et à nouveau il nous faut nous rendre à l’évidence, dès que nous prenons de l’altitude la pluie nous rejoint et la visibilité nous prive du spectacle de la cote.

 

 

 

Le grand départ semble se dessiner Jeudi,

Il me faut donc effectuer la vidange moteur et le changement des filtres avant d’attaquer les 1200M qui nous séparent de la terre France  car  au vu des cartes météo il n’est pas impossible que nous ayons à router au moteur.

Les feux de mat sont réparés, il ne nous reste plus qu’à compléter les pleins de gazole et de nourritures mais à 2 point n’est besoin de  faire déborder les coffres.

 

Jeudi 26 Juin

 

Route au 54°, droit sur la Bretagne, le 1er jour est réjouissant avec du portant et du soleil

Mais la suite va être plus rude, au près avec une mer formée, ça gite, ça tape, une aventure douloureuse pour aller aux chiottes, bref des jours comme on n’aime pas avec un ciel si bas…..

 

Dimanche 29 Juin

 

Un épisode pétole avec moteur puis  la danse a repris avec cette fois du portant et surtout un froid à congeler des esquimaux ….

Certes, voilà quelques temps que nous sommes tropicalisés et peu aptes à faire face aux rigueurs de l’Atlantique Nord.

Et le programme lessiveuse va commencer avec de la houle dans tous les sens. .

La mer se creuse, on n’arrive même plus à se laver, tout juste si on tient debout pour une élémentaire cuisine…la minute soupe est le seul moyen de survie !!!

…Et ça va durer 3 jours, 3 nuits, autant dire que la pétole qui va suivre et qui nous fera router au moteur sera la bienvenue pour une fois.

 

Samedi 5 Juillet

 

Encore une journée mouvementée avant de rejoindre Loctudy en Bretagne sud

47° 50 296 N ; 04° 10 520 W

 

 

Un crachin typiquement breton nous accueille et les mouettes qui se paient notre tête en ricanant dans le vent  sont bien là aussi …Quelle insolence !!! moi qui affiche plus de 10.000M au compteur depuis un peu plus d’un an !!!

Ce grand tour de l’Atlantique aura été un vrai bonheur avec ses aléas et ses déceptions ;

Car j’ai aussi rencontré ou  navigué avec des personnes formidables…de ceux et  celles qui vous rassurent sur l’humanité, des personnes avec lesquelles un simple sourire suffit à se  comprendre,

Merci à tous ceux-là de m’avoir laissé croire que mon rêve était encore possible : François, Eric, Jonathan, Yvan, Fabrice, Nicolas, Cedric et Rosalie, Mumu, Claire et Thibaut, François et Sophie, Jean-Pierre et Isabelle, Irène et Philippe, Bernard et Annick, Louis et Chantal             , Edwig et Pit, Jean-François, et aussi les Djerpi, Elena et Thomas et plus particulièrement Claire ( la jeune ) qui a conservé son sourire même dans les pires moments .

 

 

                                        Claire Brondex                               Loctudy le 5 Juillet 2014

 

 

 

 

« Toutes les dames de ces établissements fort savants souhaitent savoir comment l’on peut faire le tour du monde à la voile tout seul : cela me semble augurer fort bien pour un avenir peuplé de navigatrices au lieu de navigateurs.

Et l’on en viendra à cela si nous autres hommes continuons à dire que c’est impossible »

Joshua Slocum : «  Navigateur en solitaire »

 

Il n’aura juste fallu qu’un peu moins d’un siècle pour que ça se réalise !!!!

entre autres :

H.Socrates, grand-mère de 70 ans  a réalisé l’an dernier, au bout de 3 essais, un tour du monde en solitaire et par les 3 caps !!!!

 

 

 

 



Publié à 11:45, le 9/07/2014, Océan Atlantique
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Grenada St Martin Fevr/Mai 2014

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

 

 

                                          Grenada    St Martin  Février/ Avril 2014

 

 

 

 

            « Ceux qui ne savent pas qu’un voilier  est un être vivant ne comprendront jamais rien ni aux bateau ni à la mer »  

                                             Bernard Moitessier   «  La longue route »

 

 

Après s’être confortablement installés à Prickly Bay et les retrouvailles de Christian et Bernard, nous sommes en attente  de la sortie d’Apsara pour le lifting…..et en attente de la pièce du frigo qui est scotché par les douanes en France……merci Chronopost !!!!!

Je décide au vu des tarifs pratiqués par le chantier et disposant d’une aimable main d’œuvre, de faire le boulot nous-mêmes.

Bleu des mers du sud, telle sera la couleur d’Apsara après un sérieux badigeonnage qui masque tout juste le noir sous-jacent

On s’en fout ! c’est sous la ligne de flottaison, et le voilà reparti  avec une glisse somptueuse ;

Et toute la bande Nérée, Dionysos, Apsara s’offre une virée au « fish Friday »  dans le petit village de Gouyave avec dégustation de langoustes et poissons en tout genre.

 

Samedi Dimanche 01/02/03 Mars

 

Auparavant nous avions joui d’un we reposant à Egmont port

12° 00 740 N ; 61° 43 443 W

……avec Bernard et Annick qui avaient bien besoin de se détendre après leur talonnage,

 

Mercredi  5 Mars

 

 

Pour nous permettre de rendre visite à l’ile nous profitons du ponton du Yacht Club à St Georges pas très loin de l’anse du Carénage qui est le  cœur de la ville

12° 02 772 N ; 61° 44 885 W

Cette anse a un charme prenant, avec ses rangées de bateaux de pêche  colorés et le petit pêcheur local qui souffle dans son coquillage pour alerter le client de sa pêche miraculeuse ;

 

 

Les bus locaux, astucieux, se remplissent au fur et à mesure de l’afflux, l’adjoint du conducteur chargé de collecter la monnaie racole à tous les coins de rue et stoppe là où vous le désirer. C’est chaleureux, sympa et un peu bruyant, avec musique et vitesse à fond….et nous traversons l’ile  pour une visite à Grenville sur la cote atlantique.

 

 

 

Survivants, au retour on s’octroie une grande mousse, trop heureux de pouvoir retrouver le calme de la marina.

 

 

 

 

 

 

Mardi 11 Mars

 

Changement d’ile mais toujours dans l’état de Grenada : Carriacou

Tyrrell Bay

12°27 358 N ; 61° 29 405 W

Vaste baie bien protégée où les pêcheurs de langouste se précipitent pour vous offrir aux meilleurs prix des bêtes longues comme l’avant-bras. Inutile de préciser que nous ne résistons pas…et le BBQ est en route sitôt les bestioles récupérées.

 

 

 

Mercredi 12 Mars

 

La carte postale, avec quelques cocotiers, la plage de sable blanc et la mer turquoise telle pourrait être décrite Sandy Island

12° 29 035 N ; 61° 28 937 W

 

Jeudi 13 Mars

 

Il nous faut, hélas, quitter ce paradis ….pour en retrouver un autre !!

Formalités à Hillsborough  (  Grenadines de Grenada ) pour la clearance out et arrivée sur Union  qui dépend des Grenadines mais de St Vincent .

Toutes ces iles sont indépendantes pratiquent une monnaie unique ( le EC : eastern caribbean) mais font partie du Common Wealth et à ce titre, le langage pratiqué est l’anglais.

Ashton Bay : 12° 34 945 N ; 61° 26 299 W

A nouveau des eaux turquoises mais pas de cocotiers, la baie a été partiellement  défigurée par une tentative de marina.

 Tout au fond de la baie se blottit un petit village où l’on mesure très vite  la différence de richesse avec l’ile très touristique de Grenada.

 

Vendredi 14 Mars

 

La superstition en bateau est de ne jamais partir un vendredi….eh ! bien ! nous avons bien fait de désobéir

Mayreau Salt Whistle Bay

12° 38 849 N ; 61° 23 474 W

 

 

 

 

Nous avions cru être au paradis….ce n’était qu’un début….d’autant qu’ici les bouées mises en place protègent les fonds …

Et là !je voudrais lancer un appel international et universel : CESSER DE POSER VOTRE PIOCHE LORSQU IL Y A DES BOUEES ……

Ce n’est pas ce que ça vous coute ( 15€ pour une nuit !!!) ….vous pouvez ainsi préserver les fonds et je vous affirme que les fonds revivent dès qu’ils sont exempts de toutes agressions…..

Imaginez vous,  posés tranquillement sur un fond de sable, d’herbe ( posidonie) et de coraux en train de brouter et vous recevez sur le coin de la figure une espèce de crochet épouvantable pesant au minimum 30Kg ….vous aimeriez ? tel est le sort des tortues lorsque vous mouillez….. !!!

 

« Mouillages

Carnages et ravages des algues et coquillages,

Louez la bouée qui laisse ainsi serein les fonds sous-marins » V.Verdier

 

Samedi 15 Mars

 

Tobago Cays

 

12° 37 904 N ; 61° 21 367 W

……dont la réputation n’est pas usurpée,….. une frange blanche borde l’eau bleu pale adoucie par les fonds de sable clair, au loin la mer semble sombrer dans le turquoise, une colline domine cette étendue, juste habitée par de gros lézards paresseux.

Et par instant une tortue vient vous observer indifférente au tumulte alentour.

 

 

Dimanche 16 Mars

 

Une autre ile, Canouan, poursuit ce long chapelet des Antilles, formation géologique et volcanique étonnante.

Charlestown Bay

12° 42 449 N ; 61° 19 641 W

Où un américain un peu fêlé à racheter un site hôtelier pour 100 M $ pour le réaménager et qui attend encore à ce jour le 1er client

C’est dans un bar désert que nous nous offrirons une petite mousse, pas trop déranger par les voisins !!!!

 

Mardi 18 Mars

 

Les rencontres se poursuivent car nous avons rdv dans Admiralty Bay à Béquia

13° 00 316 N ; 61° 14 505 N

avec   Nathalie que vous connaissez déjà puisqu’elle fut mon équipière en Malaisie puis entre l’ Egypte et Chypre  puis entre la Tunisie et la Crète .

Partie de Martinique sur un cata avec des copains, nous devions nous croiser et c’est dans cette baie qu’ont lieu les retrouvailles

Inutile de préciser que le rhum coule à flot catalysant une démonstration de tango de la part de Michel et quelques chants quelque peu paillards …..

Rdv est pris pour le samedi en huit au Marin à la Martinique, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin sur la route du rhum.

 

 

 

 

Samedi 22 Mars

 

Cumberland Bay  sur St Vincent

13° 16 022 N ; 61° 15 651 W

Le comité d’accueil est là pour vous recevoir dans cette anse à la rotondité parfaite ;

Car il faut mouiller à la bahamienne cad mouiller cul à terre et porter un bout sur le cocotier de la plage, les locaux s’en chargent pour un tip modeste et vous promettent aussi de vous régaler dans leurs restaurants respectifs.

Nous choisissons de nous offrir un diner chez Maurice dont je vous recommande la cuisine.

 Ce sera diner aux chandelles, thon frais grillé  assorti d’un excellent Fitou ….encore un grand moment !!!!

 

Dimanche 23 Mars

 

La navigation entre les iles devient de plus en plus agréable car l’arc antillais s’incurve vers l’Ouest et les alizés bien établis s’orientent de plus en plus vers l’Est, nous naviguons donc travers ce qui est nettement plus  confortable que le près.

Et c’est ainsi que nous rejoignons Ste Lucie et les fameux 2 Pitons  qui dominent la baie de Soufrière

 

 

13° 50 993 N ; 61° 03 762 W

Là encore il y a des bouées et là encore les fonds sont préservés et le spectacle est réjouissant car c’est vivant : poissons, coraux, oursins, on oserait à peine bouger tant on se sent intrus dans cet équilibre ;

Une petite visite à Vieux Fort dans le sud avec le bus local : une chance nous n’avons pas réussi à décoller tant la vitesse du véhicule était propice à ce genre d’exercices mais le silence dans le bus était si pesant au vu des risques que cela a mis un frein à l’envol……OUFFFF !

 

Mardi 25 Mars

 

Un stop sans intérêt mais nécessaire pour faire le plein, le gazole est en dessous de l’€

Rodney Bay

14° 04 807 N ; 60° 57 376 W

 

Mercredi 26 Mars

 

 

 

 

Cul de sac du Marin   La Martinique

14° 27 883 N ; 60° 52 282 W

 

L’événement est de taille, j’ai rejoins les premiers pas d’Apsara, il y a 8 ans sur cette même place, je baptisais mon fidèle destrier :

« En cet instant solennel, nourri de joie et d’amitié, je te baptise, APSARA, et puisque ton symbole est la rondeur, puisses-tu nous mener tout autour de la terre »

Merci, grand merci à ce voilier qui sur cette longue route, pas un seul instant ne m’a trahie et m’a menée sans ambages pour achever cette boucle.

Nous fêtons bien sur dignement l’événement avec un délice concocté par Véronique arrosé d’un Volnay 2004 ( merci Jean-Claude) précieusement conservé pour l’occase.

 

 

 

Auparavant Christian nous avait fait l’honneur ( anniversaire oblige) de nous inviter toutes 2 au restaurant . Le tour s’achevait dans la gastronomie.

Nous retrouvons bien sur Irène et Philippe, puis John que j’avais  rencontré  à Madère, puis Stéphane et Aurélie ( Dreyer Family ) aux jardins de Balata.

La pièce du frigo étant toujours coincée à Grenada, je finis par en trouver une dans la caverne d’ Ali Baba alias Tilikum et puisque ça marche c’est nettement plus pratique pour mettre le punch au frais.

Et indispensable pour retrouver Jangada, Nathalie et sa fine équipe.

 

Il est temps de mettre les bouts, la cirrhose menace… !

 

Mercredi 2 Avril

 

Grand départ, petite étape jusqu’à la Grande Anse d’Arlet

Et passage devant le fameux Diamant

 

14° 30 300 N ; 61° 05 277 W

Où nous retrouvons……Irène et Philippe !!

 

Jeudi 3 Avril

 

Saint Pierre

14°44 522 N ; 61° 10 660 W

 

Le 8 Mai 1902  une énorme explosion venue du cratère de la Montagne Pelée détruisait la totalité de cette ville qui à l’époque était le centre économique de l’ile.

Il ne reste aujourd’hui que  quelques pans de murs noircis et des dizaines d’épaves au fond de la baie, ainsi qu’un musée témoignant de cette catastrophe

Curieusement une 1ere alerte avait eu lieu le 5 Mai engloutissant une fabrique au nord de la ville. On ignorait tout en ce temps de la vulcanologie et particulièrement de ce type d’éruption ….et toute la population, confiante, pensait avoir échappé au pire.

Pas d’évacuation, 20.000 morts et une ville à jamais rayée de la carte.

 

La Montagne Pelée se montre de temps à autre noyée dans la masse nuageuse qui déborde sur la cote sous le vent ; 1400 M nous dominent.

 

Vendredi 4 avril Avril

 

Entre La Martinique, Les Saintes, Marie Galante et la Guadeloupe se trouve une ile bien isolée au milieu de ces territoires français : La Dominique

Nous n’y ferons qu’un passage éclair, ne goutant pas particulièrement la multiplication des procédures douanières, on pose la pioche au sud de  Prince Rupert Bay dans le calme le plus absolu.

15° 33 412 N ; 61° 27 777 W

Mais auparavant Dame Nature nous aura offert une sélection de spectacles inouïs : en premier lieu une baleine qui passe tranquillement sur notre babord, puis un paille en queue, et pour clore cet émerveillement le rayon vert.

 

Samedi 5 Avril

 

Les Saintes

 

Anse du pain de sucre

15° 51 699 N ; 61° 36 089 W

 

Certes une des plus célèbres baies au monde, les fonds sont magnifiques et je retrouve le gout des PMT. (traduisez palmes masque tuba )

 

 

Dimanche 6 Avril

 

Les Saintes toujours ; on ne s’en lasse pas

Anse du Bourg

15° 52 297 N ; 61° 35 191 W

Cette petite commune qui pourrait s’apparenter au St Tropez des Antilles a su intelligemment préservé son charme de petit bourg et accueillir les plaisanciers en mettant à disposition des bouées pour la modique somme de 11€ / j

Une gestion remarquable de l’environnement, des sourires,  font que nulle part ailleurs nous n’avons retrouvé une telle atmosphère.

 

Lundi 7 Avril

 

Malendure

16° 10 366 N ; 61° 46 831 W

 

Une traversée somptueuse sur la Guadeloupe, et nous rejoignons la cote Ouest, peu tentés d’aller trainer nos guêtres dans le petit cul de sac du Marin et nous fourvoyer dans la grande ville de Pointe à Pitre.

Curieusement toutes les baies sous le vent d’alizé sont alimentées par du NW  et sont donc sujettes à une houle féroce qui nous incite guère à y séjourner

Nous finissons par poser l’ancre sous le rocher de Malendure, devant l’Anse Pigeon ou réserve Cousteau, qui semble un spot très prisé des plongeurs.

Pour l’heure, vu l’état de la mer le site est déserté.

 

Mardi 8 Avril

 

Anse Deshaies

16° 18 394 N ; 61° 47 842 W

 

 

 

La baie parfaite accueillant tous ceux en partance vers le Nord et Antigua.

Il y a foule, il n’y a pas de bouées contrairement à ce que raconte le guide ( Patuelli)

Je finis par trouver un emplacement pas trop loin du ponton des annexes, la chance est de notre coté : Christian et Véronique dégote un plan pour louer une voiture

 

Mais tout d’abord il nous faut nous rendre  à l’ex jardin de Coluche ( qui venait déguster son ti’punch au sommet du baobab devant le coucher de soleil) , qui n’a rien à envier aux jardins de Balata :

 

des cascades et des flamands roses, des forêts de bambous qui grincent et s’entrechoquent en gémissant sous le vent, de petits perroquets qui s’aiment tendrement.

Le lendemain nous courons visiter la forêt du parc national : le parcours est un peu monotone, enfermés que nous sommes  sous la frondaison, mais le plaisir sera sous la douche des eaux sulfureuses de Sofaia….histoire de nous enchanter l’odorat jusqu’à la baignade du retour !!!

 

 

 

Petit Bourg et la cote Est de Basse Terre, le marché de Sainte Rose achèvera de nous régaler avant de rejoindre Antigua

 

 

 

 

 

Samedi 12 Avril

 

English Harbour 17° 00 273 N ; 61° 45 610 W

 

Antigua et sa célèbre régate de vieux gréements est un lieu prisé des Yachties ….riches !!

Il faut être propre sur soi, bermuda beige et TShirt bleu sont de mise, les équipages déjà arrivés se promènent dans Nelson’s Dockyard, on sent la « english touch »

Il faut dire que le site s’y prête à merveille

Dans cette anse parfaitement protégée et quasi invisible depuis la mer, Nelson avait installé tous les bâtiments nécessaires à l’entretien de la flotte britannique pour défendre le trafic avec l’Europe et les nouveaux USA, pirater tous les navires qui passaient à proximité sur la route du rhum ( dont principalement les français !!!), un site unique qui fut progressivement abandonné et dont un ancien de la Royal Navy a initié la restauration jusqu’à  ce jour où l’ensemble a été repris par le Nelson’s Dockyard National Park .

 

 

 

Tout a été repris à l’identique, bâtiments en briques et toits en tavaillons, c’est magnifique et nous retrouvons le plaisir de la petite mousse.

La chance ne nous quitte guère, c’est dimanche et concert de steel band sur les hauteurs de la baie…..pour s’achever avec une excellente pizza chez l’italien qui a bien fait de se perdre ici .

Et nous retrouvons nos amis suisses Edwig et Pierre de St Helena, promesse est faite de se retrouver en Septembre autour d’une fondue arrosée de fendant.

 

 

Mardi 15 Avril

 

Non Such Bay

17° 04 517 N ; 61° 40 423 W

Un immense lagon fermé par 2 passes assez étroites et aux chicanes serrées, pour se retrouver à l’Ouest de Green Island qui borde le lagon sur l’Est

Apsara alors appelé Nanok y vint en 2002 et une photo de couverture de la revue Ocean Voyager en témoigne :

il est mouillé devant la petite baie où je me trouve aujourd’hui……sur bouées

En 2006 aussi nous fîmes un stop ici dans cette même anse…

Et c’est le même émerveillement   face aux couleurs, à la paix qui règne ici,

On s’octroie une journée de farniente, kayak, PalmeMasqueTuba, cernée par tous les dégradés de bleu.

 

 

Jeudi 17 Avril

 

Barbuda est une ile d’une platitude consternante et nous ne la devinons qu’à peine 3 M avant l’arrivée sur Spanish Well point

17° 33 260 N ; 61° 46 210 W

Une immense plage, quelques cocotiers, un hôtel et rien d’autre à l’horizon, on finit par poser la pioche dans 5m d’eau après une approche interminable.

Et nous décidons au vu de l’intérêt de l’ile de rejoindre dès le lendemain matin St Barthélémy ( prononcez St Barth !) célèbre arrivée de courses transatlantiques .

 

Vendredi 18 Avril

 

Lever plus que matinal puisque nocturne car près de 70 M nous séparent d’à nouveau le territoire français.

Le cap est au 283° autant dire que nous frisons le vent arrière avec des alizés qui ont un peu forci, Apsara file sous GV et génois arrisés , un  vrai régal et au milieu de l’après-midi, après avoir échappé au rush des régatiers  ( c’est la semaine des voiles de St Barth , il y a du beau monde !!!) nous nous posons sur bouées dans l’anse du Grand Colombier au nord de l’ile

17° 368 N ; 62° 52 257 W

 

Samedi 19 Avril

 

Il n’y a pas de cloches, ni d’œufs en chocolat à Gustavia la capitale mais des boutiques chics et des joailliers.

  Une visite s’impose dans cette jolie bourgade au passé très riche.

Découverte par C.Colomb lors de son 2eme voyage et habités par des amérindiens, l’ile fut d’abord colonisées par les Français,

 Attaquées par les Anglais, cédées aux Suédois ( d’où le nom de la capitale ) puis à nouveau récupérée par les Français, au XIXeme siècle des colons normands et bretons s’installent sur l’ile qui la bonifieront jusqu’à l’avènement du tourisme dont c’est la principale ressource actuellement.

 

 

L’ile est bien préservée  par un parc marin et a un statut de département français.

On va profiter de cet environnement avec de belles balades en attendant de rejoindre St Martin où les préparatifs pour la grande traversée de retour vont nous occuper quelques temps

( en profitant de la détaxe: la carte bleue va chauffer !!)

 

Mardi 22 Avril

 

A peine 25 M nous séparent de la baie Marigot, l’alizé nous pousse mollement et nous posons la pioche dans cette immense baie déjà bien remplie par de potentiels candidats au grand départ.

Et nous y retrouvons Agapes  avec Rosalie et Cédric rencontrés à Madère  et Sodric avec leur belle « Allures » Jean-Pierre et Isabelle rencontrés eux à Mindelo .

Les apero reprennent de plus belle et les papotages vont bon train pour connaître les différents itinéraires.

 

Les préparatifs aussi avec les pleins, les petits travaux sur le bateau et les balades.

La route de l’arc antillais est achevée, nous attendent maintenant les grandes traversées

1ere étape les Bermudes à 800M au Nord puis les Açores et retour France

A bientôt pour de nouvelles aventures !!!!!!

 

 

 

 

 

                                                             Claire Brondex   Apsara et son équipage 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 16:27, le 24/04/2014, Mer des Caraïbes
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Guyane française Grenada ( Caraibes) Janv /Mars 2014

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             Blog Kourou Grenada   Janvier /Mars 2014

 

 

     Mercredi 29 Janvier

 

   Comme à chaque grande étape, il pleut des hallebardes, le ciel semble se vidanger la vessie sur nos têtes, à croire qu’il s’est gorgé de bière-pression depuis des lustres.

Avec Fabrice nous nous réjouissions de visiter Cayenne et son  centre ville plein de charme, mais le  seul refuge devant une telle malédiction ce sont les bistrots auxquels nous rendons visite à tour de rôle jusqu’à celui de l’aéroport en attendant l’heure du départ …..et de l’arrivée de la prochaine équipe : Christian et Véronique Verdier

Timing parfait : à peine ai-je fait la bise à Fabrice que Christian et Véronique sortent du hall d’arrivée.

Il pleut toujours et le retour à Kourou sous un déluge en pleine nuit jusqu’au bateau n’est pas une mince affaire.

Les Verdier s’installent et après une nuit réparatrice ils découvrent le monde liquide mais cette fois-ci-dessous.

Kourou, le bar des sports et sa mousse, seul lieu d’accès à la wifi, l’apéro chez Nicole et Louis sur Esclarmonde, Sinnamary et la Maison de la Nature, parfait intermède pour prendre ses marques après un départ à la retraite récent.

 

 

 

 

Les Verdier sont sur une autre planète, ils viennent tous deux de quitter le monde du travail et brutalement se retrouvent dans l’espace restreint du bateau mais avec une immensité autour.

 

Lundi 3 Février

 

 

 

J’ai retrouvé les Iles du Salut.

05° 17 113 N ; 52° 35 323 W

 

Comme d’habitude nous avons fait les pleins avant de lever l’ancre, du moins les ancres car le dérapage dans le Kourou étant le sport national, j’en avais placé une 2eme.

Mauvaise pioche, c’est le cas de le dire !!!....la 2eme est enfouie sous 1m de boue visqueuse et il nous faudra pas moins de 7 tentatives pour la décoller avec son habillage, quant à l’autre, elle s’est tricoté les maillons dans la 2eme !!!

Le nettoyage du tout prendra quelques heures au mouillage des Iles du Salut….avant de retrouver  la haute mer.

 

Mardi 4 Février

 

Pour un début en fanfare, c’est un début en fanfare !!!

25 nœuds travers, une bonne houle, des trombes d’eau, l’initiation est un peu rude pour mon équipe,

 

Mercredi 5 Février

 

 Mais bien vite nous retrouvons le calme de la rivière à Paramaribo, et nous rejoignons Domburg et le yacht-club hollandais qui nous permet de bénéficier d’une bouée dans le cours de la rivière

 

               

05° 42 062 N ; 55° 04 657 W

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 17h, c’est la coutume : tout le monde se retrouve autour de la table avec la bière locale et radio ponton va bon train….. »where you from ? »  « where are you heading to ? »

Il nous faut régulariser notre situation d’entrants au Surinam et Cornelius nous conduit à Paramaribo aux différentes instances : Immigration, Foreign Office.

 

 

La ville ne manque pas de charme avec le fort Zeelandia et la promenade le long des berges

Encore une fois, je m’interroge sur les bienfaits de notre civilisation du plastique,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’avons-nous apporté avec la colonisation économique aux populations locales hormis le tourisme, qui certes enrichit une partie de cette population, et ces montagnes de déchets que nous ne sommes même pas capables de recycler nous même  chez nous ?

L’éducation saura-t-elle un jour pallier cette défaillance ?

« penser le changement ou changer le pansement ? »

 

Mercredi 12 Février

 

Remonter ce fleuve aux rives envahies par la jungle, quelques rares maisons au bord de l’eau, des cris d’oiseaux inconnus, nous naviguons dans ce monde liquide aux couleurs douces et contrastées pour atteindre la marina de Waterland

05° 39 502 N ; 55° 03 830 W

 

Un hollandais un peu fou a imaginé ici une espèce de paradis avec un jardin extraordinaire et des maisons d’hôte à l’architecture étonnante.

Le lieu est paradisiaque mais bien éloigné de tout service.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeudi 13 Février

 

Il nous faut nous arracher à ce paradis et retrouvons bien vite les bonnes habitudes de la bière de 17h à Domburg.

 

Samedi 15 Février

 

Il faut compter avec la marée pour sortir du chenal de la rivière et vers 14h nous prenons le cap sur Tobago pour au moins 4 jours de nav…

Pas vraiment amarinés, Christian et Véronique retrouve les conditions du départ : 20/25 nds travers et forte houle….

Une nouvelle fois ce sera rude pour eux, les petits vomis de la nuit se succèdent, jusqu’au moment où le vent tourne un peu à l’Est et la houle se fait moins forte ;

 

Mardi 18 Février

 

Tobago et Store Bay à l’Ouest  sont en vue, le soleil est plus généreux et nous voilà dans la mer des Caraibes aux célèbres couleurs.

11° 09 608 N ; 60° 50 481 W

Nous y retrouvons  Pierre et Hedwig de St Helena que nous avions rencontré aux iles du Sa

lut.

 

Mercredi 19 Février

 

Les slips de Tobago

 

Les lessives de Jenny à Domburg ont été fatales aux slips de Christian ainsi qu’à mes soutifs brassières que j’arbore dans le confort !!!

Nous partons donc à la recherche de substitutifs dans le petit marché local où les chinois déversent tout ce qui concerne l’habillement ;

Christian dégote des slips très sexy et quant à moi le wonderbra international aux formes rebondies qui couvrent les rayons ne me sied guère au niveau du confort et je doute qu’à mon âge je puisse postuler à un concours de forme topless !!!!

 

 

Comme au Surinam, nous louons une voiture…conduite à gauche ici comme la-bas, et les ronds points sont le piège absolu.

Christian aux manettes fait des prouesses et nous traversons l’ile jusqu’à Carasta, petit village de pêcheurs à la plage accueillante.

 

Dimanche 23 Février

 

Officiellement nous avons fait la sortie du territoire à Scarborough la capitale, mais l’attrait de la magnifique baie de Charlotteville au NO est le plus fort et nous tentons incognito de venir mouiller dans cette anse bien protégée

Le mouillage est superbe devant la plage et de nouveau, mauvaise pioche, les Douanes viennent nous interpeler et nous signifie de nous rendre à l’Office
L’agent me fait tout de suite comprendre que je suis en infraction et que je risque une amende substantielle.

 

Un peu de patience et le sourire féminin aidant, il m’intime l’ordre de revenir l’après-midi pour régulariser en oubliant la pénalité.

L’après-midi les bureaux sont déserts, seul un officier dans la torpeur de la sieste me fait comprendre qu’il me faut revenir demain matin.

Ah ! ah !ah ! bien sur !!! comme j’ai tous les documents pour la sortie, le soir nous levons l’ancre discrètement et ….à nous les Caraibes !!!!

 

Mardi 25 Février

 

Après une belle traversée de nuit nous rejoignons Prickly Bay à Grenade dans l’idée de faire le carénage et quelques travaux au chantier de Spice Island

12° 00 046 N ; 61° 45 823 W

Nous nous rendons au bar devant le chantier ….1ere  étape pour une mousse réparatrice !

Les miracles n’arrivent que de jour….et ce que je vais vous raconter est absolument incroyable !!!

A peine assis, d’autres français se joignent à nous et radio-ponton commence !!!

.. ;lorsque l’un d’entre eux se lèvent et dit en s’adressant à Christian :  « j’ai connu dans mon jeune temps quelqu’un qui vous ressemblait, qui s’appelait Christian Verdier et qui était dent…. » Il n’a pas le temps de finir sa phrase que je bondis et dis «  mais c’est lui !!!! »

Et l’émotion est à son comble, les 2 amis se tombent dans les bras , ….25 ans qu’ils ne se sont vus ….ils ont parcouru toutes les Alpes à vélo ensemble, des bambées de plus de 200km, autant dire que les liens sont forts après de telles aventures .

L’autre couple Irène et Philippe sont sur Dionysos et « remontent » vers les Antilles pour une traversée de l’Atlantique programmée au mois de Mai

Bernard et Annick sur Nérée ont un petit souci à régler avant d’envisager la traversée : ils ont talonné, la quille et le safran ont bien reçu, et les travaux vont les bloquer ici pour un temps certain.

Mais d’ores et déjà nous avons pris rdv au mois de Mai à St Martin pour traverser de conserve…..

Elle est pas belle la vie sur Apsara ? !!!!!

 

                                                          Claire Brondex  28/02/2014

 

« La navigation au vent avait ce respect du temps à retenir ou à oublier……c’est la mer affectueuse, grande connaisseuse des voyageurs, qui efface peu à peu ce que le cœur a laissé. Elle bouscule la nostalgie et régénère pour d’autres horizons……la mer a ce don de prendre avec ses vagues ce qui doit être laissé à la poupe, dans le sillage, et de vous apporter à la proue ce qui vous attend et vers lequel vous revenez »

 

                                                                        « Cher amour »     Bernard Giraudeau

 

            

 

 

 

 

 

 



Publié à 13:07, le 28/02/2014, Amérique du Sud
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Cap Vert Guyane Janvier 2014

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           Cap Vert  Guyane   Janvier 2014       

 

« Voyager, c’est glaner.

Une fois revenu des lointains, on ouvre son panier.

Et ne pas s’inquiéter s’il parait vide. La plupart des glanures ne sont pas visibles : ce sont des mécomptes ou des émerveillements, des parfums, des musiques, des visages, des paysages. Et des histoires…..

Un tour du monde attise en soi le gout de la différence, il enseigne la relativité, il nourrit le scepticisme.

Mais il arme aussi quelques convictions »

Erik Orsenna  « Voyage au pays du coton »

 

       Samedi 4 Janvier

 

       5h 30 , la pluie n’a cessé de tomber toute la nuit jusque très haut sur la neige, je pars et laisse sans regret l’hiver se transformer en déluge printanier.

Iasbelle et Marc passent me prendre à Avonnay et nous récupérons Fabrice sur la bretelle du contournement, l’aéroport de Genève semble une ruche infatigable à cette heure matinale, une longue file de « patients »  pour l’enregistrement se réalimente aussitôt……mais où vont-ils donc tous ces partants, à croire que l’Europe se vide perpétuellement de ses habitants, avides de ciel bleu et de cocotiers, de mer turquoise et de sable blanc  

Pour nous, plaisanciers, nous allons retrouver la mer et sa longue route, les alizés s’ils veulent bien nous offrir leurs faveurs cad du NE 15/20 nds constants jusqu’en Guyane ;

En attendant nous retrouvons Apsara au bout du ponton de la marina de Mindelo, bien sale et prêt à repartir après l’avoir remis en état.

Quelques bricolages indispensables et nous opérons le check out auprès des autorités, coups de tampons habituels, formulaires et dès le surlendemain, les pleins faits, nous gagnons le mouillage pour nous offrir l’apéro du dernier soir et nous trouver dans les startings au petit matin.

 

Mercredi 8  Janvier

 

 

C’est parti pour de bon, 1760 Milles nous attendent  pour le changement de continent, les alizés sont pour l’instant au rdv et bien vite dès l’après-midi, nous voilà au milieu de nulle part, sans sommets à l’horizon,

 «  la mer est ronde » disait JF Deniau .

Heureusement quelques dauphins vespéraux nous accompagnent dans la pénombre de la nuit naissante.

 

J1 : l’amarinage semble un peu plus caustique pour Fabrice, tandis que Marc, impérial, tient le choc face à la houle croisée de NNO.

Les quarts s’organisent de 21H à 7H par tranche de 2H, un régal de pouvoir dormir 4H d’affilée, et pendant le quart, la musique sous les étoiles est un bonheur solitaire  difficile à partager. Oui ! Oui ! le plaisancier est égoiste !!!

 

 

 

J2 : On avoisine les 6nds de moyenne, bien loin, certes des 15 nds réalisés par Gabart lors du Vendée Globe, mais nous ne sommes pas sur la même  planète,  d’ailleurs  nous ne sommes pas pressés, pour lui le chrono, à nous le calendrier  !!!

 

J3 : Une bonne pâtée au Scrabble, histoire de me remettre les neurones en place, et déjà la lune s’annonce pour  une nuit   paisible.

 

J4  Le réveil le sera moins : le vent a décidé de jouer les filles de l’air, un coup à droite, un coup à gauche, rentrer le génois, changer d’amure, rerentrer le génois, puis  la GV et moteur de guerre lasse !!!...pour s’apercevoir qu’une bonne fuite de gazole a pourri les fonds : un vrai plaisir de s’y coltiner après le p’tit dej !!!

Récompense de la journée : une bande de dauphins est venue jouer devant l’étrave.

Et…oh !surprise….au milieu de nulle part nous croisons un voilier que j’interpelle sur la VHF, bien sur ! Ce sont des anglais sur un ketch, partis un jour avant nous de Mindelo et faisant route vers le Suriname.

C’est toujours surprenant de rencontrer des humains dans cette immensité alors que depuis 3 jours, pas l’ombre d’une manifestation terrestre n’est venue troubler notre route.

On finit vite par croire que l’on a quitté la planète terre pour une galaxie aquatique.

Le petit monde du bateau s’organise, à chacun son mode de fonctionnement :

 la petite cigarette du soir, ….. et les moments refuge où l’on pense fort aux siens qui commencent à nous manquer, la lecture et les mots fléchés, ….un vrai partage cependant : la bouffe.

 

J5 Le vent a molli et depuis hier après-midi c’est moteur, le, temps est gris, un peu pisseux, le rythme est mou,  alors les couleurs du spi vont nous égayer la journée, d’abord sur tribord amure, puis sur bâbord, et tout à coup Apsara se sent des ailes et retrouve son rythme des jours précédents, presque 6 nds de moyenne, un tiers du chemin est parcouru.

 

 

 

J6 Aujourd’hui c’est soupe au choux !!

Les légumes frais donnent des signes d’anémie, vite, vite il faut consommer, et Fabrice nous concocte avec le chorizo un plat international qui tient de la soupe au choux, du cachupa (plat local du Cap Vert), de la potée, et du pot au feu.

Voilà qui tient au corps pour la rude journée avec mise en place du  spi sur tribord puis tangonné sur babord puis rentré vu qu’Eole est en pause-café.

La chaleur est arrivée, un peu moite, bronzing sur le pont avant, avant d’aller somnoler dans le cockpit plus aéré…..et décalage d’une heure en moins puisque nous avons parcouru plus de 700M environ vers l’Ouest.

 

J7

 

 

Le livreur a mangé la feuille de match ce matin, à la place des croissants c’est saucissons, que l’on s’empresse de faire sécher, alignés au-dessus de l’annexe  en vue de consommation.

D’ailleurs j’ai fait du pain, et je ne sais vraiment pas s’ils auront le temps de sécher !!!!

Dommage pour Eole qui n’aura pas le loisir d’en gouter vu qu’il s’est barré avec le livreur !

Du coup on route au moteur, pétole, demain devrait être meilleur.

 

 

J8

Une semaine que nous partîmes du continent africain….c’est encore loin l’ Amérique ?

Plus de la moitié de la route est faite, 1000M au compteur et aujourd’hui c’est pain béni : E 8/10 nds, voiles en ciseau, Apsara se dandine sous la houle mais assure ses 6 nds de moyenne.

C’est aussi jour de lessive, sardines à l’huile et pâtes à la tomate.

Le soleil étant de la partie, c’est une belle journée de nav comme on les aime.

 

 

 

 

 

 

J9

 

Nous devrions atteindre le WP 10°N, 45°W donné par le routeur, mais en réalité nous allons le tangenter car l’ENE est annoncé pour aujourd’hui et les jours suivants et nous devons empanner pour poursuivre au portant et pouvoir prendre route direct sur les iles du Salut.

Ce qui fait qu’il nous reste 630 M à courir,

Le pain, les manœuvres, une pâtée au Scrabble, voilà une matinée bien occupée,

Le soleil a lui aussi pris des vacances, ciel voilé qui, je l’espère, aura la courtoisie de se lever cette nuit car nous avons rdv avec Dame Lune qui nous offre le spectacle de sa plénitude.

 

J10

Il est des matins tristes qui annoncent des heures meilleures, la mer roule sous l’alizé qui a forci,  le gris se décline du haut en bas de l’horizon, et peu à peu le soleil vient éclairer l’écume comme un verre transparent teinté de bleu,

 La mer a une autre figure, belle, puissante, prête à nous emmener jusqu’au bout du chemin.

Le bruit sur la coque, sa chanson nous dit qu’Apsara se réjouit et file ses 6/7nds tranquille.

Il est des journées de poésie qui vous émerveillent et vous laissent deviner la beauté du monde.

 

J11

Les batteries bien sollicitées par le pilote automatique qui se démène dans la houle, commence à donner des signes de faiblesse, Il faut donc les recharger au moteur, j’en profite pour faire fonctionner le dessalinisateur  et réalimenter les réservoirs en eau douce.

Du coup les hommes se précipitent sous la douche !!!!

Les voilà beaux comme des sous neufs, rasés de frais, prêts à la parade, et le soir ils se déchainent à la cuisine pour un chili façon Apsara ( demandez la recette sur internet : Apsaramarmiton)

 

 

 

 

J12

Et ça sent l’écurie, Apsara se dandine dans la houle de NE fort pénible ;

La lune a été généreuse cette nuit, et le soleil nous ravit aujourd’hui, juste quelques plumeaux blancs sur la ligne d’horizon.

La fatigue commence aussi à se faire sentir, les nuits sont courtes et il est bien difficile de tenir debout tant la houle nous désarçonne, mais les Milles s’amenuisent :181 au compteur

On pourrait bien arriver demain soir

 

J13

Oui ! c’est bien la dernière ligne droite, au menu : voile en ciseau 6nds, dauphins qui nous font une parade d’accueil, Scrabble où je reprends la main (ah ! mais !!), et on espère bien terminer sous spi mais la séance est de courte durée, la pétole s’installe et nous terminons les 20 derniers milles pas très glorieusement au moteur.

Un effet d’optique surprenant  nous place les iles du Salut sur tribord avec le phare bien reconnaissable de 2 éclats toutes les 10 sec, alors que nous devrions les avoir sur babord.

Je décide de poursuivre sur le WP prévu pour l’atterrissage sur le nord de l’ile et peu à peu le phare vient sur babord comme prévu et nous rentrons dans la baie au sud de la Royale pour poser la pioche , il est 22h , un riz curry au lait coco mijoté par Marc et dodo, pas besoin de se faire bercer .

 

 

 

Mardi 21 Janvier

Le p’tit dej au soleil après une nuit somptueuse, un tour de l’ile, une mousse bien fraiche et un repas pantagruélique au restaurant, de quoi reconstituer n’importe quel organisme après un rude effort, dommage ! la fin de journée sous les grains tropicaux qui se succèdent atténuent la réjouissance, et nous clouent à l’intérieur du bateau……dont nous sommes sortis en urgence, prévenu à coup de cornes de brume par le voisin, nous étions en train de déraper et de nous rapprocher sérieusement des rochers sous les rafales à 30 nds

Prise de coffre disponible en catastrophe  pour se faire chahuter avec le ressac et le vent de SO qui a forci…..la cote à nouveau se rapproche…..on déménage une 3eme fois pour un autre coffre un peu plus abrité, et vers 3/4h du matin, on peut enfin espérer une accalmie et se reposer du coup de feu.

Le choix n’était pas si mauvais car nous étions sur la bouée de la gendarmerie…..une sécurité !!!!

 

 

 

 

 

Mercredi 22 Janvier

Une visite à l’ile St Joseph , l’ile du bagne dont les vestiges nous donne à peine un aperçu de l’enfer vécu par les bagnards   et direction Kourou pour se poser pas trop loin du ponton du CNES.

J’étais prévenu, tout les bateaux finissent par chasser, l’ancre ne tient dans ce sol mou comme du chewing-gum.

Ca n’a pas manqué, minuit : coups sur la coque : le voisin me prévient que nous rapprochons de lui et rebelote ! il faut déménager à nouveau  pour se poser un peu plus loin et cette fois-ci avec une 2eme ancre.

 

Vendredi 24 Janvier

Marc est atteint d’une maladie qui s’appelle mal du pays et devance son vol pour rejoindre presto son home sweet home.

Nous nous organisons avec Fabrice la visite du centre spatiale, St Laurent du Maroni et tutti quanti …Il repart quand Véronique et Christian arrivent  …rien que du bonheur si la pluie voulait cesser

 

 

« CBO » : claire brondex organisation ltd : une expérience inoubliable, une aventure fabuleuse, une organisation sans faille, des menus somptueux, des nuits mouvementées, l’Atlantique en 13 jours, venez rêver à bord d’Apsara !!!!!!!

 

 

 

 

                              Claire Brondex                                   Kourou le 24 Janvier 2014



Publié à 14:42, le 25/01/2014, Bourg de Kourou
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Gibraltar Cape Verde sept/nov 2013

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Gibraltar   - Cape Verde Mindelo  Sept /Nov 2013

 

“ Pour réaliser  un projet, il faut d’abord apprendre ; qu’apprendre contraint à respecter ceux qui, même dans un domaine subalterne mais néanmoins utile au projet, en savent plus que vous »   

Erik  Orsenna    «  L’entreprise des Indes »

 

 

Nous nous étions quittés à  la marina de Benalmadena près de Malaga  fin Aout avec l’incertitude de pouvoir réparer l’auto pilote dont l’électronique donnait des signes de faiblesse évidents.

1ere étape : je contacte un technicien local  Carlos qui avec beaucoup de gentillesse se déplace après ses heures de travail à près de 21H et constate les dégâts : la commande est en panne ; nous avions trouvé une rupture de fil sur précisément cette commande = court-circuit.

Commande de la commande en urgence à NKE et entretemps on se fait avec Fabrice une petite visite de Grenade et l’Alhambra……somptueux !

2ème étape : la commande reçue, on remonte le tout et OH ! surprise ! la commande ne reconnaît pas le calculateur qui doit être lui aussi en rade, et après test, le capteur d’angle de barre a lui aussi des défaillances.

Il faut donc attendre lundi 2 Septembre pour repasser la commande du capteur d’angle et du calculateur…..bonjour la note !!!!

Mais NKE , toujours aussi efficace, nous permet de recevoir le tout  mardi

Entretemps Fabrice est reparti dans ses montagnes et Nicolas est arrivé le jour même.

Et nous ne manquons pas de retourner à Grenade pour une 2ème  visite en attendant le colis.

Dès mercredi Carlos est à l’œuvre pour installer le tout……et ….et ….bonheur suprême : ça marche !!!

Merci Carlos !!!! encore une chance ! un mécano sympa et efficace !

 

Vendredi 6 Septembre

 

Le temps de faire les pleins et de ranger la boutique le jeudi, et  vendredi avant le lever du  jour nous quittons la marina …..OUFFFFF !!!!! ……

Je commençais à être saturée du Dysneyland et autres pièges à touristes qui braillaient sur les bateaux de pirates factices pour un tour à dauphin. Je doute qu’ils en aient vu beaucoup vu le remue-ménage.

…..et direction Gibraltar, les célèbres colonnes d’Hercule que Pytheas avait franchi déjà au  IVeme  siècle avant JC pour rejoindre le grand Nord,  l’arc arctique et retrouver ensuite sa chaude patrie marseillaise, sans boussole, ni latitude et longitude, ni sextant, des milliers de milles sur un modeste boutre qui prenait l’eau.

Je n’ai jamais franchi cette porte et pour la 1ere fois elle ne me laissera pas un souvenir éblouissant.

 

J’avais calculé la marée au plus juste pour bénéficier de la marée descendante dans l’étroiture, mauvaise pioche, à peine sortie du passage de  Tarifa, nous sommes scotchés 1 nds , 1,5 nds

Bien évidemment, le SO a forci et la Méditerranée une fois de plus ne se fera pas regretter !

 

 

 

 

 

Et je file vers le centre près du  rail des cargos, espérant trouver un courant plus favorable, pour me retrouver quelques heures plus tard dans les mailles des filets des pêcheurs marocains.

De petits feux à peine visibles les signalent quand je vois arriver près de moi une barque où des pêcheurs me hurlent quelque chose que je ne comprends pas …..soudain c’est la catastrophe, je suis à à peine 2m des flotteurs, coup de barre violent, je frôle le filet,…. je respire, …..je l’ai échappée belle,  je peux reprendre ma route, affalée sur la barre,…. épuisée !!!

 

 

Encore un ou 2 cargos à contourner et Nicolas me relaye.

 

Samedi 7 Septembre

 

Le vent est toujours SO et semble vouloir tourner à l’Ouest puis au NO

Petit score aujourd’hui : 113 M  mais les nouvelles sont bonnes on devrait pouvoir toucher du NNO demain puis du NNE

 

Dimanche 8 Septembre

 

 

Effectivement au matin vers 3h 30, c’est arrêt moteur  et nous goutons enfin la joie des alizés qui tout au long de la journée s’orienteront de plus en plus au NE.

Apsara n’a pas connu une telle navigation depuis des lustres, il court impassible, calé sur son bouchain,  et nous, nous nous installons tranquillement dans la vie du bateau, regardant les goélands effleurer l’eau dans une courbe élégante..

 

Lundi 9 Septembre

 

149 M au compteur, le record n’est pas loin d’être battu et  c’est rien que du bonheur,

A ce rythme, on risque bien d’arriver à Porto Santo demain soir.

En attendant, il me faut réduire la GV, le NE dépasse les 20nds, afin de  rééquilibrer avec le génois, et mieux vaut le faire avant la nuit ;

Quelques cargos durant la nuit qui gentiment semble se dérouter ou bien nous font signe avec leur projecteur.

 

 

 

Mardi 10 Septembre

 

Encore 150M de parcouru et la nuit est tombée lorsque j’aperçois les feux de la pointe Est de Port Santo : 3 éclats toutes les 15sec.

Le port de Porto Santo est vaste et apparemment il est possible de mouiller à l’intérieur, ce dont je ne me prive pas vu l’heure tardive.

Porto Santo à quelques milles à l’Est  de Madère est l’ile de Christophe Colomb, qui après avoir épousé la fille du gouverneur de l’ile, s’y installa et son fils Diego y naquit.

C’est là qu’il rêve son entreprise des Indes, mais il devra quitter l’ile après le décès de sa femme pour s’installer en Espagne et convaincre Isabelle du bien fondé de son projet.

C’est à Grenade que l’une des rencontres a eu lieu après que les rois catholiques Ferdinand et Isabelle aient reconquis l’Alhambra aux Maures.

On connaît la suite…

 

33° 03 665 N ; 16° 18 862 W

Mercredi 11 Septembre

 

 

 

Le mur du quai est peint par tous les navigateurs de passage, de la même façon qu’a Horta aux Açores

C’est une tradition qui a pris naissance là-bas et qui semble se perpétuer un peu partout au Portugal.

Certaines de ces peintures sont des œuvres d’art, mais n’ayant aucunes dispositions pour le tag pas plus d’ailleurs que pour la peinture, je n’y laisserai qu’une trace fort modeste.

 

 

 

 

 

 

Et…. repos bien mérité pour moi tandis que Nicolas s’en va roder sur les chemins, en attendant un excellent repas au restaurant comme il est de tradition.

 

Jeudi 12 Septembre

 

Une courte traversée nous permet de rejoindre la marina Quinta do Lorde tout à l’Est de Madère, elle est un peu décentrée par rapport à l’ile mais l’accueil est à la hauteur de la prestation : on vient vous chercher à l’extérieur avec le sourire, on vous installe  sur les pontons  toujours avec le sourire…

32° 44 510 N ; 16° 42 752 W

Calme, efficacité pour un prix tout à fait modique, voilà qui me convaincra le lendemain lors d’une visite à Funchal, de rester à Quinta do Lorde plutot que de rejoindre celle de la capitale.

 

Le Mercado des Lavradores est une véritable caverne d’Ali Baba regorgeant de fruits, légumes, épices, tous plus colorés les uns que les autres, une merveille pour l’œil et les papilles.

 

 

Nicolas boucle son sac et retourne dans les froidures automnales du canton de Vaud, dès le samedi matin.

Je vais attendre ici à la marina l’arrivée de Francine le dimanche 22, puis Muriel le 25 pour une découverte à pied de l’ile.

 

Dimanche 15 Septembre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la fête à Caniçal, petit port de pêche à quelques encablures de la marina.

Les pêcheurs, qui terminent la saison ont décoré leurs bateaux pour l’événement et offrent au tout venant un tour dans la baie.

Tout le monde, jeunes, vieux, femmes et enfants, grimpent, s’agglutinent sur les embarcations, sans souci de sécurité ni de protection…..un événement impensable en France où la législation rigide aurait tout simplement interdit cette manifestation.

Les gens s’approprient cet outil de travail dans un grand respect, heureux de participer ( ce sont les rares femmes restées à terre qui vont larguer les amarres de ces énormes bateaux !!!), et les marineros tout aussi heureux de partager leur quotidien offrent des sandwichs gros comme leurs bras avec force boisson à tous ceux qui sont à bord.

Une atmosphère de réjouissance simple et bon enfant, où 2 communautés humbles partagent les joies de la mer durant les 2 jours que dure la fête…un bel exemple de fraternité qui  me sera offert malgré la barrière de la langue..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 18 Septembre

 

L’atmosphère météorologique, elle, en revanche n’est pas en fête.

Fraicheur, averses, et vent mauvais me vaudront une bonne crève qui me tiendra comme une tique pendant une quinzaine.

 

Dimanche 22 Septembre

Un peu dopée, je récupère Francine à l’aéroport et l’installe à bord d’Apsara puis nous rendons une petite visite à la Punta San Lourenço, la pointe extrême NE de Madère.

Le spectacle est éblouissant, des aiguilles surgissent de la mer et les falaises sont striées de veines éruptives déclinant toutes les couleurs de la terre.

 

Lundi 23 Septembre

A nouveau la pointe San Lourenço, mais cette fois-ci à pied jusqu’à l’extrémité E  agrémenté d’un petit bain pour Francine dans la Baia de Abra

 

 

 

Le lendemain c’est visite aux fameuses levadas qui sont en fait les bisses des montagnes suisses.

Ce sont d’interminables petits canaux qui courent à travers les falaises depuis une chute d’eau pour conduire le précieux liquide jusqu’aux champs cultivés.

2500km de canaux et 50km de tunnels ont été ainsi  creusés  par des ouvriers suspendus dans des paniers au dessus d’à-pics parfois surplombants au milieu d’une végétation quasi tropicale.

Ils sont aménagés maintenant pour le plaisir du randonneur avec de larges chemins qui les suivent.

 

Nous ne manquons pas non plus de retrouver le Mercado des Lavradores toujours aussi coloré et pourvu en fruits de toutes sortes dont les fruits de la passion : pas moins de 5 espèces poussent à Madère.

 

Mercredi 25 Septembre

 

Muriel arrive, et va à son tour découvrir les beautés de l’ile, balade le long des lévadas, Puerto Moniz et ses célèbres bassins naturels, la cote nord déchiquetée et l’ascension du Pico Ruivo qui culmine à 1830m s’impose depuis le Pico Areeiro.

Tout va bien, ça commence par descendre, l’environnement est grandiose, cerné de falaises et de dents, pour atteindre une petite plateforme où se repose un refuge que l’on prendrait presque pour celui de Bise !!

Le sommet est à 200m et, chose rare, nous pouvons bénéficier d’une vue dégagée car les nuages qui le couvrent la plupart du temps n’ont pas encore émergé.

Le retour sera plus sanglant car les marches sont devenues soudainement beaucoup plus raides en remontant et c’est dans le brouillard, au propre et au figuré, que je terminerai le parcours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 30 Septembre

 

Nous aurons visité les levadas les plus secrètes et les petits villages du nord bien préservés de la foule touristique avec leurs célèbres maisons au toit de chaume.

Hortensias pourpres et turquoises, fougères arborescentes, forêts de hêtres, la végétation tropicale se mêle à la végétation de nos contrées, le contraste est saisissant, alors que certaines parties de l’ile sont  quasi désertiques.



Publié à 17:21, le 15/11/2013, Océan Atlantique
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Gibraltar Cape Verde sept/nov 2013 .....suite

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Jeudi  3 Octobre

 

Tandis que Francine est partie retrouver les paysages alpins, Muriel et moi  avons préparé le bateau et fait les pleins en vue de la traversée sur les Canaries.

L’Ouest sévit encore lorsque nous dépassons les Desertas, une succession d’iles tout en longueur où j’aurais souhaité m’arrêter mais l’arrêt est impossible, car elles sont orientées Nord/Sud, nous poursuivons donc vers le SE, les alizés sont annoncés pour demain ;

 

Vendredi 4 Octobre

 

Effectivement après une journée encore au moteur, le vent tourne et pour cette dernière nuit nous profitons de vent travers jusqu’à Graciosa la bien nommée.

 

Samedi 5 Octobre

 

La Playa des Franceses est une baie ravissante et bien abritée du NNE , mais déjà fort peuplée par…… des Français qui ont mouillé là.

Nous finissons par  trouver une petite place et le lendemain partons pour la visite à pied  coutumière.

Pas un arbre à l’horizon, juste quelques maisons blanches dépassent la ligne de crête pour marquer l’existence du petit port de Calheta de Sebo.

 

 29° 13 117 N ; 13° 31 763 W

Lundi 7 Octobre

 

Des alizés réguliers nous mènent jusqu’à la Playa des Mujeres sur Lanzarote.

Paysages lunaires et sans grand intérêt mais les températures se réchauffent et Muriel profite d’une délicieuse trempette …pour ma part je me remets  tout juste de la crève contractée à Madère et l’eau me parait encore bien frisquette……je m’abstiens !!

 28° 50 890 N ; 13° 47 481 W

 

Mardi 8 Octobre

 

100 Milles environ nous séparent de Grande Canarie, il nous faut donc partir en fin d’après-midi pour faire la nav de nuit et arriver sur l’ile le matin ;

Le NE est constant 15/20 nds et c’est toujours le même bonheur de la nav à la voile au portant.

Vers 2h du matin, nous coupons le rail des cargos qui transitent entre les iles, et il vaut mieux une veille active car ils n’ont pas la possibilité de se dérouter.

Effectivement un s’approche à toute allure, mais comme je ne veux pas prendre le risque d’ empanner, je me détourne et le frôle d’ à peine 20 m.

Le mastodonte ronfle de tous ses moteurs, et me domine d’au moins 25m, si je n’étais réveillée, je me croirais dans un film de fiction.

Muriel, elle, aura la chance d’échapper de justesse à un bateau de pêcheurs, lui coupant la route à quelques mètres !!!

Et il y en a qui pensent que l’on s’embête… sur un voilier !!! C’est autrement plus risqué que de suivre l’autoroute !!!

 

Mercredi 9 Octobre

 

L’approche se fait sur le port de Taliarte ( 27° 59 4 N ; 15° 22 2 W) mais dès que nous sommes à un mille, l’environnement de cheminée et de bâtiments gris, la tristesse du paysage me fait fuir, je n’ai réellement pas envie d’aller mouiller là !!

Profitant du NE nous filons vers le Sud de Grande Canarie, à Pasito Blanco un mouillage paisible devant la marina

27° 44 807 N ; 15° 37 132 W

 

Jeudi  10 Octobre

 

C’est désert, à peine quelques habitants, mais heureusement il y a  un bar restaurant où je peux retrouver la clara préférée que je fais découvrir à Muriel ;

Comme il me faut trouver une marina sur Tenerife, afin de profiter de la visite, je m’arrange pour contacter la marina San Miguel  qui est envahie pour une régate ce WE .

 

Vendredi 11 Octobre

 

Il nous faut donc patienter et on change de mouillage pour Anfi del Mar à quelques encablures.

27° 46 226 N ; 15° 41 563 W

La folie immobilière et touristique est de retour, béton, quads, jetskis, parachute ascensionnel, glass bottom boats,  toute la panoplie du promène-couillons nous cerne.

Ca a le mérite d’être un peu plus vivant, et la cité est plus animée avec des jardins et de la végétation.

Mais là encore, les espagnols ont fait très fort dans le bétonnage laid.

Pour l’instant, je ne suis guère charmée par ces iles hyper sophistiquées, j’espère pouvoir trouver d’autres paysages à Tenerife et La Gomera

 

Dimanche 13 Octobre

 

De Grande Canarie à Tenerife, une cinquantaine de mille  nous sépare des 2 iles et nous retrouvons la nav de plaisir avec du NE pour atteindre la marina de San Miguel au sud de Tenerife.

28° 01 247 N ; 16° 36 717 W

Cela nous laissera le loisir de visiter cette ile  si particulière puisqu’elle a l’intérêt d’être dominée par le Teide le sommet le plus haut d’ Espagne  car il atteint  3718m.

C’est un phénomène volcanique qui a eu lieu il y a 170.000 ans : le volcan primaire s’est effondré formant maintenant l’immense caldera qui entoure le sommet de ce 2eme volcan qu’est le Teide.

Paysages de lave, de cratères, aux couleurs contrastées, une fois atteint par le téléphérique ( eh ! oui ! on a plus 20 ans !!!) l’avant sommet, c’est le paysage qui nous est offert, avec la mer à nos pieds …. Tout le pourtour  Est est parsemé de pustules éruptives aux cratères évocateurs.

 

 

On a peine à imaginer ce qu’a pu être la vie géologique  à l’époque de l’éruption. J’aurais bien aimé être spectatrice !!!!

Les petits villages de la cote Ouest viennent parfaire cette visite alors qu’une bonne partie Sud est touristiquement bétonnée.

 

 

 

 

 

Samedi 19 Octobre

 

Les alizés sont partis en vacances et c’est au moteur que nous rejoignons la Gomera et la marina de San Sébastian.

Nous avons de la chance : un troupeau de globicéphales nous accompagne lentement dans la passe

28° 05 344 N ; 17° 06 564 W

Le charme désuet de la ville, où l’on retrouve un calme apaisant, nous séduit vite.

Là encore Christophe Colomb s’est arrêté avant de partir à l’Ouest et une maison lui est dédiée retraçant son itinéraire.

Nous nous programmons une visite en traversée de l’ile avec le bus local, autant dire que l’on a tout le temps d’apprécier la route avec une vue vertigineuse sur les barancos, larges canyons qui descendent jusqu’à la mer, la forêt primaire du parc national, et la fameuse Valley Grande Rey plus apparentée au Maroc avec les maisons carrées et colorées et les palmiers.

 

Mercredi 23 Octobre

 

Un tout petit port se niche au sud de la Gomera : Puerto Santiago que nous ne manquons pas d’aller visiter

28° 01 688 N ; 17° 11 647 W

 

Jeudi 24 Octobre

 

 

 

 

J’aime ces iles qui semblent du bout du monde, alors que la civilisation du béton est encore à proximité.

Lorsque nous arrivons à Puerto de la Estaca à l’ile d’El Hiero, la dernière au SO des Canaries, il y a juste un voilier dans le port désert et quelques barques de pêche.

27° 47 104 N ; 17° 54 068 W

3 maisons, une capitainerie, un policier local charmant, seul l’arrivée du ferry vient troubler la quiétude de ce havre.

Comme il nous faut faire des pleins de nourriture avant la traversée sur le Cap Vert, nous attendons le bus menant à la capitale Valverde, aussitôt une voiture s’arrête et le chauffeur, tout content nous mène jusqu’au centre ville ; il en sera de même au retour, à peine posé les sacs et levé le pouce que nous voilà de retour au port.

 

Samedi 26 Octobre

 

Les alizés sont bien là : 15/20 nds NNE , ça veut dire que nous devrions être au portant tout le long du parcours jusqu’à Sal  1ere ile au NE du  Cap Vert

720M , voilà bien longtemps que je n’ai fait une route aussi longue et pour Muriel c’est la 1ere fois.

Effectivement les alizés se maintiendront tout au long de cette route jusqu’à Sal et même si la houle nous chahute un peu, nous avons tout loisir de faire notre scrabble quotidien.

 

Jeudi 31 Octobre

 

Le jour à peine levé, j’aperçois l’ile dans la brume, encore quelques milles pour trouver l’anse bien abritée du port de Palmeira

16° 45 240 N ; 22° 58 761 W

Cette ile est  assez désertique mais dès que nous avons mis  le pied à terre, c’est toute l’Afrique qui nous accueille.

 

 

 

Les pêcheurs viennent d’arriver  sur le quai et  le commerce commence, les poissons sont débités à même le sol, puis  un aluguer,  petit transport en commun, nous emmène jusqu’à l’aéroport pour finaliser notre entrée.

 

Samedi 2 Novembre

 

Histoire de visiter l’ile nous rejoignons la baie de Santa Maria au sud de l’ile

16° 35 652 N ; 22° 54 603 W

 mouillage rouleur, afflux touristique, si ce n’était  mon anniversaire, et la prévision d’un bon repas au resto, j’aurais fui vers des havres plus cléments

Je m’interroge toujours sur les bienfaits de cet apport touristique ;

Excepté quelques richesses locales et une augmentation non négligeable pour l’autochtone du cout de la vie, un bétonnage excessif des cotes, que leur offrons-nous ?

Comparativement des iles préservées comme Sao Nikolau semblent bien survivre !

Leur richesse : la musique et une infinie patience à attendre et ne rien faire.

Une chose est sure : les labos pharmaceutiques vendeurs d’anxiolytiques ne feront pas fortune ici !!!

Lundi 4 Novembre

 

Et c’est bien ce que nous retrouvons sur l’ile de Sao Nikolau dans le joli petit port de Porto Tarrafal

16° 34 136 N ; 24° 21 628 W

Après quelques tentatives infructueuses, 4essais pour se mouiller correctement, nous allons découvrir la petite ville bien proprette, là encore le poisson est roi et c’est la ruée lorsque les bateaux arrivent au quai.

Un aluguer le lendemain nous conduit jusqu’à la capitale, Ribeira Brava, et c’est en 4X4 que nous découvrirons la cote Nord pour un paysage magnifique et sauvage.

 

Samedi 9 Novembre

 

Pour achever le parcours 2013, nous gouterons encore les alizés entre Sao Nikolau et Mindelo à Sao Vicente, du travers /largue 20/25 nds , sur une mer un peu agitée mais un bonheur sans mélange qui trouvera sa punition par la remontée du chenal entre Sao Vicente et Sant Antao, vent dans le nez 30/35 nds, il nous faudra pas moins de 3h pour parcourir les 5 M pour atteindre Mindelo ;

16° 53 003 N ; 24° 59 690 W

 

 

 

Séquence émotion, je me trouvais là il y a presque 10 ans pour une 1ere traversée, je ne reconnais rien de l’ancienne ville, des immeubles et une marina ont poussé partout.

Nous allons avoir une quinzaine pour visiter, se balader, nettoyer et préparer le bateau pour l’épisode suivant en 2014 : la traversée jusqu’en Guyane française avec Fabrice et Marc, la « remontée » de l’arc antillais, les Bermudes et le retour par les Açores et Gibraltar avec Christian et Véronique….qui sont les parents d’Etienne, mon 1er équipier entre Tahiti et Noumea.

Je suis fière de cette continuité, la Verdier ‘s family auront fait l’entame et la chute de la boucle.

 

« Te esperare siempre »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et pour clore ce récit voici relatée la mésaventure qu’un de mes équipiers dont je tairais le nom, bien sur,  a eu à subir, mais le plus drôle c’est qu’il n’est pas le seul à qui c’est arrivé,

Je prendrais soin dorénavant de ne plus parler de débouchage de chiotte, au risque d’envahir la pharmacie par une tonne de Microlax !!!

 

« Histoire de te donner le sourire (non pas, que ce n'est pas naturelle chez toi, mais si tu as un coup de moins bien, alors ça peut servir), je me décide à te raconter une anecdote vécue à tes cotés. Suite à la conversation que nous avions eue, qui avait comme sujet ; les toilettes d'un bateau, et au cours de laquelle tu m'expliquais le fonctionnement de ceux-ci. M'expliquant, ainsi, que nos restes alimentaires filaient tout droit dans la grande bleue. Poursuivant ton explication par une expérience qui t'avait amenée à démonter tes toilettes. Et ayant eu pour ma part, bien du mal à évacuer mon affaire lors de mon premier passage en ce lieu, a la fois indispensable et spirituel !!

 

Dans la crainte de te voir redémonter tes toilettes, suite à la pose de mon engin (tu ne peux pas savoir ce dont je suis capable), je fus stressée quand la deuxiéme envie me vint. Peut-être me vois tu venir.

Je décide donc, lors d'une baignade bi-quotidienne, et sachant que de toute façon ma chose finirait à l'eau, de tenter d'expulser directement dans l'océan. Me voila, m'équipant de mon nécessaire de bain (palmes, masque et tuba), je m'éloigne un peu du bateau et entame mon effort abdominal, imagine 5 métres de fond au-dessous de moi, plus ou moins "installé" en position assise, et rouge comme un camion de pompier (je pense que l'effort est accru, immergé). Lorsqu'enfin, je parviens à me libérer de cette "boule de pétanque", et vois dans la seconde qui suit, ma dite, boule de pétanque jaillir devant mon nez (je ne souviens pas que Mariotte ai abordé ce cas lors de ces expériences). Je te laisse imaginer, moi me débattant afin de chasser cette "météorite", le plus loin possible, même si elle m'appartient, d'ailleurs elle ne m'appartient plus. Je ne suis pas trés fétichiste !! en espérant, de plus, ne pas être épié.

 

Ne voulant pas renouveler cette mésaventure, je me mets à nager tant bien que mal, les fessiers contractés, jusqu'a la rive la plus accessible pour achever le travail. Quand, enfin et avec difficulté, je rejoins la terre ferme, je quitte mon attirail, débute, alors, une marche pieds nus, sur les graviers à l'abri de tout regards indiscrets, afin de trouver la meilleure place qui soit.

Me déplaçant tel un pingouin, je finis par poser mon horrible engin sous une pancarte "PARC NATUREL". Par très fier de l'endroit de dépose, je me félicite, tout de même, d'avoir opter pour cette solution, au vu de l'énormité de ce qui provenait de 3 jours d'abstention !! et qui j'en suis sûr aurai mis hors service "le trône" pour une durée indéterminée.

 

Mon égo ne m'a pas permis de t'en parler sitôt mon exploit réalisé.

 

En espérant t'avoir amusé durant un instant, je te souhaite bon vent, et bonne digestion ».

 

Bonne digestion aussi aux lecteurs, lectrices de ce blog à l’épisode un peu dense !!

 

 

                                                                Claire Brondex  Mindelo Cape Verde

 le 10 Novembre 2013

 

 



Publié à 16:51, le 15/11/2013, Océan Atlantique Nord
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Barcelone Gibraltar

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Barcelone. Gibraltar  Juin/Aout 2013

 

« Les qualités humaines sont nécessaires pour que la vie de groupe se passe sans heurts. Il faut des gens de caractère agréable, doués de bonne humeur, entendant la plaisanterie, capables d’accepter une remarque, il ne faut surtout pas de ces susceptibles ombrageux, absolument invivables. Il faut aussi qu’ils soient capables de se dévouer pour le bien commun et d’accepter leur part de corvée sans avoir à se  faire prier. Il faut savoir se gêner pour ne pas déranger les autres  et en particulier respecter leur repos »

 

Eric Tabarly Le tour du monde de Pen Duick VI

 

 

D’aucun esprit chagrin pourrait penser que je consomme les équipiers aussi vite que les Kleenex : François, Eric, Marc et Isabelle, Jonathan, Yvan, Fabrice et bientôt Nicolas…..

Non !non ! je ne suis pas pour la société de consommation (excepté pour le  rouge ou le rosé gouleyant et fruité des Baléares …ou d’ailleurs !!) mais  en même temps qu’une obligation ( les articulations et les muscles ont l’age du capitaine) c’est  un plaisir partagé, du moins, je l’espère, et  s’ils repartent avec la banane, c’est pour moi la meilleure des récompenses.

 

Samedi 29 Juin

 

Marina Port Vell Barcelone

 

 

 

Marc et Isabelle sont arrivés la veille et leur ayant fait gouter  les joies des tapas, pour les préparer à un départ très matinal, dès potron minet nous quittons la marina direction Pollença à Mallorca , pour une route d’environ 100Mn .

A l’arrivée, la pioche à peine posée, un feu d’artifice somptueux  éclabousse la baie avec  flonflons et gerbe d’étoiles, un accueil digne de mes hôtes, afin de leur faire apprécier les qualités d’Apsara….qu’ils ont déjà gouté puisqu’une bonne partie du parcours s’est faite au largue SSO 10/15nds….Je ne vais plus oser médire sur la Méditerranée. !!!!

Apsara a franchi la barre des 50.000 Mn au compteur ( et peut-être même plus car le loch n’a pas toujours fonctionné !!)

 

 

 

Lundi 1er Juillet

 

Comme l’ ENE est annoncé nous filons sur la cote sud de Minorque pour rejoindre la baie de Mahon et son charmant mouillage dans l’anse de Teulera

39° 52 669 N ; 04°18 462 E

A peine rentrée dans la petite baie, une annexe nous accoste pour nous signifier que le mouillage est peut-être interdit et qu’il vaut mieux aller dans les marinas près de la cité .

Je rigole en voyant les autres voiliers au mouillage et passe outre !

Le lendemain même scénario, cette fois-ci un peu plus officiel avec badge et document à l’appui : il faut d’abord remplir les marinas ( et les portemonnaies de celle-ci !) pour avoir l’autorisation de pouvoir poser l’ancre ici .

Les espagnols  et leur mode de gestion avec des marinas hors de prix sont en train de se tirer une balle dans le pied en instaurant des pratiques comme celle-là …car la vraie raison n’est pas la protection des sites et des fonds, rares sont les espaces réellement protégés, mais l’afflux d’argent en accueillant de préférence de grosse unité ….alors vous pensez bien, les voiliers !!!!

 

Mardi 2 Juillet

 

On se réfugie dans une autre anse sur la cote est vers le port d’Addaya

Cala Molli  40° 00 05 N ;  04° 12 091 E

 

La ville est calme, le rare bistrot est envahi par la colonie anglaise et bien sur la bière y est fraiche et bonne !!!

 

Mercredi 3 Juillet

 

Toujours un peu de NE mais assez faible pour nous permettre de rejoindre en longeant la cote nord, Ciudadella , charmante cité au fond d’un fjord que j’ai déjà visité l’an dernier.

39°59 955 N ; 03° 49 767 E

La cala Busquets  à gauche en rentrant offre quelques places le long d’un ponton, j’y avais laissé quelques marques l’année précédente en le poinçonnant avec l’ancre  sur une arrivée un peu musclée……les marques y sont toujours !!!!

Et nous aurons droit à la cotisation habituelle : 80€ la nuit !!!

 

Jeudi 4 Juillet

 

Retour sur Pollença avec une démonstration de spi tangonné par Mr Marc,

Et nous reprenons nos bonnes habitudes au Neptuno le soir, paella y tapas.

Retour sur la Yaute demain pour Marc et Isabelle et Jonathan arrive.

 

Dimanche 7 Juillet

 

Tant qu’à faire des ronds dans l’eau, autant changer d’ile et c’est la cote nord de Mallorca qui aura nos faveurs jusqu’à la Cala Tuent

 

39° 50 496 N ; 02° 46 469 E

 

Un restaurant sympa qui domine la baie, on espère bien y retourner le soir pour un diner serein, hélas ! il n’est ouvert que le midi, déçus, nous rejoignons Apsara et un plat de pates monumental !!!

 

Lundi 8 Juillet

 

Cala Llado  Isla de Dragonera

 39° 35 158 N ; 02° 219 646 E

 

Enfin un espace protégé officiellement, l’ile de Dragonera est un parc avec panneaux d’information, chemins de randonnée balisés, et accueil par une gente demoiselle.

Nos ne  manquons, bien sur, d’aller profiter du sentier qui rejoint le sommet de l’ile puis la pointe O.

 

Mercredi 10 Juillet

 

Un petit arrêt dans la baie de Sant Elm et un stop dans la petite cala Marmacen déjà  bien bétonnée.

39° 32 184 N ; 02° 22 575 E

avant de rejoindre le port d’ Andraitx

Jeudi 11 Juillet

 

39° 32 70 N ; 02° 23 E

Le port d’Andraitx a été équipé de bouées pour les plaisanciers à un prix abordable ( 41 €) et si nous sommes là  c’est qu’une surprise nous attend et attend Rhizlene la compagne de Jonathan qui devrait nous rejoindre ce soir ici

En attendant, nous profitons délicieusement des glaces de Lucas, le copain de Jonathan.

Jonathan a réussi  à faire glisser discrètement dans ses bagages la bague de fiançailles qu’il va lui offrir pour officialiser leur union ( 8 ans déjà ! en voilà qui ne sont pas pressés !!!)

Assorti d’un excellent diner au restaurant, c’est assurément une date qui marquera leur histoire……et l’histoire d’Apsara qui n’a pas tous les jours la joie d’accueillir de tels événements ;

 

 

 

 

 

Vendredi 12 Juillet

 

Puerto de Cabrera

39° 08 883 N ; 02 ° 55 906 E

 

Cabrera est une ile au sud de Palma , très protégée puisque c’est un parc naturel et le seul endroit où l’on peut se poser est la baie de Puerto de Cabrera sur des bouées.

L’affluence aidant, il faut réserver ….et si vous n’avez pas réservé même si au moins une vingtaine de bouées sont libres, vous vous faites éjectés par les gardes du parc .

Je refuse de partir prétextant la fatigue et l’heure tardive et j’aurai droit au PV en bonne et due forme !!!

 

Samedi 13 Juillet

 

Il vaut mieux déguerpir tot le matin avant d’avoir à nouveau la visite des gardes du parc

On fuit vers vers la cala Rapita à l’ouest de Sant Jordi

39° 19 820 N ; 02° 59 346 E

 

Dimanche 14 Juillet

 

L’heure des flonflons, défilés et autres fanfares a déjà sonné quand nous quittons le mouillage pour une marina proche de l’aéroport.

Hélas ! Rhizlène nous quitte pour retrouver Paris et le travail.

Les fiançailles officialisées, il ne manquait plus que trompettes et tambours pour son retour.

 

Mardi 16 Juillet

 

Cala de Porto Pedro

39° 21 402 N ; 03° 12 632 E

Enfin un mouillage comme on les aime, du sable qui rend l’eau turquoise, une plage, quelques rochers pour fermer la baie où nous ne serons que 4 voiliers pour  la nuit.

 

Mercredi 15 Juillet

 

Puerto Colom

39° 25 119 N ; 03° 15 899 E

Des bouées à un prix accessible, Sebastian pour vous la donner  avec le sourire, un petit resto avec des tapas. Rien que du bonheur !!!

 

Jeudi 18 Juillet

 

Cala Molto ( molto bello !!!!)

39° 43 624 N ; 03° 27 169 E

Encore une cala au fond d’émeraude et un calme relatif dès les navettes à touristes reparties

Mais le village n’a pas d’âme, du béton, du béton en barre, en cube, à étage !!

 

Vendredi 19 Juillet

 

Cala Es Calo

39° 46 391 N ; 03° 19 975 E

Une petite jetée toute déglinguée protège un mouillage envahi par les bateaux moteurs.

On sait maintenant qu’il nous suffit d’attendre la nuit pour retrouver la paix du soir.

Le lendemain matin, en suivant un chemin à chèvres nous faisons une tentative pour rejoindre le sommet d’Atalay de Morey qui domine le cabo Farrutx…en vain!

Le chemin se perd malgré les cairns et les herbes hautes deviennent un obstacle infranchissable.

 

Mercredi 24 Juillet

 

Jonathan a rejoint sa chérie, Yvan est arrivé et profitant du SSE nous avons rejoint la cote Nord de Minorque dans une des nombreuses calas à notre disposition pour trouver un mouillage sympathique

 

 

 

 

Cala Fontanella

40° 02 887 N ; 03° 54 909 E

 

Jeudi 25 Juillet

 

Cala Tamarells

39° 57 589 N ; 04° 15 907 E

Une anse de la cala avec bouées et tour génoise, rochers croulants entre lesquels on se promène avec l’annexe, du bleu dans les fonds.

 

 

 

Ces mouillages sur Minorque décidément sont somptueux

 

Vendredi 26 Juillet

 

Cala San Saura

39° 56 545 N ; 03° 53 697 E

 

ESE tout au long de la journée qui nous oblige à tangonner , une belle nav au portant comme je les aime

 

Lundi 29 Juillet

Des visites dans les différentes calas alentours avant de retrouver le mouillage de Pollença

39° 54 361 N ; 03° 05 403 E

Le retour s’annonce pour Yvan alors que l’arrivée de Fabrice est programmée dimanche.

Entre temps, je compte sur le chantier Caballeros pour me remettre à neuf le vérin du pilote automatique, Yvan m’ayant apporté les pièces dans son bagage

Le 1er et 2 Aout sont congé, c’est la fête de Pollença village,  où la reconstitution de la bataille qui a eu lieu vers 1200, entre  Maures et Chrétiens envahit toute la cité .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La procession traditionnelle a lieu auparavant mais déjà les assoiffés sont à l’ouvrage pour se donner du cœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Profitant de ces 2 jours je pars visiter les grottes de Componet et le monastère de Lluc, un break touristique et culturel  bienvenu dans cet océan de mer .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et surprise à la marina, je retrouve une équipe féminine sur le voilier voisin, l’une est belle comme un cœur et l’autre a quelques heures de vol au compteur , mais toutes 2 naviguent entre Barcelone et les Baléares en tandem, je suis ravie, je me sens moins seule dans mon sort de navigatrice, femme et skipper, et chaque que je retrouve un équipage féminin c’est une réjouissance pour moi.

 

Mercredi 7 Aout

 

Les travaux sont enfin terminés, les pleins faits, direction le Sud, finis les ronds dans l’eau !!

Re Cala Molto : un SSO féroce nous ferme la porte de Porto Colom.

 

Jeudi 8 Aout

 

Le jour point à peine quand l’ENE commence à rentrer dans la baie et à nous chahuter gravement.

Fabrice n’est pas amariné et d’entrée de jeu, je le bouscule sur un départ matinal et remuant, avec l’ENE qui forcit, je le sens les tripes au bord des lèvres mais imperturbable il est tout de suite à la manœuvre pour le tangonnage .

Mais quelle récompense ! pas de moteur, 6/7 nds moyens jusqu’à la baie de Sant Jordi bien abritée

 

 

 

39° 18 903 N ; 03° 00 061 E

 

Vendredi 9 Aout

 

Ibiza la renommée pour sa jetset, ses jetskis, grosses unités de bateaux moteur à 3 voire 4 étages.

Dans la cala de San Vicente au NE, nous sommes épargnés, il y a encore pas mal de voiliers

39° 04 402 N ; 01° 35 530 E

 

Samedi 10 Aout

 

De même que vers l’ile de Conejera à Estancia des Dins

38° 59 090 N ; 01° 12 755 E

Belle anse qui nous protège de l’ONO qui sévit ici , sur une ile protégée où l’accès est interdit ce qui limite forcément l’appétit des promoteurs et autres bâtisseurs dont on va s’apercevoir qu’ils sévissent à une échelle incommensurable plus loin vers le Sud.

 

Dimanche 11 Aout

 

Cala Llentrisca

38° 51  767 N ; 01° 15 257 E

C’est bien la Sainte Claire !!

On trouve une cala déserte à quelques milles seulement d’Ibiza, alors que la foule s’entasse au mouillage en face .

Ca s’arrose !!

 

Lundi 12 Aout

On a bien fait d’en profiter, l’accès à Ibiza même est un gymkhana digne de Fort Boyard entre les vagues d’étrave, les navettes pour Formentera,… on se croirait volontiers dans la lessiveuse des grandes traversées, ….courage fuyons …dans l’Ensenada de la Canal

38° 50 164 N ; 01° 23 839 E

Et là ! je rêve d’inventer le splash à merde, pour en faire profiter les jetskis qui  rasent Apsara, voire même le bazooka à étron avec un tir plus précis et plus puissant pour les  grosses unités qui nous passent sous le nez!!

 

 

 

Mardi 13 Aout

 

Un petit passage à Formentera, une ile au sud d’Ibiza, sensée être plus à l’abri du rush touristique, …..que nenni !!!! la foule se presse le long de la cote et nous nous pressons vers la pression, la « clara » , spécialité ibérique: de la mousse avec citron….un délice !!!

 

 

 

Cala Saona :

38° 42 725 N ; 01° 23 089 E

 

 

Mercredi 14 Aout

 

Finis les sites surchargés, on file sur la Costa del sol où un NE devrait nous pousser avec ravissement. Non ! une fois de plus, la Méditerranée nous la joue fantaisiste, après un bel épisode sous génois, on fait une tentative avec le spi, puis avec génois tangonné, puis rien, puis moteur comme d’hab !!!!

La récompense suprême : un gros troupeau de dauphins qui jouent sur l’avant, à nous faire de l’œil, à se bousculer pour avoir la priorité devant l’étrave, des sauts, Fabrice est à la camera, émerveillé de ce spectacle.

Puerto de Moraira

38° 41 083 N ; 0° 08 702 E

 

Jeudi 15

 

Un événement aujourd’hui, nous passons à l’Ouest, cad nous franchissons le méridien de Greenwich, le 0°des  180° à l’opposé de la planète, un peu comme si on passait l’Equateur mais dans le sens Nord/ Sud.

Ca mérite un bizutage pour Fabrice et en guise de bizutage, c’est un petit coup de rosé bien frais, bien agréable qui nous régale de ce passage.

Un arrêt confortable dans la marina Salinas à Torrevieja, histoire de nous requinquer et de peaufiner le programme suivant  car Grenade s’approche.

 

37° 58 166 N ; 0° 40 966 W

 

Dimanche 18

 

Les mouillages ne sont pas légion le long de cette cote, en revanche les constructions et autres barres d’immeuble ont recouverts toute la bordure de la mer sur des km.

Des Minguettes à perte de vue, toutes plus laides les unes que les autres, à croire que le concours d’architecte portait sur la plus moche.

Là encore, les espagnols ont massacré leur cote, alors qu’un style d’habitation aurait pu être copié et préservé comme c’est le cas dans certaine région comme la Bretagne .

 

 

 

 

Ensenada de Mazzaron

 

37° 33 386 N ; 01° 10 364 W

 

Lundi 19

 

Même cirque le long de la cote avec le vent de NE qui subitement tourne ESE, tangonnage, détangonnage, pourrait être les 2 mamelles d’Apsara, sur la route qui nous mène à Puerto de Aguilas, un petit port de pêche avec une marina minuscule.

Le mouillage dans la baie est confortable

37° 24 286 N ; 01° 34 061 W

 

Mardi 20

 

Cala San Pedro

Une jolie anse cernée de sommet, quelques rares constructions style cabane de pêcheur, enfin un endroit sauvage qui mérite un petit bain

36° 54 133 N ; 01° 58 704 W 

Le seul hic, le pilote automatique vient de lâcher, plus de commande ….

 

Mercredi 21

 

Marina Almerimar près d’Almeria

36° 41 763 N ; 02° 47 618 W

Il va nous falloir refaire tous les circuits pour retrouver la panne et j’ai 2 chances immenses : que la panne soit arrivée à proximité de la cote et  la présence de Fabrice qui m’offre une aide précieuse par son calme et son efficacité.

4 jours pour s’apercevoir que le cable de la commande est légèrement sectionné….et que le fil est oxydé jusqu’au boitier

On file vite sur une grosse marina au sud de Malaga, en espérant trouver la bonne personne pour réparer

 

Lundi 26

 

Marina de Benalmadena

36° 35 788 N ; 04° 30 715 W

Dès l’arrivée, je trouve un technicien qui teste et il faut commander une nouvelle commande de pilote qui va arriver 2 jours plus tard.

 

 

Grenade nous tend les bras, on se munit d’une petite voiture et Fabrice nous trouve une réservation pour la visite de l’Alhambra et ses fameux jardins,

Al Ahmar  ( 1237 / 1273) de la dynastie des Nasrid fit construire sur les anciennes fortifications datant probablement des romains ,ce palais qui fut agrandi, orné dans le plus pur style arabe.

 

 

En 1492 le sultan Mohammed XIII ne put le conserver et le céda aux rois catholiques puis il devint la demeure de Charles Quint qui le fit agrandir une nouvelle fois.

Pas très fiers, nous apprenons que durant les guerres napoléoniennes une grande partie fut détruite par le général français qui commandait les troupes de l’armée de Napoléon.

Le site est réellement somptueux qui domine la vieille ville, seul regret , nous ne pourrons apercevoir les sommets de la sierra Nevada dans le sud .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour à la marina et installation du nouveau boitier de commande qu’on n’arrive pas à faire fonctionner : un message d’erreur apparaît et c’est maintenant le capteur d’angle de barre qui donne des signes de faiblesse …..la loi des séries continue

Nicolas arrive ce soir et n’a que 15 Jours pour rejoindre Madère, je me sens une énorme pression pour résoudre ce problème à épisode qui dure maintenant depuis plus de 10 jours.

A l’heure où je vous parle, il me faut attendre lundi 2 pour avoir des nouvelles à vous fournir, eh ! bien ce sera dans le prochain blog !!!

 

                                         Claire Brondex                31 Aout 2013

«  Penser le changement ou changer le pansement ? « 

 



Publié à 11:39, le 31/08/2013, Détroit de Gibraltar
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Mai/Juin 2013 De Martigues à Barcelone

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com 

Martigues Barcelone avril/juin 2013

 

 

 

«Le profane associe à la pratique de la voile une grande liberté, l’idée de périple, et l’image d’îles exotiques baignant dans des eaux cristallines, de plages dorées bordées de cocotiers.

L’océan est pourtant un milieu exigeant qui impose des contraintes implacables.

Pour devenir marin, même de plaisance, il faut apprendre, s’adapter, s’immiscer dans un nouveau milieu. Il faut accepter, humblement, de retourner à l’état de nouveau-né, un nouveau-né qui découvre le monde »

Christophe Houdaille  « Le chant des voiles »

 

 

Les faux départs, je déteste ça ! déjà lors de mes jeunes années lorsque la compétition démarrait de la sorte, je me retrouvais perdue ne sachant repartir ni du même endroit ni de la même façon.

Faux départ à Port Miou alors que l’épaule droite est restée  dans les startings, certes il y a pire endroit pour poireauter 3 semaines !

L’accueil de François à Bandol atténuera cette attente, la visite de Corinne et Guy, et enfin l’arrivée de François à nouveau pour un vrai départ vers l’Ouest.

 

 

Auparavant j’avais offert avec Olivier un lifting sur le fond et Horizon Marine sur la coque à Apsara qui avait retrouvé fière allure et je l’aimais d’autant.

Grand merci à vous, Olivier,Patrice, Paul, Roman, Guy, Charlie, Djerpi,, etc, etc…

Je l’ai trimballé ensuite jusqu’à Port Camargue où pour la première fois en Méditerranée j’ai joui du portant à l’aller et au retour,  pour retrouver Oukiok qui venait d’être vendu, Joël et Anne-Marie,.. puis le Frioul pour  the Voutier’s family.

 

 

 

 

J’ai gouté les petits ports qui sentent le pastis et la pétanque, les accents chantants des commentaires « tu poïïnteeus ou tu tireeus ? », les étals de poissons  juste ramenés de la pêche, Carro, La Redonne, jusqu’au stop à Port Miou.

Je devais rejoindre Corinne à Hyères, le mistral puis la tempête d’est aurait de toute façon limité mes ébats sur Apsara.

L’Est noie le port de Cassis jusqu’au sommet du phare, annule les régates des vieux gréements et le spectacle pyrotechnique… qui auront lieu le lendemain.

 

 

Assoiffées ce lendemain après une balade sur les crêtes entre Cassis et La Ciotat, nous cherchons avec Corinne une place en terrasse pour siroter une petite mousse lorsque nous sommes interpelées par un jeune couple qui nous invite à leur table.

Ils sont de Paris, et très vite on se trouve des lieux communs : Bernex, prof de gym, l’annulation de son programme en juillet fait que Jonathan est en panne…moi aussi ! il me rejoindra donc aux Baléares, quelle aubaine !

J’ai toujours aimé ces rencontres impromptues, aléatoires qui ne sont pas par hasard, et qui font que la vie est salée comme la mer. ( parfois aussi imbuvable !!)

 

Juin 2013 La Camargue

 

Avec François, d’un 1er mouillage à Morgiou 43°12 500 N ; 5°26 879 E où je retrouve la paix du soir, nous poursuivons sur le Frioul, dans la calanque de Morgiret 43° 16 929 N ; 5° 18 191 E

Puis le petit mouillage de Carro 43° 19 837 N ; 5° 02 575 E

Je vais enfin pouvoir visiter cette Camargue qui me faisait rêver, adolescente avec ses promenades à cheval, ses gardians, et les plates étendues du delta du Rhone.

 

Les sorties du Rhone en mer la marbre de chocolat, avec des courants qui courent en rond.

Les Saintes Marie de la Mer s’aperçoivent avec l’immense clocher de l’église forteresse, dans une brume qui voile l’horizon.

Port Gardian est accueillant, on vient vous chercher à l’entrée, les sanitaires sont royaux, et les tarifs bien en dessous de ceux pratiqués habituellement en Méditerranée.

 

 

43° 26 898 N ; 4° 25 354 E

 Nous jouons les touristes, sur le marché, au sommet du clocher et sur le bras du petit Rhone.

Mais on ne va pas s’attarder car la fête m’attend à Port Camargue ;

 

8 Juin 2013

 

Port Camargue

43° 31 216 N ; 4° 08 264 E

 

Eric et Anne ont acheté Baloo à l’automne dernier et sont basés au ponton V, ce sont des amis de Christian et Véronique( parents d’Etienne, mon 1er équipier ) et de Michèle aussi, puisque qu’Eric était pisteur-secouriste à Chatel avec elle.

 

 

 

Bref, le rosé aidant, le cercle  se referme et Eric viendra remplacer Joel sur la route de Barcelone.

Difficile pour moi d’envisager de rejoindre seule cette grande cité où je dois retrouver Marc  et Isabelle avec un bras et demi.

En attendant la fête locale du Grau du Roi me fait découvrir cette particularité camarguaise des joutes nautiques et des courses de taureau, toute une vie identitaire dès le plus jeune age puisque les 1ers jouteurs ont à peine 12 ans.

 

 

 

Pour que ces joutes et les courses aient lieues, il faut des bras  de mer où le fleuve vient se noyer, une ville qui l’enserre et des spectateurs émerveillés de chaque  coté, des arènes où des taureaux furieux s’énervent à poursuivre des coureurs tout de blanc vêtu  dont le jeu suprême est de saisir un bout de ficelle sur la corne acérée du bestiau.

Une visite à Aigues Mortes s’impose, la cité de Saint Louis a vu partir pas moins de 4 croisades et ses remparts ferment la ville dans un quadrilatère parfait

 

 

 

 

 

 

 

Il me faut faire des pleins sérieux, Eric est un joyeux mangeur, ma réputation est en jeu, il ferait beau voir qu’il revienne à Port Camargue amaigri !!!!

Un dernier apéro et le lendemain matin aux aurores, nous retrouvons le large pour rejoindre Collioure

 

Jeudi 20 Juin

 

42° 31 527 N ; 03° 05 283 E

L’entrée dans la petite anse de Collioure au jour tombant, les remparts s’illuminant lentement, m’offre la  joie tendre des parcours accomplis tels que rêvés, assortis d’une belle balade au pied de ces remparts que Vauban, maitre en la matière, fit réaliser pour contrer le royaume d’Espagne, un peu trop gourmand sur ces terres.

Et la commune a eu la bonne idée de placer des coffres où nous nous installons.

 

Vendredi 21 Juin

 

Ola España !

A peine 20M nous séparent de Cadaquès , lieu de villégiature du plus excentrique des peintres du XXème  siècle :  Dali.

Auparavant il nous faut contourner le célèbre cap Creus, où la mer et le vent s’affrontent en des combats interminables.

Eole a bien voulu faire la paix, et c’est sous voile mais au moteur que nous arriverons à Cadaquès.

La manne des touristes et des plaisanciers génère un système de bouées payantes et dès que nous entrons dans la baie une embarcation se précipite pour nous révéler que les tarifs sont moins chers à Port LLigat juste à coté …dont acte !

On s’y rend et nous sommes reçus par une femme au sourire réjoui qui nous place sur une bouée et nous ponctionne ( toujours avec le sourire !) de 20 €.

42° 17 563 N ; 03° 17 508 E

 

Samedi 22 Juin

 

Incontournable, le musée Dali à Figueres, je m’y rends en bus.

 Ayant déjà visité le musée Beaubourg à Paris cet hiver où séjournait une expo Dali, j’étais restée peu convaincu par l’art de ce peintre .

 

 

 

 

Assurément c’est un génie à l’imagination délirante, à la technique éblouissante mais à nouveau je ne suis pas tombée sous le charme excepté ses dessins à l’encre et ses  bijoux.

Un petit resto local et la baie bien protégée de Port Lligat  nous offre le calme du soir et Eric, lui,  m’offrira une pâtée au Scrabble mémorable !

41° 44 168N ; 02° 57 328 E.

 

Dimanche 23 Juin

 

Un vrai petit bonheur, un doux zéphyr au portant sur une mer douce comme une caresse nous emmène vers le SO, l’embellie est de courte durée mais nous profiterons du portant à la fin du parcours vers la cala de Giverola .

 

41° 44 168 N ; 02° 57 328 N

 

La météo n’est guère réjouissante, il pleut et le bar où nous rendons est vide comme une coquille désertée.

Seule l’opportunité de ne pas payer la bouée sur laquelle nous sommes amarrés, nous apporte un peu de réconfort…et on se vengera sur le  pastis et le porto !!!

 

Lundi 24 Juin

 

Barcelone, la cité de Gaudi nous attend à la marina Port Vell en plein centre ville.

Alors que le mistral s’époumone en France, nous sommes abrités sur cette cote orientée NE /SO et c’est au près bon plein que nous apercevons les premières grues du port .

41° 22 728 N ; 02° 11 122 E

 

 

Moi qui ne suis pas citadine, j’aime le charme de cette ville où à chaque coin de rue on trouve de larges espaces, d’immenses places, de longues avenues séparées par des ramblas, pas de démesure mais une architecture obsolète pleine douceur.

Une foule jeune, des vélos se mêlent aux piétons, ce n’est pas une ville stressée et les embouteillages doivent être rares.

La Sagrada Familia  lorsque nous arrivons, est sous emballage en pleine réfection ;

L’an dernier l’intérieur était en finition et il semble que les travaux de réfection à l’extérieur aient été entrepris…pour un ouvrage qui débuta en 1892.

Ce monument ne fut pas à l’origine une œuvre strictement de Gaudi mais une passation de pouvoir entre un architecte et son ancien assistant suite à un désaccord.

Gaudi en reprit les plans pour en faire son œuvre magistrale ;

 

Las ! les horaires de train n’attendent pas et Eric doit rejoindre la gare TGV pour Montpellier.

Bye, bye Eric ! comme chaque fois qu’un(e) équipier(e)me quitte et que j’ai pu partager avec lui (elle) des moments plein de bonheur sur la mer c’est le vide du cockpit  après son départ qui me pèse.

3 jours , avant l’arrivée de Marc et Isabelle ne suffiront pas, toute façon,  à me permettre de tout visiter alors je vais être bien occupée et ce sont plein de bons et beaux souvenirs qui vont me nourrir dorénavant.

 

 

                                                                    

Elle est pas belle la vie sur Apsara?

 

 

Claire Brondex

 

 

                                                                  Le 26 Juin 2013

 

« Il est nécessaire de permettre à votre imagination de vagabonder librement, et de trouver un peu d’espoir, même lorsque l’angoisse a eu raison de votre vision positive des choses »

 

 

                                                                               Ellen Mac Arthur   « Les pieds sur terre »



Publié à 14:12, le 27/06/2013, Mer Méditerranée
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Athènes- Martigues Sept/Oct 2012

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Athènes/ Martigues Aout Octobre 2012

 

 

 

Dimanche 19 Aout

 

 

Comme un fait exprès, le meltem qui s’était calmé quelques jours, me laissant le temps de ranger la boutique, a recommencé à s’époumoner à l’arrivée de Nicole qui n’est pas franchement une amatrice de nav musclée.

Le clapot qui sévit dans la baie de Porto Rafti où j’ai installé Apsara sur une bouée est franchement désagréable et nous incite à trouver une solution rapidement pour jouer les touristes dans les Sporades.

L’après-midi se passe sur Internet ….pas facile de trouver des solutions, et de guerre lasse nous rendons visite le lendemain à l’agence touristique locale qui saura au moins nous dire les horaires des bus et autres ferries.

 

Lundi 20 Aout

 

Un bus relie Marko Poulo la ville voisine et de là nous pourrons rejoindre Athènes en bus également.

¼ d’heure avant le départ du bus qui part pour Agios Constandinos, nous arrivons au terminal, à peine le temps de faire pipi et nous voilà reparti vers la ville où un ferry nous attend pour Skiathos .

Et le soir même nous sommes à Skiathos l’ile principale des Sporades au NE de la presqu’ile d’Eubée .

Très touristique et dans le vent ( hi !hi !hi ! le meltem s’est calmé) Skiathos est envahi de

Yachts à la clientèle chicos

De là nous rendrons visite à Skopelos sa voisine, plus authentique et Alonissos, pour un retour en avion sur Athènes.

 

Dimanche 26 Aout

 

Le temps semble stable pour 2 jours et Apsara méritant bien une petite sortie nous rendons visite à la presqu’ile d’Eubée juste en face : mouillage dans la baie de

Megalo Petali 37° 58 913 N ; 24° 15 085 E.

 

Lundi 27 Aout

 

Petite visite à la cité locale Marmari puis nous allons poser la pioche dans une baie aux eaux turquoises toute proche Nisis Xero : 38° 01 814 N ; 24° 16 847 E

Le retour qui aurait du logiquement se faire au portant se fera vent dans le pif, histoire de bien prouver que je ne raconte pas de salades en affirmant qu’en Méditerranée, de quelque coté que  l’on se tourne le vent vous a dans le pif !!!

D’aucuns se ravissent de cette navigation, jouissant allègrement du près serré et de la gite, amateurs de sites et de petits ports aux tavernes accueillantes, moi j’aime bien les tavernes et la retsina, les mouillages sauvages, et les petits dejs au calme sur une mère lisse comme du velours, beaucoup moins d’avoir à me battre contre le vent et de lutter pour avancer.

Je garde un souvenir ému des navs au portant dans l’Atlantique ou le Pacifique.

Le vent ne m’aime pas en Méditerranée, peut-être m’en veut-il de ne  pas lui avoir rendu  visite en premier et d’avoir flirté d’abord avec les alizés

Il est susceptible et contrariant comme une vieille chatte,

Ne te vexe pas, je reviendrai mais je vais retourner à mes premiers amours pour gouter à nouveau de la nav toutes voiles  dehors en ciseau.

 

Mercredi 29 Aout

 

Skyros la dernière des Sporades se rejoint par un bus via la presqu’ile d’Eubée, puis un ferry à Simy .

Lorsque nous rentrons, mon voisin de bouée est là, préparant son voilier pour la régate dominicale ; comme il vient de célébrer ses 70 ans, il nous offre une bouteille de blanc que nous dégusterons plus tard avec Roger ( pour ses également 70 ans)  et Aline.

 

Mardi 4 septembre

 

 

 

 

Nicole est sur le départ pour retrouver sa Vésubie et le soir même, j’accueille Roger ( dit Roro de la Tatte, (accordéoniste, parapentiste, potier  )et Aline sa compagne

 

 

 

 

 

 

Tous deux sont des débutants  intégraux sur un voilier hauturier,  Roro s’inquiète déjà de ma férule, et  Aline saisie prestement l’environnement de la cuisine car c’est une fine cuisinière et nous en aurons la preuve tout le long du séjour même à la gite !!!!

 

Jeudi 6 Septembre

 

Les pleins faits, le meltem nous accordant une journée de répit nous filons plein sud pour contourner le Cap Sounion et y mouiller juste sous le temple de Poseidon.

 

 

 

 

 

37° 39 224 N ; 24° 01 366 E

Pour parfaire l’accueil des hauts savoyards il ne manquait plus qu’un superbe coucher de soleil : c’est chose faite que nous ne manquerons pas d’arroser de retsina bien fraiche !!!

 

Vendredi 7 Septembre

 

….Et cerise sur le gâteau, voilà qu’Eole nous fait un superbe cadeau avec du Nord 10/15 nds pour router jusqu’à Egine quasiment depuis le départ

….somptueux !!!

37° 44 503 N ; 23° 25 705 E

Egine est un petit port bien sympa ; malgré sa proximité avec Athènes, il reste très authentique et bien sur, le bord de mer et les rues avoisinantes sont envahies de tavernes, et de marchands de fruits à l’étalage, ce qui nous permet de refaire les pleins de frais.

 

Samedi 8 septembre

 

Direction le canal de Corinthe.

Comme je ne sais pas comment ça fonctionne, je préfère mouiller à l’entrée et me rendre avec l’annexe au bureau de l’accueil .

Vite fait, bien  fait les droits de passage sont aussitôt acquittés et la direction m’enjoint de traverser d’ici une heure…juste le temps de remonter l’annexe, l’ancre,  de se pointer à l’entrée, et recevoir l’ordre de transit .

Pour moi c’est un grand moment car après avoir franchi Panama et Suez il ne me restait plus que ce canal à ajouter à mon « palmarès »…c’est émouvant quand on sait que ce canal de Corinthe fut déjà en partie creusé durant l’Antiquité.

 

 

 

Puis nous allons mouiller dans une petite baie près de Vouliagmeni

38° 01 77 N ; 22° 54 134 E

 

Dimanche 9 septembre

 

Jour du Seigneur donc repos vers les iles Alkionides, tout à l’Est du golfe de Corinthe, où nous mouillons devant les vestiges d’un ancien monastère.

 

 

L’eau est limpide et invite à la baignade, et nous voilà tous trois en train de barboter, qui avec une planche, qui avec palmes, masque et tuba.

Hélas ! les fonds sont morts, pas même un poisson à l’horizon, à peine quelques oursins minuscules et dépités nous rentrons au bateau pour l’apero !!!

38° 06 685 N ; 22° 59 538 E

 

Lundi 10 septembre

 

Le NNE nous permet de naviguer à nouveau à la voile et faute de pouvoir nous réfugier dans la baie de Vidhavis , pas assez abritée de la houle , nous rejoignons l’anse d’Anemokambi envahie  de fermes piscicoles et de barges au chargement douteux , probablement des granules pour nourrir le poisson……beurk !!!

38° 20 921 E ; 22° 22 847 E.

 

Mardi 11 Septembre

 

La route à l’Ouest se poursuit pour sortir du Golfe de Corinthe, du SE puis de l’Est 15/20 nds , toute voile dehors en ciseau, c’est avec ravissement que nous franchissons l’immense pont de sortie , puis au terme de 50M,  atteindre la baie très protégée de Misolonghi, après avoir embouqué le canal qui lui donne accès .

38° 21 535 N ; 21° 25 131 E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bon p’tit resto, une nuit réparatrice et nous voilà partis vers de nouvelles aventures.

 

Mercredi 12 Septembre

 

Ithaque, ô combien célèbre puisque patrie d’Ulysse, nous rejoignons cette ile avec une misère de vent pour aller y mouiller dans la baie de Vathi

38° 21 990 N ; 20° 43 19 E

L’annonce d’un temps très pluvieux dans les jours avenirs m’incite à me mettre cul à quai après avoir fait le plein de gazole à la station dans la baie ……

un peu douloureuse la note avec un GO à 1€87/l  et les 100l d’eau à 100€  .

Je ne sais si la Grèce refait le plein de sa caisse de  bord  avec les taxes mais assurément les plaisanciers ne sont pas à la fête …on apprécie d’autant mieux de naviguer à la voile !!!

 

Jeudi 13 Septembre

 

 

 

 

 

 

Déluge à Ithaque

Moi qui me demandais comment rincer mon bateau, je n’ai même pas eu besoin de sortir le tuyau, et j’ai réussi à refaire le plein d’eau avec le récupérateur et gratuite de surcroit ….si j’avais su !!!!

Nous avons eu la bonne idée de louer une voiture pour visiter le nord de l’ile, seule refuge face aux trombes d’eau ce sera la taverne locale pieds dans l’eau et le retour sur Vathi dans le brouillard ne nous laissera pas beaucoup de visibilité pour apprécier le paysage …on se voit juste l’avant du véhicule…. !!

Le lendemain est à l’identique, pas de bottes, pas de cirés, nous fuyons devant l’adversité !

 

Dimanche 16 Septembre

 

Iassos Hellada !!!

 

Les 250M qui nous séparent de la Sicile permettront aux néonavigateurs de découvrir les quarts de nuit et comme Eole ne peut pas être fâché continuellement contre nous, la navigation à la voile au travers avec15/20 NO …rien que du bonheur !!!

 

Mardi 18 Septembre

 

Eole s’essouffle progressivement, tranquillement nous traversons au sud du détroit de Messine pour rejoindre la baie proche de Capo Taormina sous le regard de l’Etna.

 

 

 

 

 

Des bouées sont installées, payantes bien sur !

 Nous avons tout loisir d’aller mouiller au fond de l’anse, mais je me fais un devoir d’utiliser les bouées, même payantes, lorsqu’elles sont en place  pour éviter de poser l’ancre sur un fond où s’étend la posidonie.

 

 

 

 

Mercredi 19 Septembre

 

Je fais le choix, pas très judicieux, on verra plus tard pourquoi, de rejoindre la marina de Messine, mais il nous faut refaire quelques pleins avant d’aller visiter les iles éoliennes.

Un courant positif de plus d’un nœud nous mène gentiment jusqu’ à l’approche de la marina, et là nous rencontrons alors les célèbres tourbillons de Charybde…pour nous mener jusqu’à Sylla avec les tarifs de la marina !!!

98 € la nuit  et un accueil déplorable

 

 

J’ai vraiment le sentiment de m’être fait arnaquer !!

 

Jeudi 20 Septembre

 

Et le lendemain à la sortie du détroit au nord, du jamais vu avec 5nds de courant positif, Apsara atteint allègrement les 9 nds et pourtant on n’a pas l’impression d’avancer !!

Porto Levante au pied de Volcano

38° 25 027 N ; 14° 57 709 E

Si nous doutions d’être au pied d’un volcan, les fumerolles qui empanachent le sommet et surtout les odeurs de souffre qui nous asphyxient, nous ramènent à la réalité locale.

Au fond le Stromboli veille sur nous.

Ce paquet d’iles volcaniques, aux formes coniques si caractéristiques, plantées au milieu de la mer bleu sombre nous offrent un spectacle éblouissant.

 

 

 

 

Vendredi 21 Septembre

 

L’avant  dernière ile des Eoliennes à l’Ouest s’appelle Filicudi et à nouveau le club local a eu la bonne idée de placer des bouées.

38° 33 658 N ; 14° 35 074 E

Nous nous y arrêtons quelques  heures avant de repartir le soir, pour la dernière,  Scaudi, distante de 70 M.

 

 

 

Samedi 22 Septembre

 

Lorsque nous arrivons devant le petit port de Scaudi , pas une seule place disponible, et de surcroit le vent tourne au SSO 12/15 nds , juste de quoi nous mener sur la cote Est de la Sardaigne après une belle nuit de nav .

Yanmar est au repos, il l’a bien mérité et nous, nous régalons de cette nav au travers/ largue.

 

 

 

Dimanche 23 Septembre

 

 

Une petite marina près d’ Arbatax que j’avais déjà visitée l’an dernier nous accueille

La marina di  Baunei Santa Maria de Navarese nous permet de retrouver le luxe des douches chaudes et des gelati .

39° 59 489 N ; 09° 41 551 E

 

Lundi 24 Septembre

 

Encore un beau parcours à la voile avec du Sud pour rejoindre la marina d’Ottiolu

40° 44 381 N ; 09° 42 639 E

On s’accorde une journée off avec restau et gelati

 

Mercredi 26 Septembre

 

Encore du Sud pour nous  permettre de découvrir sous le soleil le fameux archipel de la Maddalena au NE de la Sardaigne.

Cet archipel est une réserve en même temps qu’un parc national, autant dire que certaines zones sont interdites au mouillage, d’autres protégées, pour le plus grand  bien de la faune et de la flore, et  partout des bouées sont installées.

A l’Est de l’ile principale la Maddalena, se présente une ile fort découpée la Caprera avec une baie très ouverte au Nord : Cala Portese

C’est là que nous prenons à nouveau une bouée avec l’aide attentive des gardiens du Parc ( qui font payer également !!)

41° 11 148 N ; 09° 28 003

 

Jeudi 27 Septembre

 

Sur l’ile Razzoli, à l’extrémité NO de l’archipel s’ouvre une longue Cala surnommée bien sur Cala Lunga mais ouverte à l’Ouest, hélas c’est l’ouest qui souffle aujourd’hui et nous nous réfugions à Deadman’s reef passage sur une bouée

41° 16 983 N ; 09° 21 546 E

Une immense lagune turquoise, des poissons à profusion, des mouettes gourmandes, quelques ilots déchiquetés, ça ressemblerait à un petit paradis.

 

 

 

Vendredi 28 Septembre

 

Le NE s’est levé dans la nuit et 20/25 nds nous mènent allègrement jusqu’à la marina de Bonifacio au bout de l’anse si particulière qui donne accès au port.

Ce paysage est certainement un des plus beaux au monde : la Citadelle et la vieille cité qui dominent  les falaises découpées par l’érosion sur le bleu de la mer .

Mais le mauvais temps arrive, des nuages, quelques gouttes de pluie, un orage la nuit , nous en profitons pour jouer les touristes et « badoler » dans la Citadelle et les ruelles.

 

 

Dimanche 30 Septembre

 

Temps chaotique, quelques gouttes, peu de vent, Yanmar est à l’ouvrage pour nous guider jusqu’à la baie d’Ajaccio, où nous prenons un coffre dans l’anse Sainte Barbe à coté de Porticcio :

41° 50 951 N ; 08° 46 427 E

 

Lundi 1er Octobre

 

Après le départ de Ste Barbe nous traversons les iles Sanguinaires, et devinons au loin un ciel d’orage bien chargé,…. quelques milles encore et un déluge s’abat sur nous, nous laissant un peu de répit pour admirer les Calanques de Piana, sous un soleil renaissant ;

La baie de Girolata et son port minuscule  que l’on ne peut joindre que par la mer, sont toujours aussi beaux

Un fort qui domine la petite anse est en sursis faute de trouver une solution pour le restaurer.

Quel dommage !! Les roches sombres marbrées de vert et la mer qui scintille, le ressac qui  les cerne de blanc, c’est toujours avec la même intensité, que cet émoi me saisit devant le spectacle de la nature

42° 20 926 N ; 08° 36 835 E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 2 Octobre

 

Au portant nous rejoignons la baie de Calvi et sa célèbre Citadelle, car ce n’est pas aujourd’hui que nous pourrons réaliser la traversée vers le continent : notre route est au 289° et c’est de l’Ouest annoncé

42° 33 729 N ; 08° 45 741 E

Demain les vents s’orienteront plus OSO..avec un peu de chance, on devrait pouvoir éviter le près serré.

 

Mercredi 3 Octobre

 

Non !!! bien sûr !!Eole ne nous épargneras pas…jusqu’au bout il se mettra face à notre route, prenant un malin plaisir à nous contrer comme si naviguer à la voile n’était qu’une lutte contre les éléments.

Dès les 1er Milles il faudra s’appuyer au moteur pour éviter de se retrouver sur la Promenade des Anglais et conserver un cap nous laissant croire que la Canebière est à portée de voiles.

La nuit s’est écoulée à la gite, Apsara boutant dans les vagues, et quand aux premières lueurs du jour nous retrouvons enfin l’horizontale, on se croirait au paradis.

Porquerolles, Cap Sicié, La Ciotat, Les Calanques, les iles du Frioul, la plus belle partie de la cote est de la revue sous un ciel voilé qui révèle les reliefs de façon encore plus accrue.

 

Jeudi 4 Octobre

 

On pose la pioche dans le Port Pomègues, les mouettes ricanent au dessus de nous, et des centaines de petits poissons font la course autour du bateau, on apprécie d’autant mieux l’apero

 

43° 16 286 N ; 05° 18 110 E

 

Vendredi 5 Octobre

 

Apsara sent l’écurie, les rênes sur la croupe, je le laisse filer jusqu’à l’entrée du canal de Caronte, puis comme nous arrivons ..abracadabra… ! le pont de Martigues se lève et la marina d’Horizon-Marine nous accueille pour le café.

43° 24 112 N ; 05° 07 180 E

C’est avec joie que je retrouve toute la fine équipe : Paul, Guy, Charlie,  Roman et la ribambelle de petits chatons qui ont du naitre pendant mon absence.

 

Mise en hivernage veut dire tout retirer, voiles, cordages, puis rincer, sortir  de l’eau pour être délicatement poser sur un ber pour l’hiver…Apsara a bien mérité cette année encore !

Aline et Roger s’en vont retrouver la Yaute, encore une petite semaine pour moi et je serai bientôt de retour au bercail.

 

Et j’espère vous retrouver l’an prochain pour de nouvelles aventures …..à bientôt §

 

                                                                                         Claire Brondex  le 6 OCT 2012

«  On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant »    Prévert...

 

 

.elle est pas belle la vie sur Apsara

 



Publié à 15:48, le 6/10/2012, Mer Méditerranée
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Karpathos Athènes

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

Karpathos Athènes Juillet /Aout 2012

 

 

Dimanche 8 Juillet

 

Reprenons…je suis à Pighadia , petit port au sud de Karpathos ..

Depuis le départ de Nathalie , le meltem ne m’a pas accordée une journée de répit….

Des rafales à 25 nds dans le port lui-même et lorsque nous sommes rentrées de notre virée hier avec Nathalie ,j’ai tout de suite réalisé que le coté tribord avait souffert , les filières pendent lamentablement et un chandelier a un air penché un peu attristé

3 défenses explosées sous le choc contre le quai probablement du à l’arrivée un peu rapide d’une navette à touristes , la coque  râpée par le béton agressif du quai….

Je me réfugie à nouveau vers la jetée NE mais ça devient franchement intenable .

Un hollandais qui vit sur son bateau dans la petite marina adjacente me propose de déménager dans celle-ci car il y a une place le long de la jetée …dont acte !!!

 

Mardi 10 Juillet

 

Enfin une accalmie , le vent n’est plus qu’à  15 nds …..comme un fait exprès …je ne peux décoller : la sortie de l’échappement a été arrachée dans la bataille  et il me faut réparer.

Et comme le vent reprend demain me voilà à nouveau scotchée, je propose donc à Monique et Jean-Claude de venir me rejoindre à Karpathos jeudi 12 date de leur arrivée à Rhodes .

 

Jeudi 12 Juillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21h , ils sont bien là dans le minuscule aéroport de Karpathos ,

c’est le bonheur !!depuis le temps que nous en parlions de nous retrouver sur Apsara ;

Une fenêtre un peu plus calme s’annonce samedi …à ne pas rater

 

 

Vendredi 13 Juillet

 

Un petit tour sur la cote Ouest pour retrouver le petit port de  Kato Lefkos en voiture et son restau Dramontana.

Un grand moment de retrouvailles arrosé de retsina….un jour je reviendrai avec Apsara dans cette petite anse très abritée au fond turquoise , c’est si beau !

 

 

Samedi 14 Juillet

 

Les défilés, flonflons, pétards et autres bals de la France en liesse sont bien loin pour nous .

Lever  matinal , la mer est calme sous le vent de l’ile , jusqu’à se retrouver au milieu de la passe entre Karpathos et Rhodes mais nous pouvons enfin naviguer à la voile au travers .

 Apsara tout guilleret de ce renouveau danse sur les flots lorsque soudain je vois Jean-Claude verdir un peu , le seau est à portée de main, le petit dej qui ne fut pas trop grassouillet est déjà reparti nourrir les poissons .

Ca s’appelle s’amariner !!!

La mer se lisse sous le vent et nous terminons la course à 6nds de moyenne à Lindos que j’ai déjà visité l’an dernier

36° 05 862 N; 28° 05 304 E

 

Lundi 16 Juillet

 

 

 

 

La forteresse de Lindos qui domine la baie très protégée, se laisse découvrir après une grimpette dans les rues étroites où circulent les ânes qui trimbalent le touriste épuisé.

Cette forteresse a vu plusieurs royaumes se succéder depuis les romains dans l’Antiquité, en passant , bien sur par les chevaliers de St Jean puis les Ottomans .

Le petit port annexe coté ouest  est une petite merveille turquoise …on s’y serait bien arrêté !

 

 

 

 

« Are you famous ? » c’est ainsi que m’interpelle un quidam avec son fils après lui avoir expliqué que je retournais avec l’annexe sur mon bateau

Grand Dieu, non !…et merci bien !!!!

Et en quelques milles nous sommes à Rhodes , pas question de se réfugier à la marina pleine comme un œuf , nous mouillons devant la jetée aux moulins et courons nous désaltérer au bar de la marina à la bière avenante et au jus d’orange délicieux .

36° 33 992 N; 27° 51 806 E.

Revisite de la ville et de ses remparts que nous connaissons tous ….

J’en profite pour réparer les filières et les changer , un petit ship qui ressemble plus à un capharnaüm, saura me les tailler à la bonne longueur avec un matériel qui doit dater de la guerre de 100 ans !!

 

Jeudi 19 Juillet

 

Direction l’ile de Simi , célèbre pour  son architecture très particulière .

Un petit stop dans la baie de Marathouda au sud , où il y a juste une taverne et une chapelle

36° 33 992 N; 27° 51 806 E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 20 Juillet

 

Baie de Pedi ou Pethi, profonde échancrure mitoyenne du port de Simi , elle est bordée de petites maisons colorées  au toit triangulaire ce qui lui donne un charme surprenant

36° 36 920 N; 27° 51 400 E

 

 

Nous atteignons le sommet du village pour avoir une vue plongeante sur la baie de Simi et son petit port bien occupé par les ferries et les voiliers .

Et le lendemain nous profitons de la rotation de bus pour y aller faire un tour et monter les 400 marches qui mènent à la chapelle sommitale .

 

 

Dimanche 22 Juillet

 

Le vent de NNO qui nous a laissé un peu tranquille va nous rejouer un de ses tours favoris avant d’arriver à Nisiros , scotchés à 8 M du port nous courons nous réfugier chez les Turcs pour une nuit un peu mouvementée

36° 40 135 N ; 27° 25 199 E

 

Lundi 23 Juillet

 

Le calme enfin revenu nous rejoignons le port de plaisance de Pali au nord de Nisiros .

36° 37 188 N; 27° 10 250 E

Celui-ci est entièrement dédié aux bateaux à voile , installation cul à quai après avoir mouillé …pas de ferry, pas de navette , l’autre port de Mandraki étant réservé à cet usage .

Mais Nisiros recèle bien d’autres trésors car c’est une ile volcanique  assez récente.

 Le centre de l’ile n’est plus qu’un cratère encore vivant avec  fumerolles et  odeurs de soufre;

 

 

 

Comme nous avons loué une voiture , nous courons vite lui rendre une visite avant le rush touristique et les 1eres chaleurs .

 

Après s’être sustenté à Nikia, nous suivons la route jusqu’au sud de l’ile à Avlaki où une chapelle est en train d’être restaurée et où nous apprenons qu’une fête va y être donner le mercredi suivant .

Ca tombe bien car la soufflerie a repris du service , danse, musique traditionnelle, repas convivial, tout pour nous régaler en attendant de pouvoir repartir sur Kalimnos .

 

 

 

Jeudi 27 Juillet

 

On croit rêver , juste de quoi naviguer à la voile en longeant la cote sud de Kos , mais les marins ne rêvent pas trop car ils savent que l’embellie sous le vent de l’ile sera de courte  durée …et dès le virage pris pour contourner Kos nous revoilà aux prises avec Eole qui nous laissera quand même rejoindre la baie de Vathy sans trop peiner

36° 58 560 N; 27° 02 189 E

C’est une longue baie qui ressemble à un fjord au bout duquel se trouve un quai et quelques voiliers .

Je préfère mouiller dans une anse sauvage à droite en rentrant  où il me faut mettre une ligne à terre voire 2 .

 

Dimanche 29 Juillet

 

L’ami Eole n’a pas molli , 25 nds dans le pif  pour rejoindre la baie de Xerokambos .sur l’ile de Leros

Les 2 tavernes au bord de l’eau ont eu la bonne idée de placer des coffres pour les plaisanciers en espérant surement leurs visites

37° 06 487 N; 26° 52 319 E

 

 

Une visite à la ville le lendemain et au chantier/ port à sec  renommé dans le landernau des voileux .

C’est nickel propre , un accueil digne d’un chef d’état, une clientèle française à 70%, les prix sont à l’image de tout le bassin méditerranéen cad chers!! …mais pas excessifs ;

 

Mardi 31 Juillet

 

Moi qui me félicitait d’avoir une ancre à toute épreuve, et qui racontait  avec fierté n’avoir jamais dérapé, il a bien fallu que ça arrive dans la baie Est de Lera à Lipso

37° 16 894 N ; 28° 46 644 E ;

Mouillage sur le sable mais trop prêt du champ de posidonie ….le temps qu ‘elle accroche et la voilà qui dérape sur l’herbe marine, tout doucement , sans faire de bruit

Jean-Claude au regard acéré nous voit reculer subrepticement , je ne veux y croire et pourtant c’est la dure réalité , il faut relever et mouiller à nouveau ;

Il y a bien sur une taverne dans la baie voisine  pour nous remettre de nos émotions !

 

Mercredi 1er Aout

 

Quelques milles entre des chapelets d’ilots et nous atteignons l’ile d’Arki à port Stretto

2 fjords à peine séparés d’une langue de terre , dans celui de l’W, 4 bouées accueillantes placées là également par le restaurateur et la courtoisie veut que nous allions nous restaurer chez lui .

37° 22 509 N; 26° 44 334 E

C’est un des plus beaux sites visités à ce jour , les clochettes du  troupeau de biquettes pour vous réveiller gaiement le matin ,  la taverne  à l’unisson , c’est tout simplement bon.

 

On serait bien resté dans ce petit paradis, mais Monique et Jean-Claude ont pris leur vols de retour à Ikaria dont seulement 20M nous séparent ;

 

Jeudi 2 Aout

 

Le meltem a repris, furieux , 5h pour faire les 15 M  pour l’ile de Fourni .

Une baie au sud qui nous permet de poser la pioche.

37° 31 953 N; 26° 30 296 E

 

Vendredi 3 Aout

 

Lever matinal , car le soufflet a un peu molli et vite , vite nous atteignons Agios Kyrikos sur l’ile d’Ikaria pour se mettre le long du quai dans un mouchoir de poche entre 2 bateaux ;

Nous y voilà !!!

37° 36 860 N; 26° 17 722 E

C’est sur cette ile que la célèbre légende d’Icare a trouvé un terme ..c’est en effet ici qu’il se serait bruler les ailes en se rapprochant trop près du soleil .

Mais en fait les mauvaises langues disent que ce n’est pas le soleil l’auteur de la chute mais bien le vent qui sévit fort ici , qui l’aurait déplumer !!!

L’ile a la particularité de ne pas être du tout tourné vers le tourisme international , seuls les grecs y viennent prendre leurs vacances, ce qui lui confèrent un petit coté authentique et bon enfant fort sympathique ;

Et c’est vraiment le rythme grec, ouverture des officines vers 11h le matin jusqu’à 13h l’heure de la sieste, et réouverture vers 18h quand la température amorce une légère descente et vie nocturne jusqu’à minuit ;

 Comme il nous reste quelques jours avant le départ , on va jouer les touristes en voiture et visiter le nord de l’ile plus verdoyant

Les  sources d’eaux chaudes à Therma éloignée seulement de 2km d’Agios Kyrikos ont donné lieu à une vie thermale relativement importante jusqu’au jours où les thermes furent détruits par un glissement de terrain .

Il subsiste un petit établissement et une source où nous n’avons pas manqué d’aller blobloter , histoire de se rincer du bain de mer !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 7 Aout

 

 

Finies les vacances, c’est le retour sur la Yaute pour Monique et Jean-Claude que j’accompagne jusqu’au petit aéroport au bout de l’ile.

Et je vais tranquillement attendre que ça se calme un peu pour rejoindre Tinos puis, Andros et enfin Porto Rafti  sur la cote Attique à quelques km seulement de l’aéroport d’Athènes où Nicole doit me rejoindre le 19 Aout.

La route devrait être meilleure car directe à l’Ouest .

 

Jeudi 9 Aout

 

Il ne faut jamais tirer des plans sur la comète en matière de navigation et prendre les prévis météo avec circonspection

Même mon routeur ne m’annonce pas plus de 22 nds de vent , pas un bulletin qui prévoit plus de 20 nds pour une route sur Tinos .

Je pars donc confiante le matin aux aurores après une manœuvre assez sioux pour me dégager du quai car je suis coincée entre 2 bateaux devant et derrière ;

Le vent sous l’ile de Ikaria est comme à l’accoutumée un peu rafaleux avec des calmes sous les reliefs

Mais au fur et à mesure que je m’approche de la pointe SO je vois les moutons blancs se multiplier et bientôt l’anémomètre m’annonce des rafales à 30nds …;bon comme j’ai pris le temps de mettre la grand voile à moitié , je pourrais réduire au génois plus facile à ariser .

Puis vient une période dont on rêve tous et je commence à croire que c’est le bonheur 18/23 nds de vent travers …un régal pour Apsara qui affectionne particulièrement cette allure ;

Encore une fois ne rêvons pas, le vent de NNO 18/23 fait place progressivement à de l’ONO et ça forcit jusqu’à 30/35 nds , c’est avec soulagement que je vois arriver la pointe SE de Tinos où je sais pouvoir me réfugier :dans une petite crique à l’ouest de la baie de Stavros à quelques milles de la capitale Tinos .

Pas facile de rentrer dans ce port où les places sont chères et comme je suis seule les manœuvres à quai ne me réjouissent guère .

J’opte donc pour la baie et je jouis sous les étoiles d’un calme bienvenu pour me restaurer, mettre une ligne sur une bouée et plonger dans les bras de Morphée avec délice ;

37° 33 056 N; 25° 07 207 E .

 

Vendredi 10 Aout

 

Ce ne sont même pas des lendemains de fête , encore une journée éprouvante !!

A peine le temps de déjeuner que la forge a repris , la mer devient blanche autour de moi, de 30 nds le vent est passé à 40 , puis toute la journée les rafales vont se succéder à 50 voire 60 nds .

Pour le moment mon ancre tient , dans 3m d’eau j’ai mis 30 m de chaine , la ligne sur la bouée a l’air de tenir …combien de temps ?

Ca ne faiblit pas , les rafales couchent le bateau et j’attends les bulletins météo sur la VHF où rien de grave n’est annoncé.

 

 

 

 

Je n’y comprend pas grand-chose…effet du meltem conjugué aux thermiques , et aux reliefs ,pourtant la mer semble  blanche jusque très loin .

Combien de temps vais-je être scotchée ici dans cette tourmente?

J’étais prévenue, le meltem pouvait être féroce en Juillet/ Aout mais à ce point !!!

Décidément la Méditerranée ne m ’aura pas séduite pour la navigation , trop complexe pour moi!

Si les mouillages sont superbes , la navigation entre les iles me rappelle étrangement la navigation sur le Léman avec des sautes de vent aussi soudaines que furieuses .

Et le lendemain ce sera du   même acabit!

La ligne sur la bouée a cédé , il ne reste plus que la SPADE, bien accrochée dans le sable à 3m de profondeur ;

Les prévis météo semblent meilleurs pour demain …je vais suivre le sage conseil d’Henri de Monfreid rapporté dans « Tamata ou l’Alliance » de B.Moitessier.:

« Mettre à la cape morale » faire le gros dos et attendre que ça passe …de toute façon , je ne peux rien faire .

Si! une bourde : en voulant rentrer la trinquette qui est à poste, pour éviter  le fardage , je  perds mes lunettes lorsque je me suis accrochée à l’étai.

Ces temps morts me laissent le temps de dévorer quelques ouvrages et relire « Salut au grand sud » d’Isabelle Autissier et Erik Orsenna

A méditer : « Dans les moments d’attente plutôt angoissée, on devient vite paranoïaque. Et cet après-midi-là nous trotte dans la tête cette imbécile réflexion : le vent déteste les humains. Quand les humains voulaient doubler le cap Horn, le vent soufflait d’Ouest. Maintenant qu’ils n’aiment rien tant que les voyages en

Antarctique, il souffle du sud pour nous empêcher d’aller puis du nord pour nous interdire de revenir »…

Merci !je me sens moins seule tout d’un coup.

 

Dimanche 12 Aout

 

Je n’ai pas vu passer la Sainte Claire….quelle fête !!!

Effectivement ça a l’air de se calmer , les rafales s’essoufflent un peu et en fin de matinée je lève la pioche qui aura bien du mal à s’extraire et je file vite direction Andros et le petit port de Gavrion.

Comme toujours des rafales sous le vent de l’ile , mais rien de comparable aux jours précédents .

Après avoir été vertement averti par la corne d’un gros ferry pour dégager la voie , je peux enfin souffler ( c’est bien mon tour !!!)  après avoir posé l’ancre dans le calme au fond de la baie de Gavrion

37° 53 162 N; 24° 43 889 E

Peu de charme de cette cité mais la mousse est bonne et bien fraiche .

 

 

Lundi 13 Aout

 

Je rêve ( eh ! Oui je ne suis pas guérie!!) 10/15 nds de Nord alors que ma route vers Porto Rafti est au 270°,

Comme j’aime ce bruissement de l’eau sur la coque , Apsara avec toute la toile, qui glisse tranquille sur l’eau à peine ridée , des moments magiques qui effacent toute l’angoisse et la tension .

De rares instants qu’il faut savourer avec délice , si ce n’était 2 gros cargos au loin je me croirais au paradis .

Porto Rafti à quelques encablures de l’aéroport  d’Athènes , un petit port miniature réservé aux bateaux de pêcheurs et de multiples bouées pour s’installer en toute sécurité .

37° 53 274 N; 24° 00 766 E

La prise de coffre par l’arrière, spécialité irlandaise, est assurément une manœuvre inédite dans le landernau méditerranéen .

Plutôt que de venir m’aider, les couillons qui se paient ma fiole sur un voilier voisin ,en me regardant faire le rodeo autour de la bouée , font des paris sur le nombre d’essais nécessaires à l’opération.

Bien fait pour eux !!, l’amour-propre étant un moteur de réussite, je choperais la bouée au 3eme essai et si ce n’était l’urgence de la manœuvre, je leur aurais bien fait un bras d’honneur.

La jupe arrière confortable d’Apsara permet ce genre d’approche: préparer une ligne suffisamment longue pour pouvoir l’apporter sur la jupe après l’avoir frappée sur l’avant ;

Nez au vent , reculer lentement jusqu’à être à 10m de la bouée et laisser dériver , Sachant que le bateau va pivoter tout doucement autour du mat et, c’est là que le bat blesse, car en pivotant , il vous éloigne de la précieuse bouée, il faut prévoir une marge si vous ne voulez pas aussi la voir disparaitre sous la coque .

Autre détail, n’oubliez pas la gaffe !!!

 

Il me reste quelques jours avant l’arrivée de Nicole puis début Septembre de Roger et Aline, je vais pouvoir réparer les coutures de la capote et du bimini , qui ont bien souffert durant les 2 jours , et remettre un peu d’ordre dans la boutique .

 

Prochaine étape : le retour sur la France, canal et golfe de Corinthe , Italie, Sicile, détroit de Messine, Lipari, Sardaigne, Corse, Martigues ….si bien sur MONSIEUR EOLE veut bien nous la jouer cool.

 

                                                            Claire Brondex    le 14 Aout 2012

 

 

« L’être humain mariné plusieurs semaines dans l’eau salée peut avoir des comportements imprévisibles. Vous croyez le connaitre, il n’en est rien.

La fatigue, la peur, parfois, la lassitude des autres, le mal de mer , l’entassement, la nostalgie du confort ou d’une fiancée lointaine, le sentiment d’avoir trop ou pas assez de responsabilité peuvent transformer un charmant compagnon à terre en une face de carême qu’on mettrait volontiers aux fers , bien que malheureusement cela ne soit plus autorisé. »

….et sur Apsara , c’est pendu par les pieds , la tête dans l’eau , la durée de la bourde commise!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 09:11, le 17/08/2012, Mer Égée
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Tunisie Karpathos Juin/Juillet 2012

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Sidi Bou Said ( Tunisie) Karpathos ( Grèce) Juin/Juillet 2012

 

 

 

 

Vendredi 8 Juin

Muriel est repartie hier et Nathalie embarque aujourd’hui.

Je lui laisse le temps de se croire en vacances avec une petite visite au café des Délices dans la vieille ville de Sidi Bou Said où nous dégustons le traditionnel thé à la menthe accompagné de pignons.

Visite également des thermes d’Antonin à Carthage , le site est si impressionnant au bord de la mer …dommage que les vestiges de la période des Phéniciens aient été détruits par …les Romains , la ville de Carthage rasée par ceux-ci en 149 AV JC semblait d’un luxe inouï avec son port pouvant accueillir plus de 250 navires.

 

Lundi 11 Juin

 

Voilà 15 jours que je suis à quai , les voiles commencent à me démanger et nous partons dès potron minet pour le cap Bon , cap à l’Est pour une 1ere étape pour rejoindre l’Europe

37° 03 548 N; 10° 59 475 E

 

Mardi 12 Juin

 

Enfin un peu de SSE pour nous faire croire que nous pouvons naviguer à la voile  et nous accédons au petit port de Scauri sur Pantelleria

36° 46 112 N; 11° 57 791 E

Personne à quai , quelques petits bateaux de pêche au fond et j’envisage tranquillement de me mettre le long vers un escalier qui sera le bienvenu pour aller à terre …..bonne pioche …je ne vois pas le bloc béton qui dépasse d’au moins un mètre sous l’eau au niveau de l’escalier et je vais me vautrer dessus …encore quelques éraflures supplémentaires pour Apsara qui a le flanc tribord déjà pas mal amoché!!!

Heureusement tout près du port se révèle un petit restau bien accueillant qui nous consolera de mes déboires

 

Mercredi 13

 

Je ne fus guère plus brillante au décollage, des rafales de NNO me plaque contre le quai et à nouveau la coque tribord et le cagnard ne sont pas à la fête .

Mais une fois libérée de l’ile et des rafales sous le vent , nous voilà enfin sous génois et GV jusqu’à 30 M de Malte , Gozo exactement où nous retrouvons de l’Est et nous bataillons quelques heures encore, vent dans le pif pour atteindre la superbe baie de Dwejra;

36° 02 822 N; 14° 11 490 E .

 

Vendredi 15 Mai

 

Escale technique à Malte à Sandy Yacht marina dans Lazzarotto Creek , Msida marina étant indisponible pour travaux .

Achats, visites et pleins , un pèlerinage au café des 2 baronnes qui domine le port de la Valette et les prévis météo étant bonne pour mardi , nous nous préparons à larguer les amarres direction la Crète

 

Mardi 19 Juin

 

Départ tranquille avec un petit NO  10/12 nds et dès que le vent est bien établi , Apsara joue le grand jeux avec toute la toile dessus GV, Génois et trinquette , le vrai plaisir qui nous fait oublier tous les vents dans le pif accumulés !

N’exagérons pas, à un moment donné il faut bien réduire un peu car le NNO a forci et …

 

Mercredi 20 Juin

 

…restera dans les annales avec 6,5 nds de moyenne

 

Jeudi 21 Juin

 

C’est un peu plus chaotique et il faut se résoudre à faire fonctionner le moteur car si tout va bien nous devrions arriver demain soir …arrivée de nuit incertaine …l’entrée de la baie de Gramvoussa est étroite et mal pavée ..

 

Vendredi 22 Juin

 

Arrivée à la nuit tombante mais la lumière est suffisante pour repérer les cailloux , heureusement car la carte Maxsea est fausse d’au moins 0, 3 M trop au  Sud ;

 35° 36 334 N 23° 34 960 E

 

Samedi 23 Juin

 

Si le paradis a un nom  c’est bien celui de Gramvoussa, une lagune immense enserrée dans des pitons rocheux et un fort qui domine le mouillage Nord

Vers le sud c’est un lagon turquoise et émeraude qui baigne une plage au sable rose, et juste un petit restau pour nous régaler de souvlakis;

On serait bien resté dans ce paradis à se faire dorer et deviser devant une Mythos bien fraiche …

 

Dimanche 24 Juin

 

Allez ! Vent dans le dos , on sort le spi,

Mise en place un peu pénible car il faut retrouver les gestes et les manips d’installation… et  le bonheur est de courte durée car je sens le vent monter  et les départs au lof sous spi ne m’attire guère;

De toute façon il fallait réduire  car nous prenons le virage à 90° Est pour contourner la pointe SW de la Crète …et il a fallu réduire complètement , des rafales à 40 nds de N nous empêche de nous arrêter à Paleochora ….encore quelques milles pour atteindre Loutro et sitot dégagées du cap c’est la pétole ;

Décidément , je ne comprends rien à cette Méditerranée où l’alternance de rafales et vents forts avec pétole se joue sur à peine quelques milles .

Ces vents lèvent de plus une mer courte, hachée à la houle croisée incompréhensible , ce n’est pas vraiment une partie de plaisir et nous en ferons l’amère expérience le surlendemain

 

Lundi 25 Juin

 

 

 

Loutro :35° 11 975 N ; 24° 04 797 E

 

Une baie minuscule, accessible uniquement par la mer ,  bordée par des tavernes, quelques maisons blanches aux volets bleus, encore un paradis grec typique ;

 

Mardi 26 Juin

 

J’ai repéré sur la carte une crique au sud de Matala :

Vathy Cove  34° 57 097 N ; 24° 45 239 E

 en revanche je n’ai pas repéré que la houle d’Ouest rentrait sans frein et dès que nous sommes au mouillage Apsara se met à danser d’un bord sur l’autre ..dommage le site est magnifique et je décide de tenter un abri meilleur dans un appendice de la baie ..

Au moins nous aurons la houle de face.

C’est la lessiveuse toute la nuit et excédée je lève le camp à 5 h dès le point du jour

 

Mercredi 26 Juin

 

Nous retrouvons le calme à Nisis Trafos pas loin de Kali Limenes

34° 56 272 N ; 24° 49 547 E

Le site n’a pas le charme des précédents mais faute de grives…

 

 

 

Jeudi 27 Juin

 

Le Nord annoncé est bien là , des rafales à 45 nds dès le 1er cap , après 2 tentatives je décide de faire ½ tour , c’en est trop , on est quand même là pour se faire plaisir !!!

Et nous rejoignons le petit port de Kali Limenes

34° 55 935 N ; 24° 48 351 E

Heureusement les tavernes ne manquent pas , on a que l’embarras du choix et nous nous verrons offrir les boissons quand la patronne découvrira que nous naviguons sur un voilier mouillé devant chez elle

 Samedi 30 Juin

 

Seule fenêtre annoncée par le météorologue pour rejoindre Karpathos : samedi dimanche .mais il faut s’attendre à une traversée entre les 2 iles un peu musclée .

..;et pour musclée, elle le sera: 30nds moyens avec des rafales à 35 au bon plein et une mer agitée.

La nuit fut rude aussi pour le pilote auto qui commence à donner des signes grinçants de fatigue .

 

Dimanche 1er Juillet

Pighadia au Sud de Karpathos ressemble fort à un havre de paix quand enfin nous posons les amarres à quai

 

 

 

 

35° 30 526 N . 27° 12 889 E .

Le clapot et le vent de NNO nous pousse sur le quai et finalement je déménage pour le coin NE plus calme …enfin les vacances …on va jouer les touristes avant le départ de Nathalie samedi  7

Elle fut dispensée de la tapette à mouche et de la chasse aux cafards mais pas des petits vomis bien atténués quand même par la prise de « Mercalm »

 

 

Le pêcheur en face de nous qui se révèle être égyptien nous fournit généreusement en poisson après que nous lui ayons raconté nos aventures en Egypte l’an dernier avec Apsara

L’ile recèle des trésors de petites plages encore pas trop envahies de touristes et pendant 2 jours nous a ravies de ses sites et autres balades : Vrykouda, Olympos, Axata Bay , Apella Bay, Diafani, Lefkos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bientôt il  me faudra atteindre Rhodes pour accueillir Monique et Jean-Claude équipiers de la prochaine étape dans la mer Egée  si le meltem veut bien me laisser partir!!!

 

                                                                    Claire Brondex 6 Juillet 2012

 

«  Mais où sont les vertus conquérantes de l’esprit….., ces vertus sont plus que jamais nécessaires et chacun peut choisir celle qui lui convient.

Devant l’énormité de la partie engagée, qu’on oublie pas en tout cas la force de caractère, je ne parle pas de celle qui s’accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces.

Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève . »

                                                     A.Camus  l’Eté

 

 

 

 

 

  

 



Publié à 13:32, le 9/07/2012, Grèce
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Avril/Juin 2012 Martigues Tunis suite

 

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 Suite Samedi 19 Mai 
 
 
 Suite Martigues Tunis
 
 
 
Tabarka n’est qu’à quelques encablures d’El Kala, profitant d’une accalmie du vent d’Est nous rejoignons la Tunisie;
Tabarka au vu des photos des années 2000/2005 fut une destination privilégiée pour les plaisanciers…
36° 57 421V N; 08° 45 604 E
Lorsque nous arrivons, nous sommes le 2eme voilier; le pays, même, s’il a vécu une révolution démocratique et salutaire est sinistré.
Le tourisme, part non négligeable de ses revenus, est subclaquant, et les jeunes n’hésitent pas à nous parler de leur attente.
L’Est qui nous a accompagné tout le long de la cote algérienne, a tourné sa veste et voici que l’Ouest sévit avec des rafales à 40 nds et quelques averses.
On se régale de notre liberté retrouvée, balades dans les rues, vers les fameuses Aiguilles de Tabarka, le fort qui domine le port .
 
 
 
 
Mardi 22 Mai
 
L’Ouest souffle fort, autant dire que nous naviguons enfin au portant pour rejoindre le Cap Serrat qui nous offre à l’Est un mouillage reposant après la houle et les rafales.
37° 13 555 N; 09° 13 468 E
 
Mercredi 23 Mai
 
Toujours au portant car l’OSO n’a pas faibli, nous atteignons Bizerte où il est dit qu’une nouvelle marina devrait être finie. Elle ne l’est pas et c’est à nouveau dans le port de pêche que nous viendrons à couple d’un voilier français « Nuances »
37° 15 982 N ; 09° 53 477 E
Il nous faut manœuvrer car Jean-Pierre et Véronique repartent tôt demain matin 
Ca se termine par un apéro bien sur !et lendemain et le surlendemain , il nous faudra à nouveau déménager …moi qui déteste les manœuvres de port avec vent de travers, je suis servie !!
Visite du vieux port de Bizerte, hammam, décapées de toute la crasse accumulées depuis la dernière douche à Ibiza, récurées, massées, fraiches et roses comme des griottes nous retrouvons Apsara pour une nuit réparatrice.
 
Samedi 23 Mai
 
Vite, nous évacuons ce port où chandeliers et éolienne risquent bien de ne pas survivre à force de déplacement , mouvement des bateaux de pêche dont les pilotes ne s ‘embarrassent guère de la fragilité des bateaux de plaisance.
 
Cap Farina
37° 10 411 N; 10° 16 002 E
On espérait un mouillage tranquille à l’abri du vent de NE …eh! Bien non! Toute la soirée le vent rentre et tourne à l’Est, on est un peu chahuté…mais au petit matin le p’tit dej dans le cockpit, le calme et la chaleur retrouvées nous récompenseront de tous les tracas passés.
 
Dimanche 27 Mai
 
Dernière étape pour Muriel qui repart de Tunis la semaine prochaine: nous accostons à la marina de Sidi Bou Said toute proche de Carthage.
36° 52 020 N ; 10° 21 168 E
C’est un peu le luxe retrouvé mais l’accueil des autorités n’est pas à la hauteur….on les sent rodés au tourisme et enclins à la procédure….
 
Lundi 28 Mardi 29, Mercredi 30
 
Sidi Bou Said
 
 
 
 
La ville qui domine la marina est avenante, décorée de bleu et de blanc , petites ruelles croulantes sous les bougainvilliers où il fait bon se balader .
Le café des Délices et le café des Nattes se disputent le charme des bons moments en sirotant un thé à la menthe .
On retrouve un rythme plus méridional, d’autant que le soleil fait des prouesses.
Et miracle! Nous découvrons un petit supermarché qui regorge de bon vin…enfin!
 
Jeudi 31 Mai
 
Un petit train au sifflet catarrheux nous mène jusqu’à Tunis
On tente le métro pour rejoindre le Musée du Bardo…c’est le n° 4 …dans lequel nous arrivons à monter pour s’apercevoir quelques stations plus loin que le n° a changé, nous voilà égarées à l’opposé….
Le musée du Bardo est une merveille recelant les plus belles mosaïques jamais vu à ce jour…des centaines de mètres carrés dépeintes avec bonheur par le guide mis à disposition par le musée…
On ira ensuite se perdre dans la Medina et les souks, abreuvées de thé à la menthe
 
Vendredi 1er Juin
 
« Delenda est Carthago …il faut détruire Carthage »
Un peu d’histoire maintenant , la belle reine de Tyr Didon qui fonda Carthage, héroïne de l’Eneide, a transmis à cette cité toute sa beauté et son mystère;
Quelle histoire tragique pourtant car cette ville enrichie par les phéniciens alliés des peuples berbères fut détruite par le romain Scipion en 146 av JC après un siège qui dura 3 ans
 
 
Bien sur , le commerce florissant des Puniques faisait de l’ombre à la gloire de Rome qui n’a pas manqué de la raser : les guerres puniques duraient depuis quelques décennies déjà.
Pour moi ce sont un peu les réminiscences de latiniste: « Delenda est Carthago » les règles grammaticales, les versions , les déclinaisons devant les vestiges somptueux des thermes d’Antonin alimenté en eau par un aqueduc de 132 km.
 
Ainsi s’achève la 1ere étape d’Apsara dans le berceau méditerranéen…si riche de notre culture mais aux vents capricieux et à la houle tenace…
Changement d’équipage: Muriel et Nathalie se croisent à nouveau , pour un périple qui devrait nous mener aux iles grecques .
A bientôt pour de nouvelles aventures ..;
 
                                                                 Claire Brondex 2 Juin 2012
 
« Il vient toujours une heure où on se lasse des prisons, du travail et du courage pour réclamer le visage d’un être et le cœur émerveillé de la tendresse ….Ils savaient maintenant que s’il est une chose qu’on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois c’est la tendresse humaine »
                                                                               La peste A.Camus
 
 
 


Publié à 10:37, le 3/06/2012, Mer Méditerranée
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Avril/Juin 2012 Martigues Tunis

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Martigues Tunis
 
 
 
Vendredi 13 Avril: Avis de grand frais sur le golfe du Lion cad 8 Beaufort cad 35/40 nds cad 62/74 km/h de vent
 
Mercredi 11 Avril
 
 
 
 
Apsara a été bichonné, pomponné, révisé, et tel une vieille rombière, un ravalement de façade lui a été offert autrement dit peinture antifouling grâce à l’efficacité de Nicole et Muriel .
L’antifouling c’est le Botox du bateau, chaque année ça recommence, il faut poncer, passer une couche de primaire ( merci François!) et tartiner l’antifouling jusqu’au tréfonds du puits de dérive, un jeu passionnant que tous les voileux affectionnent et qui évite l’encrassement de la coque par de petits coquillages aussi tenaces qu’une équipe de rugby irlandaise.
Puis c’est le moment tant attendu, la remise à l’eau …miracle! le navire flotte à nouveau et le voilà enfin rendu à sa raison première.
 
 
 
 
 
Les prévis meteo ne sont pas très engageantes mais c’est du mistral prévu
Pour une fois, coup de chance du vendredi 13 nous ne l’aurons pas dans le pif.
Muriel m’a rejoint et François sera du voyage aussi, jusqu’à Collioure m’a-t-il annoncé car pour lui c’est une première, excepté une traversée continent / Corse il y a déjà fort longtemps, il n’a jamais tenté à nouveau l’expérience du grand large ….il tient à rejoindre ses bases arrières sans trop tarder…il ne va pas être déçu du voyage!!!
 
Apsara quitte la darse d’Horizon Marine à La Mède jeudi dès potron minet car le pont mobile de Martigues se lève à 9h pour rejoindre le canal de Caronte, Port de Bouc et le large.
 
Un avis de grand frais sur le golfe du Lion m’a été annoncé par le météorologue à partir de ce soir, moi qui avait dans l’idée de passer par Collioure , c’est déjà rapé… «  François je ne sais pas où je vais t’emmener »!!
 
Nous routons au moteur, tranquilles jusqu’au début du 1er quart de nuit vers 21h quand le vent monte soudainement, il faut réduire, la mer se lève, moi je n’ai qu’une envie: me coucher , et toute la nuit ce sera la danse furibarde du mistral déchainé.
On ne dort pas beaucoup dans ces moments-là , au petit matin les yeux collés par le sommeil, la mine défaite, je réalise qu’avec la tramontane associée, Barcelone non plus ne sera pas accessible et la 1ere terre face à nous au sud ce sont les Baléares.
Pour l’instant on file 6/7 nds avec 35/40 nds aux fesses et rien de toile.
François est plutôt rafraichi, pour une première, c’est une première, son souci plus terre à terre (!) c’est de savoir si le cockpit bénéficie d’une évacuation au vu des déferlantes qui le remplissent occasionnellement!
 
La seconde nuit voit le vent se calmer un peu mais au matin la houle croisée nous prend au saut du lit avec un petit vent d’ouest assez traitre.
Encore quelques milles dans la lessiveuse et nous approchons des cotes de Mallorca.
 
Pollença au NE de Mallorca est en vue , une marina accueillante et bien protégée nous servira de refuge
39° 54 233 N; 03° 05 070 E
Si vous voulez naviguer aux Baléares tranquilles et sans marinas ou mouillages surchargées , allez-y en Avril mais alors prévoyez doudounes, fourrures polaires et cirés ….jusqu’à 5 couches + plus le bonnet !!
 
 
 
Je n’ai pas cessé d’avoir froid tout l’hiver avec ses températures polaires en février et l’hiver persiste avec un petit vent frais de 15/20 nds de SO.
Une fois installés à la marina, avoir profité des tapas dans les restos sympathiques du bord de mer et faute d’avoir pu rejoindre Barcelone, nous envisageons d’y aller en avion.
 Pour François ce sera une escale idéale pour le retour.
 
Mardi 17 Avril
 
François nous quitte à l’aéroport et nous rejoignons le centre ville pour déjà admirer les Ramblas grande promenade qui descend jusqu’à la mer. Nous y retournons par le téléphérique qui traverse le port .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cette ville est somptueuse sous les couleurs du couchant se reflétant dans les parois de verre des immeubles du bord de mer .
La ville est aussi marquée par le talent de Gaudi.
 ( « on ne sait pas si on a affaire à un génie ou un fou » aurait dit son professeur lors de l’attribution des diplômes d’architecture )
Assurément c’est un génie : les rondeurs colorées des édifices, la Casa Battlo, la Sagrada Familia que nous n’avons pas pu visiter au vue de la queue interminable qui s’étirait bien au- delà de l’entrée, et bien d’autres sites nous ont charmées par leur exubérance.
Miro aussi déborde de génie …assurément ce fut trop court , je reviendrai.
 
Samedi 21 Avril
 
Une visite à l’ile de Minorque s’impose et cap à l’Est c’est la petite ville de Ciutadella qui nous reçoit
Une cala assez bien protégée mais aux places limitées sur un ponton en bois que je vais consciencieusement perforer avec l’ancre , l’arrivée pour saisir la pendille n’est pas facile, nous permet de nous installer pas trop loin de la ville.
Cala Bousquets 39° 59 956 N; 03° 49 681 E
C’est une vieille ville aux ruelles étroites où il fait bon se balader , des édifices aux pierres ocres sous le soleil renaissant.
 
 
 
 
 
Lundi 23 Avril
 
Enfin un peu de navigation à la voile et nous voilà mouillée dans la baie devant Mahon à l‘est de Minorque , la cala Teulera
39° 52 794 N ; 04° 18 392 E
L’hiver persiste et Muriel s’interroge s’il ne va pas falloir mettre les « mahoufles à Mahon »?
La cité n’a pas le même intérêt que Ciutadella, pour l’instant c’est une ville morte désertée de touristes, apparemment seule raison de vivre de cette agglomération.
 
Mercredi 25 Avril
 
Cap à l’Ouest pour retrouver à nouveau Mallorca et son port de Porto Colom à l’Est de l’ile
39° 25 084 N; 03 15 900 E
Une grande baie très abritée où les pouvoirs locaux ont eu la bonne idée de placer des corps-morts pour les plaisanciers…et comme il n’y a pas foule nous en prenons un , pas facile là non plus de saisir la bouée et d’y passer une amarre mais Mumu fait preuve d’une adresse exceptionnelle pour aller capter l’anneau.
Les quais ne sont guère plus vivants qu’à Mahon mais le soleil est là.
Quel bonheur de pouvoir enfin retrouver l’état de lézard !!!
 
 
 
 
Vendredi 27 Avril
 
Une ile, au sud de Mallorca, Cabrera est un site très protégé car y règnent une faune et flore particulièrement riches. C’est un parc naturel et les promenades sur certains secteurs ne sont autorisées qu’avec l’accompagnement d’un guide.
Certaines baies ou calas sont interdites au mouillage et seul la cala de Puerto Cabrera dispose de bouées pour les plaisanciers.
Activité gymnique assurée pour saisir le coffre et voilà que la gaffe télescopique qui nous a permis de le prendre a une fâcheuse tendance à s’allonger soudainement, s’allonger de plus en plus long, s’allonger encore… Muriel saisit l’autre gaffe de toute urgence et rattrape le bout pour glisser l’amarre .
OUFF!! Encore un exploit !
Nous resterons 2 jours dans ce paradis à visiter l’ile sur les chemins autorisés.
Peu de faune encore visible à l’exception des lézards endémiques noirs et bien heureux de retrouver comme nous les rayons du soleil.
 
Lundi 30 Avril
 
Les élections présidentielles en France ont donné des résultats surprenants à droite puisque Marine Le Pen a obtenu 18% des voix et que Sarkozy est en 2eme position derrière Hollande.
Pour nous c’est toujours l’OSO qui souffle contre nous .
Et si nous voulons aller sur Ibiza il va nous falloir faire une escale à nouveau sur Mallorca au NO
Cela nous procure une belle nav enfin à la voile pour rejoindre Cala Portals.
39° 28 352 N 02° 31 360 E
 Mardi 1er Mai
 
Une activité météo clémente, traduisez pas de vent dans le pif !, nous permet d’atteindre Ibiza et son luxe à la marina Santa Eulalia… 80€ la nuit !!!…mais comme il nous faut faire les pleins avant de partir vers le Sud c’est passage obligé !
38° 58 920 N ; 01° 32 343 E
Dès que possible nous fuyons pour une cala à 2 M de là .
Malgré les constructions hideuses sur les berges ( l’Espagne a atteint des sommets dans le bétonnage laid ) nous sommes au calme et le mouillage est agréable.
Cala Llonga :38° 57 191 N; 01° 31 346 E
Après une tentative pour aller voir un mouillage plus au sud qui ne me plait pas, nous retrouvons la cala Llonga pour une nuit
 
Vendredi 4 Mai
 
Nous nous rapprochons du sud de l’ile vers Formentera
Cala Pujols : 38° 43 436 N ; 01° 27 937 E.
Au calme devant les falaises, nous attendons le lendemain matin pour tenter la traversée vers l’Algérie
Du SO annoncé , en fait ce sera pétole au début puis effectivement du SO qui nous permet de naviguer à la voile jusqu’à la nuit.
Le SSO prend le dessus puis le Sud et on termine le parcours vent dans le pif pour changer !!!
 
 
Dimanche 6 Mai
 
Alors que les élections battent leur plein en France, nous touchons la terre d’Algérie vers 13h à Cherchell, accueillies par les gardes-côtes qui nous dirigent vers le quai de la Marine;
 
 
 
 
Pour moi c’est un peu un pèlerinage 43 ans après , je n’ai pas revu la cote algérienne depuis ce temps là .
Il me souvient l’arrivée au petit matin sur le  « Ville de Marseille » dans la baie d’Alger , noyée sous la pluie, où j’ai vraiment eu le sentiment d’être une immigrée
J’ai fait un début de carrière au lycée Descartes à Alger, j’y ai vécu 2 ans, j’y ai rencontré un charmant coopérant du nom de Georges Brondex.
Autant dire que ce n’est pas sans émotion que je touche la terre algérienne.
Hélas! Des visas sont nécessaires pour pouvoir se balader librement….ce qui n’est pas notre cas.
L’obtention de visas n’est pas facile car il faut une attestation d’accueil dans le pays dûment validée par les autorités locales;
Cherchell
36° 36 666 N; 02° 11 369 E
L’Algérie reste une terre d’accueil, et les gardes-côtes locaux font tout ce qu’il faut pour nous recevoir avec courtoisie et gentillesse , cependant l’Etat reste un état policier et nos moindres faits et gestes sont observés
Tipasa, les ruines de Tipasa si bien chantées par A. Camus, nous les apercevons de loin depuis le bateau.
Relire « Noces à Tipasa » devant ce spectacle…!
« Et si la pierre ne peut pas plus pour nous que le cœur humain, elle peut du moins juste autant » A. Camus
 
Lundi 7 Mai
 
L’unique marina en Algérie se situe à Sidi Ferruch, à quelques milles d’Alger , ne semble pas avoir été draguée depuis des siècles car les fonds à l’entrée ne dépassent pas 1m ce qui me vaudra quelques sueurs froides pour avoir tenté d’y rentrer .
Seule possibilité à proximité, La Madrague ( Djemila) les plaisanciers n’étant pas reçu dans le port d’Alger.
Je décide de mouiller devant la plage à l’entrée du petit port, et après plusieurs tentatives pour nous recommander d’aller ailleurs , les gardes côtes nous installent dans le port devant leur guérite
36° 47 910 N ; 02° 53 886 E
 
Mardi 8 Mai
 
 
 
 
 
Direction l’Est vers le petit port de pêcheurs de Dellys
Curieusement, alors que le vent d’Ouest devrait encore persister , c’est l’Est qui prend la relève….ça vous étonne ?
A nouveau accueillies par les gardes-côtes nous sommes placées à couple d’un bateau de pêche toujours à proximité de la Marine
Un officiel , kabyle, nous reçoit avec déférence et devant notre nécessité de refaire les pleins de gazole, se mettra en 4 le lendemain pour nous permettre de changer la monnaie puis de bidonner.
Avec quelques précautions…il y a peut-être des cardiaques parmi les lecteurs , je vous annonce le prix du carburant en Algérie: 13,5 centimes d’€/ litre ….ça vous fait rêver, non!!!!
Dellys la bien nommée nous paraitra un havre de paix parmi les bateaux de pêche , comparativement à Bejaia où nous atterrirons le lendemain.
Contrairement aux idées reçues, l’Algérie est un lieu où l’on pratique l’œcuménisme comme vous pouvez le constater sur la photo
 
 
 
 
 
Jeudi 10 Mai
 
La route est longue, 64 M, jusqu’à Bejaia.
Avec trinquette et GV et le moteur à 2000trs, face au vent d’Est nous finirons par toucher Bejaia avant la nuit.
Les autorités nous placent en fond de bassin derrière un gros cargo, et aussitôt c’est le défilé des gardes-côtes et les paperasses coutumières.
Il vaut mieux avoir une photocopieuse qui fonctionne à bord !!!
Mais le plus cocasse, c’est le blanc qui suit chaque annonce de :  « 2 femmes à bord »
C’est d’abord la stupeur, puis le respect reprenant le dessus , c’est toujours avec beaucoup de gentillesse qu’ils acceptent notre requête le lendemain d’aller faire un tour en ville pour quelques emplettes.
L’étonnement et aussi le plaisir de découvrir pour eux mon nom de jeune fille sur le passeport : «  Boucherat »
 Bouch’ra est un prénom féminin arabe qui signifie :Bénie des dieux, bonne nouvelle
..et il en sera ainsi dans chaque port …assurément c’est un sacré passeport!!!
 
 Samedi 12 Mai
 
Je n’ai qu’une hâte, quitter ce port dégueulasse malgré la gentillesse d’un garde-côte qui nous a pourvu largement en boisson et nourriture, et rejoindre Jijel aux dimensions plus humaines.
L’ancien port a été réquisitionné par l’armée, c’est un peu la surprise lorsque je passe devant l’entrée fermée, le petit port de pêche plus au sud est propre, et les quais tranquilles.
 Et là encore les gardes-côtes comme la population locale se font un plaisir de venir discuter avec nous.
36° 49 005 N ; 05° 46 541 E
 
 
 
 
Dimanche 13 Mai
 
Une bonne cinquantaine de M nous séparent du petit port de pêche de Collo
Le Djurdjura encore enneigé s’effondre dans les collines dorées de genêts
Le vert et l’or se mêle sur les ravines et la brume qui borde la mer rend irréels ces reliefs qui la dominent.
 
 
 
 
 
                
 
 
37° 00 293 N; 06° 34 332 E
Cul à quai au milieu des bateaux de pêche, nous nous régalerons le soir d’une énorme portion de gâteau offert par la pilote du chalutier voisin qui vient d’ avoir un fils.
Les échanges et les messages de bienvenue se poursuivent tout au long de la journée du lendemain.
Les algériens décidemment sont ravis de nous voir, et fortement frustrés de l’image de marque véhiculée en France. Ils sentent que leur pays mériterait un peu plus d’ouverture sur l’étranger mais sont conscients que la situation sécuritaire est prioritaire pour ceux qu’ils accueillent.
 
 
 
 
 
Mardi 15 Mai
 
A nouveau un port de commerce, Skikda, l’accès au petit port de Stora nous ayant été refusé par les autorités toujours sous le couvert de la sécurité, mais nous sommes sous bonne garde, à quai devant la police de l’Air et des Frontières
36° 53 227 N; 06° 54 448 E
 
Mercredi 16 Mai
 
Au port de pêche de Chetaibi, l’ambiance est plutôt détendue , je me place où je veux ,encore une fois cul à quai , et les autorités à nouveau se réjouissent de voir 2 femmes à bord ….
37° 04 049 N ; 07° 23 164 E
Dommage de ne pouvoir rester plus longtemps car là encore la population se précipite, qui pour nous raconter son arrivée en France, qui pour se réjouir de l’élection de Hollande, qui pour nous inviter chez lui ….
 
Jeudi 17 Mai
 
Annaba
36° 53 811 N; 07° 45 806 E
L’ambiance dans les grands ports n’est pas vraiment la même mais les gardes cotes comme les douaniers se font un plaisir de nous recevoir .
Devant nous, il y a un gros ferry des lignes algériennes qui va embarquer pour Marseille.
Les voitures surchargées d’objets hétéroclites sur des hauteurs invraisemblables, cartons accrochés au pare-chocs, chaises ou fauteuils empilées et ficelées sur l’arrière et l’habitacle complètement envahi par les paquets, c’est un défilé continu pour pénétrer dans le ferry.
Je ne sais comment ces véhicules vont pouvoir faire route en France !
Le spectacle va nous occuper une bonne partie de l’après-midi .
 
Vendredi 18 Mai
 
En route pour la dernière étape : EL Kala
Le temps est couvert et l’Est a repris le dessus .
Le port de pêche d’El Kala est formé d’une ile qui le ferme au Nord et les bateaux de pêche ont envahi cet espace naturel entre l’ile et la terre, alors qu’un superbe port vient d’être construit à ½ M de là, inutilisé car déjà ensablé !!!
En attendant l ‘accord des gardes-côtes, je pénètre dans cette espèce de marina et, de la sorte , je l’inaugure, parait-il, un garde-côte nous a rejoint et nous accompagne dans l’ancien port pour nous mettre à couple de chalutiers .
Il faut se glisser entre 2, mais comme nous savons déjà qu’ils vont sortir le soir , c’est donc du provisoire et toute la nuit ce sera la sarabande car, le mauvais temps aidant ils rentrent plus tôt que prévu .
Quelques éraflures sur la coque en plus, et lestée d’au moins 4kg de poissons offerts nous repartons un peu défaites par cette nuit agitée.
 


Publié à 09:56, le 3/06/2012, Mer Méditerranée
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Petit panégéryque humoristico-persifleur de la vie à bord , localité Mer d'Alor avec le parcours 2010/2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

Petit panégyrique humoristico-persifleur de la vie à bord

 

 

  …..Ou comment négocier un espace restreint ,… qui vous appartient , avec une espèce envahissante mais incontournable : l’équipière , l’équipier ,

 

 

 Toute ressemblance avec des situations ou des personnes existantes n’est que pure coïncidence….

 

 

   1- Espace et rythme de vie

 

 

 Considérant que l’espace mis à disposition ne dépasse pas 12m2 y compris les WC , seul lieu de refuge et d’isolation, considérant que l’espèce humaine , à elle seule , par individu sur pied occupe au min 1m2, il apparait que si vous multipliez par 4 le nombre d’occupants , vous allez forcément être confrontés à une lutte impitoyable et sans merci pour préserver le volume d’air à respirer …

 

 

Rajoutez dans le groupe , 1 ou 2 fumeurs invétérés et ça devient vite asphyxiant

 

  D’ailleurs, ça se termine souvent par : « tu me pompes l’air!! »

 

   Certes, l’établissement de quart permet de partager les quelques molécules d’O2 subsistantes et pendant que certain( e) s se prélassent dans les bras de Morphée sous masque à oxygène , d’autres baillent aux corneilles sous les étoiles ;

 

 

Le skipper, lui, ne dort que d’un poumon , ou d’un œil , ou d’une oreille car il s’en trouve toujours un ou une pour venir lui demander si le cargo dont on n’aperçoit tout juste les feux et au jugé à plus de 5 Milles ne se trouve pas en situation de collision immédiate avec Apsara , ou bien de se retrouver renverser sur la bannette par un changement de gite soudain et de s’apercevoir que le cap a varié d’un coup de 50° juste pour naviguer à la voile alors que le vent est défaillant …!!!!

 

 

Le moral du soldat étant toujours au fond de la gamelle , il est évident que le besoin de sustentation est permanent chez l’équipier ( e ) en particulier à 1/4h de l’arrivée au port ou au mouillage,

 

 Là, il convient de tout déballer dans la cuisine ou le cockpit pour faire face à un besoin impératif et immédiat d’apéro, de bouffe , ou de préparation interminable d’une pizza , d’un veau marengo, ou d’ortolans sur canapé ;

 

 

Les cacahuètes se répandent au fond du cockpit, les bouteilles valsent , la pate à pizza se colle au vaigrage et vous, vous attendez que tout le monde soit opérationnel pour sortir les amarres, les défenses et la gaffe ..;….attention !!!le quai approche , marche arrière, tout dégringole à nouveau , les pieds englués dans le pastis , vous réussissez à lancer en catastrophe une amarre au quidam local, mort de rire sur le quai ,devant la panique !!!

 

 
 2- Les us et coutumes

 

   Le bain

 

  Question : est-ce que lorsque vous sortez de la douche chez vous , vous allez inonder le parquet au risque de déclencher des cataractes chez le voisin du dessous ?…non bien sur !!!

 

  Eh bien ! Le néophyte lui sort du bain , envahit le cockpit dégoulinant d’eau de mer , s’ébroue au-dessus du hublot de votre cabine provoquant une marre sur votre oreiller , et finit de s’égoutter dans le carré en disant:  « Oh! Attention !! Ça glisse quand c’est mouillé ! » La serpillière entre les dents , vous le suivez pour éponger le déluge essayant de limiter la poisse d’eau salée sur le parquet !

 

 
 Les chiottes

 

   Sujet délicat, intime , le gros caca et le petit pipi sont un problème très personnel , mais il faut bien se rendre à l’évidence tout le monde y passe et pour évacuer, une seule recette :la pompe RM 369 modèle rectifié et amélioré par mes soins détartré, lubrifié, bref en état de fonctionnement si tout un chacun veut bien se livrer à chaque acte à 10 coups de pompe réglementaires .

 

  Compte tenu de la nourriture ingérée c’est l’autolubrification assurée , à moins qu’un olibrius en mal de doudou ne vienne obturer par un trop plein de papier l’évacuation jusqu’à la vanne ;

 

  Et là c’est l’angoisse suprême car il vous faut tout démonter jusqu’à ladite vanne : la cuvette, la pompe , l’embase et les tuyaux d’arrivée et de départ d’eau de mer et d’évacuation

 

  La vanne bloquée en position ouverte , vous allez gratouiller délicatement le bouchon de papier , prêt à subir un geyser de merde et d’eau salée et voir le bateau sombrer sans rémission avant d’ avoir pu fermer à temps la vanne imperturbable à vos sollicitations ;

 

 
 La douche

 

 

 C’est à croire que la gente équipière ne vit que dans un terril , ou bien pense se transformer en ramoneur quotidiennement sur Apsara

 

 Pas moins de 3 douches par jour à raison d’une demi-heure, au risque de noyer la mer sous une avalanche de gel douche et de shampoing , il se rêve à croire sous une cascade alors que les 3 petits réservoirs d’eau suffisent à peine à rincer la vaisselle et le post-bain .

 

 Je crois que je vais instaurer le principe du minuteur …payant de surcroit!!! Gnaaaak!!

 

 
 La vie à terre

 

   Il est impératif que l’équipier puisse dans un délai périodique se ressourcer dans la vie citadine et terrestre, les embouteillages , le klaxon, la musique à fond et surtout, surtout internet , la WIFIIIIIIII ( ah parc’ qu’ya pas internet à bord ?????)

 

  Dès qu’on arrête la perfusion du web , l’acolyte ,prêt à faire des km à pied dans la pollution devient grincheux , inquiet,, en manque, et ne peut survivre sans son net quotidien ….

 

 

   Enfin , du bon usage des ustensiles et autres moyens de fonctionnement du bateau ,

 

   L’équipier (e ), ne l’oublions pas, est en vacances , il n’a que faire des recommandations sans cesse répétées et est totalement amnésique au fait qu’un bateau ça bouge, ça penche et ça remue : merci de fermer les portes, les placards, les tiroirs , de fermer le frigo , d’éteindre les lumières , de fermer les robinets, de fermer le frigo , d’éteindre les lumières , de fermer les robinets ,merci de vider les cendriers ,merci de remonter l’échelle de bain, merci de ne rien laisser dans la descente , c’est dangereux , merci de ne pas laisser trainer vos effets personnels dans le cockpit lors des manœuvres , c’est dangereux , merci de mettre des chaussures ou assimilés quand vous allez à la baille à mouillage ou que vous manœuvrez sur le pont ….merci …merci pour tout !!!!

 

 

 voici le bilan de la saison :

 

   2 couteaux, 1 économe, 2 paires de ciseaux,1 démanilleur , 1 charnière, 1 cendrier inox, 1 bout de 20m, 1 sangle, 2 fermetures éclair de capote , 1 poulie, 1 embase WC , 1 hublot (le plus grand ) 10h à déboucher les chiottes, 3h à recoudre la capote ,4h à changer le moteur du pilote ,12h à faire les vidanges, 48 h de nettoyage, 36h de rangement , 30kg de pates, 20kg de riz ,25kg de patates, 2 bouteilles de rhum, 1 de whisky , 2 de pastis, 2 d’ouzo , 4 kg de cacahuètes ,92 cannettes de bière ……etc etc ( lorsque vous aurez multiplié tout ça, vous aurez l’âge du capitaine à la fin de la saison!!!)

 

 

Et des milliers de tonnes de bons moments …

 

 

elle est pas belle la vie sur Apsara !!!

 

                                                                                                   Claire et Apsara


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 21:32, le 23/09/2011,
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Heraklion La Ciotat Aout/ Septembre 2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

                            Héraklion ( Crète ) la Ciotat ( France ) Aout Sept 2011
 
 
Lundi 8 Aout
 
 
Me voilà seule à bord d’Apsara , après le départ des jeunes , Sophie et Julien et
3 jours déjà que je tente vainement d’obtenir auprès des Coast Guards la livraison du gazole et du gaz ;
 Chaque matin c’est le même cérémonial , je me rends à l’office, interpelle l’agent de service qui passe 10 coups de téléphone tout en s’engueulant avec ses collègues .
Il règne une atmosphère délétère dans cette officine, et comme je ne comprends pas un traitre mot de leur dialogue, je prends un air impassible et niais et ne décolle pas tant que je n’ai pas une réponse …qui finira par tomber : repassez demain matin !!!
Eh bien non ! demain matin je serai partie !!!, car je pars cette après-midi …, un vieux grincheux à la moustache en balais de chiotte ,et aimable comme une glacière m’indique le bureau qui délivre la clearance out et restitue le permit cruising … repassez cet après-midi avant de partir …., je sens le compte-tour qui monte et part louer une voiture pour transporter mes bidons de gazole et faire les pleins de bouffe au Carrefour local .
J’y repasserai l’après-midi, pour finaliser la sortie , le bureau est fermé et finalement une à peine souriante agente me tamponnera les documents en me gratifiant d’un regard dubitatif et consterné quand je lui annonce qu’il n’y aura qu’une personne à bord .
 
Si vous mettez des rats en surnombre dans un espace réduit , ils vont manifester des comportements agressifs , leur tension va augmenter ,ils vont développer des ulcères et des cancers , j’ai l’impression ici de revoir ici le film d’Alain Resnais « Mon oncle d’Amérique » qui dépeint si bien les théories d’Henri Laborit
 
C’est la 1ere fois depuis très longtemps que je rencontre des comportements aussi tendus , est-ce le fait de gens trop nourris qui redoutent la perte de leurs privilèges et de leur statuts ?
La Grèce sous perfusion des finances européennes va devoir opérer des coupes sombres dans ses effectifs de fonctionnaires …est-ce leur inquiétude ? Ou tout simplement la quiétude des gens installés qui n’en ont rien à faire de l’efficacité et de la qualité relationnelle ?
 
C’est un peu un choc pour moi car même dans les pays les plus islamisés où la femme n’est qu’un être secondaire , je n’ai trouvé de telles attitudes, bien au contraire …
 
 
Mardi 9 Aout
 
 
J ‘ai fini par décoller et rejoint quelques beaux mouillages avant la grande traversée vers Malte
Ile Dia , baie Mesaios, Ormos Bali ( 35° 24 858 N; 24° 47 135 E ) et une crique à l’Est de la pointe Spathi la plus au NO de la Crète ( 35° 39 852 N; 23° 46 178 E )
 
 
Jeudi 11 Aout
 
 
C’est la Sainte Claire , le météorologue m’annonce pour aujourd’hui un NNE de 18/23 nds une mer agitée mais pour une fois ce sera du travers car je fais route au 274°
 
Le NNE rentre déjà au mouillage dès le lever du jour et je lève l’ancre vite, vite pour doubler le cap avant que la mer ne creuse .

2/3 de GV , 2/3 de génois et roule ma poule c’est parti , 6/7 nds au compteur , c’est le bonheur , merci Eole d’avoir penser à moi.
La mer se creuse effectivement et de 12/18 nds le vent passe à 20/25 , puis 25/30 , je suis donc obligée de réduire , quand un bateau de ligne qui croise sur l’arrière m’interpelle à la VHF
Voici le dialogue
 «Voilier sur mon bâbord ,   c’est vous qui avez lancé un MAYDAY? »
« Non ! ici le voilier Apsara , je n’ai pas lancé de Mayday , tt est ok , je fais route vers Malte »
« Combien de personne à bord , donnez votre position ? »
«  1 personne à bord ,et voici ma position …. »
«  C’est bien vous alors qui avez lancé un Mayday » (sic !!!)
« Non , je n’ai pas lancé de Mayday , tt va bien à bord » !!!
Puis un dialogue en grec que je ne comprend pas , bien sur  
Quelques minutes plus tard : 
«  Voilier Apsara , Voilier Apsara , pouvez-vous appeler ce n° de téléphone : 2 104 11 2500 »
« Pas de problème, est-ce vous qui avez lancé un Mayday »
« Oui »
«  Donnez-moi votre position et le nom du bateau »
Crachouillis, je ne copie pas le message , je finis par capter la position avec difficulté
J’appelle le n° en question , redonne ma position et le nom de mon bateau en expliquant la raison de mon appel ,je ne comprends pas à qui j’ai affaire et la personne me demande de rester en ligne, elle rappellera …
 
Dans le même temps , les conditions deviennent de plus en plus difficiles , il faut que je réduise la GV et le génois , c’est à ce moment-là que le pilote auto décide de décrocher , une mer hachée avec des creux de 3 m ne lui laisse aucun répit
Je prends le temps de faire le point sur le bateau en urgence : 10M de moi au NNE
Je rappelle …pas de réponse , et de nouveau un dialogue en grec , je rappelle à nouveau , silence radio …
Je m’occupe du pilote et réduit à nouveau , en restant à l’écoute …
C’est vraiment ma fête, je n’ai pas eu le temps de souffler ( Eole le fait pour moi !!!)depuis ce matin 6 h , ….il est 14h …
la VHF est totalement silencieuse , j’en conclue que le sauvetage a eu lieu ou que le bateau en détresse a trouvé une solution …
Le calme revient peu à peu , ça s’appelle un départ sur les chapeaux de roue !!!!
Il ne reste plus qu’à espérer que ce ne soit pas comme ça pendant les 450 M à venir ;
 
 
Vendredi 12 Aout
 
Le vent a chuté et tourné SSE 4/5 nds , j’attends avec impatience ma 1ere nuit « de quart » sur Apsara qui sera tranquille ….
J’ai du mettre en route le moteur , j’ai aussi programmé l’alarme radar à 1M et vais me réfugier sous la couette ….toutes les heures et demi , je jette un œil , pas le moindre lumignon à l’horizon , seule la lune, bientôt pleine, trace un chemin doré sur la mer .
 
Samedi 13 Aout
 
Après un p’tit dej pantagruélique , je flâne, range , lave, la matinée s’écoule vite mais l’après-midi bercée par le ronronnement du moteur et la houle de NO qui persiste , les heures s’étirent lentement , toujours personne à l’horizon .
 
 
 
Dimanche 14 Aout
 
Ce matin j’ai de l’occupation , il me faut refaire les pleins de gazole , la houle s’est apaisée et après avoir arrêté le moteur ,je trimballe mes bidons, profitant également d’une embellie , le vent a repris NNO 8/12 nds
 
Enfin un cargo à quelques Milles, j’aurais eu tôt fait de me croire sur une autre planète depuis 2 jours , me voilà donc rassurée , je ne suis pas la seule survivante d’un monde qui a disparu !!!
 
La route, droite comme un I, plein Ouest ,n’a pas beaucoup de fantaisie , seul cadeau immense , le soleil qui s’effondre devant moi le soir, abandonnant ses couleurs flamboyantes , la mer se pare de pourpre , et lorsque je me retourne quelques instants plus tard , c’est un disque oranger , discret qui émerge puis qui s’élève en illuminant la surface de l’eau …
 
J’aurai aussi l ‘émerveillement de voir un phénomène optique très rare car il demande une grande pureté dans l’atmosphère et pas l’ombre d’un nuage qui ne viennent troubler l’horizon : le rayon vert
Lorsque la fin du disque solaire disparait derrière la ligne et vient tangenter l‘horizon , au 10eme de seconde près , apparait comme un flash vert turquoise, c’est si fugitif qu’on a peine à y croire
 
Puis peu à peu la nuit s’installe et la lune me regarde d’un air offensé d’avoir troublé cette paix terrestre et peut-être aussi de jouir en solitaire de ce spectacle éblouissant .
 
Lundi 15 Aout
 
Je me sens me rapprocher de plus en plus de la civilisation, les cargos croisent sur bâbord et tribord et la nuit risque bien d’être courte , si le trafic s’intensifie comme ça .
 
Il me reste une quarantaine de Milles , je m’accorde une heure ou 2 de sommeil hachées par la veille, vers 2 h un flot ininterrompu de feux s’alignent devant moi , je sais qu’il existe des fermes maritimes mais je n’arrive pas à distinguer s’il s’agit de cargos ou d’élevage
 
J’avance, histoire de voir de quoi il retourne en visant une fenêtre un peu plus au sud; il s’agit en fait de cargos , des dizaines alignés en rang d’oignons au mouillage.
Je profite d’une chicane quand le jour péniblement se lève puis je dépasse cette barrière , pour en retrouver une autre , les fermes maritimes
Tout doucement apparait les 1eres couleurs des remparts de La Valette marquées par le soleil naissant , les dômes et cathédrales peu à peu se dessinent , toute la ville fortifiée est devant moi , je pénètre dans la baie de Marsamxett et rejoint Msida Marina sous les murailles …
15 Aout 10h , c’est l’heure de la messe et toutes les cloches de La Valette carillonnent
Un grand moment ….!!!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Samedi 20 Aout
La semaine a défilé a toute allure , rangement, nettoyage, bricolage, les pleins de gaz, de gazole, de bouffe, et surtout quelques belles soirées à se régaler de rosé et de camembert Président avec Marianne , ma voisine de Ladybird, partie voilà un an avec Manu pour un tour de Méditerranée. On se refile les bons plans, échange des bouquins, se boyaute à nous narrer nos péripéties diverses, heureuses ou malheureuses 
Tout est fin prêt pour l’arrivée de l’équipage suivant : Elise, son père Richard et Arnaud le compagnon d’Elise.
Rappelez-vous, l’an dernier, Borneo Singapour , le moteur en rade, le remorquage par le Stadt Gotha, peu de jours mais une aventure qui alimentera encore longtemps les soirées dans les chaumières.
J’ai grand plaisir à les retrouver, ils murissent un projet de départ sur un Sunkiss, l’an prochain , leur enthousiasme me réjouit et fait revivre en moi quelques souvenances …
 
Mardi 23 Aout
 
Une visite un peu express le dimanche à La Valette et nous mettons le cap sur Comino, petit ilot coincé entre Malte et Gozo , la cote est déchiquetée, trouée de grottes et de vestiges calcaires effondrés
Pos: 36° 00 322 N ; 14° 19 571 E
Cela ne manque pas d’attirer le touriste qui noie les fonds émeraude de visites incessantes .
 
 
 
 
 
 
A l’Ouest de Gozo, se trouve comme une immense caldera qui forme une baie très fermée par un piton Fungus Rock , c’est là que nous nous réfugions , un calme serein juste troublé le soir par de curieux hurlements provenant probablement d’oiseaux nocturnes .
 
Baie de Dewjra : 36° 02 885 N ; 14° 11 493 E
 
Mercredi 24 Aout
 
Levée d’ancre matinale , quelques 120 M nous attendent avant d’atteindre Pantelleria, ile italienne à mi-chemin entre la Sicile et la Tunisie .
Vous ne me croirez pas si je vous dis que nous avons à nouveau le vent dans le pif NNO 5/10 nds et après une 1ere nuit de quart pour l’équipe nous découvrons un tout autre relief , volcanique celui-là , minéral, sombre et aride ..
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Jeudi 25 Aout
 
Porto Dietro Isola : 36° 44 376 N ; 12° 02 029 E
 
Le mouillage est superbe et sauvage mais les fonds pas vraiment propices à un posée de pioche : ce sont des rochers ronds où la chaine se glisse subrepticement entre les failles
Le lendemain , nous rejoignons un autre mouillage plus au NE , Cala di Levante , une anse dominée par un petit village et bordée par une arche impressionnante
 
Pos: 36° 47 695 N ; 12° 03 078 E .
 
Samedi 27 Aout
 
Pétole quasiment toute la nuit , quand nous arrivons sur la cote Sud de Favignana , bien sur le SO se lève nous obligeant à aller trouver un mouillage au N vers la Punta Marsala
37° 55 462 N ; 12°21 935 E
Puis le vent tourne NO et c’est la débandade , de surchargé le mouillage devient désertique , nous filons nous réfugier au sud de l’ile Levanza à l’E de Cala Fredda
37° 59 N ; 12° 21 101 E
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 28 Aout
 
Un petit port charmant, très italien mais aussi très célèbre car il fut le lieu de « la Matanza » , une pêche au thon rouge très particulière :
Favignana    : 37° 55 931 N ; 12° 19 532 E
Le port n’est pas très facile d’accès , orienté N , la houle rentre et surtout les profondeurs sont minimales , un quillard en fera l’amère expérience empêtré à l’approche du quai sud ;
Nous accostons à couple de 4 autres bateaux dont le 1er à quai est un bateau de pêche qui mettra les bouts à 3h du matin !!!
Gelateria, nous ne manquons pas de déguster les fameuses glaces italiennes sur la place avant de visiter les anciennes baraques de stockage et de préparation des thons rouges de plus de 250kg piégés par des barques et un immense filet à chicane où ils étaient arrachés à leur milieu dans une marre de sang .
La curée n’a duré qu’un temps, le thon est devenu une espèce en voie de disparition et l’usine a fermé ….pour devenir un musée de cette « riche » époque
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 29 Aout
 
Un petit mouillage dans l’ile au Nord de Favignana, Levanzo à Cala Freddo , histoire de nous régaler d’une enième pizza
Pos:37° 59 285 N ; 12° 20 706 E
 
 
 
 
Mercredi 31 Aout
 
On espérerait du Sud, voire du SSE , rien à faire , mais c’est moins pire , c’est pétole !!!
..et après une nouvelle nuit au moteur , nous posons la pioche dans l’anse très protégée de Villasimius à quelques encablures de la marina .
 
Jeudi 1er Septembre
 
Les toilettes sont à nouveau bouchées, vanne en position ouverte bloquée …pas le choix , il faut se rendre à la marina pour voir de quoi il retourne ;
Une fois l’opération commando débouchage de chiotte finalisé, il ne reste plus qu’un jour avant le départ d’Elise et d’Arnaud …et de Richard également qui a finalement jeté l’éponge , et préfère regagner son nid parisien ;
 
Samedi 3 Septembre
 
Les tourtereaux sont repartis retrouver les rythmes infernaux de la capitale , et de nouveau Apsara m’appartient mais je n’ai guère le temps de profiter du calme , les invitations pleuvent et toute une bande de tifosi vient rendre visite « alla donna da solo sulla barca », , c’est charmant et ça flatte mon ego défaillant !!!
Un couple de Suisses Pierre et Madeleine parti de Hambourg il ya 2 ans sur Manati me régaleront à leur tour de gentillesse et d’un repas plantureux ;
 
Vendredi 9 Septembre
 
Le vent de NNO n’a pas molli depuis 2 jours 10/15 nds , mais il m’a laissé le répit nécessaire pour longer la cote Est de la Sardaigne et profitez de quelques beaux mouillages le long de cette cote somptueuse jusqu’à la Maddalena archipelago
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Baie nord Capo S. Lorenzo :39° 29 837 N; 09° 38 085 E
Marina di Baunei Santa Maria Navarrese : 39° 59 490 N; 09° 41 559 E
Porto Brandi chi : 40° 50 135 N ; 09° 41 758 E
Golfo Pevero : 41° 07 477N ; 09° 32 537 E
Ile Budelli Cala Nord(dead’s man reef passage)41° 16 943 N; 09° 21 536 E
 
 
 
 
Finalement c’est encore une valeur sure qui viendra me rejoindre en Corse pour finaliser ce périple jusqu’à La Ciotat :Muriel tout juste rentrée d’un trip avec les louloutes en Anjou sautera dans l’avion pour me soutenir jusqu’à l’arrivée …merci Mumu !!!
 
 
Samedi 10 Septembre
 
Mumu arrive à Ajaccio finalement cet après-midi , il me faut forcer l’allure car il n’y a plus de liaison pour Propriano à l’heure d’arrivée , je dois la retrouver dans la baie d’Ajaccio , et le plus près possible de l’aéroport c’est Porticcio .
Le soleil descend sur l’horizon , je rentre dans la baie, on se joint au téléphone et grâce à la gentillesse d’un jeune qui travaille avec une annexe , Muriel me rejoindra directement sur Apsara sans que j’ai besoin de poser l’ancre et d’aller la chercher sur la plage …merci Franck !!!
On rejoint aussitôt pour un apero la baie d’Agosta où la commune a eu la bonne idée d’installer des bouées .
Pos: 41° 50 916 N; 08° 46 366 E
C’est une pratique qui se généralise, de nombreux coffres sont installés dans les baies, pour éviter le massacre des ancres qui arrachent les fonds ….
 
 
 
Dimanche 11 Septembre 
 
Anse de Sagone 42° 06 585 N ; 08° 41 559 E
Quelques courses, un bon resto , tranquillement on fait route au nord
 
Lundi 12 Septembre
 
Le vent est reparti au NNO , finalement on se réfugie dans la baie de Girolata pour être placé dans la baie minuscule sur 2 coffres , un arrière, un avant, par les soins de la capitainerie
Ce petit village dominé par une forteresse génoise, lieu de randonnée n’est relié qu’à pied ou en navette maritime ;
Il me souvient qu’il y a quelques 35 ans nous avions fait la liaison à pied depuis Porto.
 
 
 
 
 
 
Mardi 13 Septembre
 
Des couleurs chaudes, rouges sombres , des falaises déchiquetées, trouées de tafoni gigantesques, cette cote de Corse est certainement une des plus belles au monde.
Depuis les Calanques de Piana pour poursuivre jusqu’à Calvi où la Citadelle vous surplombe à l’arrivée , que d’émerveillement …
Et le plaisir se prolonge car lorsque nous débarquons en ville c’est le début des Rencontres des Chants Polyphoniques , et nous ne manquons d’assister le soir à un concert où se marrie les laudes italiennes du XVI eme aux chants soufis des confréries musulmanes ….
Un pur enchantement dans la Cathédrale St Jean Baptiste au sommet de la Citadelle .
 
 
 
 
 
 
 
Mercredi 14 Septembre
 
Journée détente avant d’attaquer l’ultime étape jusqu’à La Ciotat
Le vent ne sera pas très favorable une fois de plus :NNO à ONO mais faible…
Un dernier panini arrosé d’une bière corse parfumée à la châtaigne , à la terrasse devant la marina , le soir un record au Scrabble ( 522 points) ….elle est pas belle la vie sur Apsara !!!
 
 
Vendredi 16 Aout
 
Vers 6h le matin , la nuit encore nous enveloppe, le phare de Porquerolles nous illumine, et bientôt les chantiers de La Ciotat apparaissent dans le lointain ,
Curieusement cette arrivée tant rêvée, tant espérée parait anodine alors que me voilà au terme d’une année bien remplie :près de 8.000 M , 14 pays visités , des rencontres chaleureuses, humaines, des découvertes , des paysages et des souvenirs à n’en plus finir …
Ces quelques mots sont bien impuissants à traduire l’émotion de cette route entre Phuket et La Ciotat
 
 
 
 
 
T’en souviens-tu Maryse Juin 2007 Papeete
« J’irai au bout de ce voyage , je sais que je dois trouver quelque chose »
JMG Le Clezio Le chercheur d’or
 
 
                                                                La Ciotat 16 Septembre 2011


                                                   Claire Brondex
 
 
«  Le départ est le seul horizon offert à ceux qui cherchent les mille écrins où le destin cache les solutions de ses mille erreurs »
                                                        Fatou Diome « Le ventre de l’Atlantique »
 
Publié à 20:03, le 23/09/2011, La Ciotat
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Limassol ( Chypre) Heraklion (Crete) Juin / Aout 2011 suite .....

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dimanche 31 Juillet
 
La Crète
 
Kouremenos
Pos: 35° 13 257 N ; 26° 16 513 E
 
Il va falloir nous y faire , le vent souffle régulièrement du NO de 10/15 nds à 15/20 nds et nous ne sommes pas vraiment dans la bonne direction .
 Sophie et Julien goutent sans mélange la joie de naviguer au près avec les performances d’Apsara à cette allure , la mer est hachée mais une fois l’ancre posée, les criques qui nous accueillent avec les tavernes blotties au fond sont des grands moments de réjouissance, et on se console avec des parties de Scrabble endiablées.
 
 
Il faut bien se dépenser un peu et aller voir d’un peu plus près ce que nous avons aperçu ce matin , un phoque ;
 
 
 
En kayak et avec l’annexe nous nous promenons dans l’anse de la presque’ile d’Akrotiri où nous sommes posés lorsqu’une voiture militaire lance des appels de phare dans notre direction à grands renforts de klaxon …que nous veulent-ils donc ??
Je m’approche de la falaise qui nous sépare et ces gentes militaires nous informent que nous sommes dans une zone militaire et qu’il nous faut déguerpir …
L’aire militaire est sur la cote Ouest cad de l’autre coté et je fais celle qui ne comprend pas , nous resterons sous leur surveillance …armée toute la soirée et toute la nuit , ils sont bien en peine de venir nous déloger !!!!
 
Mardi 2 Aout
 
Lagon de Spinalonga
Pos: 35° 16 758 N ; 25° 44 405 E
 
Un immense lagon fermé par l’ile de Spinalonga nous offre un refuge parfaitement calme au meltem qui souffle sans relâche et encore une fois la petite ile qui protège l’entrée du lagon est érigée d’une forteresse ottomane qui a par la suite abrité une colonie de lépreux jusqu’en 1950 .
 
Mercredi 3 Aout
 
Les étapes se font courtes 20/25 Milles au plus pour profiter des tavernes dans le port de Khersonisos
Pos: 35° 19 253 N ; 25° 23 575 E
…mais aussi des nuisances nocturnes et sonores ,
Cette petite ville est un des hauts lieux du tourisme « sea, sun and sex » , les tavernes ne manquent pas, le disco non plus et nous sommes aux premières loges !!!!
 
Jeudi 4 Juillet
 
Ile Dia
 
En face d’Hiraklion qu’il va bien falloir rejoindre , une ile avec 3 belles anses orientées au sud et j’imagine assez facilement qu’elles pourraient nous offrir une dernière étape sympathique
Celle du milieu a un appendice où nous nous réfugions , juste la taille du bateau , pas âme qui vivent , seule une mouette nous observe en piaillant .
 
Pos: 35° 26 363 N; 25° 13 321 E
 
Vendredi 5 Aout
 
 
Enfin un peu de nav à la voile et nous rentrons dans le port d’Heraklion , long de 2km avant de nous accoster tant bien que mal au ponton sous les fenêtres des Caost Guards
 
 
Nous ne manquerons pas bien sur d’aller trainer nos guêtres dans le gigantesque palais de Cnossos , célèbre pour avoir abriter la civilisation minoenne pendant près de 1500 ans et pour avoir disparu vers 1500 av JC probablement à cause du l’effondrement d’un volcan .
 
Sophie et Julien regagnent la France , finies les vacances !!!
Je poursuis quand à moi la route à l’Ouest jusqu’à Malte où Arnaud, Elise ( rappelez-vous Borneo-Singapour , plus de moteur et un remorquage par un énorme cargo ….) et son père Richard me retrouveront fin Aout
Malte , la Sicile, la Sardaigne et peut-être la Corse avant de retrouver ma petite famille à la Ciotat , tel devrait être la fin du parcours pour cette saison bien remplie .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie »
                                                                                   Heraklion le 6 Aout 2011
 
                                                                                 Claire Brondex
 
 
 
 
 
 
 


Publié à 16:35, le 7/08/2011, Héraklion
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Limassol ( Chypre) Heraklion (Crete) Juin / Aout 2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

                          Limassol ( Chypre ) Héraklion ( Crète )Juin / Aout 2011
 
 
 
Mardi 7 Juin
 
 
Le choc du retour à la civilisation européenne est bien là avec les tarifs de la marina de Limassol …90€ / 2 jours …..vite on fuit sur l’Ouest et on se réfugie dans le petit port de Paphos
 
Pos: 34° 45 266 N ; 32° 44 484 E
 
La fête pentecotienne du «  Kataclismo » bat son plein et nous sommes au 1eres loges devant le fort et la place où les représentations ont lieu : danse , musique , l’atmosphère est grecque à n’en pas douter car les gens du cru se laissent aller à des démonstrations de sirtaki avec le plus grand naturel , même les enfants s’ y adonnent !!!….
 
 
 
 
 
Paphos recèle des trésors d’antiquité avec une ville datant de l’époque romaine , et surtout des mosaïques à faire pâlir Ravenne !!!
Le site de Kourio près de Limassol est tout aussi étonnant , qui pourrait croire que Chypre a de tels vestiges ?
 
Dimanche 12 juin
 
Nous n’en avons pas fini avec les découvertes , nous louons une voiture et allons nous perdre cette fois-ci dans les Monts de Troodos, une petite Suisse parsemée de petites chapelles orthodoxes du XI eme siècle dont les murs peints sont de pures merveilles ;
 
 
Lundi 13 Juin
 
Fin des vacances pour Nathalie , l’avion du Lundi soir la ramène à Londres puis à Marseille , finis la tapette à mouche , la chasse aux cafards et la cuvette qui attend les petits vomis ,
J’ai employé les grands moyens pour que la cure de désintoxication aux pressions diverses et variées de la routine travaillistique soit efficace …..les symptômes sont en voie de disparition ,…..en cas de rechute : rejoindre Apsara de toute urgence !!!
 
 
Mercredi 15 juin
 
Aphrodite est née sur cette ile , y a rencontré Apollon…..et aujourd’hui nous allons rejoindre au nord, la baie des bains d’Aphrodite où se trouve également la « Fontana Amorosa »
 
Pos: 35° 05 403 N; 32° 18 E
 
L’eau est limpide et juste rafraichissante , un bain, un apero, elle est pas belle la vie sur Apsara !!
 
 
 
Jeudi 16 Juin
 
Chypre est toujours coupé en 2 depuis 1974 que la Turquie a envahi une bonne partie de la part NE .
Nous devons donc régularisé notre situation en procédant à la clearance out dans le petit port de Latsi après avoir doublé le cap Akamas
Pos: 35° 02 503 N ; 32° 23 761 E
Charmant petit port où la maison de la police ressemble à une maison grecque avec des volets bleus , une famille d’hirondelles s’est installée au sommet de l’escalier sous l’auvent , les formulaires administratifs sont remplis par l’agent lui-même et nous voilà quitte d’aller voir discrètement comment cela se passe du côté turc .
 
Samedi 18 Juin
 
L’appel …à Eole a été entendu , nous voilà au portant 15/20 nds de vent , génois tangonné ,voiles en ciseau , « a little bliss , un petit bonheur » que nous n’avons pas connu depuis longtemps ….
 
Assurément ici au port de Girne (Lyrenia), c’est la Turquie .
Après négociation à la marina, nous obtenons avec Joel des tarifs acceptables et nous profitons d’un jour de repos dans la ville très touristique avec la forteresse ,le port et les petits restos qui bordent l’ancienne marina …
 
Pos: 35° 20 454 N 33° 19 973 E
 
Lundi 20 Juin
 
Une belle traversée entre Chypre Nord et la cote turque et nous mouillons dans la baie très protégée    d’Ovacik
 
Pos: 36° 09 509 N ; 33° 41 437 E
 
Une tortue se promène devant Apsara , l’eau est claire et invite à la baignade mais les fonds sont sinistrés et la petite plage devant l‘ile pourrie de détritus plastiques , il parait qu’il passe pas moins de 10 goulettes par jour en pleine saison avec près de 50 personnes à bord avec ancrage , musique à fond et rejet de déchets en masse ……
 
Combien de décennies faudra-t-il pour qu’un semblant de protection et de récupération soit possible ?
 
Mercredi 22 Juin
 
Un saut de puce de 25 M et on atteint la petite anse de Soguksu Limani
Pos: 36° 07 943N; 31° 17 50 E
 
Une promenade dans les rochers et on découvre la piscine de rêve , eau turquoise, rocher planté au milieu comme un champignon , Zaza la chienne d’Oukiok s’en donne à cœur joie ,
Mais le soir le vent descend en rafale du vallon qui nous domine , jusqu’à 30nds , pourvu que ça tienne , par prudence j’ai mis l’alarme GPS…
 
 
Jeudi 23 Juin
 
Bozyazi Limani
 
Pos: 36° 05 753 N; 32° 56 313 E
 
Une jetée , un petit port où 3 ou 4 bateaux sont amarrés , le « harbourmaster » vient nous accueillir pour nous prendre les amarres
Il se déclare immédiatement « captain Taxi » et nous propose une virée au Château d’Anamur , Mamure Kalesi , une forteresse sise à la pointe d’Anamur Burnu , forteresse érigée d’abord par les Romains puis totalement reconstruite et agrandie par les Ottomans, curiosité une mosquée se dresse au milieu de l’enceinte !!!
 
A peine imaginable est la cité d’Anemurium vieille de plus de 1500 ans , qui héberge théâtre ,  « musichall » et palestre , piscine , bains et gymnase et dont la plupart des sols sont couverts de mosaïques ;
La journée se termine bien sur au restaurant où on se fait arnaquer comme au coin du bois avec des tarifs digne du Royal !!!
 
Vendredi 24 Juin
 
De petits ports en petits ports on rejoint celui de Gazipasa
 
Pos: 36° 15 843 N ; 32° 16 738 E
 
Où l’on mouille au milieu ….lentement la paix du soir nous envahit , l’horizon s’enflamme et découpe les crêtes noires des sommets , la forteresse illuminée veille sur nous et soudainement les dauphins se prennent à jouer près de l’étrave ..
Ce sont les moments dont on rêve lorsqu’on se fait tabasser, au près, avec un déluge du ciel et de la mer , et   un vent âpre qui, tel un lutteur vient immobiliser le bateau contre les vagues.
 
Dimanche 26 Juin
 
Rien ne nous empêche toutefois de regagner le luxe et le confort à la marina d’Alanya
 
Pos: 36° 33 494 N ; 31° 56 932 E
 
Douches chaudes, machines à laver , wifi , piscine….!!
 
La ville est récente, dominée par une forteresse impressionnante, encore une œuvre des Ottomans , le marché regorge de fraises, oranges, cerises, melons et légumes variés , un vrai régal des yeux avant celui des papilles .
Pas mal de voiliers de français sont accostés à la marina , les liens se créent vite par la langue et bien vite je découvre les talents de Françoise en informatique sur Miegjorn    ;
 
Depuis la Méditerranée, les cartes de Max si , le logiciel de navigation sont d’une pauvreté inquiétante , aucuns détails, pas de profondeurs, je suis désarmée devant ce problème et Françoise en une matinée me résout l’ énigme …merci à toi Françoise , je peux poursuivre en toute sérénité , je te voue une reconnaissance sans faille ….!!!
 
Pour parfaire le plaisir , une belle soirée bien arrosée sur Zig-Zag à refaire le monde avec Jean-Yves ….c’est les vacances !!!!
 
Jeudi 30 Juin
 
Side
 
Pos: 36° 46 095 N; 31° 23 078 E
 
Une ville antique envahie par les marchands du temple , le disco va durer jusqu’à 3h½ du matin associée à une houle féroce qui nous balance d’un bord à l’autre , une visite rapide aux ruines et le lendemain dès l’aube nous fuyons vers Kemer .
 
 
Vendredi 1er Juillet
 
Les bâtiments du Club Med se repèrent de loin …« conspicuous » comme disent les guides mais là encore , nous sommes abreuvés de musique à fond et de bruits de moteurs tirants péniblement les wakeboarders qui font semblant de sauter les vagues .
La seule chose qui nous réjouisse ce sont les boites qu’ils ramassent en se prenant la planche dans la vague .
 
Samedi 2 Juillet
 
Cineviz Limani
 
36° 986 N ; 30° 29 914 E
Une vraie calanque où quelques voiliers et goulettes ont mouillé, les falaises sont tachetées de pins qui s’accrochent puis se rassemblent au pied , l’eau est verte et turquoise , fraiche comme une caresse, et le chant des cigales vient combler cette sérénité ,
 
 
Dimanche 3 Juillet
 
Quel plus bel anniversaire que ce lieux béni des dieux , voilà 4 ans je signai le rachat d’Apsara , 4 ans de petites galères (!!!) et de gros bonheurs , 4 ans remplis…. « comme une onde qui bout dans une urne trop pleine »…
Que d’interrogations balayées par ces instants magiques , que de doutes effacés par cette paix …
 
Et rien de plus délicieux que ces rougets dévorés avec Joel et Anne-Marie dans une petite gargote au bord de la plage , accompagnés de ces enfants qui s’ébattent dans l’eau comme des lutins …
Si le bonheur a un nom , c’est bien celui-là !!!
 
 
Et le soir sur Apsara, nous fêtons les 4.600M parcourus ensemble depuis Goa, car il faut bien se rendre à l’évidence, nos routes vont provisoirement se séparer : eux vont musarder en Turquie et je reprends la route vers l’Ouest .
 
 
Lundi 4 Juillet
 
Une route sans histoire pour doubler le cap Taslik et prendre plein Ouest pour rejoindre une des baies de la fameuse Kekova
 
Gokkaya Limani
 
Pos: 36° 12 378 N ; 29° 53 615 E
 
Un dédale de passes et de petites iles qui ferment des fjords minuscules où chaque navire peut trouver sa place , le maquis se miroite dans l’eau, les cigales s’époumonent, et l’odeur des pins m’envahit .
 Après la ruée des goulettes , je reste seule à jouir de ce petit paradis et une lune discrète vient juste parfaire la voute étoilée ;
 
Kekova :
 
Les tombes lyciennes bordent le rivage , un château qui surmonte une baie très abritée , juste un petit tour dans cette anse et je rejoins une autre baie sur l’ile de Kekova;
 
Mardi 5 Juillet
 
Cette cote turque n’a pas finie de m’émerveiller …Tersane
 
Pos: 36° 10 371 N; 29° 50 778 E
 
Encore un petit bijou avec des ruines et le soir, une fois la foule partie je jouis seule de cet environnement avec quelques biquettes qui viennent bêler sur la plage …
Entre chèvres, on n’a pas de peine à se comprendre !!!
 
 
 
 
Mercredi 6 Juillet
 
Je retrouve le luxe et la civilisation à la marina de Kas
 
Pos: 36° 12 259 N ; 29° 37 858 E
…et je retrouve aussi Mathias sur Lizza Forte ( un du convoi !) qui connait avec son moteur les mêmes affres que moi l’an dernier ….
 
Vendredi 8 Juillet
 
Curieuse situation que cette ile minuscule de Castellorizo …grecque , à quelques milles de la cote turque …une vraie carte postale que je rejoins avec une navette ..trop compliqué d’y aller avec le bateau , il faudrait refaire toutes les procédures de clearance in et out .
 
 
Samedi 9 Juillet
 
Un départ le jour à peine levé , le vent a fermé les écoutilles et tranquillement j’atteins Fetihye où je sais pouvoir retrouver Alondra et Skylark du convoi
 
L’accueil est à la hauteur de la joie des retrouvailles , corne de brume, cloches , une fois la pioche posée, ils me rejoignent tous sur Apsara …à la nage !!!…mouillés pour mouillés autant s’abreuver et la bière coule à flot !!!
 
 
Pos: 36° 37 360 N; 29° 05 894 E.
 
Mardi 12 Juillet
 
Kayakoy
 
Un village abandonné à quelques km de Fetihye, 3500 maisons désertées par les grecs lors de la partition au début du XX eme siècle , et des églises dont ils ne restent que des voutes peintes .
De cette ville fantôme émane une grande tristesse , on imagine aisément la vie paisible puis la douleur du départ et l’abandon , encore une manifestation de la bêtise humaine et 2 peuples qui s’affrontent.

 

 
 
Jeudi 14 Juillet
 
« la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas » !!!!
 
Les flonflons et les bals ne sont pas au programme à Gocek , la virilité s’ exprime d’une autre manière puisque partout le Viagra est vente libre ….en Turquie il faut assurer !!!
 
Et je retrouve Skylark dans la somptueuse petite baie de Boynuz Boku
 
Pos: 36° 42 620 N    28° 53 688 E
 
Dimanche 17 Juillet
 
Cette fois-ci pour de bon , il me faut me séparer de l’Asie et rejoindre l’Europe car Sophie la fille de Muriel ( rappelez-vous Aden Hurgada la remontée de la Mer Rouge ) et son copain Julien doivent atterrir à Rhodes
 
Je quitte donc la baie de Gocek aux aurores pour retrouver une fois n’est pas coutume, le vent dans le pif !!!
Et , faute de pouvoir accéder à la marina de Rhodes , j’atterris plus au sud dans une petite crique au nom évocateur de Zorba le grec: la baie Anthony Quinn .
 
Pos: 36° 19 405 N ; 28° 12 673 E
 
La paix du soir me gagne sous les feux de la lune étincelante, seule au monde dans cette crique bien protégée du meltemi .
 
Lundi 18 Juillet
 
Un petit peu obstinée , je tente à nouveau de gagner la marina mais cette fois-ci c’est l’accueil à la VHF qui me fait comprendre que les places sont chères , pensez donc une femme seule à bord alors que la plupart des yachts affichent un excédent d’équipage , pas assez chicos Apsara , j’irai mouiller sous les remparts ….à l’entrée de la marina !!!!
Pos: 36° 29 910 N; 28° 13 758 E
 
 
Mardi 19 Juillet
 
Aéroport de Rhodes
Un flot ininterrompu de touristes livides et désorientés se vomit de la porte « Arrivals into Schengen »
Tout sourire, mes 2 jeunes débarquent et vite on file à bord d’Apsara plus au calme .
 
 
Rhodes : tout le monde connait le colosse , une des 7 merveilles du monde qui enjambait le port et s’élevait à 30m au-dessus de la mer .
 
Il avait été réalisé par un artiste de Lindos toute proche avec le bronze laissé par Démétrios à la suite du siège et de sa défaite contre la cité en 305 av JC ..
A l’époque déjà les remparts étaient solides
L’artiste mit 12 ans pour le réaliser et il disparut probablement lors du tremblement de terre de 227 av JC ;
 
A l’entrée il ne reste plus que 2 colonnettes surmontées par un daim et une biche …je n’ai pas réussi à savoir quels symboles ils pouvaient bien représentés…!!!
 
Mais beaucoup plus impressionnants sont les remparts qui ceignent la ville, et témoignent d’une époque glorieuse au temps des Chevaliers de Saint Jean
Auparavant la ville avait vu le passage des Perses puis de Byzance , puis des Romains , puis des Perses à nouveau , des Arabes et des Vénitiens
Quand enfin elle tombe aux mains des Croisés et des Chevaliers de Saint Jean ,, elle devient une cité fortifiée à la réputation imprenable .
 
 
 
 
Le palais des Grands Maitres construit initialement au XIV eme siècle a été restauré intégralement pendant l’occupation italienne car il servait de résidence à Victor Emmanuel et Mussolini
 
A la fin de la guerre l’ile fut restitué à la Grèce au moment du rattachement du Dodécanèse en 1948
 
L’ile vit essentiellement du tourisme maintenant , les promènes-couillons et les glass bottom ( traduisez bateaux à fond de verre ) fleurissent et on se demande ce qu’ils peuvent bien voir dans les fonds puisqu’ ils sont morts …encore un bel exemple de tourisme surmotorisé et où la vie nocturne et sonore occupe l’essentiel des loisirs ;
 
Courage , fuyons , on s’évade dans la petite baie d’Anthony Quinn à nouveau
 
 
Jeudi 21 Juillet
 
 
Pos: 36° 05 788 N; 28° 05 257 E
 
Lindos sur la cote SE était à l’origine la capitale de Rhodes et a vécu aussi le passage de toutes les populations méditerranéennes et orientales
Une acropole haute de 116 m domine l’anse bien protégée où l’on va mouiller ;
Cette acropole a été par la suite fortifiée par les Chevaliers de Saint Jean où le Grand Maitre de Villaret se retrancha pour échapper à la vindicte papale en raison de sa vie privée quelque peu tumultueuse !!!!
 
Je n’avais à ce jour pas rencontré d’OVNI 41 et voilà que pas moins de 4 sont au mouillage !!!
Bien sur, les liens se créent vite et on passe une soirée fabuleuse avec Claude , Michel et Marie-France en dégustant un cassoulet arrosé de Corbières ( Claude est de Limoux et Michel et Marie- France d’Aiguesmortes ) à se raconter nos exploits d’OVNI…istes ;
 
 
Dimanche 24 Juillet
 
Une étape intermédiaire à Ak Istros ( 35° 55 865 N; 27° 51 896 E ) avant de rejoindre l’ile de Karpathos dans le petit port de Pigadhia
 
Pos: 35° 30 522 N 27° 12 884 E
 
Comme sur les cartes postales , des maisons blanches aux volets bleus , des tavernes à profusion et seulement 2 voiliers à quai , nous allons rester un jour de plus à jouir de ce havre à se régaler de souvlaki et de glace …
 
 
Mardi 26 Juillet
 
 
Makris Malyos
 
Pos: 35° 25 611 N ; 27° 10 169 E
 
Encore une anse bien protégée où une vieille épave croupit depuis des décennies et le lendemain on se dirige vers Kassos , une ile plus à l’Ouest sur la route de la Crète
 
Limin Fri
 
Une belle jetée protège un petit port doublé d’un autre minuscule, pas un voilier à quai ,l’église blanche et bleue trône au milieu de ce village grec comme on les imagine , où les bateaux de pêcheurs se dandinent et quelques vieux sirotent leurs cafés devant la taverne.
Seuls les ricanements des mouettes et le tintement des cloches à chaque heure viennent troubler cette paix du bout du monde .
 
Pos :35° 25 085 N ; 26° 55 407 E

Publié à 15:35, le 7/08/2011, Héraklion
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Port Ghalib ( Egypte) Limassol ( Chypre) Mai/Juin 2011... suite...

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 
Lundi 6 Juin

Un parfum étrange me remplit d’émotion , à quelque 20M de Limassol, j’ai peine à y croire , mais c’est bien cela , l’odeur de mon enfance lorsque nous « descendions » dans le Midi.
 La fragrance des pins maritimes me revient en mémoire avec le crissement des cigales dans les criques où nous mouillions le tout petit voilier en bois loué par mes parents .
J’avais 10 ans et déjà la bougeotte !!!

                                                                     Chypre 
Limassol  7 Juin 2011










« La souvenance est une autre façon 
De vivre sa vie.
Pleinement.
Le mieux possible.
Le moins durement.
Et la solitude est le moyen
De garder en mémoire
Ce que le bruit des choses
Emporte dans l’oubli.
Il faut bien lâcher d’un coté
Pour tenir de l’autre.
De ce qui renait au jour le jour
On se fait une nouvelle vie.
Et va le temps et va le rêve;
On ne voyage jamais qu’en soi. »

                                                                              « Harraga » Boualem Sansal 





 

 



Publié à 15:52, le 7/06/2011, Chypre
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Port Ghalib ( Egypte) Limassol ( Chypre) Mai/Juin 2011

Si vous souhaitez connaitre l'histoire d'Apsara depuis le début , allez sur le lien : http://micladapsara.over-blog.com et si vous souhaitez soutenir le collectif vigilance-mercantour :http://www.vigilance-mercantour.fr/balcons/index.php

 

 

Port Ghalib ( Egypte ) Limassol ( Chypre)  Avril / Mai/ Juin 2011

 

Je vous avais abandonnés à votre triste sort de civilisés, empoignés par la routine et les médias …;…dérisoire …, je ne vais rien faire d’autre que de vous narrer de petites aventures qu’égayent  parfois la culture et l’histoire …
Notre histoire.. de l’humanité vieille de plusieurs millions d ‘année mais qui prend une toute autre dimension quand s’offre à vous le spectacle éblouissant de la civilisation égyptienne 
3.000 ans avant JC, plus de 2.000 ans de constructions toutes plus originales les unes que les autres, plus harmonieuses et grandioses que celles de la plupart des civilisations ayant existées , 2.000 ans où l’art, la peinture, la sculpture prendront une reflet  exceptionnel .
 
Les ingrédients pour les réalisations « pharaoniques » sont toujours un peu les mêmes: des chefs de royaumes , des empereurs a l’ego surdimensionné , qui veulent laisser trace de leur passage par la narration figurative de leur vie et de leurs exploits , qui se prennent pour des dieux vivants à travers une mythologie qu’ils ont copieusement inventée puis copiée, une paranoïa qui secrète des œuvres d’art admirables .
Les Incas, les Khmers , toutes les riches civilisations qui ont finies par disparaitre , ont produit des œuvres d’art gigantesques  qui font la joie des touristes que nous sommes .
 
 
 

Je ne vous raconterai pas  l’histoire de cette civilisation , j’en suis bien incapable et les livres le font de façon excellente,  mais je vous dirai simplement mon émotion devant Abou Simbel , Karnak , les fresques de Philae et les reflets de ce temple dans les eaux du Nil. 
 
 
 
 
 
 
La richesse d’une terre abreuvée par ce fleuve étrange, le seul au monde à couler Sud- Nord et à avoir 2 sources distinctes , issu d’une lointaine Afrique , a donné naissance à cette histoire prodigieuse qui m’a éblouie par sa dimension

 
 
 
 
 
 
 
 
Lundi 9 Mai 

Nous avons retrouvé la marina de Port Ghalib, ses arnaques ( le prix du gazole est 10 fois supérieur à celui de la pompe locale et il nous faut payer une taxe supplémentaire pour remplir nos réservoirs puis  satisfaire à un droit de douane complémentaire….!!!)
Nous partons furieux de ces combines, avis aux amateurs qui seraient tentés de s ‘arrêter là pour faire leurs entrées en Egypte , de belles marsas s’offrent à vous avant d’arriver à Hurgada , El Gouna plus exactement où la marina Abu Tig vous offrira des services autrement plus attractifs .

Vincent est parti retrouvé sa passion du kite à Hurgada où les spots ne manquent pas , merci de nous avoir régalé de tes pêches , poissons , crabes et de nous avoir amusé de tes facéties !!!
 
 
 
 

Du coup c’est un équipage exclusivement féminin qui repart en direction d’El Quseyr .

La nuit nous enveloppe discrètement lorsque nous approchons de la baie à peine perceptible d’El Quseyr .

 
 





Les lumières de la ville sont trompeuses , les muezzins se répondent en écho , je ne distingue rien d’autre qu’une masse brune légèrement brillante que je prend pour un navire à quai , quand je distingue enfin les formes blanches des bateaux de plongée qui, sur ma droite m’indiquent l’emplacement de la jetée , puis la grosse bouée donnée sur la carte et qui me signale  le mouillage .





Les muezzins poursuivent leurs incantations , les minarets émergent dans le noir de la nuit , serait-on au pays des Mille et Une Nuits , la magie opère ,nous sommes bien en Orient 
Oukiok nous a rejoint et a posé la pioche à quelques encablures ….visite timide de la police locale pour savoir qui pouvait bien arriver à une heure aussi tardive….leur étonnement est complet quand ils découvrent qu’il s’agit de 2 femmes seules sur une telle embarcation …ils vont en avoir à raconter dans leurs chaumières !!!!






Pos:26° 06 041 N; 34° 17 173 E 

Nous resterons une journée à gouter les délices de cette petite ville au charme désuet dominée par une vieille forteresse .
Encore une cité qui a eu son heure de gloire et qui n’est pas encore polluée par le tourisme de masse .

Mercredi 11 Mai 


Une journée de répit dans la grand soufflerie , c’est au moteur que nous rejoignons la marina Abu Tig à El Gouna au nord de Hurgada , et il suffit d’entrer dans la marina pour que le soufflet recommence à s‘époumoner , travers ,30nds .
 L’accès au ponton est transformé en patinoire, ça tourne, ça vire , impossible de cibler l’emplacement entre 2 yachts reluisant comme des lustres , j’essaie bien de me glisser comme un suppositoire en marche arrière , rien n’y fait et c’est finalement par l’avant , pas très glorieusement qu’Apsara vient s ’attacher au ponton .
Les sbires de la marina ont commencé à s’agiter sérieusement quand ils ont vu mon ancre se rapprocher dangereusement des flans éblouissants des yachts de quelque éminent émir ;
On retrouve le luxe et l’artifice avec les douches chaudes , les restau les pieds dans l’eau, la musique de fond et les lumières tamisées
Pos: 27° 24 680 N; 33° 40 526 E 

Samedi 14 Mai 

Changement d’équipage pour Apsara , Mumu repart pour son Chablais préféré, elle va en avoir à raconter aux louloutes , et Nathalie une ancienne de la Malaisie , retrouve le navire  pour finaliser cette « remontée » de la Mer Rouge .





 


Mardi 17 Mai 

Je n’y tiens plus, il faut s’extraire de cette marina même si le NNO a repris de plus belle …quelque 18M à faire pour embouquer la passe d’Endeavour Harbour , …le moteur est pour une fois au repos pour traverser de nouveau le rail des cargos , ce sera bref , au travers , mais somptueux …
Pos: 27° 33 741 N ; 33° 46 944 E 
Et tout aussi somptueux sera le mouillage dans cette anse turquoise où nous resterons un jour encore pour attendre l’accalmie .

Jeudi 19 Mai 

« Et le désir s’accroit quand l’effet se recule »

NNO , 15/20/25 nds , je vois le SOG ( traduisez ; speed over ground …vitesse fond si vous préférez ) s’effondrer , le courant s’y met aussi , pas le choix , il faut se réfugier dans Sheikh Riyah Harbour en attendant amélioration
Pos: 28° 09 782 N ; 33° 39 152 

Pour se faire pardonner de nous faire subir des vents contraires, la cote du Sinai  et ses sommets nous offrent le pourpre et l’oranger de la lune qui se gonfle à l’horizon des crêtes noires 

Vendredi 20 Mai 

Pâleur de l’aurore sur une mer calmée, 
Rassérénés avec Oukiok, nous repartons sur cette route au NO où nous allons nous retrouver coincés entre le rail et les plateformes pétrolières qui parsèment la cote ;

La nuit nous apporte à nouveau un gros paquet de vent contraire , à minuit il faut se rendre à l’évidence, on avance pas d’un caramel ,le pilote automatique n’apprécie pas du tout ce genre de facétie et  se met en berne !!!
On va se mettre alors à un genre nouveau : le slalom entre les plateformes  pour rejoindre un coin plus abrité  Ras Abu Zenima , une baie cernée de sapins de Noel tous plus beaux les uns que les autres mais qui ne nous indiquent guère où l’on peut mouiller !!!
Nathalie , non plus, n’ apprécie guère , là voilà out après un petit vomi !!

Pos: 29° 02 588 N ; 33° 06 800 E 
Finalement c’est sous la fumée de l’usine locale de ce qui pourrait ressembler à du graphite tellement c’est dégueulasse, que nous nous retrouvons .
En moins d’un jour le bateau est crépi de suie noirâtre… 




Samedi 21 Mai Dimanche 22 

Et nous allons nous retrouver scotchés pendant 2 jours  dans cette anse assez bien abritée de la houle mais pas du vent, 25/30 nds au mouillage 
Les pêcheurs aussi se sont mis à l’abri et nous fournissent en crevettes et autres calamars …une aubaine !

Lundi 23 Mai 
Après 2 tentatives pour fuir  ce lieu « idyllique » nous finissons par atteindre Marsa  Hammam  , pos: 29°12 280 N; 32° 55 988 E  avec des rafales à 30 nds 

Mardi 24 Mai

Le vent semble se calmer la nuit , nous décollons donc vers  3h le matin pour gagner  Ras Matarma  pos: 29° 26 268 N ; 32° 45 654 E 
 C’est la stratégie du saut de puce , 15M par jour , dès notre arrivée le vent se lève à nouveau !!!!

Mercredi 24 mai 

Une nouvelle tentative « au radar » à 1h du mat , à peine 5m de chaine remontée et la soufflerie a repris , avec un délice sans mélange nous replongeons sous  la couette en attendant des heures meilleures qui semblent se dessiner vers une heure plus convenable cad 9h 
Qad el Tawila pos: 29° 47 400 N ; 32° 37 872 E …nous ne sommes plus qu’à 5M de l’entrée du canal et nous avons enfin pu terminer ce parcours du combattant A LA VOILE !!!!

Jeudi 25 Mai

Alors que nous embouquons la passe du canal bien balisée , le trafic, déjà pas très fourni, a cessé car le rail montant est passé vers 6h …au milieu du canal tranquillement un pêcheur a mouillé et tire sur son fil .
Curieuse impression de voir ce canal mythique à peu près déserté ; la cause essentielle: la piraterie dans le golfe d’Aden 
Un agent français d’une société privée accostée à coté d’Apsara à la marina de Suez , nous éclairera sur les raisons de la maigreur du transit : 300.000 $ /jour sont demandés par les compagnies d’assurance pour couvrir un cargo avec un service armé à bord , le montant s’élève à 1 million $/jour  s’il n’y a pas de service armé …. Édifiant !!!!


Samedi 27 Dimanche 28 Mai 

Le Sinai qui nous a offert les plus beaux dégradés d’ocre et de brun depuis la mer va à nouveau nous éblouir par ses vallons et pentes abruptes 
Le monastère de Sainte Catherine , qui a bien pu imaginé une telle forteresse au milieu de ce désert minéral ?
 
 
 
A l’emplacement du buisson ardent où fut révélés  les X Commandements à Moise , l’empereur Justinien au VI eme siècle fit édifié la forteresse, la basilique et le monastère qui furent  de tout temps protégés et acceptés par les envahisseurs successifs depuis les Ottomans jusqu’à Napoleon Bonaparte lors de la campagne d’Egypte ..
Le monastère en lui-même présente peu d’intérêts car on ne peut pas le visiter mais le musée et la basilique révèlent des trésors d’écritures , d’icones et d’ouvrages enluminés .
 
 
 
 
Les murs, renforcés par 8 tours se mêlent au paysage comme un signe humain perdu dans ce monde de granit .

L’ascension du Mont Sinai , nous accordera le retour à la verticalité  sur un chemin confortable et un temps de repos délicieux en sirotant un verre de thé à la menthe auprès du bédouin de la tribu des Jebalaya, tribu  qui se charge de restaurer le pèlerin lors de son ascension ou éventuellement de le mener à dos de chameau .
 

Une spiritualité profonde se dégage de ce lieu, chargée d’histoire et de légendes , Même pour la mécréante que je suis , on ne peut qu’être saisi par la magie des lieux et la force de l’environnement;

 
 
 
 

Lundi 30 Mai 

Alondra, Skylark et Lizza Forte ont enfin pu rejoindre à leur tour la marina après avoir été bloqué à El Tur pendant 4 jours et le soir c’est la fête sur Alondra , la bière, le vin , le Pastis( une découverte pour les anglo-saxons!!) coulent à flot , de vrais moments chaleureux pour marquer l’achèvement de cette route à épisode multiple 
Said, le roi de la petite combine et de la magouille se fait un plaisir de fournir en denrées de toutes sortes les quelques bateaux qui sont à quai avec un grand art de séducteur 




Nathalie, quant à elle, passe des vacances heureuses avec pour animation un safari -mouche , une poursuite aux cafards et un nettoyage en règle d’Apsara , quand elle n’est pas saisie par le mal de mer dès que nous voguons..!!!

Mardi 31 Mai 

Xavier que vous aviez connu pendant la saison 2009 entre les Vanuatu et Singapour, m’attend depuis 2 semaines au Caire où il gite et travaille ;
Ce sont enfin les retrouvailles , chaleureuses, émouvantes, nous avions partagé des moments si forts sur Apsara ;



Après une visite au musée national le matin , il se fait une joie de nous faire découvrir le Vieux Caire la nuit tombée , Khan el Khalili, les vieilles maisons ottomanes  pour terminer la soirée au restaurant Naguib Mahfouz ….un grand moment ……




 









Mercredi 1er Juin 

Les pyramides, la Citadelle et la rage de dent 

Gizeh , les images sont trop connues , 
« Soldats, du haut de ces pyramides 40 siècles vous contemplent »….aux portes du désert alors que la ville s‘étale à nos pieds dans la brume de la pollution , le Sphinx , on ne vibre pas de la même manière mais tout de même ….















La Citadelle et les mosquées presque aussi gigantesques que Sainte Sophie à Istanbul .



Une rage de dent tenace me vrille les sinus depuis 2 jours , heureusement Xavier a pu m’obtenir un rdv pour dévitaliser la dent , et à moitié comateuse mais sans douleur , je rentre à Suez avec Nathalie, Joel et Anne-Marie .

Jeudi 2 Juin 

Les préparatifs pour le transit , lessive, rinçage du pont , je veux qu’Apsara soit dans ses plus beaux atours pour retrouver ses fonds baptismaux …

Vendredi 3 Juin 

Légère tension avant le départ , comme chaque fois l’impatience me gagne, j’ai hâte de retrouver le mouvement bien que la route quasi rectiligne jusqu’à Ismailia ne nous laisse guère le choix de l’itinéraire.
Les cargos gigantesques à coté de notre drôle d’embarcation sont un peu plus nombreux ce jour, nous croisons le rail descendant et mouillons devant le yacht club d’Ismailia à la nuit tombée 
Le pilote, très courtois et avenant, nous quitte en nous souhaitant bonne route et nous informe que vers 7h demain le « Canal Suez Autorité » nous appellera sur la VHF …

Samedi 4 Juin 

C’est à 5h du matin à peine sonnée que les appels du second pilote me réveille , Ejectée d’un sommeil profond, je manque de sortir dans le plus simple appareil tant les appels sont impératifs ….
En route pour Port Said sur cette ligne droite interminable  plein Nord , bordée à l’Est  par le désert et les palmeraies à l’Ouest , curieux contraste entre l’Orient et l’Occident  marqué par les vieux restes d’une guerre éclair vieille de plus de 30 ans.


Il faut bien le dire, ce n’est pas sans émotion que je franchis le canal, c’est l’achèvement d’un périple et la réalisation d’un rêve tenace qui me laissait entrevoir la Grande Bleue 
C’est à  la fois  un sentiment profond de joie et d’étonnement qui se mêlent pour ce que d’aucun pourrait appeler un exploit …il n’en est rien , c’est somme toute assez banal avec les moyens actuels GPS, Meteo , carte électronique, pilote automatique .de parcourir les océans , mais plutôt  la satisfaction d’avoir réaliser ce projet avec une intense motivation.

« achievement » comme disent les anglo-saxons 
 
 La boucle n’est pas bouclée …est-ce bien nécessaire ?

Il y a maintenant 7 ans que j’ai commencé  cette route …à Mindelo au Cap Vert sur un autre voilier  , je n’ai rejoint Apsara qu’à Fort de France .
Lui offrirai-je de retrouver ce point de départ de  notre aventure commune? 
Ce bateau, plein de défauts et d’absurdes agencements m’a apporté tant de bonheur comme  d’inconfortables situations , ressemble à un vieil ami à qui l’on pardonne tout parce qu’il connait tout vos secrets .

18H30 , sans tambours ni trompettes , nous sortons des eaux égyptiennes , encore un petit pas de 200M pour retrouver l’Europe et Chypre .

Dimanche 5 Juin 

Calé sur son bouchain par une petit vent de travers, Apsara file ses 4/5 nds tranquille sous le soleil , voilà bien longtemps que nous n’avions connu une navigation aussi calme  et la nuit se déroule ainsi sous une lune discrète 


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